GRECS MODERNES
Vil. Les Grecs modernes traduisirent les romans d'Alexandre dans leur langue vulgaire : ils les écrivirent en prose et aussi en vers de l'espèce qu'ils ont nommée Vers politiques \ Je connais deux j)oëmes en grec vulgaire sur ce sujet.
Le premier se trouve en manuscrit à la Bibliothèque de St-Marc, à Venise ^ Des vers qu'on lit à la fin disent qu'il fut écrit en l'an 6896 de l'ère des Grecs, c'est-à-dire en 1388 de l'ère chrétienne. Il est sans nom d'auteur, et voici son titre et son commencement :
T'iiv -[•svEuiv, àvaTfocpvjv, xaî Tvpâ^si; 'AXs?âvJû&u, Mi-^KSTO. )caTop6&>|ji.(XTa, jcal teasutyjv tyiv toûtcu, Hapà At"yuTTTÎwv ix, ■ko.'KoÙ xaXô); irapajcôslcïa.
'G MaJcsS'o'vwv paoïXeù; 'AXeÇav^po; Èicetvoç 'G ^tfaç, ô TTEpîcpy.u-o;, 5 (tuvstÔç sv Xo'yot;...
Cet ouvrage contient les mêmes traditions que celui qui porte le nom de Callisthène et paraît en être une translation en vers '.
Le second poème a pour auteur Demetrius Zeno^ de Zanthe, qui est plus connu pour avoir traduit en vers grecs vulgaires la Balracliomyomacliie, qui porte le nom d'Homère. Il vivait au commencement du seizième siècle, et son ouvrage, sous le titre de 'Alé'ixvdpog 6 Mx/.s5cov, fut imprimé pour la première fois à Venise, en 1529'^, et depuis lors un très-grand nombre de fois. J'ai sous les yeux une édition dont voici le titre et les premières lignes^ :
» Conf. Mai't. Crusii Turco-Grœc. p. U'3. — Hgen, Schol. in Batrachomyom. wl cale. Uijmnor. Homeric. p. 606, 057.
- Cod 408, chartac. 4».
3 Zanetti et Buongiovanni, Grœca D. Marci Bibl. p. 198. — Morelli, Bibl. ms. grœca et lat. pp. 277, 278. Ce ms. a appartenu au cardinal Dessarion.
* Mart. Crusii Turco-Grœc. p. 372. — Vahrlc. Bibl. grœc. t. XI, p. 422, éd. Harl.
^ Jepeuse que la Vie d'Alexaudre, en vers, imprimée à Venise, en 1603, et êitée dans le Calai. Bibl. Univ. Lugd. Batav. p. 223, est une édition du poëme de Démétrius Zeno.
GUtCS MODE UNES. 31
TTcùtjSoy'/Toy Bac7t/ioj; A/e^avô^oou toO May-sSovoc, ytoû rôiv Sxv^ocaKhv jSa^tÀc'wv <I>tÀir:7:ou, ■/.aï OXvuTrta'ôoç. Nscorrri 7v~o)^dax, y.xi usz èiriai/.dxi diop'Joj'Jcî'Jx. EvîTt'yyatv ■ x'j>y 1805 (s<c') 8".
rc'vvy;au, y.xrop'Jôju.xzx^ y.xl ^xvxroç, AAî^xy^pov Maxeôîvoç Oix
SOCpîot TWV AÎ"^'J~Tt(x)V, r.TOV 77GÀ/.à TCcSicffa
tÔv cùsavôv àsîôar.crav, /laî t' %<j-^o. £u.cTp'r<T«.v • 'Eu.£Tpri(7av x,al tô XoitvÔv, -rà pâôïi tt;; 6a>.â(j(jïi;,
é'3'êi^av xal tyiv ■ziyTt,'^ tcu;, va ctûcr,; va Tifiv irtâcnri;, Tr,v TÉy^vïiv toÙç àoTÎxaat, arriv "j"«v è^aTrXwj^.s'vn,
ai Tï.v î^c'jpo'jv î).ct TO'j;, x,'avai S'iapav.veai'vy;.
llc/oJ tÔ TTWÇ à?psVT£"J'7cV 0 E"/.TîVa|Sôç rZ/V AryjTTTOV.
