XXII XXIII, 7, 665 A B ; 12, 671 AB
(16) XLII XLVIII, 5, 275 E F ; XXVIII/XXXI, 2, 543 A (Hélène seule).
(17) XLI, XLVI, 5, 32 F. Les allusions h Hélène et Paris et aux infortunes de Priam n'ont plus de rapport avec les cultes ; il en est de même de quelques autres textes où il est question d'Hephaestos, de Thersite, des Muses et des Grâces.
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En fait de pratiques religieuses : la participation aux mystères d'Isis, l'astrologie et la magie.
Plotin ne cache pas ses préférences pour les mystères d'Isis; probablement il y était initié et il paraît avoir pris part, mais peu souvent, aux solennités isiaques ('). C'est le seul culte qui, à ses regards, sert de propédeutique à l'extase. Tandis que les autres mystères et les mythes ne sont que des .symboles de vérités philosophiques, ceux-ci introduisent, comme naturellement, le fidèle dans les mystères véritables : la contemplation des intelligibles et l'extase, union ineffable de l'âme seule à seule avec la divinité (')•
Le philosophe se complaît d'ailleurs à interpréter la synousie des mystères, les rites, les circonstances locales du culte, il prête à leurs auteurs des intentions philosophiques quand il montre comment ils ont voulu symboliser, le mieux qu'ils pouvaient, la plus noble des occupations de l'homme, le but de sa vie : la contemplation et l'union parfaite de l'âme avec la divinité. La synousie des mystères isiaques se fait seul à seul avec la divinité elle-même et non pas avec une statue ou une image ('); dans la synousie mystique du philosophe, l'âme contemple la divinité face à face. Aussi, les anciens, auteurs des mystères, ont imposé aux initiés la loi du silence, pour signifier l'ineffabilité de l'union véritable de
(1) Le texte des livres de Plotin et la biographie porphyrienne ne nous renseignent pas explicitement à ce sujet. La description minutieuse du sanctuaire, de la synousie dans les mystères et des sentiments éprouvés par les mystes, la vénération qu'il témoigne aux rites et l'importance propédeutique qu'il leur reconnaît pour la mystique <ciT le texte du 1. IX, 11) ne peuvent laisser de doute à ce sujet. D'ailleurs Plotin avait 28 ans quand il s'adonna à la philosophie (Vie de Plotin, ch. 3) : il est peu probable que dans sa jeunesse il manifestât déjà pour les solennités religieuses l'indifférence que lui donna plus tard sa mystique métaphysique ibid., ch. 11); encore ne faut-il pas exagérer cette indifférence puisqu'il laissa susciter encore son démon par un prêtre égyptien dans le sanctuaire d'Isis, « seul endroit pur de la ville » {ibid., ch. 10).
(2) XI, 11, 770 D E : TÔ oï la-w; ^v ol» Oiaij.a, àXXà ù'/.'/.oç x(j6tios xoG Ir^iv/, iy.<j-(xi'.- y.7.\ ârÀojJi;, y.at i-'/jOT.' aù-O'j, xal l'aîdi? ~pô^ à»ï)v y.al (iTdttnî xa'i — EotvoTjTi; — pô; Èoapuoyv'. ti~ir> Tt; xô h/ zw àS'jTto Os.i<Jt~OL'.. s? ô'àXXw^ pXÉ—oi,
O'joàv a'j-fï) — ioETTi wO'iôç oà îîpî'j^ tô alv'.yîJLa cjviîIç, àXTi^ivTjv av ■ttoioIto
iy.v. Yî''0[j.îvo; Toj àiî'jToû -t,v Osav, y.ai af, yt'i6<j.v/o^ dï tô à^'j-ov toôto àopaTo'v "'■ /.P^i!-'-^ vr;j.îaaî y.al "TjVYiv y.a'i àp/Tjv, zliriiz: w; àp./T)v, oi:pyf,v ôpâ y.a'i
^'^ÏY'-7"'-~^'-
(3) ibid., 770 C : [j-t'ôi. t/^v exeI juvojj^av — p6; o-jy. àYotXfxa. oô'î' ôixo'va iXX' auxo; 771 B : xal o'jto^ ôewv y.al àvôpw— wv Ôîîwv y.a't eù'îa'.udvoiv pioç, àvT,'îovo; Twv ttIoî, ojYïj aovo'j -oc.:; advov. cf. I, 7, 55 E-G; X. 6. 486 A-487 B. Plotin paraît entendre par la synousie avec la divinité même des mystères la vision d'un globe lumineux. Voir mon article Plotin et les Mystères d'Isis, l. c, p. 337.
