TRADUIT DE I/ANGLAIS
par J. P. Dupin 5 Docteur-Chirurgien*
Quoique l’opération de la taille soit maintenant exécutée avec un degré de promptitude et de sûreté , qui la rend beaucoup moins effrayante pour le malade , et moins difficile pour le chirurgien, qu’avant le temps de Chéselden ; cependant toute personne de bonne foi conviendra que l’invention de moyens , capables d’en rendre la nécessité moins fréquente ^ serait un des plus grands bienfaits
‘qu’on pût offrir h l'humanité ; car lors même
.■qu’elle est pratiquée flans les circonstances les plus favorables , l’extraction d’une pierre est toujours accompagnée de cruelles douleurs, et
■de beaucoup de difficulté et de danger, si le volume en est considérable. C’a donc été pour moi un sujet de grande satisfaction, de voir, dans le cas suivant, un grand nombre de calculs retirés de la vessie, par des moyens qui, sans répandre le sang du malade , ont été exempts de danger, et n’ont occasions qu’une m é d i o e r e d o u leur.
Je sens parfaitement l’impossibilité d’extraire de gros calculs urinaires par le procédé dont il est ici question ; cependant, je ne puis m’empêcher d’espérer qu’il pourra réussir dans les commencera en s de la maladie , avant que les pierres aient acquis un volume trop considérable , pour traverser l’urètre.
Il sera aussi très-difficile d’imaginer pour les enfans un instrument, tout à la fois assez mince pour être introduit dans la vessie le long de l’urètre, et assez fort pour saisir solidement le calcul , et 1 extraire avec sûreté.
Je vais maintenant donner les détails du cas , tels qu’ils ont été rapportés par le malade lui-même ; je. terminerai par quelques ob-
servalions sur les moyens qui furent employés pour sa délivrance , et sur les circonstances particulières dans lesquelles ils sont praticables.
Histoire rapportée par le Rév. M. Bullen .
Le Bév. John Bullen de Barnweli , près Cambridge , âgé de 64 ans , maigre et d’un tempérament sanguin , ayant toujours joui d’une bonne santé , qui lui permettait de se livrer fréquemment au plaisir de la chasse, et menant un genre de vie très-modéré, fut attaqué , en Mai 1818 , des symptômes qu’il décrit lui- meme de la manière suivante :
Je fus tout- à-coup atteint de besoins fréquens d’uriner, et d’une sensation désagréable le long de l’urètre, qui se soutint, avec plus ou moins de violence , pendant une quinzaine de jours; je fus alors surpris d’appercevoir h l’orifice du canal une petite pierre ronde et blanche. La sortie de ce calcul , qui me causa â peine quelque douleur , ne produisit aucun amendement des premiers symptômes , qui continuèrent sans diminution, soit de l'irritation , soit du besoin fréquent d’uriner. Je restai dans cet état jusqu’au mois de Juin suivant;
pendant ce mois je rendis une trentaine environ de calculs semblables , sans éprouver d’autre incommodité qu’une légère cuisson le long de l’urètre. A la fin de Juin je fus, sans aucune cause assignable, tout-à-coup délivré de cette émission de calculs, et défont autre symptôme , à l’exception du besoin fréquent d’uriner , incommodité qui ne m’inspirait aucun sentiment d’inquiétude ou de crainte.
Dans l’hiver suivant, je fus atteint de douleurs au dos et aux lombes , pour lesquelles M. Brewster de Cambridge , dans la supposition que la graveîle en était la cause, me prescrivit les remèdes qu’il jugea propres à les soulager, mais sans obtenir aucun avantage permanent.
J’étais cependant toujours en état de me livrer h la chasse , mon plaisir favori, quoique souvent obligé de mettre pied a terre pour uriner ; n’ayant rien changé jusqu’alors à ma manière de vivre habituelle.
