GRECS ALEXANDRINS. — GRECS D'EUROPE
Les Égyptiens eurent pour leur pays le même ménagenieul que les Persans avaient eu pour le leur; ils supposèrent qu'Alexandre était fils (le Nectanèbe^ dernier roi d'Egypte % qui, chassé par Ai'taxercès, s'était réfugié, selon eux, en Macédoine, et par ses enchantements était parvenu à séduire Olympias ^. La fidéhté conjugale de cette princesse n'avait pas été exemple de soupçons, et ces bruits injurieux avaient peut-être fait naître chez Alexandre le désir d'être reconnu pour fds de Jupiter Ammon '\ On parlait de magie'*, de dragon; on disait que
• Le Nectanèbe dont il s'agit dans les romans sur Alexandre est le second roi de ce nom. Il fut vaincu par Artaxercès Ochus et se retira en Ethiopie. (V. Diodor. lib. XV et XVI.) Alexandre était né depuis quelques années lorsque Nectanèbe II perdit son trône, mais cela n'a pas arrêté les romanciers. TertuUien {De anima, c. LVII, p. 305. 0pp. Paris, 1075, fol.) nomme Nectabis parmi les magiciens les plus célèbres, et si on reconnaît Nectanèbe dans cette indication, on conclura qu'au second siècle la réputation de ce roi d'Egypte, comme magicien, était déjà établie. Il la devait vraisemblablement aux fables publiées à une époque antérieure par le Monohiblon. Oeg. Abulpharage le nomme aussi Neclubrius. (V. ci-après.)
^ Déjà les Égyptiens avaient cherché à donner une origine égyptienne à un autre conquérant de leur pays, àCambyse. Des auteurs, écrivant l'histoire d'Egypte et celle de Perse, prétendirent que ce prince était fils de Cyrus et d'une fille d'.\priès, qu'Amasis lui avait envoyée. (Dinon , Lijnceus et Ctesias apu/l Atken. 1. p. mO. — Pohjœn. Stratag. VIII, 29. — Cf. Ihrodot. III, ±)
^ Oros. III, 16. Indè ad templum .lovis Ammonis pergit ut mendacio ad tempus composito, ignominiam sibi patris incerti et infaniiam adulterœ matris aboleret.
* Plutarque (Alex. p. 665 c.) raconte que Philippe s'éloigna de sa femme craignant quelque magie : ^ciaavTa Tivà; u.x^iv.').^ it; aÙTÙ /.%<. wapij.a/'.o'. rr; "Y'jva'./.b;.
PIlilippe avait vu un grand serpent couché avec Olympias el que ce roi avail perdu un œil en punition de sa curiosité ' . Enfin une ancienne tradition faisait Alexandre fils d'un dragon ^ Ces bruits, unis à quelque tradition égyptienne qui exprimait les regrets causés par l'expulsion du dernier roi national, donnèrent vraisemblablement naissance à la fable de Nectanèbe. Elle se répandit d'abord en Egypte comme un conte populaire et peut-être elle ne tarda pas à être rédigée en ouvrage ou en légende par quelque Grec d'Alexandrie. Dans la suite cet écrit anonyme passa pour avoir été composé par les mages et les sages de CÉgijpte^ Vannée même de la mort d'Alexandre^ et il est ainsi désigné par Joseph fils de Gorion '\ D'autres auteurs juifs parlent d'une autre Histoire des générations d'Alexandre^ composée en grec par Ptolémée fils de Lagus '*. Enfin un manuscrit latin de la Bibliothèque du duc de Modène qui contient, à quelques variantes près, l'histoire d'Alexandre telle qu'elle a été imprimée plusieurs fois sous le titre de Historia Alexandri M. de prœliis^ suppose qu'après la mort de ce héros Démosthène écri-
• Plutarch. Vit. Alex. p. 660. C. On sait qu'il y avait en Macédoine d'énormes serpents faciles à apprivoiser et que les femmes en faisaient usage dans les fêtes de Bacchus. Olympias était très-zélée pour le culte de ce Dieu. (Plutarch. ibid. Luciau. Pseudomanl. 7. t. II, p. 215, Ed. Reitz.)
- Juslin, XI, 2,3. Namque mater ejus Olympias confessa viro suc Philippe fuerat, Alexandrum non ex eo se, sed ex serpente ingentis maguitudinis, concepisse. Denique Philippus, ultimo propè vitœ suae tempore, filium suum non esse, palàm prœdicaverat, etc. (V.etlib.XII, 16.) — Jiil. SoUni polyhistor.c. IX: Philippus Magnum procréât, quamlibet Olympias Alexandri mater nobiliorem ei patrem acquirere adfectaverit, cum se coïtu draconis consatam affirmaret. — Lucian. Pseudom. l. — Tit. Liv. XXVI, 19.— Diô Chrysost. Or. IV, p. 62. — Sidon. Apoll.c. not.Savaron. carm. II, v. iil, p. ^92. — Aiirel. Vict. Epit.c.\L,% 17. — Être tils d'un dragon était chez les anciens une origine divine ou héroïque. Asclépiade de Mendès, auteur égyptien, l'avait attribuée à Auguste (Suét. Aug. 94). On avait dit la même chose de Scipion, d'Aristomène, d'Aristodamas, de l'empereur Gallien, etc. (V. Bayle Dicl. % Olympias. uot. I. — Pausanins, IV, 14 in fine.)