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l'âms avec la divinité : l'obligation du secret symbolise l'impossibilité absolue de parler des jouissances divines de l'extase ('). Les mystes devaient aussi se purifier et se dépouiller de tout vêtement avant d'entrer dans l'adytos; ils enseignent au philosophe qu'avant de prétendre à l'union intime avec Dieu, l'homme doit se dépouiller de toute attache terrestre et renoncer à toute jouissance corporelle {').
Plotin ne se borne pas à l'interprétation des mystères eux-mêmes; il explique aussi des détails locaux du culte isiaque. Ceux-ci s'accordent avec la topographie du grand Iseum du Champs de Mars à Rome : une allée de belles statues et d'obélisques avec des inscriptions hiéroglyphiques menait au sanctuaire; elles attiraient les regards de l'initié avant et après son séjour dans l'adytos (^). Ce ne sont pas aux yeux de Plotin de simples ornements du temple ; il en fait des symboles des idées pures de l'intelligible que les anciens ont voulu sculpter et exprimer dans la pierre (').
Il loue les artistes qui ont cherché à réaliser dans la matière les réalités de l'intelligible ('), et tout particulièrement les Egyptiens qui « soit par science consommée, soit par sagesse naturelle » expriment dans leur écriture sacrée les idées par des images et
(1) IX, 769 D-11. A : UC>: --àp av à-ay-'EiÂcU ti^ lo; ï-twj ryy/. lowv £-/.î"?-/o (to àvît^ov), 6't£ îÔcxto, à/./.à ;v — po; ex'jto'v; to'jto o/j i'fiîXov o'/iXo'jv tô tw'/ ;i.'jj-Tjptwv Twvôs £7rî-aY;j.x. tô ar) ex-^soeiv eIç p.T) a£;j.'jT||Xcvo'j?" tbç où/, v/.'^opo^^-
V/.V.'IO ÔV, OLTIV.T.Z OTjÀO'JV TiOOZ ix/JXj'i 10 ^ClO'l <J~M Urj, Xal a'jTW, lOôrA EJT'J/TJiat.
(2) I, 7, 55 F G : Tsùâç oi a'jxo'j (toj àyaOoù) àva|jxivo'J7i "oo; xô àvto /.al E—iaTpaœîTj'. xal à— oo'jo;i.£->o'.^ a '/.aTotl^aivov-îs Tja'JUTîJ.îOa" oTov ÈttI Ta ày-a Tùiv tEpûiv ToT^ àvto'jji, zaOâpaît; te /.al î;xaT;ajv àTroOÉastc; tw/ Tiplv /.at to Yu;j.vo"i^ àviÉvat, Éw? àv ti^ rapEÀOwv hi tT^ àva,3âjE'. -i'/oaov àÀÀoTptov to'j Oeoô, a'jTtp [jLdvip auTO fjio'vov 'tor, E'.Ài/.ptvÈ;, aTrXo'jv, /.aOapôv, /.. t. à.
(3J Voir mon article Plotin et les mystères d'Isis, l. c, p. 336-337.
(4) X, 6, 487 A B : Asl to;vjv OîaTTjv È/.eivou, èv tw eTico oIov v£(p i'z,' Éa'JTOu ôvTo?, jj-ÉvovTOç fjj'j/0'j ETTE/.E'.va âTiàvTOJv, Ta OIOV TTpô; Ta e;(o -fjoT) àya^aaTa ECTTWTa, ;j.aÀXov os àvaXy.a to TrptoTov Ê/.cpaviv OsaaOa'.,... Du contexte i! ressort que Plotin entend par la première statue l'Intelligence, par les autres, les intelligibles. Cfr XXVIII XXXI, 5, 547 B : E/.a7Ta tiov Xeyo|jlevo)v iviû /.aXà, àyaÀixaTa, O'.a EtpavxâwETO Ttç Èv tt, lo-^j'i'j àviîpôç <i"J'/'^ slva'., àyâXîJ.aTa où yEypaajjLE'va àXXà ôvTa" ôtô xal Ta? tÔE'aç ô'vxa iXîyov Elvat o'. T^aXatot, /.al oùai'a;.
