DE LA COMPOSITION DU DEUTÉRONOME
Le cinquième livre du Pentateuque, le Deutéronome, à part les quatre derniers chapitres, se compose d’une série | de discours que Moïse, près de mourir au pays de Moab, adresse au peuple délivré par lui de la servitude d'Égypte, et qui maintenant va pénétrer, sans lui, dans cette terre de Canaan dont lahveh, son Dieu, lui a promis la possession.
Dans ses discours le libérateur et législateur des Israélites leur rappelle les merveilles que Iahveh leur Dieu a opérées en leur faveur, et les marques qu'il leur a données d’une protection toute spéciale pendant les quarante années qu'ils ont passées dans le désert; il les exhorte à rester fidèles à l'alliance conclue en Horeb avec Iahveh, ainsi qu'aux préceptes et aux lois que lui-même, Moïse, leur donne en ce jour. En même temps, il les appelle à contracter avec lahveh, ici même, en Moab, une alliance nouvelle, et entre temps leur donne, au nom de Tahveb,
un code de lois religieuses, civiles, pénales, lois de police enfin. Une vie prospère et glorieuse sera la récompense de leur fidélité aux prescriptions de [ahveh; d’effroyables calamités seront le châtiment de leur désobéissance.
Tel est le sujet des trente premiers chapitres, qui composent ce que l’on peut appeler le Deutéronome proprement dit. Les quatre suivants (XXXI-XXXIV) sont d’une tout autre nature ; ils racontent les derniers actes et la mort de Moïse, et par là se rattachent naturellement au livre des Nombres, dont on peut croire qu'ils ont primitivement formé la conclusion. Il convient toutefois d’en distraire, pour les rattacher au premier
groupe, les cinq versets 9-13 du chapitre XXXI. Ici, en
effet, nous voyons Moïse, après avoir écrit son enseignement dans un livre, en confier le dépôt aux prêtres, fils de Lévi, et aux Anciens d'Israël, puis ordonner que lecture en soit donnée au peuple, tous les sept ans, en l’année de remise, à la fête des Cabanes. Il semble que ce passage soit la conclusion naturelle du Deutéronome proprement dit; comment cependant se trouve-t-1l, dans le texte traditionnel, reporté au chapitre XXXI, au milieu des dernières recommandations que Moïse adresse à Josué? Nous nous bornons à signaler ici l’anomalie, sans entreprendre de l’expliquer.
Une critique rigoureuse du Deutéronome n'a pas été faite jusqu'ici. Si, depuis longtemps, la critique a renoncé à en attribuer la rédaction à Moïse, on s’est cependant très généralement accordé à le considérer comme étant, à part quelques incohérences et quelques interpolations, une œuvre originale, homogène, bien liée dans toutes ses parties. On y a, en même temps, signalé quatre
divisions principales qui, dans le texte traditionnel,
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semblent, en effet, s'offrir comme d’elles-mêmes (1). Ce sont :
1° Un discours contenant un récit de la migration des Israélites dans le désert depuis Le départ du Sinaï jusqu'à l’arrivée au pays de Moab, discours suivi d’exhortations et d’un enseignement religieux ([ — IV, 40).
2° D’autres exhorlations, puis un autre enseignement analogue au premier, mais beaucoup plus développé, que l’on désigne sous le nom de Pescours parénétique ; puis, faisant corps avec ce discours, la Collection des lois dites deutéronomiques (IV, 44 — XX VII, 10).
3° Des séries de bénédictions et de malédictions (XX VII, 11 — XXVIIT, 68).
4° La Promulgation d’une nouvelle alliance conclue avec lahveh au pays de Moab (XX VIII, 69 — XXX, 20).
Entre ces quatre parties il en est, d’ailleurs, une que l'opinion la plus accréditée, celle adoptée par M. Kuenen dans son ouvrage sur la religion d'Israël (2), considère comme étant en quelque sorte le noyau du livre; je veux parler de la Seconde partie ci-dessus, quidans ses vingt-trois chapitres comprend, avec la Collection des lois deutéronomiques, le Discours parénétique qui la précède. Dans ce système les autres parties ne seraient que subsidiaires. Mais cette façon d'envisager la composition du Deutéronome ne résiste pas à un examen approfondi.