Il ne se fit jusqu’en Décembre 1819 aucun changement important ; je m’aperçus alors que l’exercice du cheval devenait beaucoup plus pénible , et le besoin d’uriner plus fréquent , et accompagné de quelque difficulté dans l’expulsion; en même temps, burine, per-
dant sa couleur et sa limpidité , prit: l’apparence du chocolat. Divers remèdes ayant été prescrits inutilement contre ces symptômes ? je pensai à consulter M. Abbott , chirurgien, très-distingué de Cambridge ; il m ordonna des remèdes qui me firent d'abord beaucoup de bien, mais ce soulagement fut de courte durée ; car les symptômes reparurent dans toute leur première force, et la maladie résista opiniâtrement au traitement interne le plus judicieux.
Dans le mois de Juin suivant, mon ami le docteur Thackeray de Cambridge fut appelé en consultation avec M. Abbott ; et tous deux pensant que les symptômes étaient dus à une pierre dans la vessie , l’on introduisit la sonde pour en reconnaître la présence , mais sans pouvoir y parvenir.
La maladie se soutenant au même degré, M. Abbott , toujours persuadé de l'existence d’une pierre, me sonda de nouveau quinze jours après , mais les calculs échappèrent encore â sa recherche, pour des raisons que l'on verra plus bas. Dans le but de me soulager du besoin fréquent d’uriner, et d'adoucir la douleur que me causait l'évacuation des urines , l’on me prescrivit l’usage d’un lavement opiacé en
me mettant au lit ; j’en obtins beaucoup de soulagement , mais si j ’y manquais une seule lois , les accidens revenaient avec leur première violence.
Dans cette douloureuse situation, je me déterminai à consulter M. Aslley Cooper , et le i y Août je me rendis à Londres. M. Cooper soupçonnant d’après mon récit qu’il y avait une pierre dans la vessie , me sonda ; mais après une recherche de quelques minutes , il ne put en découvrir ; alors il m’engagea à uriner , et la sonde ayant été de nouveau introduite , on l’entendit distinctement frapper contre une pierre. Il me déclara alors que je n’avais d’espérance de guérison que dans l'opération de la taille , me faisant observer en même temps , que comme je n’avais pas été suffisamment affaibli par l’irritation de la maladie , il valait mieux pour moi retourner à Cambridge , pour y réduire , en suivant un certain régime, la forte santé dont je paraissais jouir. Il me prescrivit aussi l’usage des alcalis , afin de diminuer l’irritation. Je retournai chez moi avec ces directions , et j’v restai jusqu’au mois d’Octobre 1820 , faisant usage de la souile et des lavemens opiacés. Mes souffrances n'étant diminuées que pour le moment,
et ne voyant pas de probabilité à obtenir quelque chose de plus des remèdes internes , je me rendis à Londres le 25 Octobre pour y subir l’opération ; on convint de la pratiquer le trente.
Au jour désigné, M. Cooper, son neveu M. B. Cooper, et M. Merriman jeune se rendirent chez moi. En me sondant, tous les assislans purent entendre le bruit du choc de la pierre contre l’instrument ; cependant M. Cooper pensa que la pierre était assez petite pour permettre Eextraction sans inciser la vessie; il se détermina en conséquence h ne pas pratiquer l’opération, médisant qu’il voulait essayer de me débarrasser de mon mal par des moyens moins dangereux. Celle circonstance lit heureusement remettre l’opération.
