‹ Mélanges d'histoire offerts à Charles MoellerChapitre 117 sur 149 · FATHER FRANCIS NUGENT, O. S. F. C · texte numérisé non relu

FATHER FRANCIS NUGENT, O. S. F. C

Fr. Francis maintained in the studies at Charleville, where learning flourished more than in any other part of the Order at that period, and of his own litterary efforts. He is the author of several works, amongst which are : Paradisus Contemplationum ; Epitome Coccey de Controversiis ; Tracfatus contra Ministrum Acatholicum ; Expositio super Regulam F. F. M.M. ; Cursus Theologicus et Philoscphicus; Tractatus de Hibernia ; Refutatio Epistolae praefixae libro expositionis Missae ; as well as many sermons in Latin, French; and Itahan ('). Nor should his work as a professor at the Universiy of Louvain itself be forgotten (-').

On Ascension Thursday 1635 he yielded up his soûl to his Maker. At his funeral ail the pomp and ceremony of the ecclesiastical and civil courts were displayed (-). He was laid to rest before the High Altar of the Capuchin Church at Charleville beneath a marble slab engraven {*) as follows :

Quiescit hic

R. P. Franciscus Nugentius

Missionis Hibernicae Capucinorum

Institutor

Rhenanae Provinciae

Commissarius Generalis ac Fundator

Opère et sermone potens

Vere Capucinus

Obiit

Caropoli (?) Anno Salutis

MDCXXXV

Aetatis LXVI Religionis XLV

Die Dominicae Ascensionis

Sacro.

The materials for the history of the Irish Province of the Capuchins are only now being slowly rescued from oblivion by a few ardent enthousiasts, and much is yet unknown of Fr. Francis Nugent's life and work. From the scanty material at my disposai

(1) Bullarium, t. V, p. 276; FMR, t. V, p. 77.

(2) Cfr the beginning of this article.

(3) Annali, t. I, p. 160.

(4) Annali, t. I, p. 160; FMR, t. V, p. 159. The version in the latter is slightly différent but substantially the same. Cfr also p. 197, note 8. Enquiries made at Charleville by Fr. Angélus go to show that no trace remains of either this tonib or Church.

I have sketched the outlines of his life. I only wish that this tribute to an ancien élève as well as professer of our Aima Mater were the product of a more learned and more éloquent pen than mine that so it might be more v/orthy of being associated with the jubilee célébrations of our learned and esteemed Président d'honneur.

FR. DOMINIC OCONNOR OF CoRK, 0. S. F. C.

Professer at the Theologiccal school,

Rocheslown, Co-Cork (Irlande).

Le Traité d'alliance

conclu en 1339 entre la Flandre et le Brabant renouvelé en 1578.

Le 3 décembre 1339 fut signé à Gand, sous l'impulsion de Jacques van Artevelde, un traité d'alliance entre la Flandre et le Brabant, dont le but principal était d'assurer à ces États des avantages économiques. En effet, par ce traité, les deux pays promettaient de s'aider mutuellement en cas d'attaque, de garantir la liberté des relations commerciales, de frapper une monnaie commune et d'établir un conseil d'arbitrage chargé de terminer pacifiquement toutes les contestations qui pourraient surgir entre les contractants. En 1578, on tenta de renouveler cette alliance, mais dans un tout autre dessein.

Henné et Wauters semblent être les premiers historiens de nos jours qui parlent de cet événement, sans toutefois en souligner la signification. M. Paul Fredericq, qui eut la bonne fortune de découvrir des documents nouveaux, fournit de plus amples détails sur les négociations entreprises en 1578 pour renouveler le traité d'alliance de 1339, et attribue à ces négociations une certaine importance.

Avant d'aborder nous-même la question, il nous paraît opportun de rappeler les opinions de ces écrivains.

Au chapitre X de leur Histoire de Bruxelles, Henné et Wauters racontent la fureur du peuple bruxellois à la nouvelle du désastre de Gembloux (31 janvier 1578) et la fuite de l'archiduc Mathias, du prince d'Orange et des États Généraux qui « saisis d'une honteuse panique, ne songèrent plus qu'à se retirer à Anvers ». Après avoir exposé comment Don Juan, profitant habilement de sa victoire, s'empara de Louvain, menaça Vilvorde, emporta d'assaut Nivelles (12 mars) et s'avança jusque sous les murs de Bruxelles,

