CHEZ J.- J. PASCHOUD, IMPRIMEUR - LIBRAIRE
et à PARIS,
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O’ IL est vrai que les sciences médicales soient au nombre de celles qui ont le plus d’influence sur le bien-cire de l’humanité , elles ont dû faire promptement sentir le besoin des communications aux hommes qui se sont consacrés à leur étude. En effet , elles exigent des connaissances aussi vastes que variées, chez celui qui doit les appliquer, pour qu’il puisse le faire avec un véritable avantage. L’art de guérir , presqu’entièrement basé sur l'observation, marche par cela meme sans interruption vers le perfectionnement , et demande de celui qui l’exerce des efforts continuels, pour s'approprier ce que savent , et ce que font les autres , et pour puiser, dans les ressources de son ima-
ginatîoû , des niQ}rens adaptés aux circonstances infiniment variées qui se présentent k lui.
Ce besoin de communication vivement senti par les hommes voués à cet art , quelque fût 3e pays qui les avait vu naître , quelque fût leur langage, n’a pas tardé à exciter leur émulation , et à l’envi ils ont redoublé d’efforts , ou pour établir un langage commun , ou pour reproduire, dans toutes les langues, les travaux qui leur ont paru propres à faire avancer la science.
Il est devenu presque impossible d employer une langue commune à tous , et qui leur soit assez familière pour exprimer des idées infiniment variées , dont les moindres nuances doivent être rendues , depuis que l’étude du latin n’est plus aussi générale , et qu’elle n est plus, chez toutes les nations, une partie nécessaire de la première éducation. Celui qui veut rendre, par écrit, une pensée nouvelle a besoin du langage qui lui est le plus habituel, de celui dans lequel sa pensée a.
pour ainsi dire, pris naissance ; il faut qu’il puisse s’aider de comparaisons qui tiennent à ses habitudes journalières. Le lecteur doit, à son tour, retrouver des expressions qui lui soient connues, qui aient toutes un sens précis et déterminé, et qui lui rappellent des idées familières , par lesquelles il arrive sûrement h une appréciation exacte des nouvelles propositions qu’on lui présente. Toutes les fois qu’on n’a pas satisfait à ces deux conditions , il en est résulté des erreurs et des discussions, quelquefois ridiculement envenimées par l’amour-propre , sur le sens qu’on devait donner à tel ou tel passage obscur d’un auteur , auquel on finit ordinairement par faire dire tout autre chose que ce qu’il avait dans la pensée.
On a donc été forcé dfabandonner une langue qui n’avait plus assez de lecteurs; chacun a écrit dans la sienne propre, se contentant; d’être utile à ceux qui la parlent , et ce n’a plus été que les hommes doués d’une plus grande facilité , ou de plus de persévérance.
qui ont pu s'approprier les découvertes des génies éminens des différentes nations , en se rendant familières les langues les plus généralement répandues.
D’un autre côté, les ouvrages périodiques ont donné l'analyse des travaux des auteurs étran-
gers ; mais ces extraits sont trop peu développés , pour pouvoir satisfaire ceux qui voudraient approfondir un sujet, ou en tirer quel-
que direction pratique ; ce ne sont , h proprement parler, que des annonces, qui ne peuvent servir qu’a ceux qui lisent la langue des auteurs qu’on leur indique. D’ailleurs l’esprit de spéculation a tellement multiplié ce genre de productions, où tout est naturellement divisé, et morcelé , qu’aujourd’hui , celui qui voudrait étudier un point quelconque de l’art, et qui désirerait connaître tout ce qui a élé dit avant lui, devrait chercher dans une bibliothèque entière les matériaux dispersés qu’il a besoin de réunir. Les auteurs des journaux ont eu à exploiter un champ trop vaste, trop riche , et qui produit d’une manière trop iné-
gale, pour qu’ils pussent présenler , dans un espace toujours circonscrit, tout ce qui est véritablement bon , sans être obligés de laisser quelquefois paraître des pages qui eussent été mieux occupées , s’ils n’eussent pas dû les publier à des époques fixées d’avance.