Notons d’abord que la Collection des lois deutéronomiques et le discours qui la précède et que l’on a considéré comme y servant d'introduction, sont en fait deux
(1) Voy. l'Introduction à l'Ancien Testament de De Wette, revue par Schrader (Lehrbuch der historisch-kritischen Ernleitung in die Bibel, $S 191. Berlin, 1869); l’article Deutéronome, par M. Vernes, dans l'Encyclopédie des Sciences religieuses de M. Lichtenberger.
(2) De godsdienst van Israel. T. I, p. 413 et suiv. Nous trouvons la même opinion exprimée par M. Reuss, dans son Introduction au Pentateuque (l'Histoire sainte et la Loi. T, I., p. 204).
choses qui n’ont que peu ou point de rapport, et qui ont été arbitrairement rapprochées.
Le discours représente la pensée dominante du Deutéronome ; il en est, pour ainsi dire, la plus haute expression; on peut le définir une perpétuelle exhortation à la piété envers le Dieu national. La première moitié de la Collection des lois garde encore avec cette pensée une certaine analogie, puisqu'elle a pour objet l’établissement d'un culte central; mais il n’en est pas de même de la seconde moitié. Celle-ci n’est, en effet, qu’un recueil de règlements civils, placés sans ordre à la suite l’un de l’autre. Il est bien vrai que l’ensemble offre un caractère de justice et d'humanité tel qu'on le chercherait vainement dans aucune autre législation antique, qui d’ailleurs se rattache intimement à la croyance religieuse professée par les Israélites. Mais il y a loin de là à dire que la Collection des lois est le noyau du Deutéronome. C'est bien assez d'y voir une application pratique et, sous ce rapport, un précieux complément de l’enseignement doctrinal, qui est et demeure l'élément principal du livre.
Dans une autre partie de l'ouvrage que nous venons de citer, M. Kuenen caractérise cependant d’une manière plus large et plus juste le cinquième livre du Pentateuque. Il reconnaît que, pour l’auteur du Deutéronome, ce qui importe est bien moins d'établir telle ou telle prescription particulière, que de convertir le peuple auquel il s'adresse à l’idée des rapports de lahveh avec Israël tels qu'il les conçoit, et au sentiment des obligations qui naissent de ces rapports. |
«Sans doute, dit M. Kuenen, le Deutéronome réclame pour telle ou telle de ses prescriptions une obéissance formelle et invoque des sanctions éclatantes; mais on voit que ces prescriptions ne sont que l'application du
principe qui domine l'ensemble... Le fond du Deutéronome est dans la formule : Chaque Israélite doit aimer lahveh son Dieu, de tout son cœur et de toutes ses forces ; l'appel énergique à cet amour ouvre et termine le livre.
« … En même temps, ajoute M. Kuenen, l’idée de la Loi, qui doit désormais jouer un rôle si considérable dans les destinées d'Israël, s'introduit. officiellement à Jérusalem par le Deutéronome, et c’est là le commencement d'une époque nouvelle (1). »
En ce qui concerne l’âge et l’origine du Deutéronome, M. Kuenen croit que ce livre, à part quelques additions, a été composé à l’époque de Josias, en vue de la réforme religieuse et de l'introduction d’une loi écrite entreprises par ce roi; en cela,, d’ailleurs, il est d’accord avec la généralité des commentateurs, notamment avec M. Reuss (2). L'éminent critique admet même que le Deutéronome n’est autre que ce Livre de la Lor qui, dit-on, aurait été trouvé dans le temple par le grand-prêtre Helkia, sous le règne de Josias, et qui, présenté à ce prince, serait devenu la base de la réforme entreprise par lui.