5 Josippon sive losephi Ben Goriou, Hi.st. Jnd. vert. J. Gagnier. Oxou. 1706, 4», lib. Il, p. 91.
•* V. plus. bas.
vit sa vie el que cet ouvrage existe encore chez les Grecs \ Je crois qu'on trouve plus probablement une mention de cet écrit original dans un autour du ciiKjuième siècle. Socratc, en parlant d'Alexandre le Graud, indique un ouvrage monobible (d'un seul livre) sur la vie de ce prince ^. Le nom de l'auteur est absolument corrompu dans ce passage ; le texte semble porter Adrias et les divers critiques ont proposé de lire Ândrias^ Arricn ou Hadrien'\ H. de Valois a été jusqu'à dire qu'il fallait lire Lucien, et qu'il s'agissait du dialogue que cet auteur satirique a intitulé Alexandre ou le faux prophète. Adrias, Andrias sont des noms inconnus; la correction de Valois est absurde, et l'on sait que les ouvrages d'Arrien et de l'empereur Hadrien sur Alexandre étaient composés de plusieurs livres, et ne sauraient être par conséquent le monobiblon de Socrate ". La vraie leçon de ce passage me semble conservée dans un auteur du quatorzième siècle. Nicéphore Calliste, transcrivant Socrate, dit : Le monobible que les Alexandrins écrivirent sur la Vie cfAlexandre etc.% et Fabricius** soupçonne que le mot AvSptaç,
1 Codex Atestinus, inter Latinos XIV, membran., sœculi XIV, 8" in fine: ■• Demosthenes autem philosophas post M. Alexandri defectum, maximum de ipsius gestis et morte composuit codicem qui apud Grœcos habetur, par cujus libri scientiam docuit esse mundana omnia contemaenda et in ipsis uUo modo non esse sperandum. »
2 Socrat. Hist. Ecd. III, :23, p. 2U5, éd. Cantabrig. : x.aî tô jj.gvi'PiIîXov S 'A- Jpta; et; tov !\>.cçâvJpo'j pîsv JTTî-j-paysv... H. de Valois traduit X^piaç par Arrianus sans aucune autorité, et dans ses notes il propose de lire Aou/.tavJ;, en traitant de très-mauvaise la leçon Xas^cvi^seT; qui se trouve dans Nicéphore Calliste.
' Sainte-Croix, Exam. des Hist. d'Alex, p. 162, not. : « Après l'avoir bien « médité, et en m'attachant plus au sens qu'à la lettre, j'y vois qu'Hadrien, ayant • apothéose Antinoiis son favori, chercha à s'en justifier par l'exemple d'Alexan- « dre, dans un livre où il avait rassemblé tous les oracles concernant la divinité « du conquérant macédonien. « Assurément M. de Sainte-Croix montre ici beaucoup d'imagination.
* L'histoire d'Arrien est connue de tout le monde; celle qu'avait écrite l'empereur Hadrien est perdue, mais Etienne de Byzance eu cite le septième livre.
5 Nicéph. Callist. X, 36, p. 90, t. Il, éd. 1630 : y.xi tô (>.ovc>pXov , S si; tÔv 'AAs^âvfîpcj l^tcv £77£-j'sat^av ot 'A/sEav^fel;.
6 Fahnc.Bibl. Grœc. II, p. 221, éd. Harles.
18 GRECS AI.E\.VM)lll>S.
qui se lit <laiis le luaimscrit florentin de Socrate, pourrait être corronipu de Ah^psïç, abréviation qui désignerait les Alexandrins'. On peut donc croire qu'antérieurement au cinquième siècle de l'ère chrétienne, peul-êlre même au temps des Plolémées^ les habitants d'Alexandrie firent recueiUir en un seul livre les traditions populaires et fabuleuses qui se rapportaient au fondateur de leur ville. Il est d'autant plus probable que cet écrit remonle au temps des Ptolémées, qu'il pouvait servir à légitimer leur domination sur l'Egypte, en montrant qu'Alexandre, Grec comme eux, et de qui ils tenaient ce royaume, était l'héritier du dernier roi de race égyptienne -. Cet écrit fut le thème que plusieurs auteurs, dont nous allons parler, ornèrent et amplifièrent^ et les connaissances classiques, les noms, les allusions que l'on trouve dans ces ouvrages dérivés, prouvent que la rédaction primitive du monobible^ qui n'existe plus, eut pour auteur un Grec d'Alexandrie et non pas un Égyptien ". I. Au premier rang des imitations du roman primitif, il faut mettre un ouvrage grec qui porte le nom de Callistliène et quelquefois celui à'Antislhène ^ Cette histoire fabuleuse d'A-
' Saiute-Croix, 1. c, p. i62, rejette cette conjecture et l'induction qu'on peut eu tirer. Il me paraît ne pas avoir raison.
