L'ANNONE MILITAIRE
dans l'Egypte romaine.
Les Romains suivirent en Egypte une politique conservatrice ; ils se gardèrent bien de transformer brusquement les institutions qui avaient été sagement élaborées par les Lagides : ils tâchèrent au contraire de faire sentir le moins possible le changement de domination. L'empereur y avait d'ailleurs tout intérêt car, comme on l'a dit, le Maître d'Alexandrie était aussi le Maître de Rome. Ils eurent cependant au début à étouffer plus d'une révolte, à Hermopolis notamment, à Alexandrie, dans la Thébaïde (')• La présence de troupes était donc absolument nécessaire : aussi le pays était-il ordinairement occupé, dans les premiers temps du moins, par 3 légions, 9 cohortes auxiliaires et 3 ailes de cavalerie (-). — Pour entretenir cette armée de plusieurs milliers d'hommes, les Romains pratiquèrent un système de taxe inauguré par les Ptolémées : chaque commune devait fournir annuellement une certaine quantité d'orge à l'administration; celle-ci la lui payait à un prix déterminé, inférieur au prix du marché. Les différentes opérations étaient minutieusement réglées comme le montrent les documents papyrologiques (0- Si cette charge, du moins à ce qu'il nous semble, pesait sur la commune en tant que propriétaire, les habitants, eux aussi, devaient concourir à l'approvisionnement des troupes par un autre procédé, que les Romains paraissent avoir introduit et qui devait avoir plus d'importance
(1) Grafton Milne, History of Egypi under the roman Riile, chap. II, S?5 2- 3-4. Londres, 1898.
(2) Paul Meyer, Das Heerwesen der Ptolemaër iind Rômcr in Aegypten. Leipzig, 1900 (cfr l'appendice); Mitteis und Wilcken, Grnndziige itnd Chrestoinathie der Papyruskunde, t. I, p. 390 sv. Leipzig, 1912.
(3) Nous avons publié quelques notes à ce sujet dans Y Annuaire de l'université catholique de Louvain, 1912, p. 232-236.
LA PERCEPTION DE l'ANNONE MILITAIRE. 77
que les ventes forcées : celles-ci d'ailleurs, s'il faut en juger par le silence des documents, ne furent plus pratiquées après la fin du du iii*^ siècle. Cet impôt spécial, bien distinct des autres (0 quoique levé en même temps qu'eux, était destiné à pourvoir à tous les besoins de l'armée. Aussi levait-on, sous la dénomination d'annona militaris, les produits les plus divers : blé, orge, viande, vin, étoffes, paille, foin, etc. — En principe cet impôt devait se payer en nature, mais au besoin, l'on pouvait, par Vadaeratio, le convertir en argent : les exemples d'annona adaerata sont surtout fréquents à partir du m*^ siècle.
La perception de cet impôt paraît, à première vue, très simple; en réalité, elle était assez compliquée. C'est d'ailleurs une caractéristique de l'administration d'Egypte, de multiplier les fonctionnaires sans leur assigner un rôle bien délimité; de la sorte, ils pouvaient facilement se surveiller les uns les autres.
Il semble bien que la perception de l'annone militaire n'était pas confiée à des fonctionnaires spéciaux, mais que les -'Av-ozic, qui s'occupaient des autres impôts, percevaient en même temps l'annona.
D'après la nature du produit qu'ils doivent lever, ils portent différents noms : -pàxTops; c-'.t-.xwv (-) s'ils perçoivent du blé ; irpâxTope; âpyupuwv, s'ils sont préposés à des impôts en espèces (•*) ; âyupox-pâx70p£ç, s'il s'agit de paille (^) ; -pàxTops; ospuaTfov, s'il s'il s'agit de peaux (■'), etc. Une seule fois nous avons rencontré dans les papyrus des fonctionnaires spécialement préposés, semble-t-il, à la levée de l'annona ou plutôt des arriérés (") de l'annona : ils y sont appelés y-y\-f~y}. àwww.; (iv'-' s.) (•) : le fait est au moins étrange surtout quand on met en regard les nombreux papyrus et ostraka dans lesquels nous voyons les
(1) Aegyptische Urkunden aus den kôniglichen Museem zii Berlin, heraiisgegeben von der Generalverwaltung, gricchische Urkunden ■= IBQU.J n° 54, 1. 16 et 17 ; n" 519, 1. 15-16 ; n" 836, !. 4. Berlin, 1892.
(2) U. WiLCKEN, Griechische ostraka aus Aegyptcn und Nubien, t. II. Leipzig, 1899. — Cfr vol. II, n° 101-3.
(3) WiLCKEN, Griechische ostraka, n" 273.
(4) WiLCKEN, Griech. ostraka, 906.
(5) BGU, 655.
(6) HoHLWEiN, Les liturgies dans l'Egypte romaine, dans le Musée Belge, 1908, t. XII, p. 89 à 110.