Le trois de Novembre, je me rendis chez M. Cooper qui introduisit jusque dans la vessie une grosse bougie, dans le but, dit-il , de dilater l’urètre, et de donner au calcul la facilité d’être entrainé par le jet de l’urine. Celle opération fut répétée les 6, io et i5 Novembre ; mais le quatorze l'introduction des bougies produisit une inflammation de la prostate qui dut faire suspendre ce genre de traitement. L’effet de cette inflammation fut une rétention
d’urine , qui obligea M. Cooper h me sonder toutes les vingt-quatre heures; à chaque fois la pierre se fil reconnaître distinctement par la sonde. Après que l'inflammation eut été dissipée , la faculté d’évacuer i’urine n’étant point revenue, M. Cooper plaça une sonde élastique, et m’engagea à la porter , m’indiquant en meme temps comment je devais la retirer, lorsqu’elle viendrait à me causer de la douleur ou à s’engorger; je découvris alors, à plusieurs reprises, de petites pierres blanches engagées dans les yeux de l'instrument , et semblables a celles que j’avais faites en 1818. M. Cooper instruit de ce fait, désira retirer la sonde luimême , ce qui amena une pierre assez grosse pour en remplir une des ouvertures latérales. Le passage de ces calculs donna à M. Cooper l'idée d’un instrument , par le moyen duquel il pourrait extraire ceux qui restaient dans la vessie. Le 25 Novembre il apporta en effet avec lui quelques instruire ns imaginés dans ce but ; il se servit sur le champ de l’un deux , et eut le bonheur de retirer, dans une première tentative , huit calculs de petites dimensions. L'opération ne produisit qu’une douleur fort légère.
Le vingt-huit , on en retira par le même
moyen huit autres , plus volumineux que les premiers ; deux étant aussi gros que des lèves de haricots. Cette opération fut encore moins douloureuse que la première.
Le trente, on en retira onze, l'instrument en saisissant à chaque fois trois ou quatre. L’extraction de ceux-ci me soulagea beaucoup ; je fus, immédiadement après, en état de rendre une grande quantité d’urine par mes efforts seuls, tandis qu’auparavant, et depuis l’époque de l’introduction de la grosse bougie, je n’avais pu uriner sans le secours de la sonde.
Le 6 Décembre , on retira six pierres de la même manière ; le i3 neuf, le 19 trois, le 25 douze, et ainsi de suite , en ne mettant qu’un ou deux jours d’intervalle pour laisser dissiper l’irritation. L'opération fut répétée jusqu’à ce qu’on eut retiré de ma vessie quatre-vingtquatre calculs ; après un examen très-attentifs, M. Cooper déclara qu’il n’en restait plus. Ma santé pendant tout ce temps fut constamment bonne, à l’exception de l’attaque de rétention d’urine , provoquée par l’usage des grosses bougies; je suis maintenant en état d’uriner sans le secours de la sonde , et de marcher presqu’aussi bien que jamais.
Remarques .
Lorsque Ton rencontre dans îa vessie, comme dans le cas du Rev. M. Rullen, un grand nombre de calculs, cetie circonstance est presque toujours accompagnée d on engorgement de la prostate, et dépend de îa formation d’un culde-sac dans la vessie, immédiatement derrière la glande tuméfiée. Dans ce cas, la vessie est rarement vidée complètement , et l’urine retenue dans le sac laisse crvstalliser ses parties salines.
Ces pierres n’atteignent pas, en général, le volume de celles qui sont formées dans les circonstances ordinaires ; leur nombre et le frottement des unes contre les autres , adoucissent leurs surfaces , et arrondissent leur forme. Lorsqu’il y a beaucoup de calculs clans la vessie , leur forme n’est pas globulaire; ils présentent des facettes irrégulières avec des angles émoussés. L’on trouva cinquante-six de ces calculs dans la vessie de M. Perkins , le brasseur , qui mourut de rétention d’urine ; et j’en retirai cent quarante - deux d’un malade de mon ami M. Carden , chirurgien à Worcester* qui l’avait soigné pendant quelque temps pour une rétention d’urine.
Les personnes qui présentent la maladie sous cette forme . évacuent quelquefois les plus petits de ces calculs en urinant; mais les plus gros restent , ils produisent la rétention d’urine , et ils rendent souvent nécessaire l’opération de la taille.
