Romania, XXXVIII
7. La remarque d’Albert que les Italiens appellent l’animal spingaa, et la forme spingues (donnée par Carpentier dans Du Cange), qui se trouve dans le ms. d’un bestiaire dans un passage imité de Solin (27, 59, éd. Mommsen), où ce dernier écrit sphinges, nous rappelle qu’Ehrenberg (A bhand-
« MAIMON »
n’ont pas grande importance. Il est intéressant de considérer la description donnée par Scaliger x, qui dit : « Caudatorum species limitas novimus. Unam canino item capite ac dentibus : insidiosum : cauda valde prolixa : colore admodum croceo. Catum Maimonum vocabant me puero. Et puto Rhaetos nostros appellasse Merkat tanta pertinacia ad maleficium : ut ne extirpatis quidem dentibus tuti essemus. » Cette description ne jure pas trop avec ce que nous savons du Cynocephalus hamadryas , dont le corps paraît être de couleur jaune ou jaunâtre* 1 2 3, et dont la férocité est célèbre J.
Comme supplément à l’article de M. Thomas, on peut noter que la dernière édition (1899) du dictionnaire de l’Académie espagnole donne maimôn dans le sens de « singe », et que Eguilaz y Yanguas cite le mot dans le Libro del Caballero y del Escudero (entre 1320 et 1335) de D. Juan Manuel. Covarrubias (1611, 1674) donne tuaimonela comme terme de marine ayant le sens de « estaca donde atan las vêlas », pendant que le Diccionario de antoridades explique maimonetes comme « unos curvatônes ô palos de pié derecho, que estân en la cubierta superior, cerco del palo mayor y trinquéte, y tienen sus roldânas para laborear por ellas las brazas del trinquéte y velacho y otros diversos cabos de labor. . . » Les éditions successives du dictionnaire jusqu’à celle de 1791 continuent de donner may-
lungen d. k. Akad. d. Wiss. %u Berlin, 1833, Phys. Klasse, p. 340) a tenté d’identifier avec Cynocephalus hamadryas la Simia Sphinx des anciens, qu’on prend à l’ordinaire pour le chimpanzé ou la diane. Plusieurs glossaires expliquent par le vieux haut-allemand merkaçça, mereca^ga, une forme spinga (cf. Diefenbach, Glossarium latino-germanicum, v. spinga).
1. In Aristotelis Hist . de Animalibus, 1. II, c. 13 (Toulouse, 1619, p. 197). Scaliger est cité par M. Thomas (/. /., p. 558, n. 1).
2. Brehm (/. L, p. 159) dit que «... jedes einzelne Haar abwechselnd grünlich braun und gelblich geringelt ist, wodurch eine sehr schwer zu beschreibende, dürr gewordenem Graseam meistem àhnelnde Gesammtfàrbung des Pelzes entsteht ».
3. Brehm, p. 164 : « Sogar in Egypten dürfen sie nicht ohne Beisskorb ausgeführt werden ». Ensuite il raconte comment il a été mordu lui-même par un singe muselé de cette espèce.
monetes ;on l’a omis depuis 1803. M. le Dr Attilio F. Sbedico, de rUniversité de Washington, me fait savoir que dans le dialecte des Abruzzes (province de Chieti) ghat mamô ( gh ayant le son du g hollandais ou du ghain arabe) veut dire spauracchio , « épouvantail », en parlant d'une personne laide. M. Baist 1 a émis l’hypothèse que le français mûr mot a un rapport intime avec notre groupe, et il a appelé l’attention 2 sur l’ancien français mainmonet.
D. S. Blondheim.
JUDÉO-ESPAGNOL ABEDIGUAR
J’ai eu tort de supposer ( Romania , XXXIX, 139, n. 3) que c’était par erreur que M. Subak avait écrit le verbe judéo-espagnol abediguar, « rendre la vie », avec un d. La forme avec d se présente, par exemple, dans la Bible judéo-espagnole imprimée à Smyrne en 1833, qui porte ( Exode , I, 17) abediguavati , et {Exode, I, 18) abediguasles. Abediguar est probablement sorti de l’ancienne forme abeviguar, par une espèce de dissimilation.
D. S. Blondheim.