(7) The Amherst papyri being an accoiint ofthe Greek papy ri in the collection of the right H on. Lord Amherst of Hackney F. S. A. at Didligton Hall, Norfolk by Grenfell and Hunt. 2""" partie : New classical fragments and documents of the Ptolemaïc, roman and byzantine periods = [P Amh.], n" 139. Londres, 1901.
-pxxTops; ordinaires lever l'annone. Mais peut-être ne faut-il pas trop insister sur le terme employé par ce document : on a probablement désigné le fonctionnaire par le nom d'une de ses attributions spéciales.
Les fonctions de -càxTooc; et d'à-a'.TT-a-! âvvwvr,ç étaient des liturgies ('), c'est-à-dire des charges imposées par l'Etat à des personnes disposant d'un certain revenu (-ôco;); leur fortune servait en réalité de caution et garantissait le bon accomplissement de leur charge. Voici quelles étaient les formalités de leur nomination, comme nous lemontre le n'^ 139desAmherstPapyri(a.350p. J.-C): les comogrammates ou comarques adressent un mémoire au stratège et plus tard au préposé du pagus : ils y expliquent qu'ils désignent pour telle fonction, les personnes qui sont fj-ooo: (solvables?) et dont ils donnent la liste. Cependant il faut croire que les secrétaires n'agissaient pas seuls et qu'ils ne pouvaient se passer de l'assentiment des représentants du bourg; car en cas de déficit dans la gestion des personnes désignées, ils partagent la responsabilité de leur choix avec les habitants du village : xivoùvcp T'-iwv y.y.'. -âvTwv twv à-o tàc r.ut'izy.c -/M'xr,:.
Ce n'était pas le stratège qui nommait les titulaires de ces fonctions; sans doute il pouvait biffer certains noms, mais ensuite le mémoire passait aux mains de l'épistratège qui procédait à un tirage au sort (-),
Les formalités de la perception de l'annone étaient apparemment les mêmes que celles qui étaient requises pour la perception des autres impôts. Les -pàxTopeç opéraient d'après l'assiette établie par les sitologes et les anciens, dont les calculs étaient basés sur les déclarations des contribuables {y-o-'oy/^yJ.) (3).
Les produits de Vannona, comme ceux des autres impôts, étaient dirigés sur les banques et les magasins, suivant qu'il s'agissait d'argent ou de produits en nature; ils étaient remis entre les mains des sitologes et des trapezites. Ces fonctionnaires aussi bien que les collecteurs, doivent chaque mois faire rapport au sujet de leurs opérations : ce sont des documents de ce genre que nous fournissent les papyrus 534 et 529 de Berlin (B. G. U); ils nous renseignent sur le produit de l'annone dans le village de Karanis pour différents mois des années 215 216 et 216 217.
(1) Grenfell et HuNT, P Amh, 139, ligne 19.
(2) Pour plus de détails consulter l'intéressant travail de Preisigke, Stàdfisches Beamtenwesen in rômischen Aegypten, ch. II et III. Halle, 1903, et l'ouvrage plus récent de P. Jouguet, Vie municipale dans l'Egypte romaine, ch. III. Paris, 191 1 .
(3) WiLCKEN, Griech. ostraka, t. I, ch. V et VI.
LA PERCEPTION DE l'aNNONE MILITAIRE. 79
Ce ne sont pas là les seuls documents concernant la levée de l'impôt militaire. Les collecteurs doivent remettre des quittances aux contribuables; ils en reçoivent à leur tour des employés des banques et magasins. Ces reçus sont généralement sur ostraka. M. Wilcken explique ce fait (0 en faisant remarquer que les -pâxTops; qui devaient supporter les dépenses inhérentes à leur charge, cherchaient à les diminuer et dans ce but se servaient non pas de papyrus mais d'ostraka, qui ne leur coûtaient rien. Quant aux employés des banques et magasins, fonctionnaires inférieurs, ils pouvaient se servir d'ostraka avec leurs subordonnés, mais ils devaient employer le papyrus dans leurs rapports avec leurs supérieurs. La règle souffrait cependant des exceptions : nous citerons par exemple le papyrus 655 de Berlin, dans lequel des percepteurs donnent quittance à un contribuable pour une fourniture de cuir destinée à l'armée.
La place nous fait défaut pour passer en revue ces reçus se rapportant à l'annone militaire : nous renvoyons pour cela au chapitre III des « Griechische ostraka», de M. Wilcken, qui a étudié les formulaires des quittances en général. Nous n'en relèverons que quatre (-) qui nous permettront de constater un fait intéressant. Elles sont émises par des soldats et conçues sous forme de lettre, tout comme celles qui étaient remises aux contribuables par les -pâxTops;. Nous en concluons — contrairement à l'avis de M. Wilcken qui affirme que ces reçus auraient été donnés par l'armée aux collecteurs — que parfois les soldats prenaient la place des -pàx-ops; et concouraient directement à la levée de l'annone. Notre hypothèse est confirmée par un papyrus d'Oxyrhynchus (^) dans lequel un comogrammate affirme sous le serment le plus solennel, que personne dans les villages qu'il cite, n'a subi d'extorsions de la part d'un soldat (dont le nom est effacé) et de ceux qui étaient avec lui. On peut en rapprocher deux autres documents (^) dans lesquels des contribuables adressent une pétition au stratège, en se plaignant d'avoir subi des extorsions de la part des TûoâxTope;. Il est probable qu'il s'agit d'une affaire du même genre : des personnes qui se croyaient lésées auront déposé plainte auprès des autorités compétentes contre le soldat ; le
(1) Wilcken, Griechische ostraka, t. I, introduction.
