HARMONIES POÉTIQUES I
une certaine incertitude. Cepencl;int Lamartine a tenté, semble-t-il, de lui rendre sa marche sure en supprimant la strophe sur les chrétiens qui s'intercalait assez mal à propos entre les deux strophes sur les deux exils des juifs (str. lo, l'exil temporaire de Babylone ; str. ii, la grande dispersion de la race à travers le monde moderne). Grâce à cette suppression le développement suivrait en effet une progression continue si la str. 12 : « Le sauvage enfant des savanes », était placée non à la fin, mais tout au début, avant la str. 6: « l'Indien élevant son âme » où le sentiment religieux s'élève déjà d'un degré plus haut.
Str. i3. F. II.
temples debout, superbes hasi-
peuple encor les débris [lit/aes
chaque urne le contient, chaque
[pierre l'adore
Str. i5. F. II v°.
à parler du seul grand déchiffre en vain son nom qui sèche sur les prés
Str. 12.
silence et joie [manteau
vous envelopperont comme un une ivresse muette enivrera vos qui soudain vous a lui [sens
cathédrales gothiques anime les parvis
chaque autel en porte un qu'un [saint délire adore
à nommer le seul grand épelle en vain ruisselant sur les prés
splendeur et joie [manteau
en vous enveloppant comme un de son parfum vital enivrera vos qui d'en haut vous a lui [sens
Le dernier vers est incomplet. Au lieu des mots: « vivant » et : « divin » il n'y a que deux mots raturés et non remplacés.
Au bas de ce feuillet un chiffre : 111, et sans autre indication de titre, à la suite : le Chêne. Le texte qui se lit ici est beaucoup plus voisin de celui de l'édition que celui que nous présentait le ms. y au f 22. Ici le récit des aventures du gland est abrégé, le rythme définitif est trouvé, le Sens arrêté. 11 n\- a plus que quelques corrections de mots à opérer :
Str. I. F. 12 \\ dites-lui : « Comment cs-lu né ? » Demandez comment il est né
Str. 2.
et sur le rocher itu
.et sur la roche nue
l68 ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
Str. [\. F. i3. — Deux vers ont été fondus en un et une rime triplée a ainsi disparu :
au seuil de l'infini c'est la home au seuil de l'infini c'est la borne
[placée [placée
oii l ignorance sarje el sûre d'igno- où la sage ignorance et laudace
\rer [insensée
el la science humaine aa même se rencontrent pour adorer î
[aveu forcée se rencontrent pour adorer!
Sir. 8. F. 14.
la tour sort vieillit et s'écroule la tour monte, vieillit, s'écroule
Str. 9.
et fortifié par ses nœuds fortifié par mille nœuds
Str. 10. F. i4 v". comme un vaste nuage comme un large nuage
l'oiseau du ciel y vient dormir les oiseaux y viennent dormir
Str. 12.
le lézard dort et la fourmi le serpent siffle et la fourmi
Celte correction a été commandée par le changement introduit dans le dernier vers de cette strophe que Lamartine avait d'abord écrit :
qu écrase un enfant endormi
avec au-dessus, comme variante :
un gland mal affermi
Ayant adopté dans l'édition une troisième forme : « qu'écrase un lézard endormi », il a dû remplacer plus haut: « le lézard » par : « le serpent ».
Str. i5. F. lav". — A la dernière strophe, Lamartine indique en marge une transposition. Le vers 3 était écrit dans le ms. avant le vers 2. II ajoute aussi en marge: ta p/éi'oyance et ta bonté, avec cette indication : 3 fois, sans doule pour marquer la nécessité pour le rythme d'une rime triplée. Au dernier vers il rature: da/is sa majesté, pour remplacer par « et son éternité » !
L'Humanité.
Ainsi que pour le Cliéne, Lamartine ne met pas de lilre mais
IIAP.MOMKS POÉTIQUES I 6q
seulement le chiffre : iv, pour indiquer le commencement de cette harmonie.
Str. I.
