‹ Mélanges d'histoire littéraireChapitre 49 sur 85 · I. I. 29. — VA. 1887; ms. i · texte numérisé non relu

I. I. 29. — VA. 1887; ms. i

Souffrez, penseurs, des pleurs de vos bourreau.K baignés.

Le deuil sacre les saints, les sages, les génies ;

La tremblante auréole éclôt aux gémonies.

Et sur ce vil marais flotte, lueur du ciel.

Du cloaque de sang feu follet éternel.

Toujours au même but le même sort ramène.

Il est, au plus profond de notre histoire humaine.

Une sorte de gouffre, où viennent tour à tour

Tomber tous ceux qui sont de la vie et du jour,

Les bons, les purs, les grands, les divins, les célèbres.

Flambeaux échevelés au souille des ténèbres;

Là, se sont engloutis les Dantes disparus.

Nuit, d'où l'on voit sortir leurs mémoires planantes

Le genre humain pensif, c'est ainsi que nous sommes, Rêve, ébloui, devant l'abîme des grands hommes.

/. 3. 2 (2« partie). — Ed. i838; ms. i855.

L'indigence, flux noir, l'ignorance, rellux. Montent, marée affreuse, et, parmi les décombres, Roulent l'obscur filet des pénalités sombres...

La brute qui rugit sous les nuits constellées,

Qui rêve et dont les pas, fauves et familiers.

De l'antre formidable ébranlent les piliers.

Et qui se sent à peine en ces profondeurs sombres,

A sous son fier sourcil les monts, les vastes ombres

Et porte en son œil calme, où l'infini commence. Le regard éternel de la nature immense.

/. 3. 28. — VA. i835 ; ms. i85/(.

Les sujets monstrueux qu'il a pris ou vaincus (Shakspeare) Râlent autour de lui, splendides ou dillbrmes ;

Sinistre, ayant aux mains des lambeaux d'àme humaine.

De la chair d'Othello, des restes de Macbeth,

Dans son œuvre, du drame effrayant alphabet,

Il se repose ; ainsi le noir lion des jongles

S'endort dans f'antre immense avec du saniv aux ongles.

/. 3. 3o (2« partie). — Ed. iSSg ; ms. i855.

Par instants, dans le vague espace, Regarde enfant, tu vas la voir, Une brusque planète passe.

A peine a lui son auréole, Que déjà remplissant le ciel, Sa rondeur farouche commence A cacher le gouffre en démence, Et semble ton couvercle immense, 0 puits du vertige éternel !

Dans un éloignement nocturne Roule, avec un râle effrayant.

Quelque épouvantable Saturne, Tournant son anneau flamboyant.

La braise en pleut comme dun crible

Quelques-uns de ces globes meurent.

Dans le simoun et le mistral Leurs mers sanglotent, leurs flots pleurent, Leux flanc crache un brasier central.

Leur haleine flamboie et fume.

On entend de loin dans la brume La toux lugrubre des volcans.

n. — Images qui sont des sensations.

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