‹ Mélanges de géologie et de physique généraleChapitre 18 sur 69 · CD T3 P · texte numérisé non relu

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Ed général , pour un lieu donné , sur les courbes qui expriment les températures annuelles , les ordonnées des sommets concaves et convexes difiërent d'autant plus entre elles que les températures sont plus petites. Dans le nouveau continent, sous les &0'' de latitude , on trouve déjà plus de diJOTérence entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid de Tannée , que dans Tancien continent , de 56*" à 59° de latitude, à Copenhague, par exemple, et à Stockholm. A Philadelphie, le thermomètre descend tous les ans à lO*" ou IS"* centésimaux au-dessous du point de la congélation, quand, sous le même parallèle en Europe, on observe à peine — 2*. J'ai tftché de prouver, dans un autre ouvrage, combien cette circonstance, qui caractérise les régions désignées par Buffon sous le nom de climats excessifs ^ influe sur la constitution physique des habitants. Aux États-Unis, les Européens, et Ton dirait presque les natifs mêmes du pays , éprouvent une grande difficulté à s'acclimater. Après des hivers très-rigoureux , non sous le rapport de la température générale, mais sous celui des abaissements extrêmes , l'irritabilité du système nerveux se trouve excessivement exaltée par les fortes chaleurs de l'été. De cette cause sans doute vient , en grande partie, la différence que l'on observe dans la propagation de la fièvre jaune et dans les formes particulières que présentent les typhus miasmatiques, sous l'équateur et dans la zone tempérée du nouveau monde (43). Sur les hautes montagnes, dans les îles de peu d'étendue et le long des côtes ,

les lignes de température annuelle prennent à peu près la même forme que dans les climats chauds : elles sont cependant moins courbées; la différence entre les saisons devient plus petite. Au cap Nord , par 71' de latitude, sur la ligne isotherme de 0\ celte différence est presque de 6"" moins grande qu'à Paris, par liQ"* de latitude, sur la ligne isotherme de 10^ Les vents de mer et les brouillards qui rendent les hivers si tempérés diminuent en même temps les ardeurs de Tété (44). Ce qui caractérise un climat n'est pas la différence entre les hivers et les étés exprimée en degrés thermométriques; c'est cette différence comparée aux quantités absolues que présentent les températures moyennes des saisons.

IL Différences des Hivers et des Étés , en suivant , de C Ouest à CEst^ une même ligne isotherme.

Les différences entre les saisons de l'année sont moins grandes près des sommets convexes des courbes isothermes, là où ces courbes se relèvent vers le pôle nord . que près des sommets concaves. Les causes qui influent sur le relèvement ou la plus grande courbure des lignes isothermes, tendent aussi à égaliser les températures des saisons. L'Europe entière , comparée aux parties orientales de T Amé* rique et de T Asie , a ce que l'on appelle un climat des iles, et sur une même ligne isotherme, les étés deviennent plus chauds et les hivers plus froids , à mesure que, du méridien du Mont-Blanc, on avance

vers Test ou vers l'ouest. L'Europe peut être regardée comme le prolongement occidental de l'ancien continent, et les parties occidentales de tous les continents ne sont pas seulement plus chaudes, à égales latitudes géographiques, que les par ties orientales , mais même dans les zones d'égale température annuelle , les hivers sont plus rigoureux et les étés plus chauds sur les côtes orientales que sur les côtes occidentales des deux continents. La partie septentrionale de la Chine, comme la bande atlantique des États-Unis, offre des climats excessifs^ des saisons fortement contrastées, tandis que les côtes de la Nouvelle-Californie et l'embouchure du Colombie ont des hivers et des étés presque également tem-* pérés. La constitution météorologique de ces contrées du nord -ouest ressemble^ jusqu'au parallèle de 50* à 52% à celle de l'Europe ; et sans vouloir attribuer les grandes révolutions de notre espèce uniquement à l'influence des climats , on peut affirmer cependant que la différence qui existe entre les côtes orientales et occidentales des continents, a favorisé l'antique civilisation des Américains de l'ouest, facilité leurs qiigrations vers le sud et multiplié ces rapports avec l'Asie orientale ^ qui se manifestent dans les monuments, les traditions religieuses et la division de l'année. En comparant, dans deux sys-> tèmes de climats, les sommets concaves et les sommets convexes des mêmes lignes isothermes, on trouve, h New-York , l'été de Rome et l'hiver de Copenhague ; à Québec , l'été <ïe Paris et l'hiver de Pétersbourg,

- aes —

En Chine , par exemple à Pékin , où la température moyenne de Tannée est celle des côtes de Bretagne , les ardeurs de Tété sont plus fortes qu'au Caire, et les hivers aussi rigoureux qu*& Upsal.

La température moyenne de Tannée étant égale au quart de la somme thermométrique des températures hivernale, vernale, estivale et automnale, nous aurons sur une même ligne isotherme de IS* :

Au sommet concave, en Amérique (77° de long, occ 4e Paris)

iT =

près du sommet convexe , en Europe (dans le mérid. de Paris)

au sommet concave, en Asie (ll^'^de long, orient, de Paris)

— 4'-+-12%6 4-27*» + 12%ft

Cette analogie entre les côtes orientales de TÂsie et de TAmérique , prouve suffisamment que les inégalités des saisons , dont nous t&chons de fixer les rapports numériques, ont pour cause le prolongement et Télargissement des continents vers le pôle , le gisement des mers par rapport aux côtes , et la fréquence des vents nord-ouest , qui sont les vents de remous de la zone tempérée, non la proximité de quelque plateau, ou Télévation des terres voisines. Les grands plateaux de TAsie ne dépassent pas 52^ de latitude, et, dans Tintérieur du nouveau continent, tout Timmense bassin limité par les Âl-

leghanys et par les montagnes Rocheuses , et couvert de formations secondaires , n'a pas , d'après les nivellements faits dans le Kentucky , sur les rives du Monongahela et au lac Erié , 200 à 250 mètres de hauteur au-dessus du niveau de TOcéan (45).

Le tableau suivant indique, pour toute la zone tempérée habitable , le partage d'une même quan* tité de chaleur annuelle entre les deux saisons de Tété et de l'hiver. Les rapports qu'il renferme sont le résultat d'observations directes, ou d'interpolations entre un grand nombre d'observations faites dans des lieux très-voisins et situés sur un même méridien. On a suivi chaque courbe isotherme de l'ouest à l'est , en donnant la préférence aux endroits placés près des sommets de la courbe , comme présentant en même temps les plus grandes différences dans la distribution de la chaleur annuelle. Les longitudes sont comptées dans ce tableau, non d'après le méridien du Mont-Blanc, mais, selon l'usage commun, d'après le méridien de l'Observatoire de Paris.

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