‹ Mélanges de chirurgie étrangère (volume 2)Chapitre 18 sur 34 · DE LA CASTRATION · texte numérisé non relu

DE LA CASTRATION

JLjES maladies qui exigent FaLlation clés testicules sont , la dégénérescence squirreuse et lïiîcératio» de ces organes.

La première , connue sous le nom de sar cocèle ; doit être bien distinguée de la tuméfaction et de Tendurcissement du testicule , qui sont le résultat d'une inflammation antécédente , et qui ne présentent aucun danger, tandis que le sarcocèle nécessite toujours lopéralion .

La seconde peut , dans quelques cas , être guérie sans l’opération , surtout si l’ulcération détruit promptement le testicule , de manière à ne laisser après sa chute qu’une plaie simple et de bonne nature (i).

(1) Voyez Note A.

Vol. IL

Le sarcocèle ei le gonflement inflammatoire des testicules, pouvant être facilement confondus l’un avec l’autre , il ne sera pas inutile d’étudier la nature , les causes, la marche et l’issue de ces deux maladies , afin d’en établir le d la&noslic.

Le<* testicules , formés d’un tissu de vaisseaux (l és-fins, doués d’une grande sensibilité, exposés, par leur situation, à de fréquentes lésion5 extérieures , et ayant avec l’urètre une sympathie marquée, sont plus souvent affectés d’inflammation que d’autres organes.

Dans ce cas, ils deviennent tuméfiés et douloureux , hur forme s’altère et s’arrondit à mesure que le mal fait des progrès , mais l’extrémité supérieure reste toujours la plus grosse; souvent le scrotum, participant a l’inflammation , devient rouge, tendu et douloureux.

La douleur s’étend souvent jusqu’aux lombes, le long du cordon des vaisseaux spermatiques, qui se tuméfie aussi; elle augmente par le plus petit mouvement , et s’accompagne des signes généraux de l’inflammation.

Les symptômes 11e sont pas toujours en rapport avec la grosseur de la tuméfaction ; tantôt celle-ci est considérable et la fièvre modérée, tantôt c’est le contraire.

Un traitement bien dirigé calme les acci-

dents inflammatoires, mais îe gonflement ne diminue point dans la même proportion ; après que l’inflammation a cessé , la tuméfaction et la dureté du testicule persistent , et même l’emploi des topiques les plus résolutifs parvient rarement à ramener cet organe à sa grosseur et sa mollesse naturelles , ou si ou y réussit à l’égard du testicule , l épididyme conserve toujours plus de volume et de dureté. On nomme cet état endurcissement du testicule ou de Vepididyme après une inflammation ; il reste invariable et insensible ; l’unique incommodité qui en résulte , est un sentiment de tiraillement du cordon, lorsque le malade ne porte pas de suspensoir.

S’il survient une nouvelle inflammation dans le même testicule, son volume est encore augmenté , et reste ainsi pendant toute la vie, c’est-à-dire , qu’il ne prend jamais un mauvais caractère ; ce qui dépend, à mon avis , de la nature même du gonflement et de l’endurcissement , qu’on peut expliquer de la manière suivante. On sait, et l’expérience apprend que, dans la plupart des inflammations , l’action vitale , étant modifiée , produit dans la partie affectée une sécrétion de lymphe coagulable, dont la quantité varie suivant les or-

panes. Celle sécrétion, sons forme d’un liquide, est reprise par les vaisseaux absorba?! s , dès que la résolution de l'inflammation a lieu.

Cependant celle lvmphe se convertit souvent, soit par sa nature, soit par l’action vitale de l’organe malade, en un corps solide et organisé , et présente ou de simples fibres , ou une membrane plus ou moins dense et étendue.