(5) XXVI/XXVII, 11, 380 E F : Kat \j.o<. ôo/.outr-.v ol TraXaiol aoaol, ô'aoi £|3ou- X-QOTjjav Oeo'j; aÙTol; rapEr/ai, hpà /.al àyâXaaTa TCO'.T)aâ[j.Evot eIç T-qv to-j Ttavxàç (pûitv aTtiôo'vTEÇ, ev vu» Xaj^E'tv w; TiavTa/o'j [xàv Euâytoyov 'i^u/Tiç cpûa'.ç' oE'^aaOat y£ ijLTjv pqtCTTOV av eIV, aTrâvTwv zi-ic, TipouTiaÔÉ? Ti TE/.Ti^vatTO, Ù7roÔ£;aa0a'. ouvdt[j.£vov [j.o"tpâv Ttva auTTji; • TTpo^—aOÈ? oè to ottojœo'jv |j.'.;j.Tj6àv, lozizip /.aTOTiTpov âpTrâaai sTfîo'; Tt ôuvâ.u.Evov.
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non, comme les autres peuples, par des signes fictifs et conventionnels (').
La prédilection de Plotin pour ce culte spécifiquement égyptien fait qu'il place à l'arrière-plan ou du moins au second rang les mystères, les mythes et les légendes grecques. Ce ne sont plus des symboles de l'extase, ni un moyen de parvenir à la synousie; il en fait de pures allégories de théories métaphysiques, psychologiques ou éthiques. Leur connaissance est dépourvue d'un intérêt immédiatement religieux : le philosophe n'y trouve qu'un simple sujet de comparaison et, plus ordinairement, une confirmation de ses théories par le témoignage des anciens, argument plutôt de convenance que d'autorité.
Ainsi au 1. IX avant de parler de l'extase, Plotin montre que celui qui a, comme lui, joui de la synousie ineffable, doit après cette union divine communiquer le plus possible son bonheur aux autres et indiquer la route à suivre pour y parvenir. Pour donner plus de relief à son exposé, il cite l'exemple bien connu de Minos, roi de Crète. C'est sans doute, dit-il, pour avoir joui de la synousie, qu'on rapporte que Minos avait conversé avec Zeus ; plein du souvenir de cet entretien, il édicta des lois qui en étaient l'image parce que, durant leur rédaction, il se trouvait sous l'influence de son contact avec la divinité (-). Remarquons que Plotin donne ainsi aux mystères de Zeus Idaios, auxquels se rapporte la légende de Minos, une interprétation philosophique : la synousie de ces mystères est une image de l'union véritable de l'âme avec Dieu.
Tout autre est la signification des cultes d'Hermès l'Ancien en Samothrace et de Rhéa (')• Dans leurs mystères les anciens sages
(1) XXVIIl/XXXI, 6, 547 A B : Ao/.oOj- r^i ao- oi Wyj-zioj'j crocpo'- si-.z i/.p'.- ^€i ETnaTTjfjLTi XaPovTîç, eÏtî xal ff'j;x'f ûtttj. Tzzpi wv èpoûXovxo ôià aoçiac oî'.xvjvat, \J.T\ iÛt.ok; Ypa;xfj.xTtov ôie;oÔ£Ûouat Àoyouç xal Trpo~âiTîiç, [jltiôè p.t,aou[j.Évots (ptovàc; xal Tipocpopàç à;iu);jiâ~a)v xî/pi^îjOat. 'AYâX;j.aTa 8è ypâd/avTcÇ, xal "Èv ExaaTov IxâciTO'j Tzoi^fixxzo!; ayaÂîAa ÈvTUTïwcravTî; Èv toT; isçioiç, ttjV Èxîtvou 6'e;o'5ov £[xcpYivat " 'Jj; àpa xi? xat etïitxtÎixtj xal ary^ioL ÉxaaTo'v ecttiv àyaXaa, xal 'jrox£t;j.£vov, xal i.()p6rrj, xal où o'.avoTjaiî, ojoi [3o'J/,£'jt'.;.
(2j IX, 7, 766 A. A ces mystères se rapportent également les textes relatifs à Dionysos Zagreus et à Narcisse, dont il est question plus loin.
