Ouvrage cité, p
tants ne se sont pas absorbés plus que de raison dans la pensée de l'autre vie. La survivance de l'àme, la réanimation du corps, les dangers du monde de l'au-delà, la possibilité d'y échapper par des formules et avec le secours de certains dieux, le bonheur que goûtaient les morts avec Osiris, étaient autant d'articles assurés de la foi de l'Egypte, qui coûtaient aux vivants des soins assidus et dispendieux en faveur des morts.
L'influence de ces idées dans le monde ancien est incalculable. J'y verrais volontiers un des éléments de l'Orphisme et peut-être des mystères d'Eleusis. Mais il semble que cette foi, du moins en ce qui regarde la résurrection, eut précisément à lutter contre les tendances les plus invétérées de l'esprit grec. Cet esprit critique et frondeur s'attaqua au vieux dogme dans l'Egypte elle-même. L'antique séjour des morts, qui était toujours autrefois « le bel Amenti », devint le pays du sommeil et de la nuit^; par conséquent : « Mangeons et buvons, car nous mourrons demain! » C'est à des épicuriens d'Egypte que l'auteur inspiré de la Sagesse oppose les espérances de l'inmiortalité. Puisqu'on reconnaît que la religion d'Isis, telle que le monde romain l'a connue, était pénétrée d'éléments grecs, est-il vraisemblable qu'elle ait vraiment porlé les esprits « à se dégager des