Mais montez cent dec/ré.s de Vé- [chelle de l'être
la beauté qui s'épanouit
l'éclat serein qu'elle répand à l'heure pure et matinale que l'aube à l'horizon conduit
Le ms. ne donne pas de virgu ment belle à la paupière », com
Str. 3.
sur un cou flexible et sans nœuds nac/e un cygne voluptueux sous la voûte à peine abaissée de cette arche de la pensée où le sourcil vient s'ébaucher ondule son sillon d'ébène que craindrait d'effacer l'haleine
Str. 4.
que voile et couvre en un instant
semblent s'enlacer à dessein
Str. 5.
avec des sons fait des concerts
à de plus hauts degrés de Téchelle [de l'être
la vierge qui s'épanouit
la volupté qu'elle répand
à l'heure fraîche et matinale
qui suit l'ombre et que le jour suit
le après le mot : belle : « doubleme le fait par erreur l'édition.
sur un cou flexible, élancé un cygne molienient bercé sous la voûte à peine décrite de ce temple où son âme habite on voit le sourcil s'ébaucher arc onduleux d'or ou d'ébène que craint à'eiracer une haleine
que voile et couvre à chaque in-
[stant s'entrelacent comme à dessein
de sons épars fait des concerts
Les trois derniers vers de cette strophe ont été entièrement refaits sur des rimes nouvelles :
comme du clavier qui s'anime jaillissent par un art sublime la douleur et la volupté !
La beauté, mystère suprême qui ne se révèle à lui-même que par désir et volupté !
Str. G. — Une strophe de portrait qui a été très heureusement remaniée. Le ms. nous la donne ainsi, tout à fait dans la manière fade des petits poètes pralants du xviii^ siècle que Lamartine se souvient trop souvent d'avoir cultivés dans sa jeunesse :
ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
Sur ses traits dont le pinceau n'ose
suivre l'ovale gracieux
toutes les feuilles de la rose
se nuancent pour plaire aux yeux
A celte pourpre de la joue
on dirait quun dieu qui se joue
répande et fixe pour toujours
au moment qui le vit éclore...
Sur ses traits dont le doux ovale borne l'ensemble gracieux les couleurs que la nue étale se fondent pour charmer les yeux A la pourpre qui teint sa joue on dirait que Taube s'y joue ou qu'elle a fixé pour toujours au moment qui la voit éclore un rayon glissant de l'aurore sur un marbre aux divms contours.
Les derniers vers sauvent la médiocrité du reste. Str. 7. — Viennent ensuite deux strophes qui dans le texte définitif se sont fondues pour former la str. 7 :
Mais à l'amour il faut un voile d'où s'échappe son disque pur mais il faut la iiuit à l'étoile pour luire sur un sonxhre azur ainsi derrière son visage ses longs cheveux flottant ombrage font ondoyer leurs blonds anneaux puis comme un pot qu'un cygne sur l'épaule qui les divise \brise se séparent en deux rameaux
Sa chevelure qui s'épanche au gré du vent, prend son essor glisse en ondes jusqu'à sa hanche et là s'efllle en franges d'or autour du cou blanc qu'elle em-
[brasse comme un collier elle s'enlace descend, serpente, et vient rouler sur un sein où s'enllent à peine deux sources d'où la vie humaine en ruisseaux d'amour doit couler !
L'un flottant sur l'épaule blanche que son ombre relève encor le lonq de sa taille s'épanche et là, s'effile en franges d'or:
l'autre autour du cou qu'il cm-
\ brasse comme un collier r<>mj)ii s'enlace glisse, serpente, et vient rouler sur un sein où s'enflent à peine deux sources qu'à sa tiède haleine la vie un jour fera couler'!
Str. (S. F. 17 v". — Esquisse tourmentée et très raturée pour la str. 8.
F. 18. — {{éprise (h; la même strophe, d'un trait sans rature. I.c texte a été très modifié dans l'édition, mais pas toujours très heureusement :
Il VUMOMKS l'0KTIO( i:S
Sous son doux pied l'/ierhe ,iinou-
[reuse murmure à peine en se penchant sur sa hanche voluptueuse elle se balance en marchant telle une barque vide encore dont au vent naissant de l'aurore le pane gracieux s'arrondit au seul leste (sic) qui le cadence sous son mât léger se balance sur la vague qui febondit
\oljle et légère elle folâtre
et riierbe que foulent ses pas sous le poids de son pied d'albâtre se courbe et ne se brise pas.
Sa taille, en marchant, se balance comme la nacelle qui danse lorsque la voile s'arrondit sous son mât que berce l'aurore balance son flanc vide encore sur la vague qui rebondit.
Il est permis de regretter les quatre premiers vers du ms. si légers et si mollement cadencés.
Str. 9.
que suave contour tout cet être que l'œil caresse.
elle attire et s'enfuit sans art
qu'harmonieux contour tout son être
rêve ou pleure ou chante à l'écart
Str. 10. — La str. 10 a été entièrement transformée. Voici comment le ms. le donne avec des ratures et des corrections dans rinterliofne.
Mais déjà sa beauté plus mûre fleurit à ses quinze printemps tout ce qui plaît dans la nature captive ses yeux inconstants.
