RE
LAATRA
On a dit que le second document était un complément nécessaire du premier, parce qu’autrement l'introduction du mal dans le monde primitivement créé bon ne s’expliquerait pas. L’objection n’est pas fondée. Avant l’intertercalation du Second récit et de l’histoire de Caïn et d’Abel qui en est la suite, le Premier récit se reliait directement au chapitre V, qui contient le dénombrement de la postérité d'Adam, et par celui-ci au chapitre VI, qui donne l'histoire du déluge. Ici nous apprenons que le déluge a été le châtiment du genre humain, puni « parce qu'il a corrompu sa voie ». C’est l'application de la même loi religieuse qui domine toute la Bible, et qui fait du mal physique le châtiment et le remède du mal moral. Mais cette loi est tout à fait indépendante de l’anathème étrange prononcé au Second récit, anathème dont on ne retrouve d’ailleurs aucune trace, non plus que du récit lui-même, dans le reste de la Bible.