Ainsi placées, les pierres sont tellement cachées dans le sac qui les renferme , qu’on est exposé, en sondant, à passer par dessus sans les reconnaître ; il est , en conséquence, nécessaire de diriger contre le rectum l’extrémité de la sonde , au moment où elle pénètre dans la vessie, afin de les découvrir, ou d’introduire le doigt dans cet intestin , et de soulever ainsi l’espèce de lit qui les recèle.
J’ai retiré trente-sept calculs par l’opération de la taille , chez une personne pour qui on n’avait pas suivi ce procédé, et qui avait été déclarée non atteinte de la pierre.
L’instrument que je fis d’abord construire, pour extraire les pierres de M. Balien , était simplement une pince ordinaire, du volume et de la courbure d’une sonde; mais M. Weiss ,
I fabricant d’instrumens de chirurgie , dans le i Strand , me montra une paire de pinces à balle, qu’il pensa devoir , avec un léger chan- ! gement, mieux répondre au but que je me
proposais. Ii enleva deux des branches de la pince qui en avait quatre , et leur donna la forme de celle que j’avais fait faire ; les branches de l’instrument pouvaient s’ouvrir et se fermer dans la vessie, par le moyen d’un stilet , de manière à saisir et retenir la pierre , et elles me parurent si convenablement construites , que je résolus de les essayer ( voyez la planche). Le d3 Novembre 1820, je m’en servis pour la première fois de la manière suivante : M. Bullen étant placé en travers du lit, les pieds reposant sur les planches , j’introduisis une sonde d’argent pour évacuer l’urine. Je fis passer alors ma pince dans la vessie, et je fus assez heureux , dans cette première opération , pour retirer huit calculs.
L’introduction de l’instrument fut peu douloureuse , mais lorsque les branches chargées de pierres furent ouvertes dans leur plus grand écartement , je causai de la douleur en le retirant, surtout vers le gland, qui parait être la portion de 1 urètre qui oppose le plus de résistance h l’extraction des pierres.
On administra une dose d’opium , après chacune des opérations que M. Bullen a décrites; souvent elle appaisa totalement l’ir-
riîalion. Le malade , dans les intervalles des dernières opérations , vint à pied de Brompton à Londres , et ne fut jamais retenu dans son lit ou sa chambre , après le cessation de la rétention d’urine.
Extraction d’une pierre, et d’une portion de cathéter de la vessie d’une femme; avec appendice, par Sir Astley CoOPER.
Extrait clés Transactions médico - chirurgicales de
Londres, vol. xir.
TRADUIT DE d’aNGLAIS ,
Par Ch. Th. MAUNOIR , D. C. et Prof.
IYIessieurs Thomas, Travers ei moi, nous avons prouvé, et nous avons fait connaître dans les Transactions médico-chirurgicales de îa Société , la dilatabilité de l’urètre , ou du méat urinaire de la femme ; il reste à considérer , s’il n’y a pas de moyen préférable aux tentes d’éponge introduites dans l’urètre, pour en obtenir la dilatation. L’objection que l’on fait à l’éponge, c’est qu’il est nécessaire de la
porter pendant plusieurs heures, et que dans cet intervalle la malade est exposée à la clouleur , et aux inconvéniens de la rétention d’urine. Je pris en conséquence la résolution de faire usage, à la première occasion qui se présenterait , d’un instrument construit sur le principe des spéculum , pour agrandir le méat urinaire jusques à la vessie; instrument qui aurait l’avantage de donner passage à Forme» tout en dilatant assez l’urètre , pour permettre l’introduction d’une tenette dans la vessie , et en extraire une pierre de grande dimension.
Cette occasion se présenta peu de temps après , le docteur Nutlail etM. M’Nab m’ayant prié de voir une malade, qui avait tous les symptômes de la pierre.