(2) Griechische ostraka, ll(>-921-\0\\-\25^.
(3) Egypt exploration Fund, graeco-roman branch. The oxyrhynchus papyri, by Grenfell and Hunt = ( P Oxy.) — Cfr il, 240 (37 après J.-C). Londres, 1898.
(4) Grenfell et Hunt, P Oxy, 284 et 285, même date que le précédent.
comogrammate qui intervient dans l'administration des impôts, aura été chargé d'examiner la chose ; après enquête il fait son rapport et jure que le soldat est innocent. S'il s'était agi d'actes privés, ces militaires auraient relevé de l'autorité judiciaire et on ne comprendrait pas l'intervention du comogrammate. Nous admettons donc comme acquis que parfois les soldats intervenaient dans la levée de l'annone et comme tels pouvaient donner quittance aux contribuables.
Une fois les produits de l'annone militaire dans les magasins, il fallait les distribuer aux corps de troupes. Comment se faisait cette distribution? C'est ce que les documents ne nous disent pas pour les deux premiers siècles de la domination romaine en Egypte.
Mais au début du ni'^ siècle de grands changements politiques se produisent dans le pays des Pharaons. Outre que l'édit de Caracalla accorde en 212 (') la civifas romana à toute une catégorie d'habitants (■), Septime-Sévère dote les métropoles d'un conseil, d'une po'jlr,. La principale raison qui a dû pousser l'empereur à prendre cette mesure, fut bien, semble-t-il, le désir d'avoir une garantie plus forte contre les infidélités fiscales des fonctionnaires, en rendant responsable de leur gestion, tout un conseil de citoyens solvables.
Aussi nous voyons que la tendance se marquera clairement, de déléguer aux hautes fonctions du nome, des membres même de la curie, sans doute, parce qu'ils offrent plus de garantie. Parmi ces fonctionnaires-membres du conseil, deux catégories, les épimélètes, les diadotes, nous intéressent spécialement, parce que ce sont eux qui s'occuperont de distribuer à l'armée tout ce qui a été entassé pour elle dans les .ir.rry.-jz'ji ou magasins.
Le nom d'épimélète est un terme générique ; il se rencontre fréquemment dans les documents papyrologiques. Nous n'examinons ici que ceux qui ont été délégués par la curie pour prendre soin des produits de l'annone à la sortie des magasins et, subsidiairement, pour surveiller leur levée et leur entrée dans les Br,'7y:jpoi. Us portent le nom d'è-'.usAv-al ov/o'j, xps(o;, etc., ou bien celui d'épimélètes de telle indiction.
D'autres fonctionnaires, des diadotes, souvent bouleutes eux
(1) Meyer, Heerwesen, p. 136, A et Wilcken, Bemerkiingen zur aegypiischen Stratefrie in der Kaiserzeit, dans Hermès, 1892, t. XXVI 1, p. 294, A.
(2i Meyer, o. c, p. 174 sq. (les £Tui/.îy.p-i;j.îvoi. c.-à-d. tous ceux qui étaient exerppts de capitation) et Jouguet, o. c, chap. V.
LA PERCEPTION DE l'ANNONE MILITAIRE. 81
aussi, interviennent pour distribuer les divers produits entre les corps de troupes. Leur nom seul indique suffisamment la nature de leur fonction et l'expression e'.'ç o'.àoo^'.v twv TTpaT-.tÔTfov (') ne laisse aucun doute à cet égard. Ils semblent former des collèges (y.o'.vojvoi) spécialement préposés à telle ou telle garnison, car leurs noms sont accompagnés d'indications comme tI>'.Awv, i;o7,vv-,ç, endroits où étaient cantonnés des corps de troupes.
Les épimélètes transmettent les produits de l'impôt militaire (-') aux diadotes qui eux s'occupent à les distribuer à l'armée. Des rapports de ces fonctionnaires, les uns avec les autres, résultent diverses sortes de documents que nous aurons à examiner.