Sur ce point, non plus que sur l’ensemble de sa critique deutéronomique, nous ne pouvons partager les vues de l’illustre exégète. Quelle que soit la haute estime due aux travaux, à la science, à la merveilleuse sagacité de M. Kuenen, après un examen rigoureux de la question nous persistons à croire que, dans ce cas, sa perspicacité habituelle lui a fait défaut.
M. Kuenen ne s’est pas, en effet, suffisamment dégagé de l'opinion qui, sauf quelques réserves, fait du Deutéronome une œuvre originale et homogène. Pas plus que ses prédécesseurs, il ne s’est occupé de pousser au delà des divisions généralement admises la distinction des
(1) De godsdienst van Israel. T. I. p. 447-448. (2) L'Histoire sainte et la Loi. Introduction, 2° partie.
documents qui composent ce livre. Sous la trompeuse apparence d’une unité factice, il n’a pas reconnu la diversité des éléments primitifs; il n’a pas aperçu les coupures opérées, les déplacements et les raccords pratiqués ; en un mot, il n’a pas suffisamment mis en lumière le caractère propre et primitif des textes réunis et arrangés par le rédacteur deutéronomique; il n’a pas distingué et n'a pas signalé les modifications apportées par ce rédacteur, peut-être aussi par d’autres, avant ou après lui, aux textes originaux.
C'est ce travail critique que nous avons nous-même été conduit à entreprendre et dont nous venons aujourd'hui présenter les résultats à nos lecteurs.
Nous indiquerons d’abord, dans son ensemble, la série des documents divers qu’une analyse attentive nous a permis de reconnaître dans le texte traditionnel du Deutéronome.
Nous signalerons ensuite d’une facon sommaire les altérations diverses que ces textes ont subies dans la mise en œuvre.
Nous rappellerons, enfin, les circonstances politiques et religieuses qui, selon nous, ont, à l’époque d’Esdras et de Néhémie, donné lieu à la rédaction du livre.
Après cette Introduction nous donnerons, en traduction nouvelle, à la suite du texte traditionnel (1), le texte restitué des documents qui sont entrés dans la composition du Deutéronome.
Nous passerons ensuite, dans une série de commentaires, à l'étude spéciale de chacun de ces documents.
(1) Les versets distribués dans chacune de nos sections ont recu un numéro d'ordre particulier à cette section. Le numéro de la section et celui du verset, inscrits en marge du passage parallèle du texte traditionnel, permettent d'établir la correspondance des anciens et des nouveaux versets.
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TABLEAU DES DOCUMENTS DIVERS DONT EST COMPOSÉ LE DEUTÉRONOME, ET DES ALTÉRATIONS QUIILS ONT SUBIES DANS LA RÉDACTION.
Les documents d’origine et de nature très diverses, réunis et mis en œuvre par le rédacteur ou les rédacteurs du Deutéronome, ont été rapprochés, coupés, morcelés, entremêlés de telle sorte qu'il était difficile d'en reconnaître l’existence distincte, plus encore d’en reconstituer la forme primitive. Sans doute le défaut d'ordre et de suite, conséquence inévitable d’un pareil mode de composition, ne pouvait rester complètement inaperçu même du commun des lecteurs ; mais on pouvaitn'y voir qu'une négligence de la part du rédacteur, et puis le ton éminemment oratoire et dogmatique du discours éloignait . l’idée d’un procédé aussi artificiel. C’est seulement à une époque récente que la critique biblique, enhardie par ses succès, s’est décidée à scruter de plus près le texte du Deutéronome; d’éminents exégètes, à la tête desquels il faut nommer MM. Reuss et Wellhausen, y ont découvert et signalé bien des irrégularités et des incohérences. Toutefois, nous l’avons dit et nous ne craignons pas de le répéter, la critique rigoureuse du Deutéronome n'avait pas encore été faite : nous osons croire qu’on la trouvera dans les pages suivantes. Ce travail se rattache à un vaste ensemble entrepris à une époque déjà lointaine. Repris à divers moments après d'assez longs intervalles, avec l’aide de jeunes collaborateurs, il est enfin arrivé à un état d'achèvement au delà duquel, pour notre part, nous ne saurions le mener. Les documents fondus dans
le texte biblique sont maintenant isolés, et, autant que cela est possible, reconstitués dans leur état primitif. Le mode de composition, l’âge du Deutéronome, sont déterminés ; le but que s’est proposé le rédacteur est pleinement mis en évidence.