* Car. WùWev {Pseudo-Callisth. introd. p. xxvi-xxvii) soutient cependant que le Monobiblon n'était pas notre histoire fabuleuse d'Alexandre.
^ Vu papyrus couservé à Leyde, écrit en grec, et qui peut être rapporté au troisième ou au quatrième siècle, contient un fragment d'un récit fabuleux sur le roi Nectonabo. V. Letronne, Statue vocale de Memnon, p. 80. (Reuvens, Lettressur les papyrus... Lettre 'A<^^, p. 76.)
* Nous verrons plus bas l'existence d'un roman sur Alexandre, antérieur au cinquième siècle, confirmée par la littérature arménienne. Les Grecs contemporains d'Alexandre exagérèrent déjà le champ de ses conquêtes. Eschine {In Clesiph.t. ni, p. 034, Grœcor.orat. Reisk.) dit ^u il dépassa la constellation de l'Ourseet les bornes de la terre habitable... é'^w t'a; àp/crou /.oÙt^; (ji/.vju.é'tT,i, cXi- -fc'j ^eîv, T:i<jf.c, u.ibr.G-r./.i'.. « Ce plaidoyer eut lieu à Athènes l'an 330 avant J.-C. durant l'automne (Taylor, Prœf. p. 370 et sq.), environ un an après la bataille d'Arbèle. Alexandre alors poursuivait Darius et marchait vers l'Hyrcaiiie et la Bactriane. » (Gibbon, IJist. t. XI, p. 184, not.)
s Léo Allât. Si/ntagm. df Engasln'niyt. c. II.
r.UECS ALEXAXDHINS.
loxaiidre n'existe encore qu'en manuscrit \ et il ) en a des exemplaires dans la Bihllollièc^ue royale de Paris (n" 1085), dans celle du Vatican, dans celle de St-Marc à Venise, dans celle de l'Escurial et ailleurs. Fahricius " dit que cet ouvrage a été traduit du persan en grec par Siméon Selli, d'Antioclie, qui écrivait à Constantinople au onzième siècle ; mais cette assertion, pour avoir été répétée par Quadrio '\ Warton '*, Dunlop ^ Scliœll ^ et de la Rue ^ ne m'en paraît pas plus fondée. Le faux Callisthène ne contient point les traditions de la Perse, et tous les détails en sont alexandrins. M. de Sainte-Croix^ Y reconnaît une amplilication d'un écrit antérieur qu'il croit avoir été composé dans le dixième siècle ; mais je crois avoir prouvé
' Le ms. de Paris 11° i083 (u" 1683?) porte le titre suivant: RaXÀiaôr//,; îgtosio- "j-sâço; ô Ta TVcpl twv 'EXXrivwv (ru-yj'poctJ^âaEvo?. Il commence : "Â2i<7-o; ^ox.=T "^i'dcba.'. y.où -^EvvaiOTaTc; !\X£^avJpo; d Mo.x.iS'wv IVÎia -rrâv^a TTOir.dâaevo; (>'jvj5-^-&ij(7av aOrôi E'jpwv iû raî; àpsTaT; Tr,v Trp-Jvoiav. . . Une note placée au fol. oi, r", annonce qu'il a été achevé le 21 novembre 6977 (1469 de J.-C.) par Nectaire, moine d'Otraute. (Montfauc. Palœogr. Grœc. p. 83. — Letronne, dans le J. des Sav. 18 J 8, octobre, p. 615.) Une autre note moderne, placée sur la première page, parle d'une traduction française. Nous indiquerons plus bas plusieurs histoires fabuleuses en français, mais aucune ne peut être regardée comme une traduction du faux Callisthène. — Le ms. du Vatican, n'^ 13o6, petit quarto, sur papier, est du quinzième ou seizième siècle ; il diffère par quelques variantes de celui de Paris. — On annonce que M. Berger de Xivrey publiera incessamment le texte grec du Pseudo-Callisthène. {L'Universel, 2 février 1830. — Sinner, Prœf. ad Longi Pastor. p. 31 -32.) G. Gaulmin et La Porte du Theil avaient pensé à le faire imprimer. — Buleuger. de Circo, c. XIII et XXX. — Sainte-Croix, Exam. p. 164, not. 1 et 3. — Salmas. ad Solin. t. II, pp. 637, 783, 791. — Du Gange, Gloss. Grœc. voc. èPc'XXtv&ç. — Lambec. Cat. bibl. Vindob. lib. II, ont cité des fragments de Callisthène.
2 Fabric. Bibl. Grœc. III, p. 36, éd. Ilarl.— M. B. de Xivrey a donné (t. XIII des Notices et Extr. des ms. p. 172) une explication probable de l'erreur de Fahricius, sur la traduction du l'ersan eu Grec par .Siméon Seth.