Une première série est constituée par des quittances remises par les diadotes aux épimélètes. Tels sont les quatre reçus (■) adressés à l'épimélète Philammon, bouleute d'Hermopolis : le l^*"^ émane d'Aurelius Aelianus, bouleute de la même ville et diadote de Philae ; il concerne des fournitures de viande et de paille, destinées aux camps (èv xào-Tpo!.;) ; un second est émis par Aurelius Philippe, bouleute et diadote de Syène; les 3" et 4^ par Aurelius Eudoxius, diadote de Syène pour les mêmes produits qui doivent être distribués tantôt entre les différents postes (è-l twv tottwv) tantôt à Syène. Voici la première de ces quittances à titre d'exemple :
AÙpT,X',OÇ A'jA'.aVOÇ 'Ep|JlOÙ jjO'JÀeUTYiÇ 'Ep;jL0U7tÔ).£W; 0'-aoÔT7|Ç £p...wv
A'jpTjAÛiJ <P'Aajj.ijLWV'. £7r'.[j.eAy,'rr, yat,p£'.v.
"Eo-y^ov Tiapà ao'j £v 'Epij.ou7ro)>£'. xp£w; Aixpa; ... jv/z-ol: xpiw; AÎTpaç ... £cp' WT£ [j.£ Ar^ay.-i'jy.'. lO'. aÙTaç £v TolTç xaTTpo'.ç xal aTuoya yp7[X[/.aTa T'ÊxoO'Jva', xal àyûpo'J Xirpaç Tp'.axoTia; v!!v£Ta', àyjpou )^iTpa<; L
ITaùv'. X|B. A'.A'.avô; o'.aooTY,^ h 7zoox£{ij.£voç '7£'r/-,y.£{(o[j.7.',, ' Eîyov to
E'^TOV ^'./.[iavÔ; T£T/-,tJl£{(.i)!J(.a!, (').
La restitution de £p...wv à la l'^^ I. appelle quelques explications. Le voisinage du diadote de Syène (il est cité dans la 2^' quittance), remarque M. Jouguet ('), et la mention êv xâo-xpo'.s font penser à fI>'-Awv. Le <I* dans les textes d'alors, s'il est un peu effacé, peutil) Grenfell et HuNT, P Oxy, i-43, col. IV. 2) Qrenfell et Hunt, P Oxy, viii-1115, 1. 6-
(3) BGU, 1025.
(4) Cette ajoute : «Moi, Silvain, j'ai reçu la même quantité; je l'atteste », n'est pas sans intriguer. Nous sommes très enclins à croire que c'est l'intendant militaire ; surtout parce que la signature se trouve répétée sur les quatre quittances. Pour diminuer les écritures, il aura simplement donné décharge en signant sur les quittances des diadotes.
(5) P. Jouguet, Chronique des Papyrus, dans la Revue des études anciennes, 1905, t. VII, p. 271.
être pris pour un E et un P liés. D'ailleurs il y avait un camp à Philae qui, au iv'^ s., reçut le nom de Philocastra (^). Nous y ajouterons que les diadotes de Philae sont encore cités dans un papyrus de Londres (-) avec l'indication : s-'; s'irevlav twv -ap' ûij.^v o'.axe'-jjiévwv vs'.va'.oTaTwv a-ToaT'.wTwv et ce qui plus est, ils y portent aussi le titre de bouleutes d'Hermopolis. D'après tout cela nous croyons devoir admettre la restitution ^Pùmv.
Nous n'hésitons pas à reconnaître dans ce papyrus 1245 de Londres une quittance du même genre, adressée par des diadotes aux épimélètes. Tout le texte porte les traces d'une certaine négligence; on y voit des dittographies et des fautes qui auraient pu être facilement évitées. C'est ce qui explique pourquoi le nom de. celui à qui est remis le reçu, n'est pas écrit en entier et ne comporte que la mention A'jpelioi. C'est sans doute aussi la raison, pour laquelle le document ne nous dit pas qu'il était épimélète; nous croyons bien qu'il occupait cette fonction, parce que les termes dans lesquels la pièce est formulée sont identiques à ceux que l'on trouve dans le papyrus 1025 de Berlin. D'ailleurs nous ne connaissons aucun cas où les diadotes auraient reçu des fournitures d'autres personnages que d'épimélètes (■').
Parfois l'épimélète remettait aux diadotes un contre-reçu (àvTà- -o'/ov-Gegenquittung {*), attestant qu'il leur avait fourni, telle et telle chose. On ne s'explique guère la raison de cette quittance. Peut-être, en obligeant les épimélètes à remettre aux diadotes un contre-reçu mentionnant ce qu'ils leur avaient fourni, voulait-on ôter à ces derniers toute envie de fraude. Ils auraient pu en effet, après avoir reçu, par exemple, 100 artabes de blé, n'en remettre que 80 à l'intendance: la fraude devenait impossible dès que l'administration militaire pouvait exiger le contre-reçu, la « lettre de voiture » — où était consignée la quantité exacte. Serait-ce là l'interprétation de la phrase xal éçsowxa 6[ji.rv touto tô âvxaTcoyov eiç àa-ccâÀ£!.av (•"■)?
L'existence de diadotes n'est pas partout attestée en Egypte; il
(1) WiLCKEN, Urkunden, dans VArchiv fiir Papyrusforschung itnd verwandte Gebiete, 1900, t. I, p. 400.