Cette nouvelle formation s’unit aux parties voisines , et en reçoit ses vaisseaux nutritifs; mais n’étant destinée à aucun usage, et se trouvant ajoutée , comme par hasard , au reste de l’organisme , elle ne possède d’autre énergie vitale que celle qui sert à sa conservation , et elle est rarement soumise à l’action des causes morbifiques. Appliquant ce qui précède à l’inflammalion du testicule , je trouve qu’on peut attribuer la tuméfaction et l’endurcissement de cet organe à l'épanchement d’une lymphe coagulable , qui , changée en membrane , ne saurait subir de résolution.

Il est bien plus naturel d’attribuer le gonflement considérable, qui a lieu pendant l’inflammation , à la sécrétion et a l’épanchement de cette lympbe^qu’à la dilatation des vaisseaux spermatiques, causée par l’afflux des liquides

au testicule ; en effet , Ton voit souvent cet organe , au moment de l'inflammation , surpasser quatre à cinq fois son volume naturel ; quelle dilatation , quelle distension acquerraient alors ses vaisseaux, et quels en seraient les résultats sur son organisation !

Si i on admet que la principale cause du gonflement du testicule , pendant l'inflammalion, est l'épanchement de la lymphe dans le tissu cellulaire qui unit-entr’eux les vaisseaux séminifères , ou comprendra facilement pourquoi la tuméfaction ne diminue pas dans la même proportion que l'inflammation, et celleci ayant cessé, pourquoi ce gonflement est plus considérable , mais moins dur , que par la suite.

Cela vient de ce qu’une partie de la lymphe est peu a peu absorbée , tandis qu’une autre s’épaissit, s’organise, et se change en une substance membraneuse, sans que pour cela l’organisation du testicule en soit altérée. Cet organe , ainsi tuméfié , n’est pas moins susceptible d’être atteint par les maladies aux qui lies il est sujet dans l’état sain ; ainsi il peut subir la dégénérescence squirreuse , q muju la tuméfaction et l’endurcissement , suites de l’inflammation , ne soient pas de nature à engen-

tirer celte affection. Je dis donc que les signes qui distinguent ce gonflement de tout autre , sont , ri n Clam ma lion antécédente , la diminution lente de la dureté et de la tuméfaction, jusqu’à un certain degré, enfin l’insensibilité du testicule , dont la surface est égale et lisse, et qui ne cause aucune incommodité , lorsqu’il est bien soutenu par un suspensoir.

La maladie du testicule, connue sous le nom de sarcocèle , consiste en une dégénérescence de son tissu. Au début de cette affection , on sent à cet organe , surtout à son sommet ou à l’épididyme /un gonflement dur et sans douleur, qui augmente lentement, sans changement de couleur à la peau : ce gonflement a une "dureté et une incompressibilité particulières , tandis que le reste du testicule conserve sa souplesse et sa sensibilité naturelles. Il peut rester très- longtemps dans cet état sans aucun changement ; mais la constitution individuelle , l’âge ou un traitement mal dirigé , amènent bientôt une augmentation de volume qui gène le malade ; à la dureté se joint une pesanteur spécifique , et une inégalité de surface particulières , qui sont les signes caractéristiques de cette maladie.

 ces symptômes, qui vont toujours en

croissant, se joignent des douleurs lancinantes dans le testicule affecté ; elles deviennent toujours plus fortes et plus durables , elles s’étendent bientôt , le long des vaisseaux et des nerfs spermatiques , jusqu’aux lombes , surtout quand le malade marche ou se lient de bout ; l’usage d’un sus pen soir diminue la violence de ces accidents , mais ne les fait point cesser.

Souvent le gonflement est douloureux au toucher, et le cordon spermatique devient dur, épais, inégal et sensible. A mesure que la tuméfaction et la dureté augmentent, les douleurs sont plus constantes , le scrotum se couvre de veines variqueuses , il est souvent atteint d’une inflammation érysipélateuse qui cause des démangeaisons , puis de la douleur et enfin des excoriations: de quelque point de celles-ci s'élève un tubercule qui s’enflamme , s’ulcère et donne naissance a un fongus dur , tantôt indolent , tantôt très-sensible. D’autrefois il survient, après l'inflammation de la peau, entre celle-ci et la tumeur, une accumulation de pus; après son issue, le gonflement ne diminue point; au contraire, il s’élève, de l’ouverture, un fongus sensible ou indolent, qui secréte une sanie acre et rongeante.

