I. Réponse à un acte d'accusation
Vers 1820.
Elle était déchaussée,
L'enfance.
Quelqvics mois à un autre.
Chose vue un jour de printemps.
A la mère de l'enfant mort.
Glaire.
moment où il les écrit que les idées et les sentiments passés qui en ont été l'occasion et en constituent le sujet. Ces « Mémoires » n'ont rien de rigoureux. Le poète se soucie assez peu, sans doute, de ressaisir et de traduire ses anciens états d'àme dans leur vérité et leur originalité premières. C'est précisément la nature des sentiments exprimés qui nous a permis de rejeter pour un certain nombre de pièces la date de l'édition. D'ailleurs, les dates auxquelles le poète reporte ces pièces sont approximatives. Il nous en avertit lui-même pour la pièce I. i. i6, qu'il intitule « vers 1820 ». 11 faut remarquer aussi que ces pièces sont souvent reportées vingt ans en avant, en chiffre rond', ou bien exactement au même mois d'une année antérieure*. Il faut donc prendre cette expression de « Mémoires d'une âme » pour ce qu'elle vaut, et n'v voir qu'une explication tout à lait vraisemblable de certains changements de date.
Toutes les pièces antidatées, même celles qui n'ont point la forme de souvenirs, pourraient en une certaine manière être assimilées aux pièces précédentes et être également considérées comme des « Mémoires ». Le poète ne se représenterait plus des faits particuliers, mais se remettrait vaguement dans certaines dispositions d'esprit ou de sensibilité qui lui étaient plus habituelles h telle ou telle époque.
11 est toutefois une autre explication plus simple et que l'on a déjà vu qui s'appliquait à certains cas particuliers. Les dates de l'édition n'auraient aucun fondement réel : le poète, pour des raisons de convenance, aurait reporté ses pièces à des dates antérieures. Victor Hugo aurait substitué à la suite chronologique de ses pièces cet ordre logique que présente l'édition. H y aurait eu deux étapes dans cet arrangement. Le poète aurait d'abord classé ses pièces sans en changer les dates, et c'est précisément ce premier état que l'on trouve dans le manuscrit. Puis, il aurait changé les dates, de manière à supprimer le désaccord lré(|uent et trop apparent qui existait entre les dates de ses pièces et l'ordre logique dans lequel il les publiait. Sans doute, il n'y a pas contradiction absolue entre cet ordre logique et la véiitable évolution
i. Réponse à un acle d'accusalion.
(Ju('lf|iirs mois à vin aiilrc.