‹ Mélanges de chirurgie étrangère (volume 2)Chapitre 6 sur 34 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

IL N offrant à nos lecteurs, en tête de ce second volume, la traduction d’un ouvrage publié en 1793 , nous leur devons une sorte d’apologie , si ce n’est pour l’ouvrage même qui n’en a pas besoin, du moins par respect pour l’espérance de nouveauté qu’une traduction semble devoir généralement garantir. Si ce mérite ne doit pas être compté en première ligne, toute fois n’est-il pas prudent pour les auteurs,traducteurs et libraires de le traiter trop à la légère ; aussi avons- nous hésité quelque temps à insérer cette traduction parmi nos mémoires. Cependant la considération du mérite intrinsèque de l’ouvrage, et la réflexion que, quel que soit battrait de la nouveauté, son influence est ou doit être moindre pour les objets scientifiques,

ont fini par triompher de nos scrupules , dont les conséquences nous auraient semblé tout à îa lois une injure à l’auteur, et une véritable perte pour la partie du publie médical , qui ne possède pas la connaissance de la langue anglaise.

L’écrit de M. Pearson se recommande moins par le grand nombre des faits (quoiqu’il soit loin d’étre dépourvu île ce genre d’mtérêt), que par un excellent esprit qui , ramenant tout aux règles d’une logique sévère, sera toujours le guide et le cachet des bons observateurs, des auteurs vraiment utiles. C’est sous ce rapport, plus particulièrement, qu’on peut hardiment le présenter comme un modèle à imiter , dans mi temps surtout où les démangeaisons qui nous prennent d écrire , et l’exubérance des théories médicales semblent peu s’accommoder d'une sage et philosophique réserve. Avec un scepticisme aussi chatouilleux. Ton ne fait pas, à la vérné , de gros livres , mais ou en fait de bons, on ne crée pas une réputation ronflante , on ne devient pas l’idole d’une école ou d’un parti , mais on apporte modestement son tribut au trésor impérissable des connoissances réelles, on demeure è jamais un conseiller iidèie > alors que les applaudis-

semons rîe la mode ou de l’engouement ont cessé depuis des siècles de se faire entendre.

L’on ne doit donc pas s’attendre à trouver ici le sujet traité d’une manière générale et complète , sous forme d’un ensemble systématique, qu’on ne sera tenu de considérer comme bon que jusqu’à nouvel ordre et faute de

mieux. Non . ; mais l’auteur pensant avec

raison qu’il y a plus d’utilité, lorsque l’observation est arrivée à un certain degré, à fixer les limites du vrai et du faux, qu’à ajouter à la masse par d’éternelles répétitions , a voulu simplement soumettre à une analyse exacte quelques-unes des opinions r< eues , apprécier par un examen impartial et rigoureux la valeur des faits déjà connus ou donnés comme tels , pour en tirer des inductions pratiques, à la justesse desquelles doivent concourir , en dernier ressort, et les raisonnemens et les faits. Ce plan et la manière dont il a été exécuté , comportant une grande sobriété de théorie et d’hypothèses , nous ont paru devoir assurer à l’ouvrage un intérêt plus indépendant de l’époque de la publication que celui de beaucoup d’autres , et le soustraire jusqu’à un certain point à l’influence destructive des travaux subséquens.

Nous bornerons à cette esquisse rapide notre avant-propos , dont nous craindrions , en le prolongeant , de faire une véritable préface, et, qui pis est, une préface de traducteur. C’est au lecteur a juger maintenant jusqu’à quel point notre opinion favorable sur Fauteur a pu nous servir d’apologie.

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