‹ Mélanges de géologie et de physique généraleChapitre 64 sur 69 · III. Zone da sad · texte numérisé non relu

III. Zone da sad

Ce qui donne pour l'Allemagne 1168 pieds ou S79",3. Ainsi les deux limites oscillent en moyenne de 1/12 , et l'altitude moyenne de TAUemagne est supérieure de 107 mètres, c'est-à-dire environ de 1/3 à celle que nous avons trouvée pour la France ; résultat que l'on pouvait prévoir d'après la puissance de la chaîne des Alpes dans le Tyrol, dans le Saltzbourg, dans la Styrie, dans la Carniole et dans les Alpes grecques, et d'après les autres groupes de montagnes distincts qui se propagent en grand nombre jusque dans la zone septentrionale.

Longtemps occupé vers la fin du dernier siècle , à prendre des mesures de hauteur en Espagne, sur les routes aboutissant de Barcelone, de Montserrat, de Valence , des Llanos de Almanza , de Madrid , de TEscurial et d'Astorga à la Corogne, je publiai deux profils de la contrée entière , avec l'orientation des projections verticales partielles. J'évaluai alors la hauteur moyenne de la Péninsule à 585 mètres ou

4806 pieds. A cinquante ans de distance, un géologue ingénieux, M. de Yerneuil, ayant rassemblé toutes les mesures qui avaient été prises depuis, la hauteur moyenne de TEspagne s'est trouvée être de 711 mètres ou 2190 pieds , c'est-à-dire que le nombre s'est accru de 1/7 (S7). Les résultats concernant les trois pays limitrophes sont très-frappants à première vue :

Hauteur moyenne de TAUemagne. 379"* (1168 p.)

— de la France. . 269 ( 828 p.)

— de TEspagne. . 711 (2190 p.)

La comparaison de ces chiffres montre tout d'abord quun vaste plateau, prolongé sans interruption , produit beaucoup plus d'effet sur la hauteur moyenne d'une contrée que les chaînes de montagnes dont les cimes neigeuses s'élèvent à une hauteur immense, mais qui présentent la forme d'une muraille, et n'ont jamais qu'une épaisseur peu considérable. La mer a englouti, dans la péninsule Ibérique , presque tout ce qui n'appartenait pas aux hautes plaines ; de là la ressemblance qui existe entre mes profils de l'ancienne et de la nouvelle Espagne , non pour les hauteurs absolues, mais pour la configuration du soL L'Allemagne , traversée au midi par la chaîne des Alpes, a vers le nord plus de /iSOO milles géographiques carrés , formant le tiers de sa surface, qui sont couverts de plaines à peine élevées en moyenne de 300 pieds au-dessus du niveau de la mer. Je puis, pour l'Espagne, indiquer les points

suivants « qui aideront à se représenter le caractèrt du sol À rintérieur du pays. Madrid est située à 6S5 mètres (1955 pieds) , Ocana a 70& mètres (3166 pieds), Yalladolid à 682 mètres (2199 pieds) « Burgos à 880 mètres (2608 pieds), Astorga & 737 mètres (2237 pieds), Zamora à 575 mètres (1769 pieds), Guadalaxara à 666 mètres (20&9 pieds) , Aranjuei , sur le Tage , à lilk mètres (1&58 pieds), Miranda del Ebro à 460 mètres (U16 pieds).

Si Ton évalue à 12 toises l^exhaussement général produit par le plateau de ta péninsule ibérique , dont la surface, égale à 13800 lieues marines carrées , est élevée de 300 k 330 toi8es(38); si de plus l'on considère que reflet produit par les montagnes de la Scandinavie et de r Allemagne septentrionale, par les Kar-* pathes et les Apennins, qui sur quelques points i tels que le grand Passo et le Monte-Yelino» atteignent une si grande hauteur ^ doit être au moins quintuple de celui des Alpes, on obtiendrai pour T Europe entière » une élévation de 105 toises ou 305 mètres « en comptant 65 toises de hauteur primitive pour les 158000 lieues marines carrées (88&60 milles géographiques carrés) des plaines de la Baltique , de la Sarmatie et de la Russie (39) ^ et quelque chose de plus pour les basses terres de la France, de T Angleterre et de la Hongrie.

