I. « Le démon dans ces bois repose
Non le vieux satan fourchu ; Mais ce jiclit Bclzébuth rose, Qu'Agnès cache dans son fichu » (I. 3. 7). « O belle meunière de Ghelles, Le songeur te guette effaré, Quand tu montes à tes échelles Sûre de ton bas bien tiré ! » (L 4- 5). Tout aimait, tout faisait la paire, L'arbre à la fleur disait : nini ; Le mouton disait : notre Père, Que votre sainfoin soit béni » (IL i. 2). Toutefois, il ne faut pas méconnaître qu'il j a aussi dans les « Chansons » de pures et fraîches idylles qui sont des chefs-d'œuvre de grâce un peu maniérée et précieuse : « A Jeanne (L 3. 6).
Ces lieux sont purs, tu les complètes ; Ce bols, loin des sentiers battus.
Semble avoir fait des violettes, Jeanne, avec toutes les vertus.
O Jeanne, ta douceur est telle.
Qu'en errant dans ces bois bénis Elle fait dresser devant elle Les peliles têtes des nids. »
Exemple (l. 2. 20) :
La neige emplit le noir sillon, • La lumière est diminuée...
Ferme ta porte à l'aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !
Et puis, laisse ton cœur ouvert !
Le cœur, c'est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert.
Mais Dieu va rayonner peut-être!... «
pour ces pièces les dates de i838, i84o, 18^2, 1846, données par le manuscrit. Les pièces 1. 2. 2, 4, 10, i3 semblent bien être des pièces de fantaisie, mais sont parfaitement sérieuses de ton, et rappellent les pièces 22 et 28 des « Chants du Crépuscule » ; les dates du manuscrit sont donc ici encore tout à fait vraisemblables.
Les pièces I. i. 12, i/j, i5, 16, 19, 21 ressemblent infiniment plus aux (( Chansons » qu'aux pièces écrites avant i8/io. Elles marquent justement la transition entre ces deux extrêmes. Ce n'est déjà plus qu'imagination et fantaisie '. Ce n'est plus Tamour pur et idéaliste des « Voix intérieures » et des « Rayons et des Ombres » ; par contre on y voit apparaître cette sensualité qui remplira les « Chansons »-. Enfin le style familier, badin, maniéré de ces pièces annonce tout ce qu'il y aura dans les « Chansons » de réalisme, de joyeuse ironie, et d'esprit ou de recherche d'esprit^. Ces dernières pièces sont donc très vraisemblablement des dates du manuscrit, et non de celles de l'édition*.