5 Quadrio, Storia d'ogni poes. t. VI, p. 478 : ... ■■ come bon giudicô et provô Isacco Vossio." {De scripl. eccles.)
* Warton, Uist. ufenglish. Poetr. t. I,p. 129.
5 Dunlop, Uist. of fiction, t. II, p. 123.
6 SchcbU, Uist. delalitt.grecq. t. VU, p. 194.
' Delà Une, Essais hist. sur hs Bardes et les Troui\'res, t. Il, p. 343. — Hisl. litl. de la France, t. XIX, p. 077.
•■* .Sainte-Croix, Exant. p. 163.
lotit à riicinv (juo cet original est bien plus ancien. Je pense aussi que le faux Callisthène, tel que nous l'avons, est antérieur au tlixième siècle ; son style ne peut être une objection décisive, non plus que la mention des Turcs, qui forme un des aruumenls de M. de Sainte-Croix. Les Turcs furent connus des Grecs dès le sixième siècle, et ils envoyèrent une ambassade à Constantinople sous le règne de Justin *. Au reste Fabricius et Warlon ont confondu avec le Pseudo-Callistbène une autre bisloire écrite en grec, mais qui ne porte aucun nom d'auteur, dont le titre, le commencement et le contenu sont différents, dont la rédaction parait plus moderne et le style encore plus mauvais. C'est de cet écrit anonyme que Fabricius a tiré le long fragment qu'il a donné comme étant du faux Callislbène dans le tome XIV, pages 148-150 de sa Bibliothèque grecque'. Scaliger paraît aussi avoir confondu ces deux romans grecs ^ ; mais Casaubon, Saumaise et Bcrkelius les ont fort bien distingués '^.
Je ne donnerai point l'analyse du roman attribué à Callis-
' Gibbon, Hist. de la décad. t. VIII, p. 28, trad. franc.
2 Cet anonyme grec se trouve parmi les ms. grecs de la Bibliothèque du roi de France, n° 1711. 11 est intitulé : Bîi; 'AÂs^âvS'po'J tgù M».>i£'^ovc; )cai irpâ^ciç — et il commence: d coociratci At"^"j— rioi, Ôjwv à77i-^'ovot,-)'Yi; y.r-é^x (^p-STpa) /.avaXa- Pou.avct...
Voyez aussi Alex. Barvoetii Catal. prœcip. mtctor. qui in hiblioth. Scurialens. asservantur : « Callisthenes de rébus gestis Alexandri Magni... Sed uterque ÛTTopoA'.aaîo;; Stylus quippè recentior ac subindè barbarus, adeo ut neotericus nescio quis Grœculus potius videatur, quàm antiquus ille scriptor. » (Maàer. de Biblioth. p. 136.)
3 Scaliger, Epist. 113 ad Casaub.
■* Casaubon, Epist. (Hagœ comit. 1638, 4») 444 ad Scaligerum, p. 532 : •< ... Callisthenem quemdam lysuâ'oiv'jij.c.v qui Régis bibliotlieca, itemque in aiio scripto de vita Alexandri qui Georgio M. et Theophani adhseret.» Vid. et epist. 49(î, p. 597; id. epist. 498, p. 599: " Pseudo-Callisthenes non est ille scriptor quem habes codici Monachi adnexum (ce ms. de Scaliger est à la Bibl. du roi, n» 1711), sed alius haud pauUo x.oaiJ/'JTjpo; et qui decenter, ètvuix.w; minium agit. Demiror impostures istos ; nam aute multa sœcula prodiisse id figmentura satis constat. Etsi autemlibro quem habes idem ajôcua» continetur.» — Salmas. ad Solin. p. 657- 638. — Berkel, ad Steph. Byz. voc. poux.ecpâÀEia.
GRECS ALEXANimiNS 21
lliène ; il a dans ses détails un grand rapport avec celui que Julius Yalerius traduisit en latin d'après une autre rédaction grecque, et cette traduction latine a été publiée par Mgr. Angelo Mai V On pourra trouver dans cet ouvrage les détails d'une partie des fables qu'on lit dans le faux Callislliène ; je me borne à en donner ici une esj)èce de table.
Histoire de Nectanèbe et d'Olynipias.
Alexandre précipite Nectanèbe ; ce dernier lui apprend qu'il est son père. — Bucépliale est dompté. — Querelle entre Alexandre et le prince Nicolas. — Prise de ïlièbes ". — Alexandre passe en Italie {izoùr/.'h'j xw^cav)- Soumission des Romains.
— Alexandre trouve en Egypte la statue de Nectanèbe.
Le roi de Macédoine pénètre dans la tente de Darius; il se sauve en traversant un fleuve congelé. — En Plirygie, il rend des honneurs à Achille. — Alexandre emploie des statues d'airain rougies par le feu pour combattre les éléphants de Porus.
