MOYENNES
CàLCWÉES
des hiven.
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des étés.
ir,5
Les écarts autour de la moyenne , c'est-à-dire les inégalités des hivers sur une même ligne isotherme, augmentent k mesure que la chaleur annuelle diminue, depuis Alger jusqu'en Hollande, et depuis la Floride Jusqu^en Pensylvanie. Les hivers de la courbe de 20^ ne se trouvent pas sur celle de 15'*; on ne rencontre pas les hivers de la courbe de lô"" sur celle de lO"". En considérant isolément ce que Ton peut appeler un même système de climat , par exemple , la bande européenne , la bande transatlantique , ou celle de l'Asie orientale , les limites des variations deviennent plus étroites encore. Partout
où en Europe , sur /iO'' de longitude , la température moyenne s'élève :
à 15** les hivers sont àe +r à + 8°; les étés de 23" à 24
iO' — 0%5à + 3'*; 17'*à21
7^* 1/2 — 2%0 à + 2%3; ir à 20
En traçant 5 lignes isothermes , entre les parallèles de Rome et de Pétersbourg , l'hiver le plus froid qu'offre une de ces lignes ne se retrouve pas sur la ligne précédente. Dans cette partie du globe, les lieux dont la température annuelle est de 12%5 , n'ont pas un hiver au-dessous de 0% qui déjà se fait sentir sur la ligne isotherme de 10% Si, au lieu de s'arrêter à l'hiver le plus rigoureux qu'offre chaque courbe, on trace les lignes d'égale température hiémale (lignes isochimènes) , ces lignes, loin de coïncider avec les lignes d'égale chaleur annuelle (lignes isothermes), font des oscillations autour d'elles. Comme les lignes isochimènes réunissent des points placés sur différentes lignes isothermes , on peut examiner jusqu'où s'étendent leurs sommets. En ne considérant toujours qu'un même système de climats , par exemple , la bande européenne , on reconnaît que les lignes d'égal hiver, dans le maximum de leurs oscillations , coupent des lignes isothermes qui diffèrent de 5*. En Belgique (/i6) (lat. géogr. 52*; lat. isoth. 11'), et même en Ecosse (lat. géogr. 57*; lat. isoth. 7%5), les hivers sont plus doux qu'à Milan
(lat. géogr. /i5^28'; lat. isoth. 13%2), et dans une grande partie de la Lombardie. Plus au nord , dans la péninsule Scandinave , on rencontre trois systèmes de climats très-difTérents, savoir : 1* la bande des côtes occidentales de la Norwége , & Touest des montagnes ; 2" la bande des côtes orientales de la Suède , à Test des montagnes ; 3"* la bande des côtes occidentales de la Finlande, le long du golfe de Bothnie. M. de Buch nous a fait connaître la constitution atmosphérique de ces trois bandes , dans lesquelles Taccroissement le plus ient du froid hivernal se fait sentir de Drontheim au cap Nord , sur les côtes de Touest et du nord-est. Dans Tlle de Magerœ (tat. isoth. 0 ), située à l'extrémité boréale de l'Europe , sous le parallèle de 71% les hivers sont encore de 4* plus doux qu'à Pétersbourg (lat. isoth. d%8) ; mais la chaleur moyenne des étés n'y atteint pas celle des hivers de Montpellier (lat. isoth. 15%2). Aux tles Fœroe» sous les 62* de latitude géographique , les lacs se couvrent très-rarement de glaces ; et à un hiver si tempéré succède un été pendant lequel il tombe souvent de la^eige dans les plaines. Nulle part^ en dehors des tropiques, le partage de la chaleur annuelle entre les saisons n'est plus égal. Dans la zone tempérée , sous des parallèles plus rapprochés des nôtres, l'Irlande offre un exemple plus frappant encore de la réunion d'hivers éminenunent doux et d'étés froids et humides. Malgré la différence de &'* de latitude, les hivers y sont aussi doux qu'en Bretagne , tandis que la température moyenne des étés y est de S* moins
élevée; c'est là un véritable climat maritime. Le mois d'août qui, dans la partie de l'Europe oriebtalei située sur la même ligne isotherme, en Hongrie^ eôt dd 22% n'atteint à Dublin que 16' (&7). La température moyenne du mois de janvier, qui n'est à Milan et dans une grande partie de la Lombardie, que de 2% s'élève, en Irlande, à S*" ou k\ Sur les côtes de Glenarm , Situées sous le parallèle de Kœnigsberg(lat bk" 06')^ le myrte végète avec la même force qu'en Portugal (&8) : il y gèle à peine en hiver ; mais les chalebrs d'été ne sont pas assez fortes pour faire mûrir la vigne.