(2j Greek Papy ri in the British Muséum, catalogue with tcxts, printed by orders of the Trustées, t. IIl (n" 1245,i, edited by Kenyon and Bell. Londres, 1907 = (P Lond.)
(3) Il est étrange que les éditeurs aient proposé dans leur commentaire critique, de remplacer les mots S'.aooTai <I>tX(.ov par ôia8oyo'. <I>iX(.')vos (successeurs de Philon) : nous n'insisterons pas sur le peu d'à propos de cette substitution.
(4) BGU, 974.
(5j BGU, 974.
LA PERCEPTION DE l'aNNONE MILITAIRE. 83
semble qu'à Oxyrhynchus, les autorités militaires aient traité directement avec les épimélètes. C'est ce qui ressort clairement du livre de comptabilité des épimélètes de cette ville, dans lequel nous trouvons de nombreuses quittances adressées par les optiones aux dits fonctionnaires. En voici une (') :
TepevTt-avôv ttos— Ôtî-tov I1toAs|jl'-vw
Tw xai. XapjJLaTrj i-'.^ù:r^zr^ Oçup'jyyiTO'j. Et'/ov Tiapà (TO'J xo'^ivo'jç sxaTÔv £'!'xo(T!. TeTo-apaç. Meyelp a. T£'7'/',[j.î{to|jLy'. sur, yei^i.
Le fait est confirmé par le papyrus 1115 d'Oxyrhynchus (-); on y voit que les èr.'.^zKr.Ty). àoToj doivent en même temps distribuer le pain à l'armée (àva-ofA7:wv xp-cou).
Ce cumul de fonctions se rencontre encore à Arsinoe : un optio prie l'épimélète de remettre à un nommé Nigiros (un soldat vraisemblablement) deux charges de foin (■^) :
Trapà 'XyaBivo'j Ô7:t{wvo; £TL',|jie).Y,TO'j (sic) yoçi'O'j 'ApT'.vo^TO'j
IlT0).£{Jl.t.V0'J . AOÇ N'.V'!pc.> yôpTO'J
yo<.y.y. o.
Lorsque les épimélètes traitaient ainsi directement avec les corps de troupes, sans l'intermédiaire de diadotes, leur comptabilité était nécessairement assez compliquée. Ils devaient tenir notamment un registre des sorties. C'est un document de cette sorte que présente le papyrus 43 d'Oxyrhynchus. Il comprend six grandes colonnes dont la première et la dernière sont très mutilées; les autres heureusement sont presque intactes. Les épimélètes d'Oxyrhynchus (au nombre de deux au moins dont l'un Ptoleminus, appelé aussi Sarmatès, est signalé dans toutes les quittances), y détaillent les four-
(1) Grenfell et HuNT, P Oxy, i-43. L'exemple cité est la V quittance de la colonne 5 (date : 295 post. Ch.).
(2) Dans ce document (date 284 post J-C) il est fait mention d'un fonctionnaire Itj. ôraiîoTîoj; àvvwvT,; qui doit être comme l'administrateur général de l'annone. On n'a pas d'autres détails sur lui.
(3) Egypt Exploration Fund, graeco-roman Branch. Fayiim towns and their papyri by Grenfell, Hunt and Hogarth, with a chapter by Grafton Milne, cfr ostr. 19. Londres, 1900. L'interprét-'tion suggérée par les éditeurs ne nous semble guère admissible.
nitures qu'ils ont faites aux divers postes militaires {^). A partir de la colonne 3, ils ne se contentent plus de consigner simplement le détail des livraisons, ils y joignent copie des quittances (^) qui leur ont été remises en échange par l'intendance militaire. Pourquoi n'ont-ils pas transcrit aussi les reçus dans les deux premières colonnes? — La chose frappe à première vue et paraît une énigme pour le moins étrange. Cependant il nous semble qu'on peut l'expliquer. Quand les épimélètes ne transcrivent pas la quittance, on lit simplement : à un tel, autant de '/^':py^ de paille, àxoXo!J.rw!; (ppo'jtjiapia (à-o'/ji) 'PwfjLaù^ ; lorsqu'au contraire la quittance est reproduite, voici la formule qui l'introduit : ty,; ok '.ppo'j|j.ap{a;
Nous pensons que dans le premier cas les soldats ont accusé réception en latin ('Pco[j.a',x-rj et dès lors, les épimélètes n'ont pas su ou du moins n'ont pas voulu transcrire; tandis que dans le second cas, la quittance des sous-officiers était formulée en grec et rien ne s'opposait à ce que copie en fut donnée dans le registre.
L'intendance est représentée la plupart du temps par des optiones, lorsqu'elle traite avec les épimélètes. Ces derniers évaluent la paille en V-^x<., tandis que l'administration militaire compte par xocp-z/o-.. Ces xocp-lvo-., d'après le document que nous examinons, sont de deux sortes : les y.o^i^o\ ordinaires de 40 ).irpav et les xocp'ivo'. y.yyt^yj-fiÇ qui ne valaient que la moitié des autres, c'est-à-dire 20 'd-o-x'..