— Fable des arbres du Soleil et de la Lune. — Aventure chez la reine Candace. — La caverne des dieux. — Lettre d'Alexandre à sa mère : il lui raconte son voyage chez les Amazones, les Troglodytes et à l'ile du Soleil.
Telles sont les principales traditions fabuleuses qui se lisent dans le faux Callisthène.
II. ./Esope écrivit en grec un roman sur Alexandre que nous ne connaissons que par la version latine qu'en fil J. Yalerius; quelques manuscrits de cette version, qui ne portaient pas le nom du traducteur ^, ont pu faire croire à plusieurs sa-
• Juin Valerii res gestœ Alexandri Maredonù translatée ex jEsopo Grceco, edente Ang. Maio, Mediolan. 1817, 4" et 8°. (V. ci-après.)
2 Le Pseudo-Callisthène paraît avoir tiré une grande partie de ce qu'il raconte de la prise de Thèbes par Alexandre, d'un poëme sur le même sujet, composé par Soterichus l'Oasite (Oasita), au temps de Diociétien. (G. Millier, Introd. ad Pseudo-Callist. p. xxiv.)
3 Tel est par exemple le manuscrit de Leyde : » Liber ^sopi cujusdam Graeci fabulatoris, prosaico editus stylo, de ortu, actuve ac fine Alexandri magni. •
Lat. libr. Bihl. Lugd. Batriv. p. 378.)
22 r.HECS ALEXANDRINS.
vaiits' (jiriEsope ;ivait mis en lalin lOiivrage de Callislliène. Le livre d'/Esopc devait être une rédaction différente de celui de Callislliène, quoiqu'il racontât à peu près les mêmes faits. On sait par J. Yalcrius qu'.4îsope, dans le récit des honneurs rendus par Alexandre à Achille, mettait dans la bouche du roi de Macédoine des vers dont il n'y a aucune trace dans le faux Calhsthène "'.
L'âge d'.Esope est aussi difficile à déterminer que celui du faux Callisthène. Les détails qu'on lit dans la traduction latine sur les édifices d'Alexandrie, persuadent à M. Mai qu'il vécut, pour le plus tard, vers la moitié du quatrième siècle; il penche même à le croire beaucoup plus ancien. Je pense que cette induction est bien plus applicable à l'auteur original de l'histoire d'Alexandre qu'à .^sope. Ce dernier ne fit que remanier ce récit, et un écrivain dénué de critique a pu copier les phrases d'un auteur plus ancien, sans s'inquiéter si elles s'accordaient encore avec l'état actuel du pays. Le texte d'^'Esope étant perdu, on ne peut déterminer son époque par l'examen de son style ; il faut se borner à dire qu'il vécut avant l'invasion de l'Egypte par les Arabes.
in. Au nombre des écrivains grecs qui propagèrent des traditions fabuleuses sur Alexandre, il faut compter /Ethicus Ister, historien peu connu, dont on ignore l'époque, mais qui doit être postérieure à Constantin ^ On lui attribue une cosmogra-
" F. Jixret, Gilbert Gaulmiu, Du Cauge, Carpentier, etc.
- Ces vers donnent un caractère particulier à la récension cl*.4Lsope et la distinguent du Pseudo-Callisthène. Le traducteur n'a pas su les rendre en latin et ses efforts maladroits attestent qu'il traduisait véritablement un texte grec. (V. plus bas.)
J. Valerius, et par conséquent .Esope, ont parlé des Colonnes d'Hercule d'or et d'argent, tandis que le Pseudo-Callisthène grec n'en parle pas. (Cependant le faux Callisthène (II, 34) raconte qu'Alexandre, après avoir traversé un désert, rencontra les Colonnes d'Hercule et de Sémiramis, qui étaient d'or.)
' Il ne faut pas le confondre avec Ister, disciple de Callimaque, dont les fragments ont été recueillis par Lenzius et Siebelis, à la suite de ceux de Phanodème, etc. Lips. 1812, 8^, pp. ol à 80, et qui est cité par Plutarque { Vit. Alex. p. 691) parmi les historiens d'.Vlexandre.
GRECS ALEXAMmi.NS. 23
plue (M un traité intitulé Sovhogrammii ou de Sapicntiis, (jui furent traduits en latin |)ar un prcMic nommé Jérôme. Celte cosmograpliie nous est parvenue ', mais les éditions Imprimées ■ paraissent différer de certains manuscrits qni contiennent beaucoup de fables. Elles y ont sans doute été interpolées, et Mannert, qui cherche à distinguer le texte original de ce qui peut y avoir été ajouté, pense que ces altérations datent du huitième siècle. Un manuscrit de Florence, qu'on estime du dixième siècle % pourrait donner quelques lumières sur ce point. Quoi qu'il en soit, l'édition de Simler p. 33j parle des « Aras ac lerminos Alexandri magni Macedonia in Rkobascornm fOrose dit Roxolanorum) finibus s?7as ; mais il ne contient aucune tradition fabuleuse, tandis que quelques manuscrits racontent l'arrivée d'Alexandre sur les côtes de l'Océan se|)tentrional et sa descente au fond de la mer '.
