‹ Mélanges de droit et d'histoireChapitre 4 sur 51 · HUE SOIIFPLOT, 23, PRES DC PANTHEON · texte numérisé non relu

HUE SOIIFPLOT, 23, PRES DC PANTHEON

Les Mélanges de droit et d'histoire, par M. Benech, comprennent une série de dissertations ou d'études biographiques, qui déjà avaient vu le jour, mais qui étaient éparses ou n'avaient reçu qu'une publicité incomplète. Elles viennent d'être réunies par les soins d'une commission choisie dans le sein de l'Académie de Législation et présidée par M. Laferrière, membre de l'Institut, inspecteur général des Facultés de droit. Elles paraissent enfin , comme l'annonce le titre de l'ouvrage, sous les auspices de cette compagnie.

Pour ceux qui habitent la province dans laquelle s'est écoulée la vie de l'auteur,. vie si laborieuse, si remplie, et qui a eu , hélas ! une fin si prompte et si imprévue, il ne serait pas nécessaire d'expliquer le motif de cette pieuse adoption. Mais il importe d'apprendre à ceux qui sont placés loin du siège de l'Académie de Législation, ou qui ignorent les circonstances de son origine, que M. Benech contribua

plus que nul autre, et avec ce goût passionné qui le dominait quand il s'agissait de propager la culture du droit et de la remettre en honneur, à fonder cette institution et à lui donner une assiette définitive. On était en mai 1851 . « A cette époque, disait le secrétaire perpétuel qui a succédé à M. Benech , le pays, troublé et éperdu-, désespérait de luimême, tandis que ceux-là étaient ivres d'espérances coupables, qui s'animaient à sa propre destruction. Convier, à une pareille heure, les esprits sur le terrain de cette science sociale à laquelle Leibnitz assignait le premier rang, raviver le culte de ces doctrines juridiques dont on ne peut contester la vertu cachée et ta force secrète qu'il est utile surtout de propager dans les mauvais jours; choisir, pour être le foyer de cette expérience, une antique cité qui avait été l'asile des lettres à une époque où elles étaient proscrites du reste de l'Europe, et qui n'a cessé d'être jalouse de sa renommée : une si heureuse conception n'avait-elle pas sujet de l'enorgueillir (1 ) ? »

Il ne suffisait pas , toutefois , à M. Benech d'avoir concouru à l'établissement de l'Académie de Législation. Il venait de relever la bannière du droit dans un moment où la société était livrée aux plus sombres inquiétudes et subissait une épreuve pleine de périls. Mais, pour un esprit tel que le sien, la tâche était à peine commencée. Il ne cessa donc, chacun le sait, après la fondation de l'Académie, d'imprimer un mouvement fécond à ses travaux , et d'entretenir en elle une salutaire activité, en même temps qu'il s'efforçait d'intéresser à sa destinée les plus hauts représentants des doctrines juridiques, soit en France, soit même en Europe. Et,

(1) Recueil de l'Académie de législation , t. Vr p. 370.

en effet, grâce à cette initiative, ceux-ci lui ont successivement apporté, les uns le précieux concours de leur savoir, d'autres tout au moins le crédit d'une glorieuse adhésion.

Il appartenait dès lors à une compagnie qui devait tant à M. Benecta, et qui, après lui, ressentait encore l'impulsion qu'il lui avait donnée et recueillait le fruit de son zèle scientifique, de lui payer le tribut public de sa gratitude. Pourquoi faut-il que l'expression d'un tel sentiment vienne réveiller de funèbres souvenirs et lui rappeler la perte cruelle de ses espérances !

Toulouse, le 1er juin 1857.

NOTICE

HISTORIQUE ET BIBMOGRAPIIIQrK

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