UN DEM[-S!ECLE D ENSEIGNEMENT HISTORIQUE A LOUVAIN. XXXI
de f instruction publique en Belgique, lui ont décerné les plus vifs éloges. Comme nous l'avons dit nousmême dans le Musée belge, cet ouvrage renferme une des plus vigoureuses synthèses qui aient été conçues pour débrouiller le chaos des événements du haut moyen âge. Si cette histoire est une œuvre d'ensemble, cet ensemble est cependant constamment appuyé de preuves. Sous ce rapport, elle offre aux travailleurs des avantages qu'ils chercheraient en vain dans la plupart des publications d'histoire générale.
Comme le sujet lui-même, le manuel d'histoire contemporaine intitulé : La politique des Etats européens durant la seconde moitié du siècle dernier de 1850 à 1900 (Paris, 1912), a une allure différente du précédent volume : il est plus vivant, plus alerte ; mais on y retrouve le même point de vue, c'est-à-dire celui de la politique générale, le même talent dans le groupement et l'enchaînement des faits, le même souci d'orienter les recherches personnelles des lecteurs.
Titulaire de cours purement théoriques, Charles Moeller a songé, dans les travaux précédents, à l'ensemble de ses auditeurs. Directeur de la Conférence d'histoire, il s'est préoccupé, dès la naissance de celleci, des intérêts scientifiques de ses élèves d'élite C'est à leur intention, nous l'avons déjà dit, comme à celle de tous les chercheurs qu'il a édité, en le modernisant, le Traité des études historiques (Louvain, 1887-1892), dont Jean Moeller avait tracé la première ébauche.
Charles Moeller a, d'ailleurs, tenu à honneur de joindre l'exemple au précepte. Au cours de sa longue expérience, il a eu l'occasion de remuer bien des questions. C'est là la raison de la haute valeur de multiples articles biographiques insérés dans The Catholic Ency-
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clopedia de New- York, de tant de notices critiques publiées dans la Revue catholique, dans la Revue bibliographique belge, dans le Musée belge, dans la Revue d histoire ecclésiastique, etc., aussi bien que de divers articles dans des recueils et des périodiques historiques. C'est ainsi, sous ce dernier rapport, que — pour suivre l'ordre chronologique des sujets — il a concouru au succès des Mélanges Paul Fredericq (p. 189 202. Bruxelles, 1907) et des Mélanges Godef?"oid Kurth (t, I, p. 73-83. Liège. 1908) pardeux mémoires originaux, respectivement intitulés, le premier : Les Flamands du Ternois au royaume de Jérusalem et le second : Godefroid de Bouillon et lavouerie du Saint-Sépulchre, tandis que tout récemment la Revue dliistoire ecclésiastique (1913, t. XIV, p. 720-751 et 1914, t. XV, p. 50-69) publiait sous sa signature une étude, fouillée autant qu'impartiale, sur Les bûchers et les auto-da-fé de [inquisition depuis le moyen-dge. Peu auparavant, lors du centenaire d'un grand chrétien de France, il s'était fait une joie de rappeler aux lecteurs de cette même revue Frédéric 0{anam et son œuvre historique (Revue d histoire ecclésiastique (1913, t. XIV, p. 3o4-33o), de même que jadis sa piété filiale lui avait procuré l'occasion de publier les lettres de Mgr Laurent (i), dont Georges Goyau a tiré un si heureux parti dans son histoire contemporaine de L Allemagne religieuse.
A ses constantes investigations, l'on doit aussi une des plus belles monographies relatives au début de l'histoire moderne : Eléonore d Autriche et de Bourgogne, reine de France (Paris, 1895). Notre sympathique collègue de Liège, M. E. Hubert, si compétent dans cette matière, l'a dit en termes exquis (2) :
(1) Leben tind Briefe von Johannes Theodor Laurent, Tihilarbischof von Chersones. Als Beitrag zur Kirchengeschichte des 19. Jahrhunderts (1804-1834). 3 vol. Trêves, 1887-1888-1889.
{2) Revue historique, \897, t. LXV, p. \49.