"E>.c-^£ fàp é KT£va|^o; ; tt.v Ai-j'i)""' àoEvrêûsi aÙTivc; rTOv ûa-cfc;, Ôtïoù -r.v jcupieûai
Ces romans sur Alexandre furent rendus encore plus populaires parmi les Grecs en les translatant en prose, et chaque traducteur s'efforça d'ajouter à son ouvrage de nouveaux détails et de nouvelles merveilles. J'indiquerai un de ces écrits qui fut rapporté de Constantinople par Busbeq et qui existe en manuscrit dans la Bibliothèque de Vienne. Il est intitulé : ^iri'fn'jiz y.xl h '/iw/î^tç /.xi h Çojv? roO k').zc^x:j^po'J... et C est sans doute le même ouvrage qui a été publié sous le titre de : ù^i-hynniq A.'/.six-jOpvj Toû Mxyx^ivog r^zpiiyovGx rhv ^iov aùroO, xovç, tioUy.o'jç... Neworl vjnw'jsïax v.xl zT.iu.ù.rhz hiooSoiSzî'Jx T:aox RyjjOvxoO Xxiptnz'iov toû ¥^pr,ziç. — Venise, 1788, in-12, et dont le second titre, après leproœmm»», porte: Tivvnaiq^ y.x-op^(Jip.xzx -/.xl 6xvxzoç ÎÛ-tidcj^pov roi) Maxs^ôvoç.
Une autre rédaction tout à fait populaire a été publiée plusieurs fois à Venise. Mon édition a pour titre : A/£;avo/>oj zoï) MxKS^ôvoç ^irjç^ r.l'j.îusA y.xi Ôa'varo^. — èv BeviZLx, 1819, m-12. — Après une préface des éditeurs, le roman commence par un
' Lambec. Cal. bibl. Vindob. t. V, p 517, éd. Kollar.
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cliapitre intitulé : Ilepï Maxe^ovlaç y-xl AXs^avS/oou, et par ces paroles : H Mazs^ovta eivai hzxpyjx ^.zyd'kr, r>7ç EupoÔTTvjç... et on y lit qu'Alexandre était non le fils de Philippe, mais le fils de Nectanèbe. Le second chapitre est : to^î -oj ^xnùlrxiq Nc/-£va|3ou, et on y lit : o-j-oz 6 QocvaxaTOi oi.arpovly.oq y.xI (ixails-jq NsîCTeyajSoç £|3a<7t).£ua£v eig oIt/V tyiv MyviiTov y-k zx \j.xyivA zov -iyyi{)p.xxx...
M. de Sinner cite comme étant une version du faux Callisthène ' un roman en grec vulgaire et en prose, dont il donne le titre ^, et qui peut-être est le même que celui dont je viens de parler. Cependant la qualification de Venion de CalUsthène que M. de Sinner lui donne, ne saurait convenir, dans un sens exact, à la Vie d'Alexandre indiquée au §IV. M. de Sinner, sur l'autorité d'un auteur allemand '% attribue l'écrit grec dont il fait mention à Démétrius Gobdélas.
Mil. Enfin un historien grec du dix-septième siècle, Dorothée, archevêque de Malvoisie, a adopté dans sa chronographie ** une partie des fables répandues et en quelque sorte accréditées par ces nombreux romans. Il raconte comme historique l'aventure de Nectanèbe et d'Olympias, la naissance d'Alexandre et la mort du magicien qui sut tromper le roi et la reine de Macédoine ^
» Sinner, Prœfat. ad Longi Past. (Paris, 1829) p. 31.
- 'IrJTCsîo. 'A'AE^àvâ'so'j toO My./.i^i'/':,: TTspi-^'sâocjca Ta; ôS'o'.— cpîa; aOroû, roû; n ■KrAéiLMi, /.al Ta zaropÔwaaTa y.at àXXa irÀeïcrTa -ûavù Trspîep-j'a. Venetiis, 1810.
3 Munnich, iVeM^r. Sprachlrhre, Dresde, 1824, p: 69.
* BipXîov '.(jTopt/cov... Venise, 1631, 4". Une seconde édition a été imprimée dans la même ville, sous le titre de ô y^sovi-j-saço;, toutectti pi[î"/.ÎGv [crTopi^bv a'jvcTTTtxo'v.... 1686, 4». La Bibliothèque publique de Genève possède une édition plus récente de cet ouvrage, sous le titre de : Livre historique contenant les histoires variées et remarquables depriis le commencement du monde à In prise de Constantinople (en grec moderne.) Venise, 1763, in- 4". .\ la page 1 1 1 Dorothée raconte l'histoire des amours de Nectanèbe et d"01vmpias et la naissance d'Alexandre.
^ Sainte-Croix, Exam. p. 166, not. "2.
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