IL Amériqdb do 8ub«

La configuration orographique des deux parties qui composent le Nouveau-Continent est extrême-ment simple , et il en résulte naturellement un peu plus d*exactitude dans les indications numériques dont elles sont Tobjet. L*Àmérique du Sud a 571000 lieues marines carrées. La ctiatne des Ândesi soigneusement mesurée depuis le détroit de MageU lan jusqu*à Fisthme de Panama « en occupe environ 50000* Cette chaîne s'abaisse d'une manière tellement sensible que^ sur de longs espaces, elle reste au-dessous de la région des neiges éternelles. De plus* elle est divisée en deux ou trois chaînes ou cardillerM par des vallées longitudinales creusées à une grande profondeur. Ces vallées^ dont le sol n'a quelquefois qu'une hauteur peu considérable, font que la masse des Cordillères est en réalité inférieure à ce qu'elle parait être sur nos cartes (kO). Bien que la crête moyenne des Andes, déterminée d'après les passages les moins élevés , atteigne au moins 1850 toises ou S605 mètres , il est prudent » pour les raisons que nous avons indiquées déjà , de n'assigner à toute la longueur du prisme triangulaire, représentant la chaîne des Andes, qu'une hauteur moyenne de 1350 toises ou 2/i35 mètres. L'exhaussement produit par la répartition des Andes sur toute la surface de l'Amérique méridionale est de &k\Qi il serait de SISS, si la répartition s'opérait seulement sur les plaines

situées à Test de la chaîne, et qui réunies occupent une surface de i!i2A.600 lieues marines carrées : à savoir, les plaines qui forment le bassin du fleuve des Amazones (260/iOO lieues mar. carrées), les Pampas du Rio de la Plata et de la Patagonie (135200 lieues man carrées) ; enfin celles qui bordent le cours inférieur de rOrénoque , le Meta et le Guaviare. On pourrait s*étonner au premier abord qu*une chaîne de montagnes qui, du détroit de Magellan jusqu'au point où elle se rattache à la chaîne côtière de Venezuela , n'offre en définitive qu'une longueur de 1460 lieues marines, sans compter, à la vérité, des flexions d'ailleurs peu considérables, occupe une surface de 59000 lieues marines carrées, ce qui suppose une largeur moyenne de &0,& lieues. Or aux endroits où les Cordillères ne forment que deux chaînes parallèles, séparées par un plateau, comme, par exemple, entre les nœuds de Loxa et de LosPastos, la largeur du relief entier ne dépasse pas ordinairement 10 à !& lieues marines. Mais si l'on examine avec plus d'attention la grande carte que j'ai dressée des Cordillères (41), on remarquera nécessairement les endroits où les chaînes de montagnes se renflent et s'élargissent, de manière à former de puissants contre-forts. Tels sont, par exemple, les promontoires de Cordova, de Salta et de Jujuy qui présentent, à l'est et au nord-est de Mendoza, une surface de 16000 lieues marines carrées; un plateau de 14800 lieues marines carrées situé entre Potosi , le promontoire de Cochabamba et le nœud de Cuzco, et qui enferme le lac de Titicaca; les hautes plaines de

Pasco et de HuaDuco, où les Andes se divisent en trois branches ; le large nœud qui sépare Caxamarca et Loxa ; le gonflement de la province de Los Pastos^ qui se prolonge jusqu*à Timana et Popayan; les plateaux compris entre les trois chaînes dont la divergence est si marquée , depuis les sources du Rio Gauca et du Rio Magdalena jusqu'à Santa-Rosa et Pamplona; une autre masse puissante de 5000 lieues marines carrées , qui remplit une portion considérable du territoire de la Nouvelle - Grenade ou république de Cundinamarca ; enfin le gonflement si lue entre la Sierra-Nevada de Mérita et le Grita. Si diminuant d*un quart environ la surface occupée par la chaîne des Andes, on la réduisait à une aire de 45000 lieues carrées, Texhaussement général de TAmérique méridionale serait aussi diminué de 15 toises, c'est-à-dire qu'il serait encore de 49S6. Si au contraire on ajoute 12 toises pour les petits groupes de montagnes situés à l'est des Cordillères (42), pour la chaîne côtière de Venezuela , la Sierra Parime, voisine du haut Orénoque , et les plateaux du Brésil , et si Ton évalue à 100 toises la hauteur moyenne des basses terres, on obtient pour le centre de gravité du volume de l'Amérique méridionale une hauteur de 177 toises ou 345 mètres au-dessus du niveau actuel de l'Océan.

La surface servant de base à toute la région montagneuse des Andes, à la chaîne côtière de Venezuela, au plateau du Brésil et à la Sierra-Parime, qui suit le cours inférieur de l'Orénoque, comprend environ

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93000 lieues mariDes carrées. L'élément quMntro* duisent h leur tour dans la masse des montagoes les basses terres , qui forment cependaut de^ plateaux élevés d'une certaine hauteur au-dessus du niveau de rOcéan , exige une correction de 19 toises seulement & déduire de la hauteur admisse comme hauteur primitive. C'est la rectification dont j'ai parlé au commencement de ce chapitre, et qui pour l'Europe ne serait que d'un petit nombre de toises. Les plaines de l'Amérique méridionale, situées dans l'hémisphère du sud, ont, de l'est à l'ouest, une inclinaison ascendante si peu sensible, que, près de Tomependa (lat. ô'^Sl'), dans la province de Jaen deBracamoros, la partie de ces plaines qui s'adosse au versant oriental des Andes n'a pas plus de 207 toises ou kO& mètres de hauteur verticale (43).

