GRECS BYZANTINS
à ce Melliodius qui, en 1240, fut pendant quelques mois patriarche de Constanlinople *. Quoi qu'd en soit, l'auteur a puisé une partie de ses traditions chez les écrivains arahes, et voici ce qu'il raconte sur le héros macédonien. Philippe épousa Chuseth, fille de Phool, roi d'Ethiopie, et en eut Alexandre. Ce prince ayant succédé à Philippe, vainquit et tua Darius, et, après la victoire , il descendit jusqu'à la mer qu'on appelle Regio solis^ et il vit des nations immondes et horribles. 11 les enferma aux extrémités de l'Aquilon, et, à sa prière, les montagnes appelées Ubera Aquiloms se rapprochèrent à la distance de douze coudées. Alexandre fit fermer cet espace par des portes d'airain qu'il enduisit de Assurim^ drogue qui résiste au fer et au feu. En revenant, Alexandre fut empoisonné par ses serviteurs. Après Alexandre, quatre de ses serviteurs régnèrent. Sa mère, Chuseth, retourna en Ethiopie ; mais Bms, fondateur de Byzance, envoya le général Germanicus pour la demander en mariage à Phool son père, qui fut si joyeux de cette alliance, qu'il conduisit lui-même sa fdle à Byzance. La fille de Bisas et de Chuseth épousa Bomulus, roi de Rome, qui était surnommé Armelœus. Il en eut trois lils : Armœlus, qui régna à Rome ; Urbanus, qui régna à Byzance, et Claudius^ qui régna à Alexandrie. Tout cela n'était que l'accomplissement d'une prophétie de David, qui, prévoyant que Chuseth susciterait le royaume des Romains, avait dit : Âb yElhiopia prœveniet manus ejus Deo ^.
Le ménologe grec au 10 juillet vante la clarté et la sagacité de Methodius dans ses prophéties et semble faire allusion à ses Révélations. Il faut donc espérer qu'il connaissait l'avenir mieux que le passé, et se rappeler que le saint évêque de Patare et de Tyr n'est pour rien dans ces sottises qui ne furent écrites que dix siècles après sa mort.
» Fabric. Bibl. grœc. t. VU, pp. 269, 271, 274. — Cave, Script. Eccl. Ilist. litter. p. 106. — Schilter, TItesaur. ling. septent. t. III, p. xli, et sq. « Max. Bibl. patrum.t. III, p. 729.