Le sentiment du vide qui restait au milieu de tant de richesses, et que nous éprouvions depuis longtemps , nous a déterminé à faire une tentative pour le combler , en profitant des circonstances heureuses qui nous environnent. Placés au centre de l’Europe , dans une ville où les voyageurs de toutes les nations abondent, nous avons pu établir des relations dans tous les pays , et nous tenir ainsi au courant des découvertes qui s’y font remarquer. Profitant de cet avantage , nous essayons de faire passer dans la langue française les ouvrages les plus remarquables , qui se publient en Anglais, en Allemand, en Italien , etc. etc., et pour ne pas entreprendre une tâche trop grande , tous livrés à la pratique de la chirurgie , nous n’avons en vue que les ouvrages qui
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sont relatifs à cette branche de Fart de guérir* Si nous ne nous sommes pas abusés sur Futilité du travail que nous livrons au public , il sera facile d’enter sur ce premier tronc des branches susceptibles de porter d’autres fruits* Nous vouions surtout traduire ces mémoires* dans lesquels un auteur développe une idée fondamentale et nouvelle, plutôt que des ouvrages de longue haleine qui reprennent la science dans son ensemble, et répètent nécessairement une multitude de choses déjà connues, à moins qu’un ordre nouveau, quelques vues piquantes et utiles ne nous paraissent mériter l’attention des lecteurs; encore pourrons-nous quelquefois en extraire des chapitres , et laisser de côté ce qui ne nous paraîtrait pas neuf. Pour conserver plus de liberté dans nos choix, nous ne nous engageons point à publier un certain nombre de volumes dans un temps déterminé , nous serons uniquement dirigés par l’abondance des matériaux „ et à mesure que nous en aurons formé un, ü paraîtra sous le même titre générai
que celui-ci , ensorte que l’ensemble deviendra une espèce de dépôt de la chirurgie étrangère , à l’usage de tous ceux qui lisent le français,
À peine avions-nous arrêté le plan de notre travail , qu’il fut communiqué à un grand nombre d’auteurs praticiens, qui ont répondu en nous envoyant leurs productions , et des encouragemens au-delà de ce que nous eussions osé espérer.
Dans ce premier volume, nous avons cru devoir faire entrer des mémoires, ou des observations prises dans les trois langues les plus répandues , nous avons réunis des faits qui , quoique publiés à des époques différentes , se liaient par la nature du sujet ; nous avons encore employé des productions d’hommes déjà connus , afin d’étudier ainsi, nous mêmes , la marche de notre travail , et d’y introduire les modifications que nous jugerons utiles.
L’on trouvera donc ici , traduit de l’ïtaUen, un mémoire qui nous a été fourni par le Prof, de Pavie, sur la grossesse accompagnée d’as-
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cite, clans lequel ce père delà Chirurgie italienne trace la marche que Ton doit suivre dans celte complication de la grossesse. Un mémoire du professeur Vacca sur l’œsophagotomie, dans lequel il fait connaître un nouvel instrument qu’il a inventé pour pratiquer cette opération , et où il démontre qu’elle peut être exécutée dans un grand nombre de cas, où jusqu’à présent on n’osait pas recourir à ce moyen de salut. Nous avons encore traduit deux morceaux sur les usages du sac lacrvmal. Dans le premier, le professeur Trasmondi fait connaître deux filets nerveux , qui se distribuent au muscle qui est appliqué sur ce réservoir ; dans le second , le professeur Geri examine les fonctions de ces organes, et l’un et l’autre en tirent des inductions pratiques pour le traitement des maladies de ces parties. Enfin nous avons réuni à ce volume un mémoire, que le professeur Giorgi vient de nous envoyer, sur un nouveau procédé, avec la description d’un instrument de son ïivenlion, pour pratiquer l’extraction de la
cataracte et la pupille artificielle. Nous pensons donner dans un des volumes suivans quelques notes sur ce sujet.
Pour l’Anglais , nous avons puisé dans la mine si féconde des Transactions de la Société médico-chirurgicale de Londres, des considérations sur les produits de l’inflammation, par Dawler ; l’histoire d’un lipome considérable, extirpé par Âstley Coofer ; quelques faits sur la piqûre des nerfs , par MM. Denmark et Wardrop ; ce dernier a ajouté au récit des faits, des développemens pratiques sur les cas qu’il considère comme susceptibles de guérison par la section du tronc nerveux , et sur ceux qu’il croit exiger l’amputation de la partie ; un mémoire du docteur Hutchinson sur le traitement du goitre par le séton, avec l’histoire de quelques malades pour iesquels ce moyen a été mis en usage ; plusieurs mémoires de MM. Thomas, Astley Cooper , Travers, Birt , etc. , sur la dilatation de l’urètre chez la femme et même chez l’homme, avec l’histoire
d'un assez grand nombre de faits, qui semblent prouver que chez la femme il est possible d’ex» traire , par ce moyen , des calculs très-volumineux, sans laisser d’incontinence d’urine, et que chez l’homme on peut, par le même moyen, retirer des calculs d’un petit volume ; deux mémoires accompagnés d’observations , sur l’emploi du séton dans le traitement des frac-
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tares non-consoîidées , des D.rs Wardrgp et Earle ; enfin, un ouvrage assez étendu sur les maladies de la glande lacrymale , par le docteur Too0.