Première observation. Mad. M/C... éprouvait depuis six mois une très- grande irritabilité de la vessie ; la douleur était telle, et le passage des urines si souvent interrompu, qu’il y avait tout lieu de présumer qu’une pierre existait dans la vessie. Je la reconnus sur le chfcmp par l’introduction de la sonde; le docteur Nuttall et M. M’Nab , entendirent le bruit de la percussion contre ce corps étranger. J’instruisis mad. M.’C... de la nature de sa maladie, et l’assurai en même temps» que je pourrais re~
tirer îa pierre de sa vessie, sans avoir recours à aucun instrument tranchant ; elle n’opposa aucune difficulté. Je priai M. Weiss , dans le Slrand , de me faire un spéculum destiné à ddater l’urètre ; il construisit sur le champ un instrument meilleur qu’aucun de ceux que j’aurais pu imaginer dans ce but.
Le 19 Janvier 1822 , en présence de ces Messieurs, je plaçai le dilatateur a huit heures du matin , et le retirai le même jour à quatre heures de i’après midi ; j’introduisis alors aisément le doigt dans la vessie, et je sentis immédiatement la pierre, dont je fis de suite l’extraction au moyen d’une tenette. Elle était friable, l’écorce extérieure s’en était détachée, et j’en retirai les fragmens avec une pince plate; mais il en sortit , pendant quelques jours , avec les urines, des petites portions qui m’avaient échappé.
La malade avait e!e placée en travers du lit, sans qu’il fut nécessaire de l’assujetir avec des liens. Cependant il y eut après l’opération une violente fièvre d’irritation , qui exigea les soins du docteur Nuttali, et pour laquelle, les saignées et les fomentations devinrent nécessaires; j’eus la satisfaction de voir la santé, de la malade se rétablir enfin graduellement.
Elle avait conservé la faculté de retenir les urines; jeune et nouvellement mariée, elle aurait regardé une incontinence d’urine comme un mal [dus fâcheux que la mort.
Vu la facilité avec laquelle l’urètre avait cédé au dilatateur , il semblait inutile de laisser l’instrument aussi longtemps en place, avant de procéder à l’extraction de la pierre. En conséquence je me décidai , dans un autre cas, à dilater le méat urinaire seulement pendant quelques minutes , et h passer de suite à l’extraction du corps étranger contenu dans la vessie.
Seconde Observation. Le lundi 24 Mars , je fus appelé par M. Ilott, de Bromley, comté de Kent, pour une de ses malades ; elle avait été obligée, par suite d’une rétention d’urine , de se servir du cathéter , qu’elle introduisait ellemême ; la dernière fois qu’elle en avait fait usage, il s’était brisé, et une portion était restée dans la vessie.
Très aliarmée de cet accident , et sentant la douleur s’accroitre lorsqu’elle urinait , éprouvant aussi une douleur très-vive à l’extrémité du canal, lorsqu’elle se promenait à pied ou en voiture ; elle consentit à l’extraction de l’instrument. Je fis l’opération de la manière suivante , en présence de M. Ilott.
La malade placée en travers du lit , la tête élevée sur un oreiller , les genoux écartés, et fléchis sur la poitrine, fut maintenue dans celte position par une garde malade, sans aucun lien , et sans autre moyen de contrainte.
Je portai le dilatateur dans le méat urinaire, et tournant la vis, je dilatai sur le champ le canal de l’urètre, jusqu'à ce qu’il fût possible d’introduire le doigt. Le dilatateur resta en position pendant deux minutes, au bout desquelles j’introduisis , entre ses lames , une tenette jusques dans la vessie ; alors M. Ilott retira le dilatateur.
Ne pouvant apercevoir immédiatement le cathéter avec la tenette , je la retirai , et je fis pénétrer le doigt, avec lequel je le sentis hxé dans la portion de la vessie , qui répond au haut du rectum; puis l’ayant ramené dans l’axe de la vessie et du méat urinaire , je plaçai de nouveau la tenette, et je fis l’extraction de l’instrument rompu. La douleur de l’opération fut courte et très-supportable ; l’urine sortit involontairement jusqu’au retour de l’époque menstruelle , alors la malade reprit la faculté de la retenir.