C’esl a cette époque que la constitution du

malade subit une altération sensible; les forces et l’appetit diminuent , souvent il survient des tumeurs apparentes dans l’abdomen , les douleurs des lombes sont violentes , le mal local s’étend, la surface fongueuse se gangrène, et d survient de nouvelles fongosités; le malade a une fièvre presque continue, il maigrit, s’épuise et finit par succomber.

Telles sont la marche et l’issue de celte maladie, qui peut être modifiée par le tempérament ou par certaines circonstances, mais qui, abandonnée à elle-même, amène tôt ou tard le même résultat.

Toutes les tumeurs squirreuses, que j’ai disséquées , m’ont présenté une dégénérescence analogue , consistant en une substance grisaire , composée de fibres très-flexibles, mais denses et serrées, et dans laquelle on ne découvre plus aucune trace de l’organe affecté. Les points qui offrent, au toucher, une dureté cartilagineuse et même osseuse, sont composés des mêmes fibres , mais enveloppés d’une membrane forte et dense. Je n’ai jamais trouvé dans ces tumeurs de substance vraiment cartilagineuse.

Le sarcocèle est donc une dégénérescence

squirreuse du testicule , consistant en une modification morbide de l’action vitale , d’où résulte un produit nouveau , toujours identique, qui détruit l’organisation première , et qui , livré à lui' même , se convertit , plus ou moins promptement, en cette affection qu'on nomme cancer.

D’après cela , j’ose affirmer que de telles tumeurs ne peuvent être guéries que p«r l’opération. Car que peut- on espérer de Faction des médicamens , contre une affection qui commence par attaquer le principe vital d’un organe, et qui, à son début, a déjà détruit l’organisation de cette partie?

Les remèdes seraient utiles pour prévenir le mal , mais il est déjà développé avant que le malade soit averti , par la douleur , qu’il porte avec lui un ennemi dont il sera la victime , s’il n’a soin de s’en délivrer à temps.

Ici se présente cette question importante :

Le squirre est-il une malade locale , et son ablation est -elle un moyen de guérison ?

La diversité des opinions émises , depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, pour expliquer la nature du squirre, ainsi que les résu!-

tats de son ablation par le feu , les caustiques ou l'instrument tranchant , ont laissé la question tellement indécise , qu’on n’est pas plus avancé aujourd’hui , à cet égard, qu’on ne l’était au movoi âge.

De tout temps , les plus grands praticiens ont été pour et contre l’ablation du squirre, et ouï fondé leurs différentes opinions, tant sur la théorie, que sur les résultats fournis par l’expérience. Aussi , dans un sujet si important, je regarde comme un devoir d’exprimer librement son opinion , afin d’ètre utile à J’humanité.

J’ai déjà dit que l’organisation d’une partie affectée par le squirre est détruite et remplacée par un nouvel organe. Pendant un temps indéterminé l’action vitale peut se borner a faire vivre ou grossir ce nouveau produit , et pendant ce temps le squirre n’est pas dangereux , c’est son premier période.

Dès qu’d a acquis un certain degré de formation , l'inflammation s’y développe, alor: les douleurs annoncent au malade la présence d’un ennemi secret. Cette inflammation sur venue dans une partie altérée , et qui parai! devoir être moins soumise à Pinfluenee du svs«-

tème nerveux, doit autant différer de linflami

rnation ordinaire , que l'organe désorganisé diffère de son état naturel ; c’est son second période. Peu à peu le mal acquiert plus dénergie, de là ^augmentation de volume et de douleur.

