‹ Mélanges de chirurgie étrangère (volume 2)Chapitre 31 sur 34 · TRADUIT DE D’ANGLAIS · texte numérisé non relu

TRADUIT DE D’ANGLAIS

par Charles G. Feschier, Doct.-Chirurgien.

J E vais rapporter deux cas ^ et dire quelques mots sur le traitement du nœvus malernus , difformité congéniale, qui consiste dans une réunion de vaisseaux sanguins grossis , remplis et distendus par l'influx du sang provenant d’un grand nombre d’artères environnantes. La difformité dont je parle est si con-

nue et si fréquente, que je me crois dispensé d’en donner une description. M. John Bell a dernièrement proposé une ingénieuse théorie de sa formation, et Ta nommé, un aggrandissement anévrismal des vaisseaux , en conséquence de leurs anastomoses.

il ne saurait y avoir de doute que la réplétion , la distension, et l’accroissement des vaisseaux dilatés qui en est la conséquence, ne dépende d’une sorte d’action inflammatoire des artères voisines ; car si celle-ci vient à ne plus exister, la tache cesse de croître , et tant quelle existe , la tache augmente en étendue dans la proportion du degré de [action inflammatoire. Dans plusieurs cas, ces taches, après avoir grandi jusqu’à un certain point, cessent de s’étendre ; alors elles restent stationnaires , ou elles diminuent graduellement , jusqu’à ce qu'elles disparaissent presque complètement. Cette circonstance n’est pas assez fréquente pour engager les chirurgiens à attendre qu’elle se présente , ou pour interdire , en conséquence , l’ablation de la tumeur; car si elle continue à croître , l’opération devra toujours être en proportion de son étendue; et sicelîe-ci vient à se rompre , les conséquences en sont allai mantes.

Je n’ai, cependant, pas l’intention de par- 1er de cps affections , en général, mais seulement d’indiquer ce que, dans certains cas , Ton peut faire avec succès, lorsque l’ablation de cette structure contre nature n’est pas possible; car cet agrandissement surnaturel des vaisseaux n’est pas toujours cutané; je l’ai vu occuper toute la substance de la joue , et ne paraître ni sous la peau , ni sous la membrane buccale ; je l’ai rencontré dans l’orbite, je l’ai vu couvrant toute une extrémité , et intéressant presque la moitié du tronc» Si , dans de telles circonstances , ort peut rechercher quelques moyens de diminuer les progrès de la maladie , certes ils méritent bien notre attention. J’ai été dernièrement assez heureux pour réussir dans quelques cas que j’ai traités , et leur récit est le principal objet que je me propose.

Premier Cas*

Un enfant d’environ deux mois fut apporté à l’hôpital St. -Barthélemy , avec cet agrandissement des vaisseaux couvrant toute

Ou

la surface de l’avant-bras , depuis le poignet jusqu’au coude. En peu de temps, le membre avait acquis un tel volume , que sa circonférence était le double de celle de l’autre avant-

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liras. Les vaisseaux étaient grands et contournes ; et, pour donner au lecteur une idée de leur apparence, je dirai que la mère de l’enfant affirmait qu’ils ressemblaient aux entrailles •d’un petit cochon , dont la vue l’avait ou effrayée ou dégoûtée pendant sa grossesse. La peau avait une teinte obscure, et sa surface n’avait pas sa douceur naturelle ; la chaleur de cette extrémité était beaucoup plus considérable que celle de l’autre; la pression chassait le sang des vaisseaux, diminuait pour un temps le volume du membre , et lui donnait une couleur pâle. Je chargeai M. Graham de suivre exactement le traitement suivant, qui rue paraissait le plus convenable.

Premièrement, je désirais m’assurer si une compression permanente et égale n’arrêterait pas la distension , et la turgescence des vaisseaux ; secondement, si en diminuant la température du membre , on n’agirait pas dans le même sens sur l’action inflammatoire , dont

la réplétion des vaisseaux paraissait dépendre.

Ces deux indications furent bientôt remplies. Un bandage , a plusieurs bandelettes , d’emplâtre adhésif parut devoir produire le premier effet , et des lavages d’eau amener le second. M. Graham exécuta l’un et 1 autre

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de la manière la plus judicieuse ; la compression fut d'abord exercée avec légèreté , puis avec plus de force, tant que la partie parut la supporter sans inconvénient. On appliqua des compresses par-dessus l'emplâtre , et on les maintint humectées , en proportion de ce que le membre paraissait plus chaud que l'état naturel, de manière à régulariser la température. Le succès de ces mesures dépassa notre attente ; le volume du membre diminua graduellement, et sa température devint naturelle. Au bout de six mois , M. Graham enleva le bandage qu’il n’était pas nécessaire de maintenir plus longtemps. Le membre semblait être atrophié par la compression et le défaut d’usage ; mais il reprit bientôt graduellement sa grosseur naturelle. Un mois après qu'on eut ôté le bandage , je vis l’enfant ; la peau était pâle , et avait une apparence légèrement ridée ; les vaisseaux contournés paraissaient comme des cordes solides , interposées entre la peau ^ et l’aponévrose de l’avant-bras.

Second Cas.

Un autre enfant avait dans l’orbite de Fœil le même état contre nature des vaisseaux; ils

crûrent graduellement , et prirent de Textensicm dans la paupière supérieure, de manière à tenir l’œil habituellement fermé. Les vais» seaux , formant une sorte de grappe , se projetaient aussi hors de l'orbite , à la partie supérieure , et poussaient les tégumens , de manière à former une tumeur aussi grosse qu’une noix ; easorte que l’ablation de cette tumeur ne paraissait pas praticable.

Je fus consulté sur ce cas par M. Iïurîock , a qui je rapportai le succès de la première expérience. Il était impossible d’employer ici la compression portée jusqu’à un certain point; mais on pouvait essayer de diminuer la chaleur locale, et avec elle l’action inflammatoire. Je recommandai l’application de compresses imbibées d’une dissolution d’alun dans l’eau de roses , maintenues toujours humides sur la partie qui faisait saillie. Sous ce traitement cell e-ci diminua avec la meme régularité qu’elle avait crû auparavant. Au bout d’environ trois mois, elle rentra graduellement dans l’orbite, et l’enfant put ouvrir les yeux. Bientôt après, on supprima tout traitement médical, et il ne resta pas trace de cette structure contre nature.

Dans un troisième cas du môme genre , ou

la tache couvrait le dos et Ses épaules , j’ai su | que le même traitement avait également bien : réussi ; mais je n’ai pu en apprendre les partiii cularités.

Il me parait probable , d’après les cas préi cédens , que si on peut empêcher la distension j prêter- naturelle des vaisseaux , le sang s’y j coagule , et qu "ainsi cette contexture devenant j impropre à la circulation , les vaisseaux doii vent s’oblitérer.

Plusieurs années se sont écoulées depuis la j publication de ces cas , et j’ai vu un grand nombre d’exemples d’affections pareilles . qui : ont cessé de croître, qui se sont affaissées , et j n’ont plus présenté d’objet de quelque importance , après avoir été traitées de la manière que je viens de décrire. Dès ce moment, j’ai | rarement été appelé h pratiquer quelque opération pour enlever de semblables dispositions pathologiques.

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