les auteurs poursuivent en ces termes : « Les membres les plus exaltés et les plus révolutionnaires de la bourgeoisie tentèrent a/ors quelques démarches qui devaient assurer à leur parti des appuis au dehors et une plus grande influence à l'intérieur. Messire Henri de Bloyere, Sibert van Berlicum et Joseph T'Serroels, sans avoir reçu de mission, mais s'intitulant députés de la ville de Bruxelles, s'adressèrent à la commune gantoise, qui marchait alors à la tête du parti calviniste, et lui demandèrent de renouveler le traité d'alliance conclu en 1339 entre le Brabant et la Flandre. Cette proposition fut favorablement accueillie (17 janvier 1578)('), et, de leur côté, ils s'engagèrent à faire signer le traité par leurs concitoyens ; mais le magistrat, qui n'avait pas été consulté, n'ayant pas expédié l'acte promis, cette conduite mécontenta les Gantois, et, le 8 mars, le prince d'Orange écrivit aux trois membres pour leur démontrer que la ville de Gand avait raisonnablement le droit d'attendre de leur part la ratification authentique de la bonne alliance et confédération qu'elle avait conclue avec eux (-). Les trois membres s'étant assemblés pour délibérer sur l'objet de cette lettre, le premier déclara « que bien qu'il n'eût pas entendu parler de ce que de Bloyere, van Berlicum et T'Serroels avaient traité avec les Gantois, et que l'union de 1339 n'eût pas été longtemps observée, puisqu'il y avait eu guerre avec la Flandre en 1356, il était disposé, à cause de la grande affection de la ville et de ses habitants pour la commune de Gand, à leur dépêcher l'acte demandé, toutefois avec l'assentiment de l'archiduc et des États de Brabant, et à condition qu'il ne serait contrevenu en rien à la Pacification » . Le second membre se rangea à cette opinion, mais le troisième déclara qu'il fallait que l'acte d'alliance fût expédié sans restriction, et cette opinion, énergiquement exprimée, reçut l'approbation du magistrat, qui venait d'être complètement renouvelé » (^).

En 1883, M. Paul Fredericq, alors professeur à l'université de Liège, publia (^) une dissertation intitulée : Le renouvellement en

(1) Les auteurs donnent ici la traduction française de l'acte signé à Gand le 17 janvier 1578 et qui est rédigé en flamand.

(2) Henné et Wauters reproduisent ici la lettre de Guillaume d'Orange.

(3) Henné et Wauters, Histoire de la ville de Bruxelles, t. I, p. 480-484. Bruxelles, 1845.

(4) Dans les Travaux du cours pratique d'histoire nationale, premier fascicule, p. 123-141. Gand et La Haye, 1883.

LE TRAITÉ d'alliance ENTRE LA FLANDRE ET LE BRABANT. 209

1578 du traité d'alliance conclu à l'époque de Jacques van Artevelde entre la Flandre et le Bradant.

« J'ai trouvé aux archives communales de Gand, dit l'auteur, une série de documents, qui complètent et expliquent ceux que MM. Alex. Henné et Alph. Wauters ont publiés en 1845 dans leur Histoire de Bruxelles. Ces pièces inédites permettent de faire l'historique complet des négociations et donnent des détails inconnus jusqu'ici sur les secours importants que les Gantois envoyèrent à leurs frères de Bruxelles ».

En effet, M. Fredericq reproduit une lettre signée «Goesinnius-, qui prétend agir au nom des députés des trois membres de la ville de Bruxelles. « Elle est du 9 novembre 1577, écrit M. Fredericq. On y proclame la nécessité de l'union intime de tous les pays et de toutes les villes et on y rappelle le traité de 1339. Les trois membres de Bruxelles y déclarent avoir député à Gand Sybrechte van Berlicum, seigneur de la Quene, et Joseph Tserroels et prient ceux de Gand d'envoyer aussi leurs députés à Bruxelles pour s'entendre sur tout ce qui intéresse le salut des villes et du commun pays. Cette lettre ne fut reçue à Gand par le magistrat que le 12 décembre ».

« Soit par ignorance, soit par connivence avec le parti radical de Bruxelles, les chefs de la commune gantoise prirent au sérieux la mission des deux députés, auxquels messire Henri de Bloyere était venu se joindre. Ce dernier était un personnage assez influent, en relations intimes avec le prince d'Orange, ce qui me porte à admettre que le Taciturne ne voyait pas d'un mauvais œil la formation de cette ligue à tendances protestantes et que peut-être il en était le secret inspirateur. En tout cas, le 17 janvier 1578, le traité d'alliance du xiv^ siècle fut renouvelé à Gand par un acte solennel...». Les échevins, conseil, nobles, notables et commune de la ville de Gand « promettent en bonne foi de prêter aide et assistance à la ville de Bruxelles et à ses alliés, de corps et de biens, conformément au traité de 1339. De leur côté, les trois députés bruxellois s'engagent à obtenir un acte identique des villes de Bruxelles, Louvain, Anvers, Bois-le-Duc et leurs alliés, bien entendu que d'autres villes et bourgs encore pourront être admis dans l'alliance, à leur demande... La ratification de Bruxelles ne suivit pas ».

