‹ Mélanges d'histoire littéraireChapitre 11 sur 85 · I. Rigal. « ] Iclor IIwjo poêle épiqui · texte numérisé non relu

I. Rigal. « ] Iclor IIwjo poêle épiqui

est postérieur de trois ans; et ceci explique tout. Victor Hugo a d'abord grandi les trois cents par le symbole de la fin, qui n'est pas — nous le savons aussi — l'idée génératrice de la pièce, mais seulement un moyen d'élargissement trouvé au dernier moment, et fournissant une fin brillante. Plus tard, le poète a encore élevé la lutte par les symboles du début, destinés — après coup — à donner un sens symbolique h Tensemble.

Lh conclusion s'impose : Victor Hugo, dans la pièce des Trois Cents, n'a nullement essayé d'être grec. Dans ses emprunts, comme dans ce qu'il ajoute, il ne se soucie pas de reproduire le ton, ni de donner l'impression d'Hérodote — cette impression qui naît du mélange de renseignements consciencieux, précis, abondants, recueillis avec curiosité, présentés avec bonhomie, et de ces longs discours étalés sans contrainte, bavards avec grâce .

De tant de traits précis d'Hérodote, il fait une pièce romantique, où l'on retrouve tout le Victor Hugo de la Légende, mêlant en lui, ou annonçant toutes les tendances dérivées de lui et spécialisées hors de lui : ni réaliste systématique, à la façon de Flaubert ou de Leconte de Lisle, — réaliste pourtant par endroits ; ni essentiellement symbolique comme le Vigny de « La bouteille à la mer ». comme, plus tard, le Samain du « Jardin de l'Infante », — doué néanmoins du sens du symbole et du mystère, acquis de la triple influence de la Bible, des Anglais et des Allemands ; — enfin épique et lyrique plus que personne.

Cette conformité de Victor Hugo à lui-même, dans la pièce des Trois Cents, suffit à faire sentir la spontanéité de ce que nous avons appelé ses procédés, et que nous avons dû analyser pièce à pièce.

A l'analyse, d'ailleurs, ses procédés se sont montrés un, toujours le même, le contraste; et, après M. Mabilleau, tout le monde s'accorde à dire que le contraste est le mode même de pensée, bien plus, le mode de perception sensitive, en particulier visuelle, qui distingue l'organisation cérébrale de Victor Hugo.

On a dit que si Hugo n'a pas abordé dans la Légende des siècles la Grèce proprement classique, l'atticisme, c'est qu'il était incapable de les comprendre. Nous ne nous reconnaissons pas le droit d'aller jusque-là. Nous remarquerons seulement que la période classique de la Grèce était peut-être une des moins fécondes

t\0 LES SOURCES GRECQUES DES TROIS CENTS

en contrastes saillants tels qu'il les aimait ; qu'au contraire, l'épisode des guerres niédiques l'a particulièrement frappé, pfiisque sur cinq pièces consacrées à la Grèce, quatre contiennent le nom de Xercès.

Il ne faut pas demander à Victor Hugo une interprétation de l'idée de beauté chez les Grecs. Il a tiré parti de tout ce qui dans Hérodote se prêtait à la transposition ; mais, s'il a instinctivement plié son auteur à ses convenances romantiques, ce n'était pas pour s'asservir à un idéal d'art antique entièrement différent du sien.

Eugène Fréminet.

Les dates du maxusckit i-;t les dates de i/édition

Si Ton ouvre le manuscrit des Contemplations , on est d'abord frappé du fréquent désaccord qui existe entre les dates du manuscrit et celles de l'édition". Les dates de l'édition, généralement acceptées^, sont donc suspectes. On voit l'importance et l'intérêt des questions qui se trouvent impliquées dans ce problème de dates. Il s'agit d'établir la véritable évolution des idées, des sentiments et du style deVictor Hugo, durant cette période de vingtcinq années (i83o-i855). Déplus, s'il est prouvé que Victor Hugo a changé les dates de ses pièces, il y a lieu de chercher les raisons de ces changements, et peut-être trouvera-t-on là quelques traits du caractère et du génie du poète.

Les pièces pour lesquelles la date du manuscrit et celle de l'édition concordent sont les suivantes. La date de ces pièces est hors de question :

L I. 3, lo, II, 17, 20, 24-

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