« Dès le dixième siècle, on a attribué à .Kthicus l'itinéraire connu plus généralement sous le nom d'Antonin. Des critiques plus modernes ont adopté cette opinion, et l'ont considérée comme une partie de sa cosmographie. D'autres out pensé que Julius Ilonorius avait composé cet itinéraire, et l'on a sous ce dernier nom quelques excerpla tirés mot pour mot de la cosmographie. (V. ad calcem Pomponii Melœ cura Gronoin, Lugd. B/itav. 1722, 8", p. G91-702. — Wesseling. Prfpf. ad Ilist. Rom. — Fabric. Bibl lut. lib I, cap. 10, ^^ 1 1. — Schœpflin, Aisat. illuntr. t. I, p. 614. — Mannert, Introd. ad T.ibiiL Petilinger. sect. I. — Ger. Meermann, ad lib V Antli. lat. epif/r. CXV, t. Il, p. 39i. — Targioni Tozzetti, Viagg. nella Toscan, t. IX, pp. 161-165.) — Cette cosmographie se trouve aussi dans le second chapitre du livre l"' d'Orose, sans que l'on sache lequel des deux auteurs a copié l'autre.
* JEthici coimographia. — Antonini Aiig'isti Ititierarium, ex hilil P. Pillnei cum sclioliis Jos Simleri, Dasileœ, 1375, in-12. — La moins mauvaise édition est celle qu'on trouve à la fin du Pomponiii.s Mi la de Gronovius, Leyde, 1 722, S".
3 Daudini, Catal. Bibl. Laurent. Cod. lat. t. lU, col. 32i-330.
■» Simler {Prœf. ad J. Balassam de Ggamarth) cite l'ouvrage d',£thicus, d"a près Lilio Giraldi, sous le titre de AnUquitatis Hisloritp, et dit que Pierre Daniel d'Orléans en possédait un manuscrit intitulé : Liber jElhici philosophi editus oraculo, a Hieronymo Presbgtero translatus in latinum, ex cosmographid et mundi scripturâ. Slartin Opitz, dans ses notes sur le rhythme en l'honneur de saint Annon, archevêque de Cologne (apud Schilter, Tffsaur. rer. septenlr. t. [ , affirme que l<s Edirta cosmographira d'ister, traduits par .lérôme, existaient, lilerâ saiti- aiiti(iuissimii dans sa bitiliothrque et dans celle de de Thou ; il en donne la notice suivaute : " .Nuuc quid Uieroiiyuius ex Istro de .\lcxaudri
Lo second ouvrage d'/Ethicus Isler est perdu ; Simler, qui le nomme Sophogrammii , avoue ne l'avoir point vu; mais d'après la note d'un savant, il l'annonce comme étant rempli de fables et écrit dans un style barbare V
La manière dont il en parle semble indiquer que c'était moins un ouvrage original d'iEtbicus, qu'une sorte de compilation où cet écrivain était souvent cité. Cependant Roger Bacon '^ rapporte un assez long passage de la traduction que lit Jérôme du livre d'/Etbicus, sous le titre de de Sapienliis, titre qui représente en latin celui de Soplwyrmnmii, et ce rapprochement me semble prouver qu'/Ethicus Ister était ou passait pour être l'auteur de cet ouvrage qui, au treizième siècle, n'était point perdu '. Dans le passage rapporté par R. Bacon, il s'agit
hoc fiicto referai audiamus : « Asserit (Ister) Alexundrum Magnum illiic par >> obsidum fœdera peiaccessisse, oh hoc tantum ut hac caussa navalimn in- » dustriam (apud gentes iasulas Oceani Magai Borici, ut ait, habitantes) cnn- « siderarct et asluciam. Et ultra qnàm credi potesl de eo famosissimas fa- « bulas inquiunt. Aiuntenimin ipsas colymphas ipsum Alexandrum introïsse « et profundum conscendisse usque ad imum, ut sciret Oceani profundum et i< differentiam maris etabyssi. Nobis verè incredibile videtur.» Le commentateur ajoute que Jérôme décrit longuement les cloches du plongeur qu'il nomme colymphœ.
* Simler, Prœfat. « Hic ^thicus, Istria regione sophista, claruit primusque codices suos cosmographiam nuncupavit; alios, quos non minora, sed majora dixisse cognovimus, Sophogrammios appellat. Nobis librum illum videre non contigit, sed in nostro exemplari, hoc de illo judicium a viro docto adnotatum fuit : librum esse barbare scriptum, nugis et fabulis refertum, de creatione mundi, de elementis, de mirabilibus mundi, etc. Omnia indigna Uieronymo : ac ne ^thici quidem, quoniam in eo libro ipse ^thicus Ister philosophus ssepè citatur, et Alchimus. •