Dans les explications qui précèdent, nous nous sommes occupé de faire connaître d'une manière générale l’objet de notre travail. Nous avons maintenant à en indiquer le plan et les divisions principales.
Parlons d’abord de la structure de notre texte réformé, ou, pour nous servir d'une dénomination plus explicite, du texte du Deutéronome distribué selon les documents dont il'est formé. Ces documents sont au nombre de huit, re-
présentés par autant de sections distinctes. En voici
l’'énumération : Section [. — Un premier discours parénétique. Section IT. — Un second discours parénétique. Section III, — Une revue des principaux événements de la migration.
Section IV. — Programme des bénédictions et des malédictions que les Lévites doivent prononcer sur le mont Ebal.
Section V. — Autre série de bénédictions et de malédictions.
Section VI. — Promulgation d’une alliance entre lahveh et son peuple au pays de Moab.
Section VIT. — Collection des lois dites deutéronomiques.
Section VIIL. — Épilogue (1).
Voici maintenant le tableau succinct des altérations
diverses que ces documents ont subies dans la mise en
(1) Dans ce tableau ne sont pas compris quelques petits fragments isolés et comme égarés dans le texte.
œuvre. Pour le comprendre plus facilement, il sera bon d’avoir sous les yeux, en même temps que notre texte rectifié, le texte traditionnel, que l’on trouvera reproduit à la suite de cette introduction. Ici d’ailleurs nous ne faisons qu’exposer nosconclusions, nous réservant de les justifier dans l'examen spécial de chaque document.
1° La première anomalie que nous aurons à signaler est le déplacement du préambule du premier discours parénétique, qui en a été détaché pour être mis en tête du Deutéronome lui-même (D., 1, 1-5).
2° Entre ce prologue et le discours auquel il appartient en fait, se trouve insérée une partie de la Æevue de la Migration qui n’a aucun rapport, ou du moins n’a qu'un rapport tout à fait indirect, soit avec le prologue qui la précède, soit avec le discours qui la suit (D., I, 6. — IT, 29). Une portion antérieure de cette Revue en a d’ailleurs été, comme nous allons le voir, séparée par le rédacteur deutéronomique, et insérée par lui dans le Second discours parénétique. (D., V, 4-27; IX, 9-20, 25-29; X, 1-5, 10-11.)
3° Ce discours, dans le texte traditionnel, offre en effet deux récits, celui de la Promulgation du Décalogque, et celui de la Scène du veau d'or, dont la teneur contraste entièrement avec le caractère général du discours. L’examen attentif de ces deux récits montre d’ailleurs que tous deux sont interpolés, le second même d'une façon si grossière, que l’anomalie saute aux yeux. Enfin il y a tout lieu d'admettre que l’un et l’autre ont été, comme nous venons de le dire, empruntés à la Æevue de la Migration, où nous les avons réintégrés.
4° À la fin de ce même discours parénétique viennent inopinément trois versets (XI, 29-31) relatifs à la bénédiction et à la malédiction qui doivent être prononcées, l'une sur le mont Garizim, l’autre sur le mont Ébal. C’est
plus tard seulement, au chapitre XX VH, que se trouve le programme de cette cérémonie; ici nos versels sont comme égarés.
5° La Collection des lois, habituellement considérée comme le noyau du Deutéronome, n’est en fait, ainsi que nous l'avons dit, qu’un élément très distinct du reste.
Rien ne justifie la place centrale qu’elle occupe dans le.
texte traditionnel ; nous croyons lui avoir donné celle qui lui convient le mieux, en la plaçant à la suite des autres documents.
