L. Van der Essen, Professeur à l'Université de Louvain
A. Van Hove, Professeur à l'Université de Louvain.
L. Willaert, S. J., Professeur au Collège Notre-Dame de la Paix, à Namur.
Is. Versluys, Bibliothécaire du Séminaire historique. Trésorier du Recueil.
Comité d'honneur :
S. É. le Cardinal MERCIER, Archevêque de Matines, Professeur
honoraire de l'Université de Louvain.
M. P. POULLET, Ministre des Sciences et des Arts, Professeur à
l'Université de Louvain.
Mgr P. LADEUZE, Recteur Magnifique de l'Université de Louvain,
Président d'honneur de l'Associition.
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Sa Grandeur Mgr L. CASARTELLI, Révérendissime Évêque de Salford (Angleterre), Professeur honoraire de l'Université de Louvain.
M. le Baron Ch. GILLES DE PÉLÎCHY, Membre de la Chambre des Représentants.
Le R. P. C. Baur, 0. S. B., de l'abbaye de Seckau (Autriche).
M. le Baron F. Bethune, Professeur à l'Université de Louvain,
M. V. Brants, Professeur à l'Université de Louvain.
Le R. P. F. Callaey, 0. M. Cap., Sous-Archiviste général de l'ordre des
Frères Mineurs Capucins à Rome.
M. le Chanoine A. Camerlynck, Curé-Doyen d'Ostende. M. J.-B. Chabot, Éditeur du Corpus scriptorum christianorum orienta-
lium à Paris.
M. le Chanoine F. Claeys-Boùùaert, Professeur au Séminaire de Gand. M. F. Collard, Professeur à l'Université de Louvain. Le R. P. D. De Bruyne, 0. S. B., de l'abbaye de Maredsous, Membre de la
Commission pour la révision de la Vulgate. M. F. De Ceuleneer, Professeur à l'Université de Gand. M. Ch. De Lannoy, Professeur à l'Université de Gand. M. E. de Marnefife, Chef de section aux Archives générales du royaume de
Belgique à Bruxelles.
M. P. Demeuldre, Professeur au Séminaire de Tournai. Le R. P. É. de Moreau, S. J., Professeur au Collège théologique de la
Compagnie de Jésus à Louvain.
Mgr S. Deploige, Président de l'Institut supérieur de philosophie, Professeur
à l'Université de Louvain.
M. A. De Ridder, Directeur du service des archives, bibliothèque et traductions, ordres et noblesse au Ministère des Affaires étrangères à Bruxelles, M. le Chanoine A. De Schrevel, Vicaire-Général de Sa Grandeur Mgr l'Évêque
de BrugCF.
M. G. Doutrepont, Piofesseur à l'Université de Louvain. M. A. Fierens, Membre de l'Institut historique belge de Rome, Professeur
à l'Athénée royal de Bruxelles.
M. le Chanoine J. Forget, Professeur à l'Université de Louvain. M. G. Goossens, Professeur au Séminaire de Rolduc (Limbourg hollandais). Le R. P. A. Heysse, 0. F. M., Préfet du Collège Saint-Bonaventure à Brozzi-
Quaracchi (Florence).
M. E. Hubert, Professeur à l'Université de Liège. Le R. P. M. Jacquin, 0. P., Professeur au Collège théologique des Frères-
Précheurs au Saulchoir (Kain).
M. le Chanoine A. Kempeneer, Professeur au Séminaire de Malines. M. le Chanoine M. Lecler, Professeur au Séminaire de Namur. M. le Chanoine R. Maere, Piofesseur à l'Université de Louvain. M. le Chanoine G. Maréchal, Président du Séminaire de Liège.
M. Ch. Michel, Professeur à l'Université de Liège.
Le R, P. C. Mohlberg, 0. S. B., Bibliothécaire de l'Abbaye de Maria-Laach
(Prusse rhénane).
M. H. Nelis, Membre de l'Institut historique belge de Rome, Sous-Ghef de
section aux Archives générales du royaume de Belgique à Bruxelles. Mgr Q. G. Nols, Révérendissime Prélat de l'Abbaye du Parc (Louvain). Mgr E. Pieraerts, Aumônier de la Cour à Bruxelles.
