‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 61 sur 109 · Alfred de Vigny, p · texte numérisé non relu

Alfred de Vigny, p

On le voit, c'est toujours le doute, et ce ne sont pas les maîtres de la morale laïque qui l'éclaireront! M. Gregh avait bien raison de le dire : « L'actualité de Daphné n'avait pas besoin d'être démontrée, s'il n'est pas de problème plus vital aujourd'hui que le problème de la morale indépendante... La morale laïque ne s'est pas encore constituée de façon solide et indéniable^. »

On le constate aujourd'hui, après de douloureux avortements ; c'est l'honneur de Vigny de l'avoir compris avant ces néfastes essais sur l'âme des humbles. Mais quel douloureux état d'esprit, de tenir à une morale, de comprendre qu'elle ne peut avoir d'autre base que la religion, et de douter de la religion et de sa morale !

Or il n'était pas de ceux qui acceptent gaiement de ne pas croire et ne conservent les apparences de la religion que pour leurs gens. Il a dit de l'homme moderne : « Le christianisme est mort dans son cœur. A sa mort, il regarde la croix avec respect, accomplit tous ses devoirs de chrétien comme une formule et meurt en silence 2. »

S'est-il donc interdit d'avance qu'on croie à sa sincérité? Malgré tout, ceux qui connaissent le mieux Vigny se refusent à voir dans cette phrase autre chose qu'une boutade du docteur Noir. Une telle dissimulation est indigne de son

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