La cause de cette inflammation siégeant dans l’organisation de la partie affectée , elle 1 ne peut être susceptible de résolution ; elle passe donc à l’état de suppuration , c’est-àdire, il y a sécrétion d’un liquide. Or, chaque sécrétion dépendant de la constitution de l’or- ! gane sécréteur, ce liquide doit être d’une nature particulière, il agit comme irritant sur la partie qui lui adonné naissance, augmente son développement , et le fait arriver à l’ulcé- 1 ration fongueuse qu’on nomme cancer ; c’est son troisième période.

Le squirre a donc trois époques distinctes , celle de sa formation, celle de son inflam- ! ma lion , et celle de sa. suppuration ou de son S ulcération.

D’après ces données , je crois pouvoir résoudre ainsi la question proposée : Le squirre est une affection locale, et son ablation, dans le premier période , procure presque toujours i:une guérison certaine. Dans le second période d’issue de l’opération est douteuse ; dans le dernier elle est sans espoir.

Dans le premier cas, je ne dis pas que h\ guérison soi! absolument certaine , parce que plus tard , la même action qui a fait naître l j squirre peut produire le même effet sur ui autre organe. Lorsqu’on a guéri la fièvre ave le kina , personne ne s’imaginera que le ma la de n’en sera jamais atteint.

Dans le second cas , j’ai dit que le résultfj de l’opération est douteux. Cette époque es caractérisée par îa douleur et i’augmentatiol

rapide de la tumeur; la cause de ce gonflemei i

est l’inflammation , c’est-à-dire , l’accroisse I ment d’énergie vitale ; or, comme il peut dey y avoir sécrétion d’un liquide particulier à l’o j gane ainsi modifié , on ne peut fixer ni l’épej que où cette sécrétion n’a pas encore eu lie? | ni celle où ce virus sécrété n’a pas encore é 1 absorbé par les vaisseaux lymphatiques, I enlin celle où d’autres parties n’ont pas enco I pu être sympathiquement affectées. Si cetil inflammation a duré longtemps , si la désoi ganisatioo locale a fait des progrès tels qu’il ait issue de matière , c’est-à-dire , suppuraîio ou ulcération , on peut affirmer que la pari a subi une dégénérescence telle que faffectb sympathique d’autres organes en est déjà le n siihat, et que l’opération serait faite sans espo

cIc succès. C& cjui prccydc, peut réduire aux principes suivantes :

i.° La tuméfaction et î endurcissement du testicule , après l’inflammation, proviennent du changement de la lymphe épanchée en une membrane solide et organisée.

2.0 Tant que ce changement ne s’est pas | oper e, et que la lymphe est liquide , le gonflement et rendurcissement sont susceptibles j de résolution.

1 Cet état n’altère point l’organisation du i| testicule , et ne le prédispose point au sejuirre tou sarcocèle.

4*y Ca tuméfaction et rendurcissement in~ jflammatoires du testicule , ne l’empêchent pas |de«ie susceptible ri une degénérercence orga— uiique ; ainsi cette partie endurcie peut être |aff ectée de squirre.

5. Le sarcocèle est un vice organique du |testicuie5 produit par une modification de l’ac- Uion vitale des parties constituantes de cet or-

ijgane.

6.° Cette dégénérescence n’est point susceptible de résolution ; elle parcourt trois périodes.

7.0 L’ablation par l’instrument tranchant test 1 unique moyen de guérir sûrement celle

maladie , mais ce n’est que dans le premier période qu’on peut espérer d’obtenir un plein succès.

8.° Les auteurs qui prétendent avoir guéri Se sarcocèle par les résolutifs , n’ont réussi que dans le cas d’endurcissement inflammatoire du testicule.