Ces exemples sulQOisent à prouver que les lignes isochimènes s'écartent bien plus des parallèles terrestres que les lignes isothermes. Dans le système des climats européens , les latitudes géographiques de deux endroits qui ont la même température an* nuelle ne peuvent diiEérer que de k"* à b^'i tandis que deux localités situées sur la tnéitae courbe isochi* mène peuvent, en latitude géographique, diflérer de 9"" à 10% Plus on avance vers Test, et plus ces diffé^ rences augmentent rapidement.
Les lignes d'égal été (courbes isothères) suivent une direction exactement contraire à celles des courbes isochimènes. Nous trouvons une même température d'été à Moskou , au centre de la Russie^ et vers l'embouchure de la Loire, malgré la différence de 11' en latitude. Tel est l'effet du rayonnement de la terre , dans un vaste continent dépourvu de mon*^ tagnes. 11 est assez remarquable que les inflexions des lignes isothères , et la répartition des mers et
des coDUnents sont telles sur le globe, que partout, dans l'Amérique septentrionale , en Europe et dans l'Asie orientale, la température moyenne des étés > entre 45' et 47*> ne s'écarte pas beaucoup de 18* centigrades. Les mêmes causes qui abaissent les courbes d'égale chaleur annuelle au Canada et dans le nord de la Chine, où la ligne isotherme de 11* à 13* cor^ respond aux parallèles de AS'' et 47% tendent à relever les lignes d'égal été ou courbes isothères.
Si grande que puisse être l'influence du partage inégal de la chaleur entre les saisons sur l'état physique des peuples, le développement de leur indus* trie agricole et le choix des plantes soumises à la culture, je ne conseillerais pas de tracer la courbe des hivers et celle des étés sur la même carte que les lignes isothermes. Cette réunion ne serait pas plus heureuse que la réunion des lignes de déclinaison , d'inclinaison et d'égale intensité des forceis magnétiques, qui cependant dépendent toutes les unes des autres. Au lieu de multiplier l'entrelacement de ces courbes, on se contentera d'ajouter aux lignes isothermes, près de leurs sommets, l'indication des températures moyennes d'été et d'hiver. C'est ainsi qu'en suivant la ligne de 10*, on trouvera marqué en Amérique, à
l'ouest de Boston f ~ \, en Angleterre (xW)» ^^ Hongrie (^). et en Chine (^).
D'après ce que nous venons d*exposer sur les proportions fixes ou les limites plus ou moins étroites.
entre lesquelles se fait le partage de la chaleur annuelle sur une même courbe isotherme , on peut juger jusqu'à quel point il est permis de dire que le cafier, F olivier et la vigne, pour être productifs , exigent des températures moyennes de 18% 16* et 12^ Ces expressions ne sont précises qu'autant qu'il est question d'un même système de climats ^ par exemple de la partie de l'ancien continent qui se prolonge à l'ouest du méridien du Mont-Blanc, parce que, en fixant dans une bande peu étendue en longitude les températures annuelles, on détermine aussi la nature des étés et des hivers. On sait d'ailleurs que l'olivier, la vigne, les céréales et les arbres fruitiers exigent des conditions atmosphériques entièrement différentes. Parmi nos plantes cultivées , les unes , peu sensibles aux rigueurs de l'hiver, demandent des étés très-chauds, mais peu longs; d'autres exigent des étés plus longs que chauds : d'autres encore , assez indifférentes à la température de l'été, ne peuvent braver les grands froids de l'hiver. Il résulte de là que, sous le rapport de la culture des végétaux utiles à l'homme, il faut discuter trois choses pour chaque climat : la température moyenne de l'été entier, celle du mois le plus chaud, et celle du mois le plus froid.