M. H. Poels, Directeur des œuvres sociales à Welten (Limbourg hollandais). M. G. Rasneur, Curé-Doyen de Châtelet.
M. le Chanoine E. Remy. Professeur à l'Université de Louvain. Mgr E. Schoolmeesters, Vicaire-Général de Sa Grandeur Mgr l'Évêque de
Liège.
M. le Chanoine J. Sencie, Professeur à l'Université de Louvain. Mgr M. Vaes, Recteur de Saint-Julien des Belges à Rome. M. le Chanoine C. Van Crombrugghe, Professeur au Séminaire de Gand,
Maître de conférences à l'Université de Louvain. M. le Chanoine A. Van Hoonacker, Professeur à l'Université de Louvain. M. H. Van Houtte, Professeur à l'Université de Gand. M. Th. van Ôppenraaij, Professeur au Séminaire de Rysenburg (Hollande). Mgr E. Van Roey, Vicaire-Général de S. É. le Cardinal-Archevêque de
Malines.
M. E. Vliebergh, Professeur à l'Université de Louvain. M. J. Warichez, Archiviste-Bibliothécaire de la Cathédrale et de l'Évêché de
Tournai.
M. M. Zech, Professeur à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Institut
Saint-Louis à Bruxelles.
M. F. J. Zwierlein, Professeur au Séminaire Saint-Bernard à Rochester
(États-Unis).
Un demi-siècle d'enseignement historique
l'Université de Louvain.
En février 1886, je quittais le séminaire de Tournai dans le but d'entreprendre à l'université de Louvain des études historiques. «Vous irez voir M. Moelleret vous lui demanderez conseil. Il vient d'ouvrir un Seminar à l'exemple des Allemands. » Ainsi me parlait un des principaux rénovateurs de l'enseignement moyen en Belgique, M. le chanoine P. Féron. Quelques jours après, rue de la Station. n° 120, à Louvain, je me trouvais en face d'un personnage d'une cinquante d'années, de taille grêle et moyenne, à la figure mince et austère, à la voix claire mais quelque peu en fausset. Il me fit un accueil encourageant et me donna rendezvous, pour le lendemain, à cinq heures, aux Halles universitaires, à la salle de la Conférence d'histoire. Je fus, on le pense bien, fidèle à cette invitation. Le professeur ne m'avait pas fait l'impression d'un orateur, mais je m'attendais cependant à une savante conférence! Quelle désillusion! Dans un modeste local, un grand crucifix, une modeste bibliothèque vitrée où s'entassaient des livres relatifs à la période bourguignonne — je le sus plus tard —, quelques livraisons de revues, Potthast et quelques catalogues, une longue table et une douzaine de chaises primitives, une dizaine de jeunes gens qui me dévisageaient d'un air 'curieux,
A. GAUCHIE.
et qui causaient, riaient, tandis que je me sentais quelque peu dépaysé. La porte s'ouvre, le maître entre, s'assied et tous se rangent autour de lui. Quelques ouvrages s'étalent sur la table, professeur et élèves les compulsent, une espèce de conversation s'engage sur les regestes de Philippe le Beau ! Cet entretien m'ennuya et je songeais aux grandes leçons de théologie du séminaire de Tournai ! Mais mes compagnons paraissaient y prendre goût et, au bout de quelques séances, je finis par les imiter.
Voilà près de trente ans qu'un colloque de ce genre se répète régulièrement une fois la semaine, durant le semestre d'hiver — avec quel succès, nous le dirons plus loin. Etvoilà aussi qu'au moment où la Conférence d'histoire atteignait l'âge viril, son directeur achevait la cinquantième année de son professorat à l'univerité de Louvain. Ces circonstances étaient trop propices pour ne pas saisir l'occasion qu'elles fournissaient d'offrir au savant et dévoué jubilaire un témoignage particulier d'estime et de reconnaissance. Telle est la raison d'être des Mélanges Moeller. Ils sont une manifestation des progrès réalisés à Louvain dans le domaine des études historiques.