Ces auteurs faisant naître le sarcocèle de î endurcissement après l’inflammation , se sont servis avec succès de frictions mercurielles ; on en trouve quelques exemples dans la Nosographie chirurgicale de Biche R AND. Mais on voit que l’origine qu’ils donnent à cette maladie , et le traitement qu’ils mettent en usage , confirment mon opinion, que de telles guérisons n’étaient pas celles du sarcocèle.

Le squirre est, dans son premier période , une affection locale, et ne peut réagir sur la constitution du malade , que lorsque l’inflammation l’a changé en un organe sécréteur.

io.° Dès que cette inflammation a lieu, d’autres organes sont facilement affectés par sympathie , et la sécrétion d’un nouveau liquide peut être suivie de son absorption ; alors l’affection devient générale.

On ne pourrait pas plus douter de cette ab-

sorption qu’on ne doute de l’action d#* l’inocula’ion ; comme la peau est l’organe sur lequel se place et agit le vit us variolique , de même aussi le virus cancéreux se porte exclusivement aux organes glanduleux, et surtout aux ; ganglions , qui communiquent avec lç squirre ou le cancer par le moyen de leurs vaisseaux lymphatiques.

Après avoir indiqué les circonstances dans lesquelles le sarcocèle peut et doit être opéré avec succès , je dirai un mot des cas qui se sont présentés à l’hôpital celle année. Quatre Ijmalades, d’âges différent , et qui avaient déjà ressayé en vain plusieurs remèdes, ont été [opérés de la manière suivante, et ont tous été [^parfaitement guéris.

Après m’être assuré que le malade ne peut être guéri que par l’ablation du testicule, je le fais mettre sur une table d’une hauteur (convenable , et je me place à sa droite.

La partie étant rasée , je fais, si le volume du testicule îe permet , un pli transversal à la peau , un peu au-dessus de la tumeur , et 1 je fais là une incision, que je prolonge sur aune sonde , jusqu’à la partie inférieure du tétesticule.

Si la tumeur est assez volumineuse pour

que la peau ne puisse faire aucun pli , je saisis le testicule avec la main gauche, et le comprimant derrière en avant , je tends la peau avec le pouce et les doigts pour faire mon incision cle haut en bas. Dans ces deux cas l’incision n’est ordinairement pas assez profonde pour mettre a nu le cordon spermatique, mais on peut facilement l’isoler avec la pince et le bistouri ; je dissèque ensuite de haut en bas la tumeur qui est ainsi détachée du scrotum.

Je soulève alors le testicule avec la main gauche, et le cordon est bientôt disséqué à sa face postérieure. Je le fais saisir fortement par un aide placé vis-à-vis de moi , et je le coupe complètement. Aussitôt je saisis l’artère avec une pince , je la sépare du nerf et je îa lie; s’il en existe d'autres il faut aussi les lier.

Enfin je nettoie la plaie avec une éponge trempée dans l’eau tiède , j’en rapproche les bords , et je les couvre de charpie sèche , et d’une compresse fixée par un bandage en T.

Quant à l’incision , il importe qu’elle soit faite jusqu’à l’anneau inguinal, et même audessus pour avoir plus de facilité à lier les. vaisseaux.

La ligature des artères est une parée essentielle de l’opération, aussi les auteurs Varientils sur la manière de la pratiquer. La difficulté qu’elle offre tient a la rétraction du cordon, après sa section. Lorsque celui-ci est sala , on peut le couper près du testicule , et la ligature des vaisseaux est Facile; niais lorsqu’on est obligé de îè couper près de l’anneau inguinal , on a beaucoup de peine a le faire tenir par un aide ; cependant si grande qu’ait été cette rétraction , il ne m’est jamais arrivé de ne pouvoir saisir les artères avec la pince , les tirer au dehors et les lier. Après cela , je tiens sur la plaie une éponge trempée dans l’eau tiède , pour faire cesser Sa contraction spasmodique que l’opération pourrait causer

sur quelques vaisseaux ; s’il ne survient aucune hémorragie je fais le pansement.

