A[ir<'S Plu tarque, nous l'avons vu
2. Defensores eomm voluntaddere physiccnn ralionem, fiiigum seinina Osirim dicentes esse... cur plaïujitis frugesterrx? {De errore profanarum religionum, ii).
8. Quserunt quemridmodun sarcianl fabulas, nec inveniunt (Aug., Cite' de Dieu, iv, 10).
dcr au nom de la prétendue passion du dieu.
Mais ce besoin d'expier, cette inquiétude de l'âme, allant de purification en purification, sans être satisfaite que par l'effusion sanglante du taurobole, ce désir de s'unir à Dieu, ne préparaientils pas à recevoir la foi du Christ?
Il se peut encore . Tout plutôt que l'indifférence ! Le dix-neuvième siècle, avec ses agitations et ses révolutions, était plus propice à l'action religieuse, aux revivais, que le dix-huitième siècle. On a vu des saint-simoniens poursuivre leur idéal de communisme jusque dans la vie religieuse. De pareilles conversions auraient été plus difficiles parmi les lecteurs de l'Encyclopédie. Il y fallut la Révolution. Les contemporains de Cicérone irrévérencieux et sceptiques, n'auraient point été aussi avides de recevoir la bonne nouvelle que ceux qui s'empressaient aux initiations d'Isis ou de Mithra. Mais d'autre part, les religions orientales fournissaient uue réponse à l'anxiété religieuse, un aliment à la dévotion; avant d'embrasser une foi nouvelle, il fallait avouer qu'on s'était trompé. Leurs prétentions scientifiques ne favorisaient pas l'humilité; quand on s'estimait si éclairé, arrivé au plus haut degré de la connaissance mystique, qu'avait-on besoin d'une révélation, prêchée le plus souvent par des gens simples et sans culture?
Tout compte fait, la sagesse vulgaire des poètes
1. Gaston Boissier, La Religion romaine, 2' éd.. I. 3'J8 ot s.
comiques^ exprimait mieux les sentiments de l'âme « naturellement chrétienne », qui implore la lumière et la grâce d'en haut. L'un d'eux, assez inconnu, Anaxandrides - prêtait à l'un de ses héros ce langage : « Pour ce qui regarde les choses divines, nous sommes tous des sots, ou plutôt nous ne savons rien. »
Ce qui eût vraiment disposé les âmes, c'eût été ce qu'on imagine trop facilement, un appel vibrant vers les choses de l'au-delà, vers Dieu luimême, ce qu'on nomme le désir du salut. Mais, cette fois encore, on pourrait bien avoir été entraîné par un rapprochement purement verbal. Le mot de salut est équivoque. Il devient, il est vrai, très fréquent depuis les Séleucides, et Cicéron en fait l'attribut le plus précieux de la divinité-^. Mais le salut s'entend toujours du bonheur d'ici-bas ; pas une seule fois il n'est employé de la vie future auprès de Dieu^.
Voici, dira-t-on, qui est beaucoup plus précis, et nous pourrons cette fois parler d'une préparation au christianisme. Après tout, il était de la Providence de Dieu de disposer toutes choses pour l'avènement de son Fils.
Au temps de l'empire, il s'est produit, il est
1. Les fraRiiiPiits de Méiiandre se sont enrichis, à l'époque romaine, de belles sentences où il est assez souvent question de Dieu.