Et de fait, Louvain possède aujourd'hui un enseignement de l'histoire puissamment organisé. Chaque année, \ Annuaire de l'université catholique publie un compte rendu des travaux de la Conférence d'histoire et du Séminaire historique; le Recueil des travaux élaborés par les membres des Conférences d'histoire et de philologie, commencé en 1890, atteindra bientôt le chiffre de 5o volumes; la faculté de théologie donne le jour à des Dissertations de valeur, où l'histoire est largement représentée; la Revue d'histoire ecclésiastique
UN DEMI-SIÈCLE D'eNSEIGNEMENT HISTORIQUE A LOUVAIN. XI
est entrée danssa quinzième année et compte 25 volumes ; les anciens élèves des cours d'histoire se sont distingués, en grand nombre, dans les concours officiels, ils collaborent à de multiples périodiques et à quantité de collections, leur activité se manifeste partout dans les universités, dans les séminaires, dans les archives et les bibliothèques, dans les instituts scientifiques, dans les athénées et les collèges, dans les sociétés historiques régionales ; depuis les fêtes jubilaires de Louvain, en 1909, ils se sont groupés et ont organisé une espèce de syndicat scientifique sous le titre d'Association des anciens membres du Séminaire historique.
L'éliacin qui franchit aujourd'hui le seuil de l'université trou^'e tout naturel cet état de choses, si tant est qu'il le remarque dès l'abord, et, quand il s'en aperçoit, il n'est pas loin de se figurer qu'il en a toujours été ainsi. Erreur profonde!
Si les Belges ont toujours montré un gotat très vif pour l'histoire, si, par tradition, Louvain a toujours été un milieu propice à l'étude du passé, longtemps il a manqué aux universités belges, longtemps il a manqué à la faculté de philosophie et lettres de Louvain un enseignement vraiment supérieur de l'histoire : un enseignement pratique capable de former des savants. Certes, de 1834 à 1862, Jean Moeller avait jeté un lustre considérable sur la chaire d'histoire générale; mais, par suite des vices de notre ancienne législation sur le soi-disant haut enseignement, l'histoire subit longtemps à Louvain, com.me à Bruxelles, à Gand et à Liège, le sort le plus lamentable.
Avant la loi de 1890, il existait bien un encyclopédique doctorat en philosophie et lettres, mais il n'existait pas de doctorat officiel en histoire, si bien
Xll A. GAUCHIE.
qu'en 1880 M. L. Vanderkindere (1) pouvait en toute vérité résumer la situation dans cette phrase lapidaire, si souvent rappelée : « L'histoire est la cendrillon de la famille; on la renferme ,dans la candidature et on lui ferme l'accès du doctorat »
Or, en candidature, l'enseignement était «forcément élémentaire ». La loi du 20 mai 1876 n'exigeait qu'une année d'études. Aussi les leçons d'histoire, dont la matière s'arrêtait à la veille de la Révolution, étaientelles insuffissantes. « Toutes les branches sont accumulées, constatait encore M .Vanderkindere (2). . . L'élève étudie l'histoire ancienne, l'histoire moderne, l'histoire de Belgique sans reprendre haleine un instant; il parcourt à grand pas cet immense domaine, où il doit voir s'opérer l'évolution politique et sociale de l'humanité; il fait son tour du monde en quatre-vingts jours >k Et il ajoutait ces paroles, qui n'ont pas perdu toute actualité (3) : (( Chez nous le professeur est condamné à tourner dans le même cercle ; comme une machine, il recommencera, fut-ce pendant trente ans, le même travail. Son cours une fois fait, pourvu qu'il le tienne au courant, il aura accompli sa tâche. Il y a là pour l'homme de science un véritable amoindrissement ; il a perdu son vrai rôle, qui est celui de créateur et de novateur, et de l'enseignement supérieur, il retombe platement dans l'enseignement moyen. »
Bien plus pitoyable encore était la condition de l'histoire en candidature, avant 1876. La loi du 1*-'' mai 1857, en consacrant le système des jurys combinés, avait eu pour conséquence d'imposer aux quatre universités un programme uniforme. Or ni l'histoire contemporaine ni même l'histoire moderne ne figuraient
(1) L'enseignement historique et la création d'un Institut supérieur d'histoire dans la Revue de Belgique, 1880, t. XXXV, p. 51 sv.
(2) Ibidem, p. 52.
(3j Ibidem, p. 51^.