Une seule des fournitures consignées dans ce papyrus, n'a pas été faite directement à l'armée, mais à des fonctionnaires-bouleutes de Ptolemaïs, appelés àTrooÉxTa-. iyy^^o'j. Il faut sans doute les identifier avec les diadotes que nous rencontrons ailleurs. Ce terme correspondrait au mot latin susceptores qui, dans le Code de Theodose ('), désigne les fonctionnaires chargés de faire parvenir le fourrage à l'intendance militaire.
Paul Sak,
Docteur en philosophie et lettres.
(1) Il n'entre évidemment pas dans notre plan de rechercher la nature de ces divers corps de troupes : l'étude en serait très intéressante sans doute, mais. ferait à elle seule l'objet d'un travail spécial.
(2) Nous en avons reproduit une plus haut, p. 83, P Oxy, i-43.
(3) Cod. Theod., 7-4-1.
Les Religions de l'Empire
dans la Philosophie de Plotin.
Dans l'histoire religieuse du iii*^ siècle, Plotin occupe une place importante tant à cause de l'originalité de ses vues que de l'influence qu'il exerça sur l'aristocratie romaine et sur les néo-platoniciens. Déjà M. C. Schmidt publia une étude sur les rapports de Plotin avec les Gnostiques et les chrétiens soumis à la hiérarchie ecclésiastique ('); je voudrais envisager d'une manière plus générale son attitude à l'égard des religions de l'Empire romain.
La position que prend Plotin vis-à-vis des religions positives est déterminée avant tout par sa nationalité (-). Malgré les influences les plus hétérogènes au milieu desquelles il vécut à Alexandrie et
(1) Ploiins Stellung zum Gnosticismiis und kirchlichen Christentum (Texte und Untersuchungen von Gebhardt und Harnack, nouv. sér., t. V, fasc. 4.) Leipzig, 1900. Cette étude remplace avec avantage celle de Neander, ileber die welthistorische Bedeutung des neunten Bûches der zweiten Enneade des Plotinos, dans les Abhandlungen d. Berl. Akademie phil.-hist. Klasse. Jahrg. 1843.
(2) Plotin est né à Lycopolis en Egypte en 205 ap. J. C. ; selon toute vraisemblance, il passa obscurément les années de sa jeunesse. 11 avait 28 ans quand il commença à s'adonner à la philosophie : il vint à Alexandrie, ville peut-être la plus cosmopolite de l'Empire (cfr ?r\ev)Lke^der. Darstellungen aus der Sittengegeschichte Roms in der Zeit von August bis zum Untergang der Antonine, t. II, p. 151 et suiv. Leipzig, 1910), et y suivit les leçons des maîtres les plus en vue, pour s'attacher ensuite exclusivement à Ammonius Saccas, chrétien ou plus probablement apostat (d'après Porphyre xa-à y ptd-iavo'i;, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V\, \9, 6-7 — édition Schwarz — , il était chrétien de naissance mais il avait passé au paganisme par l'étude de la philosophie; Eusèbe, /. c, 9-10 attaque cette affirmation de Porphyre et soutient qu'il vécut toujours en chrétien, cfr C. Schmidt, o. c. p. 6.) Onze années durant il resta son fidèle disciple et, après le décès d'Ammonius, âgé de 38 ans, il prit part à l'expédition malheureuse de l'empereur Gordien contre les Perses, afin de mieux connaître la philosophie des Perses et des Hindous; mais il dut rebrousser chemin et arriva en fuyard à Antioche en 248. Après cette aventure, il se fixa à Rome, y fonda un cercle de philosophie, qu'il dirigea 26 années durant, honoré de l'amitié de la haute aristocratie romaine. 11 mourut en Campanie en 270. Cfr Porphyre, Vie de Plotin, ch. 1-17; C. Schmidt, o. c, p. 10-13, ou la monographie de Richter, Ueber Leben und Geistesentwicklung des Plotin. Halle, 1864.
86 J. COCHEZ.
à Rome, il resta inviolablement attaché au culte de sa jeunesse et de son pays, à la religion égyptienne hellénisée (0- H en vénère les mystères et les mythes, il en loue les usages et il montre leur conformité avec sa philosophie, il ne veut avoir rien de commun avec les cultes non incorporés à cette religion ; il les passe sous silence : pas un mot des divinités officielles de Rome, ni du culte des empereurs, quoique l'empereur Galien et son épouse Salonine l'honorassent de leur amitié (-); pas un mot non plus du Mithriacisme ('0, ni du christianisme orthodoxe (^), si répandus dans
(1) Sur la nature de cette religion, voir Cu.mont, Les religions orientales dans le paganisme romain, p. 89-99. Paris, 1907.
(2) Vie de Plotin, ch. 12 : ÈTtaTjaav oï xôv nXwrlvov uiÀ'.a-a xal £T£ç.OTjaav' raÀiTjvo'^ Te ô a'j-oxpâicop /.al fj toÛto'j v'jvï) SotXovi'va.