2 Opus Majus, p. 190.
5 Fratris Rogeri Bacon Opus Majus, Edit. S. Jebb. (Londiui 1733, fol.) p. 190 : Et in cosmographia sua .Ethicus astrouomus dicit génies varias debere exire circa dies Antichristi, et eum vocabunt Oeum Deorum, prius mundi regiones vastaturi. Et Ilieronymus hoc confirmât in libro quem transtulit De sapicntiis hujus philosophi. Et Alexander eum eis pugnavit, sed superare non potuit, sicut iste ethicus testatur et refert Hieronymus, et ideo ingemuit et ait :... Bacon rapporte le discours d'Alexandre, tel qu'il était dans l'ouvrage de Jérôme. Il ajoute plus bas : Quando enim non potuit vincere has gentes, tune, ut scribit iEthicus et confirmât Hieronymus, Alexander immolavit hostias Deo et deprecatus est tota nocte et die Dei misericordiam et consilium, et divinâ potentià
des peuples lartares qui furent enfermés par Alexandre, et des montagnes qui, à sa j)rière, se rapprochèrent pour faciliter cette entreprise.
Le nom d7.s(er paraît corrompu en celui (V IJiMeria dans les Origines d'Isidore de Séville ', et cette correction place le temps où vécut Ister entre le quatrième et le septième siècle. Raban Maur, au neuvième siècle, nous dit qu'iEthicus le cosmographe était Scythe de nation, et que le vénérable prêtre Jérôme fut son interprète ". On peut croire que ce dernier intercala des fables dans sa version, et cela s'accorderait avec la conjecture de Mannert sur l'époque de l'altération du texte d'iEthicus.
rV. J'ai parlé ci-dessus d'un roman grec sur Alexandre, que quelques critiques ont a tort confondu avec celui qui porte le nom de Callisdiène. Ce roman a pour titre : Bt'oç À/cça'vooou Toû MazcSovoç y.xl zpxcsiç.... '% et cette rédaction ne peut être plus récente que le onzième siècle, puisqu'il en existe un ma-
affuit terrse motus magnus, et convenerunt montes adversus montes, et approximaverunt perstadium unum ad spatium unius quadrigœ, et ipse tune erexit portas mir<E magnitiidinis et linivit eas bitumiue incognito quod nec igné, nec ferro, née aquâ, nec aliquà re dissolvi potest, nisi solo terrœ motu violento.
' V. Mart. Opitz, not. 13, ad Rltijthm. de S. Annone.
- Hraban. Maur. De invent. ling. apud Go\ddst. Rer. Alemanic. Script, t. H, p. 66 : Litteras etiam .Ethici philosophi cosmographi uatinne Scythicà, nobili prosapià, invenimus, quos [sic) venerabilis Hieronymus Presbyter ad nos usque cum suis dictis explanando perduxit, quià magnifiée ipsius scientiam atque industriam duxit....
5 U serait intéressant de comparer le Bîoç XXeçâvâ'po'j avec VHistoria de Prœliis, dans le but de déterminer lequel est l'écrit original et lequel est la traduction. 11 parait au premier abord que le latin a été traduit du grec, mais si l'on réfléchit que le latin existait avant le dixième siècle (Catcd. da Bohio) et que Joseph, fils de Gorion (qui se trouve cité au commencement du dixième siècle, et qui, par conséquent, a écrit avant le dixième) l'a copié, on ne pourra placer VHistoria de Prœliis plus tard que le neuvième siècle; et si elle a été traduite du B!o; 'AXc^âvfî'fO'j, ce dernier écrit devra remonter au huitième siècle.
Ne serait-il pas possible que le Bîc; 'AXs^âv^pou fût une traduction deVHistoria de Prœliis, faite eu Italie par quelque auteur calabrais, ou en Grèce, d'après le roman latin et peut-être au temps des Empereurs français de Constantinople ???
Ou aurait alors : Ilistoria de Prœliis. . . . huitième ou neuvième siècle. .Joseph, fils de Gorion. . dixième siècle. Bîo; XXe^âvâ'so'j onzième — treizième siècle.
2r> (JRECS HVZAMIVS.
nuscrit ilc ce icmps ' el le style parait répondre à celte époque ^. J'ai déjà dit que Fabricius l'avait confondu avec le faux Callistliène et que Frédéric Spanlieim, Scaliger, Saumaise et Casaui)0ii eu ont parlé. Berkelius et Fabricius en ont publié un long fragment ^ Un manuscrit de la Bibliothèque bodleienne, cité par Gagnier ", me paraît devoir être indiqué ici, quoique le commencement présente une variante qui pourrait faire soupçonner une rédaction difîérente^.