Remarques.
Les avantages de ce procédé comparé avec l’opération où l’on emploie l'instrument tranchant ou le gorgeret , consistent :
i.Q Dans la facilité avec laquelle ii s’exécute.
2.0 Dans l’absence de tout danger , a moins que la dilatation ne soit faite trop brusquement, et que l’on ne laisse pas pendant un terme convenable l’instrument dans le canal; alors l’irritation et la contusion qu’il opérerait , surtout chez une personne très-sensible, occasionneraient un état fébrile, et peut-être i’inflammation de la vessie.
5.iJ Dans le peu de temps où l’opération peut se faire , et le peu de douleur qu’elle cause ; l’expérience fera connaître s’il convient de dilater l’urètre en quelques minutes , ou pendant plusieurs heures , ou même en plusieurs jours etpar degrés insensibles. Je suis enclin à croire que si la pierre est petite, l’opération doit être faite en quelques minutes ; mais que lorsqu’elle est d’un gros volume , il sera plus convenable de dilater graduellement de jour à jour, jusqu’à ce qu’on ait atteint le plus grand de-
gré possible de dilatation , en évitant néanmoins la contusion qui est toujours un accident fort à redouter.
4<Q Son plus grand avantage est de conserver la faculté de retenir les urines ; car si la dilatation l’anéantissait , comme le fait l’incision, je la regarderais comme ayant peu de mérite ; puisque bien que celle-ci soit un moyen d’enlever la douleur qu'occasionne la présence de la pierre, elle expose les malades à de grandes souffrances dépendantes de l’excoriation; quels que soient les soins de propreté , lorsque cet accident est produit par la filtration continuelle des urines, il rend la malade insupportable à toutes les personnes qui l’entourent.
Signé , Àstley COOPER»;
•V\<W WV\V*'WV<fc
APPENDICE
Par M. Chapman de TVandsworlh, et par M. De Birt de Diss , en Norfolk } com mimique par Sir A s lie y C 00 PER,
J’AT reçu depuis longtemps, de deux de nies amis , les observations suivantes que leur in-* térêt médical m’engage à publier.
Wandswortli , 29 Décembre 1817;
Monsieur.
En parcourant la seconde partie du dernier volume des Transactions médico-chirurgicales, je vois que vous avez fait des recherches sur la dilatabilité du méat urinaire chez la femme; je saisis cette occasion pour vous envoyer un cathéter oxidé, qui a demeuré près de trois semaines dans la vessie d’une femme, et qui s’y était insinué dans le moment où elle se tournait sur le côté pour prendre un vase de nuit ; la vessie était alors fort distendue par l’urine. L’extraction de cet instrument se fît par l’intermède du doigt seulement , sans avoir pré-
paré le passage avec l’éponge ; celle opération ne fut pas sans difficulté, mais elle ne fut point très-douloureuse , quoique pratiquée dans des circonstances défavorable , puisqu’il fallut cacher à la malade et à ses amis, la nature de l’accident. J’ignorais que l’urètre pût se dilater aussi facilement , jusqu’au moment où, après avoir introduit inutilement et a plusieurs reprises, une pince ordinaire, pour reconnaître plus sûrement la situation précise du cathéter, je m’avisai d’y porter le petit doigt, lequel s’étant facilement frayé passage, j’introduisis l’indicateur de la main droite , jusqu’au manche de l’instrument , que je fis arriver vers l’orifice de la vessie , en combinant les mouvemens de
l’index, qui était dans la vessie, avec ceux de la main gauche, placée sur l’abdomen, et je parvins ainsi a extraire l’instrument , sans que la malade et les assistons eussent connaissance de ce que j’avais eu l’intention de faire. J’ai rapporté ce fait, pour ajouter, si cela est nécessaire, à l’évidence delà facilité avec laquelle on peut dilater l’urètre, et pour faire voir l’utilité et la convenance du procédé employé par M. Tho¬
mas , pour extraire un cure-oreille de l’urètre, procédé au moyen duquel la malade échappa
à une opération , qui devait être faite avec le bistouri caché.