(3) Le mithriacisme n'a d'ailleurs jamais pu se développer en Egypte, cfr CuMONT, Les mystères de Mithra, p. 27 et 28. Bruxelles, 1902-.
(4) C. ScHMiDT, 0. c, p. 83 croit que les attaques de Plotin contre les gnostiques visent également les chrétiens orthodoxes. Pour justifier cette hypothèse il se base sur sept reproches que le philosophe adresserait tant aux chrétiens qu'aux gnostiques : 1. leur doctrine est celle de Platon, plus des ajoutes de fort mauvais aloi « -poctOtiXxI cjoÈv TrpojTjy.ouaai Èao zr^^ àXr,0£;a; «; 2. la création et la destruction du monde; 3. la dignité de l'homme leur paraît supérieure à celle des étoiles et des démons; 4. leur propagande parmi le peuple est indigne;
5. le nom de frères qu'ils se donnent n'est pas conforme à leurs agissements;
6. la rémission du péché par un rédempteur et la foi à une terre nouvelle : xaiv-rj 7?^ sont des croyances vaines; 7. les guérisons étonnantes qu'ils prétendent opérer par exorcismes ne sont que des leurres. — Évidemment il y a beaucoup de points de contact entre les doctrines des gnostiques attaqués par Plotin et celles des orthodoxes; je suis cependant d'avis que M. Schmidt pousse trop loin ses conclusions. Déjà le deuxième grief ne vise pas du tout les chrétiens de l'Église mais uniquement ceux qui prétendent que le démiurge du monde et le monde lui-même sont mauvais, c.-à-d. les gnostiques; d'ailleurs il me paraît difficile, sinon impossible de prouver, non pas par les comparaisons du cercle, du foyer lumineux, etc., mais par des textes apodictiques que Plotin n'était pas, au moins vers la fin de sa carrière, créationiste. Quant aux autres reproches, ils sont amenés par la polémique, et l'on ne peut pas en bonne logique généraliser leur portée. Les deux points sur lesquels porte la lutte contre les gnostiques sont : 1. leur théorie sur le démiurge et 2. leur mépris des doctrines du divin Platon; aussi les disciples ont-ils intitulés le livre contre les gnostiques : « -poç toù; xa/.ôv tôv orjjj.'.o'jpY^'^ "^0'^ /.'j'a,y.o'j -/.al -ov •/.oj;j.ov xa/.ôv eTvoc. \i'(VfZ'xc, » (Vie de Plotin, ch. 24) ou encore < rpô; toj; yvojjx'./.où; » (ibid., ch. 5) et Porphyre rapporte la polémique de son maître en distinguant nettement les chrétiens orthodoxes des gnostiques qu'il attaque : « yE-'ovaut ôè xaT' a^TÔv twv /piaxtavwv ttoXXoI ÎJ.£v xal àXÀoi, aioîTi/'.ol os va tf); TraÀaiâç tptXoaocpt'a; àvTf/[j.îvot, otTTSpi 'AosÀotov xa'i 'AxuXTvov, o't xà 'A>,£?âvi3pou xoj Aî^'joç xal <I>tXoy.w[j.ou xal Aï)(xo(Txpâxou xat A'jiîo'j dUYYpâiJ-îJ-axa TrXs'taxa x.E/.XTjy.î'vot, aTroxaXû'Y'ît? x£ TipocpÉpovxEç Zcopoâjxpo'j xat ZojCTxptavoû xal NtxùG£ou xal 'AXXoysvoûç xa'i M£aou, xal àXXwvxoioûxwv TToXXo'j; £ETj7rdtX(ov xai aùxol -rjTraxTjUî'vo'., (o; <)i] ~.tyj liXâxor/oç e'.; xo pâOoc; xr\q,
LES RELIGIONS DE l'eMPIRE DANS LA PHILOSOPHIE DE PLOTIN. 87
l'Empire et lorsqu'il s'attaque aux Juifs {') et qu'il combat violemment les gnostiques (-), c'est plutôt comme clans philosophiques que comme sectes religieuses, exactement au même titre qu'il s'en prend aux stoïciens et aux épicuréens (•)•
D'ailleurs, l'importance accordée par le philosophe aux cultes, même égyptiens, est assez restreinte : sa religion à lui est la mystique purement philosophique, centre de tout son système (^). Aussi, les textes où il parle de cultes sont relativement peu nombreux ; comme ils ne se rapportent qu'à certaines religions, nous ne pouvons déterminer quelles furent ses idées par rapport à plusieurs cultes de sa patrie, tel, par exemple, celui des animaux sacrés (•). Ce n'est donc pas sans réserves que l'on peut parler d'un syncré-
Tal; auvci-jaiai;;, -'pâ'i/ac ^è y.a'i ^'.pÀtov, o-zp -oô; -o'jç rvtoj-f/.oùç È-£Ypâ'I'a;j.£v, Vj/v -à À'jt-à /.pi'/îiv y-aTxÀÉ/.o'-îv » (ibid., ch. 16). C'est au fort de la lutte que Plotin, argumentant ad hominem, reproche à ses adversaires leurs mauvais.s mœurs et leurs procédés exécrables (voyez e. a. XXX, XXXIII. 15, 213 E-214C , ils croient à un rédempteur pour pouvoir pécher d'autant plus librement (ibid., 15, 214 C, XLII, XLVH, 9, 262 C); ils rabaissent la dignité des astres, car c'est le propre des méchants de mépriser les dieux (ibid., 16, 214 D ; 10, 218, A-D), et ils se nomment frères, mais leurs actions et leurs théories contredisent leurs paroles ^/6/cf., 18, 217 D-E), ce sont des charlatans qui, au lieu d'employer les moyens naturels pour guérir les maladies, trompent le peuple (ibid., 14, 212 G- 213 A) ; e* la terre nouvelle dont ils parlent serait le paradigme du monde actuel : comment pourraient-ils jamais y arriver puisqu'ils méprisent le monde créé à l'image du modèle? (ibid., 5, 203, B C . On le voit, entendus dans le sens que leur donne effectivement Plotin, tous ces reproches s'adressent uniquement à ses adversaires : il ne semble pas que l'on puisse en étendre la portée aux autres chrétiens.