M. Fredericq signale ensuite et analyse sommairement sept lettres envoyées de Bruxelles aux Gantois ; six d'entre elles sont signées par Goesinnius et une par Goesinnius et P. Casen. Toutes sont relatives aux secours demandés par les Bruxellois et fournis

210 A. C. DE SCHREVEL.

par la ville de Gand. Dans quelques unes, il est question du traité d'alliance. Afin d'éviter des redites, nous les examinerons plus loin, nous contentant de citer ici la remarque faite par l'auteur à propos de la dernière, celle du 7 mars, dans laquelle la ville de Bruxelles promet aide et assistance conformément au traité récemment renouvelé. « La vérité était, dit-il, que la ratification de ce renouvellement du traité de 1339, réclamée par les Gantois, n'avait pas encore été obtenue en bonne et due forme ».

M. Fredericq expose enfin, .d'après Henné et Wauters, l'intervention de Guillaume d'Orange, les résolutions des trois membres de Bruxelles et la ratification du 18 avril 1578 ('). Il complète ce récit en mentionnant que, le lendemain, le magistrat de Bruxelles dépêcha de Bloyere auprès du Taciturne aux fins d'obtenir, par l'influence du prince, l'adhésion d'Anvers et de Bois-le-Duc.

La dissertation de M. Fredericq ayant vivement excité notre curiosité, nous avons fait des recherches et réussi à trouver plusieurs documents, inconnus jusqu'ici, relatifs au renouvellement, en 1578, du traité d'alliance de 1339. Ce fait, que les historiens de notre temps paraissent presque ignorer (^), occupe cependant, à

(1) M. Fredericq reproduit la ratification aux Pièces justificatives, III.

(2) NuYENS, Geschiedenis der Nederlandsche beroerten in de XVI^ eeuw, t. III, V partie, p. 226. Amsterdam, 1867, en pariant du nouveau magistrat de Bruxelles, élu en avril 1578, dit : « Eene van de daden der nieuw benoemde raadslieden, reeds voordat zij in de regeering geplaats werden, was geweest, dat zij een nauw verbond gesloten hadden met de Gentenaars, die toen den hoofdtoon voor de Kalvinisten aansloegen. Een deel der stadsregeering had zich tegen dat varbond willen verzetten, doch de prins van Oranje schreef aan de drie leden der regeering, dat de Gentenaars recht hadden met te eischen dat dit verbond (door eenige brusselsche Kalvinisten opgedrongen'' geratificeerd werd >. L'auteur renvoie à Henné et WAUTEfîs, Histoire de Bruxelles. — Kervyn de Lettenhove, Les Huguenots et les Gueux, t. IV, p. 537. Bruges, 1884, se contente de dire, à propos du voyage du prince d'orange à Gand, en décembre 1577 : « Le Taciturne ne manque point de resserrer les liens qui unissent les bons patriotes à Gand et à Bruxelles. L'alliance jurée en 1339, sous les auspices de Jacques d'Artevelde entre les communes du Brabant et de la Flandre, est solennellement renouvelée ». Il ajoute en note : « L'alliance n'était conclue qu'entre les villes de Bruxelles et de Gand ; mais on espérait y faire entrer aussi Anvers et Bois-le-Duc ». — Dans BussEMAKER, De ùfscfielding der Waalscfie gewesten van de Générale Unie, t. I, p. 276. Haarlem, 1895, qui entre cependant dans les détails les plus minutieux concernant cette époque troublée, nous ne trouvons que ces lignes : « Gelijk in Artois werden er in afzonderlijke stedenverbonden gevormd als in de dagen van

LE TRAITÉ d'alliance ENTRE LA FLANDRE ET LE BRABANT. 211

notre avis, une place importante dans la série des événements de l'époque la plus orageuse de nos troubles religieux. C'est pourquoi nous avons tâché, à l'aide des éléments nouveaux mis à notre disposition, de compléter, et parfois de rectifier le récit de nos devanciers. Notre étude, nous osons l'espérer, jettera en même temps une plus grande lumière sur la politique gantoise soutenue par le prince d'Orange.

Les points principaux à élucider sont les suivants : Quand et par qui a été prise l'initiative du renouvellement de l'alliance de 1339 entre la Flandre et le Brabant ? A quels moyens les promoteurs de la ligue eurent-ils recours pour la former, et avec quel succès ? Cette tentative n'eut-elle pas de suites ?