Le docteur Sauter nous a fourni un mémoire très-étendu sur l’extirpation de la matrice ; il a repris dans son travail l’examen de tout ce qui a été fait sur ce sujet , et rapporte, dans de grands détails, l’histoire d’une opération qu’il a pratiquée avec succès; son ouvrage , qui est une véritable monographie , occupe une partie notable de ce volume , aussi à lui seul il forme la part do l’Allemand.
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Nous avons ajouté quelques considérations ou quelques faits pratiques à plusieurs de ces mémoires.
Nous nous proposons de réunir, dans notre second volume , les matériaux que nous possédons , et ceux que nous attendons sur une question intéressante , qui occupe en ce moment le monde chirurgical, nous voulons parler du mode de ligature des artères préférable pour la guérison des anévrismes. On est encore loin d’être d accord sur ce point; le raisonnement et l’expérience sont tour-à-tour invoqués en faveur de préceptes tout à fait opposés; il nous paraît donc précieux de réunir en un corps unique ce qui est écrit sur ce sujet ; nous espérons par là contribuer à éclaircir la discussion, et à éloigner les divagations; nous poserons ainsi les bases d’un monument élevé à l’histoire de fart , où ceux qui nous suivront trouveront les raisons qui auront contribué h fixer les principes posés par les maîtres qui
entrent dans la lice.
Geaève, 10 Mars 1824.
En témoignage de gratitude pour l’obligeance avec laquelle plusieurs auteurs se sont empressés à encourager notre entreprise, nous joignons ici , et nous joindrons dorénavant , la liste des ouvrages que nous avons reçus deux , et qui forment une portion de notre fond de travail.
De Sir Everard Home. Sur les rélrécissemens, 5 vol.
— Thomas Chevalier. Introduction à un
Cours d’opération , broch .
Eloge de J. limiter, broch.
— Bcnj. Hütchinson . Sur le tic doulou¬
reux, i vol.
~ Powel Blakett. Description d'un tireballe.
— Edward Barlotv . Divers Mémoires.
Sur Fefficacité des eaux de Bath. i vol.
— James Carrick Moore. Histoire de la
vaccination , i vol.
! * Histoire de la petite vérole, i vol . Lettres sur Tenu d’Husson, broch.
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— Henri F/eld. Mémoire sur les maladies
des enfans , brocli .
Mémoire sur la pharmacie centrale de Londres, broch.
Sur le jardin botanique de Chelsea, i vol.
Sir Henri Earle. Mémoire sur les effets d’une irritation locale pour la production des maladies ressemblant au cancer»
Sur le cancer des ramoneurs.
— James FFardroe. Mémoire sur le fon-
gus hœmatode.
Du Prof. Beck. Traité des maladies des yeux , i vol.
— Rit GEN. Indications que présentent la
grossesse et l’accouchement , i vol.
Moyens chirurgicaux à employer dans les accouchemens , i . vol.
— Robbi . Traduction avec notes du Traité
sur les maladies produites par le mercure , J André Matthias , i vol.
Traduction avec notes du Traité sur les
maladies de l’oreille, de J. V. CuRTis , i vol.
— Hesselbach. Mémoire sur la manière
la plus sûre d’opérer la hernie inguinale ; broch.
Du Prof. Geri. Thérapeutique opératoire * i.er vol.
— Giorgi . Mémoire sur un vaste anévrisme.
broch.
Lettre à Vacca sur deux opérations de lithotomie, broch.
Du Doet. Hegnoli. Mémoire sur une opération de trachéotomie , broch.
Mémoire sur l’extirpation d’une épulis cancéreuse , avec ostéo - sarcome * broch.
Mémoire sur 1 inefficacité de l'iode , dans les maladies scroplmleuses , broch.
Mémoire sur la transpiration pulmonaire, broch.
Tous ces ouvrages ont été envoyés , francs
de port , à M. Ch. G. Peschier , D. C. Secrétaire de la Société de Traduction . pour la Correspondance.