(1) Déjà M. Hen.^i Gjyot (Les réminiscences de Philon le Juif chez Plotin, Étude critique. Paris, 1906), a relevé les réminiscences de Philon chez Plotin, et mis en relief leur divergence de doctrine. Il est assez singulier de voir le philosophe s'attaquer à la manière dont les Juifs parlent de Dieu (XXXV-XXXVlll, 38, 729 B) alors que leur conception de la divinité se rapproche sensiblement de ses propres théories.
(2) Cfr C. SCHMIDT, 0. c.
(3) Cfr XXX-XXXIII, 6, 203-204. — Cela apparaît de façon caractéristique au l*"" livre de ia Providence (XLII-XLVII) où Plotin s'attaque à ceux qui disent le démiurge du monde mauvais c.-à-d. les gnostiques, et à ceux qui nient la Providence : Démocrite et Epicure.
(4) Voyez Zelles, Die Geschichte der Philosophie der Griechen in ihrer geschichtlichen Entwicklung dargestellt, 111, 2, 2, p. 527 et suiv., Leipzig, 1903-'; De WuLF, Histoire de la philosophie médiévale, p. 79-81. Louvain-Paris. 1912''.
(5) Ce culte était un de ceux qui excitaient le plus la curiosité des Romains (cfr Friedlaender, o. c. p. 147). On peut se demander comment Plotin aurait mis ce culte en harmonie avec ses doctrines.
88 J. COCHEZ.
tisme religieux chez Plotin : il se restreint à quelques-uns des cultes nationaux de l'Egypte au ni'^ siècle.
Voici les mystères, les mythes, les légendes et les pratiques religieuses dont il parle : les mystères d'Isis ('), ceux d'Hermès l'Ancien et de Rhea (-) et ceux de Zeus Idaios {'■'); les mythes de la théogonie (*) et les mythes isolés de Narcisse (•') et de Dionysos Zagreus ("), du Lyncée (■) et de Glaucus (■ ) ; les allégories mythiques d'Adrastée et de Diké (■'), du Fuseau de la Nécessité et des Moiré ("), du Léthé('0 et du Tartare(^-'); les légendes d'Héraclès aux Enfers ('^), du Nostos d'Ulysse (^^) et quelques autres faits racontés dans les épopées homériques : Théophanies ('■), Hélène et Paris ("'), les infortunes de Priam ('"), etc.
tl) IX, 10, 769D-11, 771 B; I, 5, 55 A; 7, 55 E-Q; X, 6, 486 A-487 B; XXVI- XXVIII, 46, 440 B-C; XXVIII-XXXi, 4, 546 B; 6, 547 A-B ; XXIX-XXXII, 11, 530 A-B; XLIII-XLIX, 14, 511 A-B; 512 A-B; 17, 515 E; 516 A.
11 est possible qu'au 1. I, 655 A et 7, 55 E-G le philosophe vise également les mystères d'Eleusis, car le premier de ces textes a comme source Platon, Phédon, 69 C, où les mystères visés sont ceux d'Eleusis; mais la comparaison du deuxième texte, contexte du premier, avec les grands textes sur les mystères aux 1. IX et X montre suffisamment que Plotin veut parler de ses mystères par excellence, c.-à-d. des mystères d'Isis. Sur l'identification des grands mystères plotiniens, voir mon article Plotin et les mystères d'Isis, dans la Revue néo-scolastique de philosop/iie, 1911, t. XVIII, p. 328-340.
(2) XXV-XXVI, 19, 321 F-322 A; mystères de Rhéa seule : X, 7, 489 B.