Aux feux des étoiles brillantes au murmure des eaux roulantes son cœur s'attache sans dessein et comme jalouse des roses aime à les voir, du Jour écloses mourir en parfumant son sein !
Str. 1 1. F. 19.
elle nourrit les tourterelles sur le bleu satin repasse ses doigts elle paraît et tout admire
Str. 13.
qui donne un regret au vieillard un souffle d'amour l'environne elle aspire: un homme est conçu
Mais déjà sa beauté plus mûre fleurit à son quinzième été à ses yeux toute la nature n'est qu'innocence et volupté.
Aux feux des étoiles brillantes au doux bruit des eaux ruisselantes sa pensée erre avec amour ; et toutes les fleurs des prairies viennent, entre ses doigts flétries sur son cceur sécher tour à tour.
elle charme les tourterelles sur le blanc satin promène ses doigts elle paraît et tout soupire
qui donne une ivresse au vieilLird un souffle d'amour environne celle par cpii 1 homme est conçu
I'j2 ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
Les séparations entre les strophes en alexandrins (i3-23) sont marquées par des blancs.
Str. i3.
qui n'a que des instajils qui n'a que deux instants
Str. i4.
et sa parole ainsi qu'une lumière et son accent comme une autre
[lumière
Str. 17. F. 20.
lance la mort au point lance la mort au but
Str. 23. F. 2 I.
des dieux pour adorer des dieux à supplier
Str. 20.
que vient Lattre le flot que vient battre la vague
Str. 26.
au delà de la mort au delà du tombeau
L'Idée de Dieu. — F. 21.
1/ (( Idée de Dieu » est écrite à la suite non seulement sans titre mais même, cette fois sans numéro d'ordre. Un petit trait et un espace blanc, marquent seulement la séparation.
Signalons une faute d'impression qui dénature le texte de la sir. 2, il faut écrire: « reculent », comme dans le ms. au pluriel et non : « recule » ([ue donne l'édition. Le sujet est: « cieu.x ».
Str. 8. F. 22 v".
le remords du crime raturé et remplacé par : le soutien du faible.
le fort a combattu le juste a combattu
et la terre s'évanouit et la raison s'évanouit
Sir. 10.
mais qu'importe .' l'.înie mais ([u'iinixirlr à l'àine
F. 23 v". — /'"/// Sdinl-I'oinl, I" piiivirr IS'J'.I. VA le c()nq)le des vers : IJUl. Dans rodition, il n'en reste (pie ôS/j.
HAinrONfRS POÉTIQUES I ^^
LiVHK III.
Le Retour, au comte Xavier de Maistre. — Lemerre, XXXVIIf,
Ms. X, f 4, f ' 9-19-
Ms. X. F. 4- — Au crayon. Dans un coin du feuillet: Meslre (sic) Xai'ier, sans autre titre. C'est la str. i3. « Mais quel est diras-tu cette voix inconnue. »
En marge cette indication : Xote. C^est une esquisse très rapide.
a-t-il respiré l'nir île mes (risle.s a-t-il respiré l'air de ma tiède
[collines [vallée
ou chaulé du... (iliisi... les lueurs et foulé sous ses p.Ts Iherbe que
[argentines [j'ai foulée
Ai.v aux flols écunianls, J'en ap- Torrents aux flots j;lacés, j'en ap-
vallons chéris pelle vallons de paix [pelle
Str. 8. F. Q. — Esquisse peu avancée pour la str. 8 : « .Vinsi, quand nous cherchons. » Cependant le vers f\ est achevé au milieu des autres incomplets et raturés.
F. 9 v". — Esquisse barrée à'grands traits pour la str. 3 : « Ah ! si du moins... »
F. 10. — Reprise de cette strophe, cette lois sans rature.
si les sévères destinées si les jalouses destinées
el dans ce (jouffre oii tout se noie quand il est tari l'hom'.ne expire
les larmes comptent pour la Joie les pleurs comptent pour le sourire
Str. f\. F. 10 v°. — En haut du feuillet : Note. Je sais... C'est pour le début de la strophe 4.
Str. 5. — Esquisse de la str. 5.
Str. 0. F. II v'\ — Esquisse barrée à grands traits pour la str. 0: ((Il est doux de s'asseoir. »
F. 12. — Reprise des mêmes vers en écriture rapide.
Str. 7. F. 12 v°. — l^squisse sans rature mais avec plusieurs vers inachevées.