6° Après la Collection des lois vient, dans le texte traditionnel, un passage de quatre versets (XX VI, 16-19) faisant allusion à une sorte de pacte bilatéral conclu entre
lahveh et le peuple. Or il n’est question de rien de pareil
dans la Collection des lois, tandis que le fragment se rattache très bien à l'alliance conclue en Moab; c’est là que nous l’avons reporté.
7° Nous rencontrons ensuite un passage dans lequel Moïse ordonne aux Israélites, lorsqu'ils auront traversé le Jourdain, d'écrire toutes les paroles de cette loi sur des pierres enduites de chaux qu'ils devront dresser sur le mont Ébal; ils devront ensuite élever au même endroit un autel à lahveh (XX VII, 1-9). Par la place que ce morceau occupe, on serait tenté de supposer que le rédacteur deutéronomique en a voulu faire la conclusion de la Collection des lois; on trouvera dans notre commentaire l'exposé des raisons qui militent contre cette attribution ; néanmoins, à défaut d’une meilleure à lui assigner, nous avons laissé ce morceau à sa place traditionnelle.
8° Vient maintenant le programme de la solennité annoncée tout à l’heure : Bénédiction sur le mont Garizim, Malédiction sur le mont Ébal (XX VII, 11-26); mais le document. est tronqué : il y manque la série des bénédictions. |
9° A ce document succède une autre série de bénédictions et de malédictions sans désignation de temps ou de lieu. La première partie du texte remplit le chapitre XX VIII jusqu'au verset 68 inclusivement; la fin se trouve au chapitre XXX, dont elle occupe les versets 1-10.
10° Du chapitre XX VIII, 69, à la fin du chapitre XXIX s'étend la plus grande partie du discours relatif à l’alliance conclue au pays de Moab. La fin remplit les versets 11-20 du chapitre XXX ; mais il faut encore y rattacher, comme nous l'avons indiqué tout à l'heure, les versets 16-19 du chapitre XXVI qui, selon nous, en forment la conclusion naturelle.
Tel est le tableau sommaire des altérations apportées par le rédacteur deutéronomique aux documents qu'il a mis en œuvre. Si les détails que nous venons de présenter sont exacts (et l'examen approfondi des textes ne laissera, croyons-nous, aucun doute à cet égard), il faudra reconnaître qu'il n’y a rien d’exagéré dans ce que nous avons dit plus haut des procédés appliqués à la construction du Deutéronome. Il sera établi que le cinquième livre du Pentateuque est un composé de documents, tous ou presque tous préexistants, « rapprochés, coupés, morcelés, mêlés » avec plus ou moins d'art et de soin, pour servir au but qu'avait en vue le rédacteur.
Ce but, plus spécial que celui qui a présidé à la rédaction du Pentateuque dans son ensemble, a été, nous le croyons, de fournir à la nouvelle communauté établie à Jérusalem, un livre d’édification particulièrement approprié à sa situation politique et religieuse. Sous ce rapport, ce qu'il lui fallait surtout, si nous en jugeons par les renseignements que nous fournissent les livres d’Esdras et de Néhémie, c'était un préservatif contre l'influence des cultes idolâtres, pratiqués par les populations voisines; c'était un encouragement à persévérer dans la
foi au Dieu national, au vrai Dieu, à lahveh, et dans la pratique de ses lois. Or tel est le caractère essentiel du Deutéronome. Nous l'avons dit dans le bref résumé placé en tête de cette introduction; on le reconnaitra par l'étude attentive des textes placés sous les yeux de nos lecteurs.
Mais pour montrer que tel est en effet le caractère du Deutéronome, à côté de l’étude attentive des textes deutéronomiques, il faut également la connaissance exacte de la réforme civile et religieuse opérée par Esdras et par Néhémie. Dans les pages qui vont suivre, nous es-
sayerons de tracer, d'après le texte biblique, le tableau
de cette réforme.