(3) XXV XXVI, 321 F-322 A. Voici le passage saillant du texte : 'OOev, oTixa-., xal Cil TziXoL'. a:)(pol |x'ja~'.xw? xal Èv TcXÉTaiç aivt-xo;j.£vo'., 'Ep;jL7iv ;j.Èv ttoiouct'. tÔv OLr>-/jxiov 10 TTJî yEViJîwî opyavov àz\ £/ov~a Tipô^ içt-;'x^'.%-i, xôv ysvvwvTa xà Èv aiaÔT^aei ÔtjXoÛvxeç eTvai tôv votjtov Xo'yov xà ôi àyovov xrjç 'jXtjî, y.Evo'JCTrjç xô aùxo àel ôtà xwv tteoI aùx/jv àyo'vwv ôtjXouvxeç" jJLTjXï'pa yàp Tiâvxwv — oiTiaavxeç, T)v ôt^ o'jxwç à7L09T),u.''^o'jai xf,v xaxà xô ù— oxEt|X£vov àpy TjV Xaj3ovx£î, xal ovoixa xojxo 6£;xEvot Iva i3tjXo"i£v o poûXovxat. Plotin explique ici la signification du nom
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ont représenté Hermès l'Ancien en ithyphallique pour signifier que « c'est la raison intelligible, toujours en acte, qui engendre continueJlement les choses sensibles ; à la déesse Rhéa, mère de toutes choses (Mr-7,p Piy.) » ils ont donné un entourage de prêtres eunuques afin de montrer plus clairement que la matière est la mère de toutes choses, parce qu'elle en est le réceptable, mais mère stérile, parce qu'elle ne contribue pas activement à leur génération comme la mère à celle de ses enfants. L'association de ces deux mystères, dans le but de confirmer la théorie métaphysique de forme et de matière, montre sur le vif le syncrétisme cultuel purement philosophique de Plotin, conséquence nécessaire de son opinion sur l'origine des mystères. Si les rites sacrés ont été institués pour signifier et rappeler des vérités philosophiques, ils ne diffèrent entre eux qu'accidentellement, ils ne sont que des représentations différentes d'une seule et même chose, la vérité.
Ce même syncrétisme se retrouve d'ailleurs dans les passages où Plotin parle des mythes de la Théogonie et de quelques autres mythes grecs isolés.
La naissance d'Aphrodite est une allégorie de la génération de l'âme. Tant qu'elle reste dans l'intelligible, l'âme est l'Aphrodite céleste du mythe; dès qu'elle descend ici-bas, elle devient l'Aphrodite vulgaire (').
En même temps qu'Aphrodite naquit Eros ('); dans le livre L, Trepl â'pwTo;, Plotin montre en interprétant longuement le mythe de la naissance d'Eros, déjà expliqué jusque dans ses détails par Platon (-), que théologiens et philosophes s'accordent pour distinguer deux Eros correspondant aux deux Aphrodites : l'Eros-dieu et l'Eros-démon; ils naquirent en même temps qu'Aphrodite, de Penia et de Poros dans les jardins de Zeus : l'âme (Aphrodite) coexistant avec l'Intelligence (Zeus) et existant par l'Intelligence, est remplie des raisons intelligibles (Poros) et « belle, elle est ornée
;i.iQTT,G Pii : il paraît avoir songé au nom latin de V'Jlrt : materia. — L'identification d'Hermès l'Ancien avec l'Hermès des Mystères de Samothrace ne peut faire de doute : cfr Hérodote, 11,51; Roscher, Ausfiihrliches Lexikon der Griechischen und Rômischen Mythologie, t. I, col. 2352. Leipzig, 1907. Plotin parle encore de Rhéa à un autre endroit, également comme personnification de la matière : X, 7, 489 B : ... [J.Tj'îè Èxttî'ue'.v (tôv voûv) elç GXtjv, (jltjôè Tpa'.S7)va'. irapà x-fj Psqi, ôi;; "à ;JL'J7T/Îçi'.a y,'Â ol ;j.'jOo'. rA tcsoI Oîôiv alvîtTovxai.
(1) IX, 9, 768 C : Kal yip sj-tv èy.zi 'AopccîîtTi o'joavia' sv-aGOa oà ylyvt-on. — otviÎTjij.o? olov £Ta'.pi70j"Éja. •/.où i'j"! Trâaa ■•^■j/t) 'Acpoo^ÎTT), xotl -o'jxo a'.vixxî-ai xa't xà x?j; 'A'jpoiîi'xT,,; v^vî'OÂia /.7.\ ô "Eowç 6 jjlîx' a'jxîji; -/EvriaEvo-.
(2i Platon, Banquet, passim.