‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 45 sur 109 · Les Religions. ..f p · texte numérisé non relu

Les Religions. ..f p

•1. II Cor., VI, 1.^.

3. Nous n'avons pas à discuter ici s'il appartenait aussi à l'an-

Nulle part, nous n'avons rencontré le monothéisme proprement dit, tel qu'il existait chez les Juifs. Point d'homme-Dieu, point de rédempteur en dehors de FÉg-lise chrétienne, point d'Eucharistie. La morale des religions orientales était celle des païens du temps. Aucun texte ne nous autorise à supposer que les sanctuaires aient exigé rien de plus, sauf des exercices rituels sans portée pour la réforme de tout l'homme; plusieurs textes nous obligent à conclure que la moralité des rites et la conduite des prêtres étaient au-dessous du niveau moyen des honnêtes gens 1 .

Ce n'est pas là le spectacle qu'ofïrait le christianisme. Avec quelle assurance Origène parle à Celse de la réforme des mœurs opérée par la foi chrétienne, de la certitude qu'il a de son succès final; Fàme humaine, appelée comme juge, se prononcera en faveur du bien!

Mais, répétons-le, la supériorité du christianisme n'est pas en question. Même si l'on exclut l'influence positive des rehgions orientales sur

(•ieniie doctrine persane; notons cependant qu'Antiochus de Coinmagène ne le professait pas, puisqu'il s'attendait à ce que son cor|>s restât pour toujours dans le toinl)eau, pendant que son àrne monterait au ciel d'Oromasdi'S.

1. Saint Augustin a noté qu'on disait devant la statue de !a mère des dieux des choses qu'on n'oserait pas dire devant sa mère : qux sunt sacrilcgia, si illa sunt sacra ? {Cité de Dieu, H, 4). Le même saint Augustin avouait ne pas connaître ce qui se passait dans les mystères, mais il était édifié sur le compte de ceux qui les représentaient : ?iescimus quid ufjant, sed scimus pcr quales agant(Cil.c de Dieu, vi. 7).

le dogme chrétien, il reste le problème d'une action indirecte qui aurait préparé, sinon la formation du christianisme, du moins son triomphe.

On est particulièrement impressionné en lisant que ces religions orientales, comme le christianisme, pleurent la mort de leur dieu et célèbrent sa résurrection. On ne peut soutenir sérieusement que la Passion du Christ a été écrite à l'instar de la passion d'Attis, d'Adonis etd'Osiris, et ce n'est pas non plus d'après les religions païennes que les disciples ont conçu la résurrection de Jésus. Mais enfin on assure que les âmes étaient conduites par ces histoires tragiques à admettre le drame du Calvaire.

Quelques-unes ont suivi cette voie, peut-être. Qui pénétrera dans les ressorts secrets qui mènent une âme à la conversion? Mais si la connaissance des religions veut mériter le nom de science, elle doit se défier des rapprochements qui ne touchent que la surface.

Ce qui fait l'intérêt religieux de la Passion de Jésus, c'est qu'il est mort pour le salut des hommes. Après avoir assis le principe inébranlable de l'unité de Dieu, le christianisme ajoutait que le Fils, égal au Père, un avec le Père, s'était incarné pour nous. « Il m'a aimé, et il s'est livré pour moi. » Le péché est effacé, et, pour le commettre de nouveau, il faut répandre de nouveau le sang du Fils de Dieu. Le chrétien converti commence une vie nouvelle, consacrée à l'amour du Dieu qui l'a aimé.

Quel rapport y a-t-il entre cette histoire et la mort accidentelle d'Âttis, d'Adonis ou d'Osiris, pleures par leurs amantes? Ces mythes, représentés sur la scène mystique ou chantés par les poètes, arrachaient des pleurs aux âmes tendres, comme les malheurs d'OEdipe ou d'Hécube. Une joie folle se déchaînait quand le jeune héros, divinisé, était rendu à l'amour — de sa déessç, plutôt qu'à celui de ses fidèles.

Encore, si les prêtres s'en étaient tenus à ce que toute douleur humaine a de sacré! Mais ils sentaient très bien que leurs légendes ne pouvaient inspirer que des idées fort basses sur la divinité. Qu'un philosophe vienne à passer, il raillera ces aventures aussi plaisamment que celles d'Aphrodite ou de Bacchus. Il fallait pénétrer le sens caché du mystère! Et les prêtres n'avaient d'ailleurs qu'à se rappeler le sens premier de tous ces mythes naturistes. On pleurait la mort du grain semé en terre pour renaître. La science moderne est ici parfaitement d'accord avec les observations des apologistes. Le fond le plus solide du livre récent de M. Frazer sur Adonis, Attis, Osiris', est d'avoir montré que ces dieux étaient le seul dieu-grain, et surtout que les anciens avaient assez nettement conscience du caractère agricole de ces dieux.

Firmicus Maternus l'a parfaitement compris

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