F. i3. — Reprise des mêmes vers, complétés.
Str. 8. F. i3 v". — Esquisses pour le premier vers.
l'y 4 ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
F. ili. — Reprise du même vers avec le reste de la strophe.
Str. 9. F. i/i v". — Esquisse raturée à gros traits pour la str. 9 : « 0 sensible exilé. «
F. 10. — Reprise delà même strophe sans ratuies ni variantes. Au bas du f° un brouillon raturé pour la suite.
Str. 10. F. i5 v*'. — Esquisse biflée en entier pour la str. 10: « Nous passons et déjà. »
F. 16. — Reprise de cette strophe avec deux ratures insignifiantes.
Str. II. F. 16 v°. — Esquisse au crayon, avec des blancs, entièrement condamnée d'un trait, pour la strophe 11 :« Non, non, c'est le lépreux... «
Str. 12. F. 17. — La suite de la pièce, en écritures diverses. Sans doute écrite en plusieurs fois.
rendant une patrie rendant un peu de terre
et ce ton à la fois .simple et mé- et cet accent naïf, tendre et mé- [lancolique [lancolique
Le développement se termine au point où il rejoint la str. i3 : «Mais, (juelle est, diras-tu... » que nous avons déjà ti-ouvée au fo/i.
Hymne au Christ. — Lemcrre, III, 5, p. 234. i]h. L, f'^ .3.
Ms. L. F. 3. — Ce sont des feuilles volantes rapportées sur les pages du ms. L. Les strophes sont numérotées et tout le texte a l'apparence d'une mise au net.
Les 5 premiers vers ont été très remaniés :
Verl)e mcrèc, source féconde Verbe incréc, source féconde
de vertus et de vérité de justice et de liberté
parole qui chanc/eas le monde parole qui j^fuéris le monde,
par l'écho de Vélernité rayon vivant de vérité
commeunaccent mortcl(]u absorbe pareille an bruit lointain (|ni meurt
cris impuissants [l'étendue sons impuissants [clans l'étendue
La leçon du ms., pour lavant-dernier vers de cette strophe, est très supérieure ;i celle de l'édition :
la i^oi.r de ta raison humaine la voix de l.i parole lininaiiic
ll\ItM(JMi;S POKTIOLES I -.)
La leçon de l'étlition seinhle une tautolof^ie qui touche au nonsens; — celle du mss. est expressive, juste et claire. Il est d'autant plus nécessaire de rétablir la leçon du ms. qui est assurément la vraie que toute la str. i n'est qu'une réponse suggérée précisément par ce mot même de: raison. En le supprimant, on détruit lenchaînement des strophes et Ton allaiblit le sens du passage.
Str. 3. F. 3 v°.
e( trompé tour à tour et les panthéons qu'on admire catiicombe de dieux de leur chute [meurtris de la poudre ou de l'herbe
Str. 5. F. li.
aime, est aimé des mortels du sancf des prêtres cruels longs instants un âge d\imour commence
et trompé, détrompé et les panthéons où respire lombre fétide encor de tous ces [proscrits de la fani^e ou de Iherbe
s'abaisse jusqu aux mortels des holocaustes cruels courts instants le siècle éternel commence
F. 5. — En marge, une transposition indiquée : Le v. 3 de la str. 6 se trouvait avant le 2.
Str. 7.
qui porte ,/éhovah
trône de Jehovah
Deux vers qui allongeaient la période et qui l'embrouillaient en y ajoutant de nouvelles images, ont été supprimés:
Jamais du fond obscur de ses saints tabernacles par la bouche du sage où la voix des miracles
une émanation plus vive qui coule sur le monde les pasteurs de i aurore sur le monde
un foyer de clarté plus vive qui jaillit sur le monde les bergers de l'aurore sur la terre
Str. 9.
élèvent leurs poussières
Str. 10. F. 6.
pareille au rayon
Str. 1 1.
rien n'a pu te ternir, 6 loi de vc- l'homme n'a pu souiller la loi de
\ritc [vérité
y mêlent leurs poussières pareille à l'éclair
I7G ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
Str. 12. F. 6 v°.
dans des pots par ces flots
Str. i3.
dites-vous disent-ils
Str. 14. F. 7.
d'un siècle du siècle
Str. i5.
au-dessus des temps au-dessus de nous
Après la str. i5 on lit cette strophe non barrée sur le ms., mais qui n'a point passé dans l'édition:
Ta loi pour l'homme même est une autre nature;
ceux même à qui ton nom, ô Christ, est une injure
remplis à leur insu de ta seule clarté
ne pèsent qu'à ton poids la vie et l'imposture
ne mesurent qu'à ta mesure
la Justice et la Vérité !
le jour dont ta parole inonde leur paupière
ne leur sert qu'à chercher des taches dans ta foi,
la lumière céleste est toute leur lumière,
c'est avec ta raison qu'ils combattent ta foi
et de l' aveuglement double et fatal exemple
éteignant le flambeau d'oii le jour est venu
avec les pierres de son temple
ils lapident le dieu qu'ils n'ont pas reconnu.