V. Plusieurs historiens grecs ont eu connaissance des romans qui furent écrits sur Alexandre et en ont conservé des circonstances dans leurs ouvrages. Ces romans durent être lus avec avidité dans la Grèce, et quelques-unes de leurs fables se glissèrent dans des ouvrages sérieux. ]M. de Sainte-Croix *^ pense que dès le troisième siècle de notre ère Jules Africain avait parlé de l'aventure de Nectanèbe et d'Olympias; mais j'ignore quel fondement il pouvait donner à cette opinion; et c'est par une conjecture tout aussi hasardée que Joseph Scaliger, en recomposant à sa manière la Chronique d'Eusèbe, y a fait entrer la même fable'. Maintenant que l'on connaît la version arménienne de cette Chronique % et que l'on peut s'assurer
• Bibl. Reg. Paris, ms. gr. n» 171 1. Il commence par ces mots: ci aouwTXTci k'.'^'j~T\,oi, ôctôv à~i-^'&vot, -j"^; aÉrpo. y.ct,r%Xa.fi6ij.Z'iO'., SaXâiTTi; y,'ju.xrx ïiacps'Jdâasvoi, TîOTaaôv NêÎAOv S'iaTîsr.câu.evci, cCipavcO àfJTpoôacrîav S'iaiy/iOtuâasvci TTXpaf^Efî'oi/ca.trt T^ oJx.o'ju.ïvr,... On trouve le même ouvrage dans la Bibl. Ambroisienne (0, 1 1". part, super.) et ailleurs. Les divers manuscrits présentent des différences.
- Ang. Mai, Prœf. ad J. Vulerium, p. xx : Opus grœcum humili quidem stilo sed nondum barbaro. Id cum Julio Valerio sœpè congruit, sœpè etiam ab eo dis-
crepat auctoris nomine caret liber. Sed profectô non est ille Pseudo-Callis-
thenes quem dicit Sancticrucius, p. 168 et sq. uti mihi innotuit conferenti ejusdem locos et -/^apa/.TY;pa; a Sancticrucio notatos.
3 Berkel. Not. ad Steph. Byz. voce Bcu;ccoâ>.si7.. — Fabric. Bibl. gr. t. XIV, pp. 148-130.
* Prœf. ad Josippon. p. xvi.
^ Ce manuscrit commence : &l acocl tûv 'EAXy/vûv, (je crois qu'il faut lire: T(dv AîyjTTTiwv) ÔcGi ovte;.... V. Gagn. Prœf. ad Josippon. p. xvi.
s Examen, p. 163.
" Page 53.
>* Eusebii Pamphili Chrunicoii bipartiUun... e.i- anneaiaco textu in latintun conversum... opéra P.-Jo.-Bapt. Aucher... Venetiis, 1818, 4", 2 vol.
(iUECS BYZANTINS. 2/
qu'il n'y est iiiillcmonl question du séjour île Neclanèbe en Macédoine, on est certain qu'Eusèhc n'en avait point parlé.
Ce fut au sixième et au septième siècle que les fables sur Alexandre commencent à jse montrer dans les écrits des historiens grecs. La Chronique Pascale * rapporte que Nectanèbe s'enfuit d'Egypte sous un déguisement et se retira en Macédoine où régnait Philippe ; mais il faut dire que l'époque de la rédaction de cette Chronique est fort incertaine; elle paraît l'ouvrage de plusieurs auteurs, et les conjectures de savants qui rattribuenl à Cosmas, écrivain du sixième siècle, ou à George d'Alexandrie, qui vécut dans le siècle suivant, présentent peu de certitude ^.
Au huitième siècle, George le Syncelle, qui a tracé d'une manière si confuse la marche d'Alexandre, et qui, du Palus Méotide le conduit jusqu'au Gange % parle de la fuite de Nectanèbe, et dit que selon les uns ce roi se réfugia en Ethiopie, mais que d'autres auteurs prétendent qu'il alla en Macédoine, où, par ses prestiges, il séduisit Olympias et devint père d'Alexandre \
Jean Malala, qui paraît avoir écrit un peu après le Syncelle \ c'est-à-dire au neuvième siècle, mêle les romans à l'histoire d'Alexandre et raconte le premier comment ce héros, qui avait conquis le monde, fut un moment prisonnier de Candace, reine de l'ïnde {-f,ç ^x7ile-j'jr,ç rcôv evâorepov Iv§wv). Il l'épousa et passa en Ethiopie ^ Suidas (voce À>i;av§.) raconte aussi la
' [Ia5/aXiov, seu Clironicon Paschale a mnndo condito ad Heradii itnperatoris annum vigesimum... cura Car. Du Fresne du Gange (Paris, 1688, fol.) p. 170.
* Saxii Onomaat. H, 43... quis in tanta opinantium discordia judex sedebit?
3 Georg. monachi Syncelli Chronograph. cura Jac. Goar. fParis, 1632, fol.) p. 264.
4 Ihid. p. 256.
5 II. Hodii Pmlcg. ad Joa. Malal. "^ xiv-xxix. — Oudin, De Script, eccles. Il, p. 408 — Heiskeet Dindorf ont soutenu que.I. Malala appartenait au sixième ou au septième siècle. (J. Malaise Chronug. Bonn, 1831, 8°. Dindorf Prœfal.)
s.Foa. Antiocheni cognomento Jlalalœ Hist. chronic. (Venet. 1733, fol.; p. 82.