J'ai publié les résultats numériques de cette discussion , dans mes Prolegamena de distributione geographica Plantarum secundum cœli iemperiem, et je me bornerai ici à offrir comme exemples les limites de la culture de l'olivier et de la vigne. Le premier
est cultivé sur notre continent, entre les parallèles de 86* et &&% partout où la température annuelle est de IT^'à 1&%5 ; où la température moyenne du mois le plus froid n'est pas au-dessous de 5"" à 6*; où celle de Tété entier est de 22^ à 23\ Dans le Nouveau-Monde, la répartition de la chaleur entre les saisons est telle que, sur la ligne isotherme de 1&%5, le mois le plus froid est de 2% et que le thermomètre y baisse même pendant plusieurs jours à — lO"" et — 12*. La région des vins potables s*étend en Europe entre les lignes isothermes de 17* et 10% qui correspondent aux latitudes de âG"" et kS\ La culture de la vigue s*étend même , quoique avec moins d'avantage, jusqu'aux contrées dont la température annuelle descend à 9^ et à 8*,6 ; la température d'hiver étant à + 1* ; celle d'été à 19* et 20*. Ces conditions météorologiques se trouvent remplies en Europe jusqu'au parallèle de 50*, et un peu au delà; en Amérique, j usqu'à &0*. On a commencé, en effet , depuis quelques années, à faire de très-bon vin rouge à l'ouest de Washington, au delà de la première chaîne de montagnes , dans des vallées situées par 88*,5&'. Sur le continent de l'Europe occidentale , les hivers dont la température moyenne est zéro ne coaunencent que sur des lignes isothermes de 9" à 10*, par les 51* et 52* de latitude; en Amérique , on les trouve déjà sur des lignes isothermes de 11* à 12*, par les parallèles de AO* et Al\
Si, au lieu de considérer les inflexions générales des lignes isothermes , c*est-à-dire celles qui se pro-
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pageDt progreMiveoieot è de grandes distances en longitude I bous eoBsidàrboe les inflexions par<tielles oa les ^rtètms peirticutieri de ctimâts ré^ pandtts sur une étendue de terrain peu considéra** blci noilB retrouTons encore les tnèmes variations dans le partage de la chaleur annuelle entre les différentes saisons. Ces inflexiona partielles sotit les plus remarquaUes : i"" en Grimée ^ où le climat d'Odess* contraste avec celui des côtes sad-ouest de la €her^ sonnèsev abritées par les montagnes et propres à la culture de Tolivier et de Toranger ; 2^ 16 long du golfe de Gènes, depuis Toulon et les îles d'Hyères jusqu'à Nice et Bordighera (49) * où le petit palmier maritime, le Chamaerop»^ est à Tétat sauvage , et où Ton cultive en grand le dattier , pour en obtenir ^ non des fruits, mais des palmes ou feuilles étiolées; S"" en Angleterre, sur les côtes du Devonsfaire , où le port de Salcombe a été appelé, à cause de son climat tempéré i le Montpellier du nordv et où croissent, dans les Soutfa-Hams, des myrtes tels que lèGamellia japo^nica^ le Fuchsia coccinea et le Buddlqa globosa (50)> qui passent rhiver^ saâs abri , en pleine terre ; k" en France v sur les côtes occidentales de la Normandie et de la Bretagne. Dans le département du Fi^istèrev Farbousier:, te grenadier ^ te» Jucta gloriosa et aloïfoliai, rSriea meéiterraneav l'Hortensia, ie Fuchsia > le Dahlea , résistent eh ^leibe terre à rintsrapànë d'un hiver qui dure à peine quinze ou vihgt joufrs y, et qui auccède à Uti été peu chaud. Pendant cet hiver si court , le thermomètre baisse tiiielqneft>fe jnsqa'A
~ ê\ La êére monte dans les arbres dès le mois de février; mais, il gèle aouirent encore au milieu de maL Le Lavatera ariiorea se trouve sauvage à l'Ue des Glenans, de même que vis-à-vis de cette Ile, sur le contlneut, TAstragalus bajoDensis et le laurier-firaoc (Laurus nobiiis) (51).
D'après des observations faites en Bretagne » peu* dant douze années, à Saint-Malo, à Nantes et i Brest, la température moyenne de cette péninsule est au-» dessus de iS%5. Dans l'intérieur de la France, en ne considérant toajoors que des régions peu élevées au* dessus du niveau de TCk^éan, il faut descendre Sf" de la* titude pour retrisiver la même tempà^ature annuelle
On sait par les recherches d'Arthur Young, que malgré le relèvement considérable des deux lignes isothermes de 12"" et IS"" sur les côtes occidentales de la France (52) , les lignes de culture de Folivier, du maïs et de la vigne se dirigent dans un sens tout opposé, du sud-ouest au nord-est (53). Ce phénomène a été attribué avec raison au peu de chaleur qu'atteignent les étés le long du littoral (54), mais sans que l'on ait tenté jusqu'ici de réduire à des expressions numériques les rapports entre les saisons, dans l'intérieur et sur les côtes. Pour préparer ce travail , j'ai choisi huit lieux , dont les uns sont placés sur les mêmes parallèles géographiques , les autres sur le prolongement d'une même ligne isotherme. J'ai comparé les températures de l'hiver, de l'été et du mois le plus chaud : car un été d'une chaleur égale excite moins la force delà végétation qu'une grande chaleur
précédée par une saison froide. Les termes de comparaison ont été , le long de l'Atlantique , les côtes de Bretagne , depuis Saint-Halo et Saint-Brieux jusqu'à Vannes et Nantes , les Sables -d'Olonne, Ttle d'Oléron , l'embouchure de la Garonne , et Dax dans le département des Landes ; dans l'intérieur et sous les mêmes parallèles, Ghâlons- sur- Marne, Paris, Chartres, Troyes, Poitiers et Montauban. Plus au sud, les comparaisons deviennent inexactes, parce que la France , resserrée entre l'Océan et la Méditerranée, offre le long de ce dernier bassin, dans la belle région des oliviers , un système de climat particulier et très-différent de celui des côtes occidentales.
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