UN DEMI-SIECLE D ENSEIGNEMENT HISTORIQUE A LOUVAIN. XIX
aloude vadoiandsche, christelijkc beschaving. N'allons pas oublier que déjà Jean Moeller avait professé un cours de méthode et dirigé des exercices pratiques à la section d'histoire de l'Institut philologique, établi de 1845 à 1854 dans le but de former des professeurs pour l'enseignement des humanités. Enfin, des revues étaient nées, dont l'une surtout intéressait spécialement notre branche : les Analectes pour se7'pir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, créés en 1864 par le recteur de Ram.
Il n'est donc pas ditlicile de s'apercevoir que, sous la poussée des circonstances, l'enseignement de l'histoire s'acheminait vers une organisation nouvelle.
C'était d'ailleurs l'époque (1876-1899) où le chanoine Carnoy, de glorieuse mémoire, réformait les méthodes à la faculté des sciences et s'attachait par son exemple par ses conseils et, au besoin, par ses bourrades, à stimuler ses collègues des autres facultés à introduire partout des cours pratiques.
Ce furent les étudiants — M. Moeller l'a raconté (1) — qui, en i885, prirent les premiers l'initiative de réclamer cette réforme. « Encouragés par l'exemple de leurs condisciples de Liège, quelques jeunes gens s'adressèrent» aux autorités académiques, «demandant que l'on fit pour les sciences historiques ce que le professeur Willems faisait depuis dix ans déjà pour la philologie classique. »
Pour répondre à leur désir, à qui aurait-on pu faire mieux appel qu'à Charles Moeller? Sans y songer
(1) Sur la Conférence d'histoire, voir [Ch. Moeller], Cours pratique de la Conférence d'histoire à l'université de Louvain, 1885-1898, dans A Godefroid Kurth, cité, p. 85 svv.
XX A. GAUCHIE.
peut-être, durant les vingt premières années de son professorat, il s'était préparé au rôle de directeur d'un cours pratique. Conservateur fidèle des trésors accumulés par son père, il s'était révélé lui-même homme de progrès. Ses vastes connaissances lui permettaient de discerner les sujets dignes d'une étude approfondie et de se mouvoir avec aisance dans la sphère des questions spéciales; il s'était rompu aux procédés de la méthode; son enseignement et ses publications lui avaient conquis l'ascendant indispensable pour gouverner Je labeur des étudiants. Ajoutons qu'il avait déjà l'expérience de la direction, puisque pendant dix ans, de i863 à 1873. il avait présidé les séances de la Société d émulation.
Aussi c'est à lui que, tout naturellement, sur le désir des élèves, le recteur Pieraerts demanda de créer le cours pratique d'histoire, qui reçut, dès l885, le titre de Conférence d'histoire M. xMoeller accepta courageusement cette nouvelle mission, mais Dieu sait à quels obstacles se heurtait l'entreprise nouvelle!
Qui n'a pas composé une œuvre historique ne peut se figurer quelle activité et quelle patience il faut à l'homme d'étude pour se procurer, dans son cabinet et dans les bibliothèques publiques, les matériaux nécessaires à son labeur. Combien plus graves ne sont pas les difficultés pour un directeur de cours pratique, dès qu'il s'agit de mettre à la disposition d'un groupe de travailleurs les ouvrages indispensables à leurs recherches personnelles? Grâce à Mgr Pieraerts, la Conférence d'histoire put s'établir près de la bibliothèque universitaire, dans une salle spéciale qu'elle a récemment, en octobre igi3. échangé contre un nouveau local, situé comme le précédent dans les Halles académiques. Elle