Je suis , Monsieur , etc.
Signé 3 Thomas Chapman.
L’auteur de l’observation précédente, possède un calcul d’une assez grande dimension , qu’il a extrait après avoir incisé l’urètre d’un homme ; il étoit arrêté dans ce canal à quatre ou cinq pouces de l’extrémité du gland; la personne ignorait , jusqu’au moment de l’opération, qu’elle fut sujette à la pierre, n’ayant: jamais senti ni douleur , ni aucune difficulté dans l’excrétion des urines.
Dilatation artificielle de l’urètre chez la femme , etc. , par George Birt , membre du Collège Royal de Chirurgie.
Je fus consulté, en Janvier 1814, par mad. B..., femme âgée d’environ 45 ans., d’une petite stature , et d’une complexion lâche. Les symptômes qu’elle éprouvait me firent supposer, qu’elle était atteinte d’une pierre dans la vessie ; je l’engageai à se laisser examiner , pour éclairer ma conjecture, mais elle s’y réfusa positivement , m’assurant qu’un médecin qu’elle avait consulté, avait fait des recherches réitérées sans découvrir aucun calcul; je me décidai alors à suspendre mes visites.
Le 5o Avril , le mari étant arrivé de trèsgrand matin chez moi, m’informa que son épouse souffrait cruellement de l’impuissance dans laquelle elle se trouvait depuis quelques heures , d’évacuer ses urines ; et il me pria instamment de me rendre auprès d’elle. La vessie était fort distendue , je déclarai l’urgente nécessité d’évacuer les urines avec le
cathéter. La dame y ayant consenti , j’aperçus et j’entendis distinctement , en introduisant la sonde, le bruit de la pierre qui fut refoulée; il sortit environ quatre pintes d’urine de la vessie. Je fis alors sentir qu’il était nécessaire d’extraire la pierre ; on avait déjà conseillé h la malade de se rendre à l’hôpital de Norfolk et de Norwich , pour y subir la lithotomie, mais elle s’y était refusée. Je l’assurai que j’avais quelque espérance de retirer la pierre, sans opération. Alors elle adhéra à tout ce que je jugerais convenable ; je lui avais promis de la revoir le lendemain, mais je fus obligé de me rendre chez elle^ dans la soirée, pour une nouvelle rétention d’urine ; depuis mon départ il ne s’en était pas écoulé une goutte , et la détention de la vessie lui faisait éprouver de vives douleurs. Je rencontrai la pierre avec le cathéter, comme je bavais fait le matin; je plaçai alors la dame comme pour l’opération de la lithotomie, j’introduisis successivement deux sondes dans la vessie , à l’aide desquelles je dilatai l’urètre, au bout de quelques minutes j’eus assez de place pour y substituer une pince et saisir la pierre. L’index de la main gauche , placé dans le vagin , ne contribua pas peu à
affermir le calcul dans sa position , et h l’empêcher de retomber dans la vessie; en moins de dix minutes je pus en faire l’extraction. Je cherchai ensuite avec le cathéter , s’il n’y avait pas d’autres pierres, il n’eut pas plus tôt franchi le coi , que j’en heurtai une seconde , que je sentis distinctement avec le doigt porté dans la vessie ; je la saisis avec la pince, et la conduisis, comme précédemment, avec le doigt placé dans le vagin; la pierre était plus grosse , elle présentait plus de difficulté à être extraite. La femme perdait patience , je n’avais pas moi-même les aides nécessaires pour la forcer au repos ; je me décidai alors à inciser l’orifice du méat avec la pointe d’une lancette , ce qui me facilita l’extraction du calcul. L’incision n’eut pas plus d’un huitième de pouce , et je ne cloute point qu’on eut pu faire sans elle cette extraction , si la malade fut restée tranquille quelques instants de plus. Les deux opérations durèrent près d’une demi-heure. Une troisième exploration de la vessie ne me fil rencontrer aucun autre calcul.