Quand et par qui a été faite la proposition de renouveler l'alliance

de 1339 ?

D'après Henné et Wauters et M. Fredericq celte proposition a été faite par les patriotes de Bruxelles, à la suite de la défaite de l'armée des États Généraux à Gembloux (31 janvier 1578). Cette opinion est étrange de la part des auteurs de l'Histoire de Bruxelles, qui citent pourtant l'acte délivré par les Gantois le 17 janvier 1578. Il est plus étrange encore que M. Fredericq, qui publie la lettre du 9 novembre 1577, écrive : « Les princes et les États Généraux se réfugièrent à Anvers pendant que Don Juan entrait à Louvain, s'emparait d'une partie du Brabant et poussait impunément jusqu'aux portes de Bruxelles. C'est à ce moment que les chefs les plus exaltés de la bourgeoisie de cette ville songèrent à s'appuyer sur les Calvinistes de Gand ».

L'examen seul des dates nous oblige de remonter au moins jusqu'au 9 novembre 1577.

Pour déterminer quand et par qui a été proposé le renouvellement

weleer ; Brussel en Gent sloten een verdrag met elkaar, waarin buitendien Antwerpen en Den Bosch zouden opgenomen worden. Ook Lille werd door Gent tôt nauwer vereeniging aangezocht, doch gaf ten antwoord, dat het bizondere overeenkomsten overbodig achtte ». — Gossart, La domination espagnole dans les Pays-Bas à la fin du règne de Philippe If. Bruxelles, 1906, {woir Revue d'histoire ecclésiastique, t. IX, 1908, p. 198. L'étude des documents ne nous permet pas de partager certaines vues trop favorables au p:ince d'Orang^i; Pirenne, Histoire de Belgique, t. IV. Bruxelles, 1911, ne mentionnent pas même l'alliance.

212 A. C. DE SCHREVEL.

de l'alliance de 1339, il importe d'examiner en détail la lettre du 9 novembre 1577 et d'étudier les événements qui marquèrent la fin de 1577.

Et d'abord, quant à la lettre du 9 novembre 1577, qui en fut l'auteur ? Ce fut Goesinnius, « au nom des députés des trois membres de la ville de Bruxelles ».

M. Fredericq ne dit pas quels étaient ces députés. Nous croyons pouvoir affirmer que les « députés des trois membres de Bruxelles » n'étaient autres que le comité des Vingt-six ou plutôt des Dix-huit. En effet, selon Henné et Wauters, vers la fin du mois d'août 1577, les nations et les bourgeois demandèrent au magistrat qu'on établît un conseil particulier de dix-huit personnes, nommées par les trois membres et choisis sur une double liste de candidats présentés par les nations. Le magistrat répondit que ce conseil devait être constitué de concert avec tous les membres de la commune, et il proposa de faire nommer quatre commissaires par chacun des premiers membres et deux par chacune des nations. Cette proposition fut agréée. Le comité comprenait donc quatre commissaires du magistrat, quatre du large conseil et dix-huit des nations, en tout vingt-six (^). Or, il se fait précisément que les lettres signalées par M. Fredericq et écrites en février et mars 1578 aux Gantois, au nom des trois membres de Bruxelles, portent un sceau en placard, où on lit: «S. XXVI DEPUTAT. III MEMBRORUM BRUXELL. » (-').

Nous disions plus haut que les « députés des trois membres de Bruxelles » n'étaient autres que le comité des Vingt-six, ou plutôt des Dix-huit. En voici la raison : « Le comité, disent les auteurs de VHisfoire de Bruxelles, acquit une influence telle qu'il ne tarda pas à dominer non seulement le magistrat, mais les États Généraux eux-mêmes. Les commissaires choisis par les nations, plus nombreux, plus actifs, plus violents que leurs collègues, les annihilèrent bientôt, au point qu'on ne les compta même plus ; le peuple, le gouvernement même ne les désignèrent que sous le nom des Dix-huit » (').

(1) Parmi les commissaires des nations (les Dix-huit) se trouvent Corneille van der Straeten etjérômevan den Eynde. C'est par erreur que Henné et Wauters donnent le nom de Jérôme van der Heyden. — Archives de la ville de Bruxelles, Oppinieboeclc, n" 1706, fol. 118-122.

(2) A Arras, le comité des Quinze, afin de se faire valoir, s'était également procuré un sceau : Sigillum tribunorum plebis Atrebatensis. — Mémoires de Pontus Payen, éd. Henné, t. II, p. 128. Bruxelles, !861.

(3) Histoire de la ville de Bruxelles, t. I, p. 462. — « Le Q'"^ de décembre 1577

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