En comparant d’autres cas à celui-ci > je ne pense pas qu’il y ait de graves ioconvénuns à lier un nerf avec l’artère. Cependant j’ai toujours évité de le faire, et celte précaution n’est jamais nuisible si la sécurité de la ligature, n’en souffre pas. Dans tous les cas de cette nature qui se sont offerts h moi dans ma pratique , je n’ai vu survenir ni 1 icmor rliagie lâcheuse , ni accidens nerveux graves ; c’est

Vol. IL

pourquoi j’attache peu d'importance à la méthode de Murzinna, quoiqu’e lle ait beaucoup d’attraits par sa grande simplicité.

Le pansement de la plaie après l’opération varie suivant les circonstances. Si le testicule était très-gros, et le scrotum très-distendu et fort aminci. je remplis la plaie de charpie fine, et je soutiens les bourses avec une compresse et le bandage en T. A la levée du premier appareil , j’ai toujours trouvé la rétraction du scrotum assez grande pour pouvoir rapprocher les lèvres de la plaie avec des bandelettes.

Si le scrotum se contracte après l’opération, ce qui arrive lorsque le testicule était peu volumineux , je panse de suite avec les bandelettes agglutinatives.

Il arrive souvent que les bords de la plaie tendent h se rouler en dedans; on évite facilement cet inconvénient au moyen des bande- Jettes et d un appareil convenablement appliqué.

J’ai vu une fois rapprocher les lèvres de la plaie par des sutures , mais quelques jours après il survint des douleurs , de l’inflammation et du gonflement , causés par une accumulation de sang dans la plaie ; la ligature inférieure échappa, et l’on fut obligé de couper

les autres ; on n’avait donc rien gagné par la suture et le malade en avait beaucoup souffert*

Un seul résultat fâcheux n’est sans doute pas suffi saut pour faire rejeter un procédé recommandé par plusieurs praticiens ; aussi nei’aurais-je pas négligé si je n’en eusse été détourné par les considérations suivantes :

Avec quelque soin qu’on lie les artères , il s’écoule toujours du sang de la surface interne du scrotum (car on trouve rarement le testicule libre de toute adhérence, ou s’il l’est . Je scrotum se contracte tellement après l’opération , que la suture devient inutile); ce sang retenu par les points de la suture s’accumule dans la plaie, et fait perdre ainsi les avantages qu’on avait en vue ; savoir , la réunion par première intention»

Quel est donc le but de la réunion au moyen des sutures ? c’est d’obtenir une prompte gué*rison. Or, parmi les malades que j’ai traités sans suture, l’un guérit complètement en trois semaines, et les autres n’ont jamais dépassé les six semaines. Ce n’est point là un temps très-long, surtout si l’on considère qu’on épargne au malade beaucoup de douleur, et qu’on évite toujours de graves accidents.

Si l’on avait un point d’apui pour faire

la compression , appliquer exactement Tune contre l’antre les surface «le la plaie , et éviter l’écoulement du sang, la suture offrirait ici de grands avantages, mais cela n’étant pas , les bandelettes doivent suffire.

Un cinquième malade venu à l’hôpital avait, depuis plusieurs années, une affection syphilitique , caractérisée par beaucoup d’ulcères vénériens , tant aux parties génitales qu’ailleurs.

L’un de ces ulcères, situé au scrotum, donnait naissance à un fongus , d’où s’échappait beaucoup de pus sanieux. Un traitement a ntisyphililique fit guérir tous les ulcères, excepté celui du scrotum , qui paraissait intéresser le testicule tuméfié , durci , inégal , et sur lequel la peau était adhérente.

Après avoir longtemps employé en vain le mercure, je résolus de faire l’opération , qui fut exécutée en emportant, par deux incisions semi-elliptiques , toute la partie de la peau qui était èffectée. Je n’eus pas d’artère à lier, je pansai simplement la plaie , et le malade guérit promptement et parfaitement.

Page 1