Je donnai un calmant a la malade. Elle n’urina point pendant la nuit , ce qui m’o-
va*,o ai pratcche suc vmuaggi délia nuova maniera di eseguire la Paraccnlesi delU addome ne’ casi di gr* vidanza susscguita da Ascite.
( .omparazione fra la nuova maniera di praticare la Paracentèse delV Addome ne’ casi di gravidanza susscguita da Ascite , e quella usala dal Sig. Langrajf
Volume If.
i Memoria suit’ Ernia del Perinco .
i demona s alla legatura delle principali arterie degli Arti , per la cura delly Aneurisma.
etteie al Professore Eacch sul!a legatura temporaria delle principali arterie degli arti.
-eltera Dottore Omodei sul modo pin spedito , e sicura di slacciare le principali arterie.
Appendice ail ’ Opéra sulV Aneurisma.
-ettere al Professore Maunoir sulla Caterata , e sul la pu pilla artificiale.
►sservazioni sopra alcuni casi rari in ChirurAa.
H prezzo di ognuno de’ due sopra detti Voiumi sara di lire uindici austriache pagabili alP atto délia consegna di cadaun lolume. Questo prezzo pero resta in cotai limite fissato solan<,nte pel tempo elle trascorrerà clilla pubblieazione del preaite Manifeste a cpiello del secondo Volume, giacchè uscito t îesto secondo alla luce, P Opéra intera non sarà piîi venibile cbe al prezzo di lire trenta ilaliane. Laonde coîoro, i aali intendono godere deLJ enuncialo vantaggio sono pregati far pervenire ail Editore, o ai principali Libraj distributori “1 présente manifesto ic loro diuiande priai a d lia pabblica- ^one del secondo Volume.
1 FmaimeiïJte si -in no vendibib’
avverte che alcuni dei anche separatamente.
n orrai nain Opuseoli sa-
AVVI30 TIPOGRAFICO.
Memorie di cliirurgico argomenlo date in luee d* Prof. Cav. Scarpa in epoche diverse, poichè alcune furono inscrite negli Atti di varie Accademie seientifiche ; altre ii Opéré periodiclie diverse ; altre pubblicaie bensi separàtï mente, ma in picciolo numéro di esemplari , lo Stampator Librajo Pietro Bizzoni per soddisfare al desiderio dei Coltiv iori delle Scienze Cliirurgiche è venuto nella determinaziom di darne uria compiuta Raccolta, correüa , ed aceresciu dalT Autore , e eorredata di dodiei Tavole originali incise d! célébré Anderloni. L* Opéra intitolata Opuscoli di Chirurgi sarà divisa in due volumi in in carta sopraffina , co seguente distribuzione delle raaterie.
Volume I.
Memoria sullo Scirro , e sul Cancre.
Memoria sul Condullore lagliente di Hawkins.
Nota sulla Litolomia.
Memoria sul taglio ipogastrico.
Lettera al Prof essore Manno ir sul laglio Retto -vescicale. Saggio di Osservazioni sul laglio Ret.lo -vescicale.
Esame délia Terza Memoria ciel Professore Hacca sul glio Relto-vescicale.
Nota. Osservazioni pratiche sui svantaggi del taglio Re vescieale a f roule del Latérale .
Memoria suit Idrocele del Cordone Spernialico.
Memoria sulla Orauidanza susseguila da Ascite.
( Ml )
bligeà encore a passer ie cathéter ; maïs le jour suivant elle put contenir et chasser ses urines sans douleur , et dès cette époque , elle retourna à ses occupations domestiques. Sa santé n’a pas été altérée depuis celte opération