‹ Mélanges d'histoire littéraireChapitre 52 sur 85 · I. I. \. — Ed. iS'io; ms. i · texte numérisé non relu

I. I. \. — Ed. iS'io; ms. i

...Et laissant tomber goutte à goutte son eau Le vi('ux antre attendri pleure comme un visage

Le soir vient et le globe à son tour s'éblouit.

11 savoure, éperdu, limmensilé sacrée,

Les eflluves du sombre et du profond, mêlées A vos effusions, astres de diamant.

T,R STYl.F, DR VICTOR IlUr.O EN I 83o-^|0 ET EN l85/l-55 83

L'inlini tout entier d'extase se soulève...

/. I. i8. — Ed. i835; ms. i854.

...Un houx noir, qui sonj^eait près d'une tombe, un sage, M'arrêta brusquement par la manche, au passage.

Quand mai nous les ramène (les oiseaux), ô songeur, nous Les voilà ! tout s'émeut, pierres, tertres, gazons ; [disons

Le moindre arbrisseau parle et l'herbe est en extase, Le saule pleureur chante en achevant sa phrase ; Ils confessent les ifs, devenus babillards ; Ils jasent de la vie avec les corbillards.

Je trouve juste, ami, qu'en lisant à voix haute L'épilaphe où le mort est toujours bon et beau,. Ils fassent éclater de rire le tombeau !

/. I. 27. — Ed. i835; ms. i85/i.

Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi. S'apprivoise et devient familier avec moi ; Et sans s'apercevoir que je suis là, les roses Font avec les bourdons toutes sortes de choses...

/. I. 29. — Ed. 18.. ; ms. i855.

Amour, lorsqu'on nos cœurs tu te réfugias.

L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats,

Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches,

Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches,

Et que les lourds rochers, stupides et ravis.

Se penchent, les laissant piller le chènevis...

/. 2. 17. — Ed. 1839; ms. 1854.

Ils songeaient, ces deux cœurs, que le mystère écoute. Sur la création au sourire innocent

Penchés, et s'y versant, dans l'ombre, goutte à goutte. Disaient à chaque tleur quelque chose en passant.

/. 2. 26. — Ed. 18.. ; ms. i85/|.

Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines. L'herbe s'éveille et parle aux sépulcres dormants ;

8/i LA CHRONOLOGIE DES CONTEMPLATIONS

Que dit-il, le brin d'herbe, et que répond la tombe ? Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs. Lèvre, cherche la bouche ! aimez-vous ! la nuit tombe ! Soyez heureux, pendant que nous sommes pensifs !

/. 3. I. — Ed. i8/i3 ; ms. i853.

Un soir dans le chemin, je vis passer un homme, Vêtu d'un grand manteau, comme un consul de Rome, Et qui me semblait noir sur la clarté des cieux !

Et me dit : J'ai d'abord été, dans les vieux âges, Une haute montagne emplissant l'horizon ; Puis, âme encore aveugle et brisant ma prison. Je montai d'un degré dans l'échelle des êtres. Je fus un chêne et j eus des autels et des prêtres. Et je jetai des bruits étranges dans les airs ; Puis je fus un lion rêvant dans les déserts. Parlant à la nature avec sa voix grondante; Maintenant je suis homme et je m'appelle Dante.

/. 3. 2 (2" partie). — Ed. i838 ; ms. i855.

l'^t dans l'ombre, pendant que son bourreau redouble, 11 (le cheval) regarde quelqu'un do sa prunelle trouble, Et l'on voit lentement s'éteiiulre, humble et terni. Son œil plein des stupeurs sombres de l'infini. Où luit vaguement l'âme eifrayante des choses.

/. 3. 12. — Ed. i8/|o; ms. i854.

Deuils, û lunes encor plus mortes que les terres ! Ils souffrent, ils sont noirs, et qui sait ce qu'ils font ! L'ombre entend par moments leur cri rauque et profond.

Mondes spectres, tirant des chaînes inégales. Ils vont, blêmes, pareils au rêve qui s'enfuit.

Implorant un Messie, espérant des apôlres, Seuls, séparés, les uns en arrière des autres, Tristes, échevelés par des souilles hagards. Jetant à la clarté de farouches regards.

Autour du paradis ils tuui-ncnt envieux.

LE STYLE DE VICTOR HUGO EN l83o-/io ET E> iSÔ.VoO 85

Page 1