Ces vers reprennent une idée que Lamartine avait déjii exposée au cours de la pièce. La dernière image il est vrai est magnifique et riche de sens.
Str. tG.
veut partout te bannir veut enfin le bannir
Str. 17.
tu vieillis, ils vieillissent lu fléchis, ils fléchissent
il péril si tu meurs il larit si lu meurs
chaque fibre à tan nom frémit clia(|U(> fibre ;'i Ion nom sémoul
F. 9. — Une strophe supprimée.
Tu règnes sur la vie entière
tu prends l'homme avant le berceau
à ])eine a-t-il vu la lumière
lu iiian/iics SDU front de hni sceau;
HARMONIES POETIQUES ly-
dès la mamelle de la femme la parole, lait de noire nme est notre premier entretien et ton jour/ .sublime et .sévère du doux .souvenir de sa mère s'adoucit au cœur du chrétien.
Str. 22. F. 9 v°.
il naît, vit et meurt l'homme naît, vit, meurt
Str. 23.
en séchant plus froids sur la pierre ne mouillant plus la froide pierre
Str. 24. F. 10.
âme de tout bien, tu l'inspires père divin de tout sacrifice
à tout ce qui vit de ta foi tout bien se nourrit de ta foi
de quelque mal qu'elle soupire de quelque mal qu'elle gémisse
Str. 26. F. 10 V.
toute maison où l'on adore toute demeure où l'on adore
Str. 27.
elle entasse en vain les ténèbres l'homme amasse en vain
F. II. — La str. 28 est ici barrée en entier de deux crrands traits en croix.
dans un ciel de nuages dans un lit de nuages
Dans le ms. Lamartine avait mis tous les verbes au futur : les hommes : feront leur fable... parleront un jour... — Dans le même esprit de prudence que nous avons pu remarquer à propos de la pièce : « Aux chrétiens dans les temps d'épreuves », il atténue ce que la prédiction pourrait avoir de trop affirmatif et de trop éloigné de la conception de l'Fglise éternelle et impérissable, en faisant passer tous les verbes du futur au conditionnel.
Str. 28.
comme du vieux Olympe écroulé comme des dieux menteurs dis- \sous Ion poids [parus à ta voix
CCS hommes au trtdeni, à l'au/lc, de ces porteurs de foudre ou du [au caducée (vil caducée
honteux et vile symbole lâche et honteux symbole
ils s'enfuirent d'eux-mémc ils croulèrent d'eux-mêmes
au jour de ta parole au bruit de ta [larole
Str. 3o. F. 1 1 v°.
ah ! de quelque faux nom oui tic quelque faux nom
WI. — LaNSON. 13
l'jQ ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
F. 12. — Une transposition non indiquée : le v. 9 est placé avant le V. 8.
la céleste innocence la seconde innocence
Str. 3i.
qui va de la terre monlant de la terre
Str. 33. F. 12 v°.
saint soupir long soupir
Str. 34- F. i3. — Après le dernier vers de cette strophe:
Ah ! c'est assez pour moi, l'âme a son évidence on ne prouve le jour qu'en montrant sa clarté et c'est par la vertu qu'une autre Providence aux aveugles mortels prouve la vérité !
Str. 36. F. i3 v°.
tristes yeux faibles yeux
l'autel vieilli l'autel brisé
Le vers 7 : « Temple où j'ai tout reçu, temple où j'ai tout appris » est écrit au-dessus de ce premier jet bifié : Pour chercher loin de toi d'infidèles abris.
A la fin plusieurs traits et : Fin. Saint-Point, /" mai l'^'?9.
La Retraite. — Lcmerre, 111, X, p. 277.
Ms. VI, f 35 v\
Ms. VI. F. 35 V". — C'est une mise au net sous ce titre: Harmonie 32'^. Réponse an réi>e de Victor Hugo.
Str. I.
la voix me rend la voix le son me rend !a voix
Str. 2.
que la voix qui m'éveille que celle qui m'éveille
a de nombre et de vers a de touchants concerts
F. 30 v". — Une strophe supprimée:
Pourtant de ce qui leurre notre espoir et nos soins la tienne est la meilleure qui plus longtemps demeure et nous trompe le moins