IIL ÂMéRIQCB DU NOHD.

La surface de l'Amérique septentrionale comprend environ, depuis l'isthme de Panama jusqu'au détroit de Barrove, 607000 lieues marines carrées, s^qr lesquelles 328000 environ, situées entre les AUeghanys et les Rocky-Mountains , dans les possessions anglaises du Canada et de la Nouvelle-Galles t dans le Labrador et dans les contrées septentrionales où se sont réfugiés les Indiens, sont remplies par des plaines ou savanes qui se prolongent presque sans interruption. Les masses à répartir sur les basses terres, dans l'opération hypsométrique qui nous oc-

cupe, wnx : i* le9 hautes plaioe» et \^ partie montagneuse du Mexique et de TÊtat de Guatemala ; ^ les Boçky-MouDtains» le puissant prolongement des montagnes qui traversent le Nouveau-Mexique, sous le nom de Sierra de las Grqllas ; 3* la chaîne des Aller gbanys , fort longue mais peu élevée. La surface du Mexique et de TÉtat de Guatemala est (le 93000 lieue? marines carrées » sur lesquelles la base de la partie montagneuse en occupe /i2000, et /iSOOO en y joignant les Rocky-Mountaius. La chaîne mexicaine des Andes s^abaisse depuis le 18' et le 10* parallèle, c'està-dire & partir du volcan d*Orizaba, haut de 5295 mètres, et du Popocatepetl, qui en a 5&00, jusqu*à Santa Fe et Taos dans le Nouveau-Mexique, à tel point que nulle part elle n'atteint la lin^ite inférieure des neiges éternelles, bien que celte ligne s'abaisse rapidement vers le nord {kk). Dans les expéditions de 18/i2 etdel8/i4, le sa vaut et courageux colonel Frémonta gravi, dans le groupe des Wind-River Mountains , par &â%10', une cime de AI 35 mètres, que le colonel Abert a nommée sur sa grande carte Fremonf^ Peak. Les investigations et les mesures du cplonel Frémont embrassent l'immense contrée qui s'étend depuis le confluent du Kanzas-Biver et du Missouri jusqu'aux chutes d'eau du Colombia et aux missions de Santa Barbara et de Pueblo de los Angeles, dans la haute Californie ; c'est-à-dire un espace de 28** de longitude ou de 'àliO milles géographiques , entre les 3&' et /i5* parallèles. /iOO points ont été mesurés à l'aide du baromètre et le plus souvent aussi astronomique-

ment , de façon que Ton a pu représenter en profil une étendue de pays qui , depuis rembouchure du Kanzas-Ri ver jusqu'au fort Vancouver et aux côtes de la mer du Sud , n*a pas , en tenant compte des sinuosités de la route, moins de 900 milles géographiques ; c'est presque 180 milles de plus que la distance de Madrid à Tobolsk. Sous les latitudes moyennes de 37^ à 43% les Rocky-Mountains offrent, outre de grandes cimes neigeuses, comparables pour la hauteur au pic de Ténérille , des plateaux d'une telle dimension qu'on n'en trouverait de semblables en aucun autre lieu de la terre. Ces plateaux ont, dans la direction de l'est à l'ouest , une étendue presque double de celle des plateaux mexicains, dont j'ai donné les mesures et le profiL Depuis le groupe de montagnes qui commence un peu au nord du fort Laramie, jusque par delà les Wahtsach Mouniains ^ il existe un renflement non interrompu du sol , qui varie de 1600 à 2300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cet espace, nommé ihegreat Basin^ qui forme une vaste vallée longitudinale entre les Rocky-Mountairis et la chaîne neigeuse qui borde les côtes de la Californie , est plein de lacs salés, dont le plus grand, désigné, dans une grande carte du Mexique, sous le nom de Laguna de Timpanogos , a une hauteur de 1280 mètres (45).

En attribuant aux masses montagneuses du Mexique et du Guatemala, ainsi qu'aux Rocky-Mountains, une hauteur moyenne de 800 toises ou 1560 mètres, l'exhaussement du sol dû à ces montagnes serait de

31 toises ou 60 mètres seulement ; mais si l'on considère la longueur du plateau mexicain , tel qu'il est représenté dans les profils de mon Atlas de la Nouvelle-Espagne, on est tenté d'augmenter cet effet d'un tiers au moins, et de le porter à 42 toises (81 mètres). Les ÂUeghanys ou Apalaches, partagés en chaînes parallèles de formation silurienne et dévonienne, et de calcaire houiller (&6) , occupent une surface de 2700 lieues marines carrées, et ont une hauteur moyenne de &00 toises (780 mètres) ; ils donneraient à peine un exhaussement de 1 toise. La hauteur primitive des basses terres (&7), diminuée de la quantité qu'il convient de retrancher en raison de Teffet de réaction produit par la hauteur des plaines sur la base des masses montagneuses, est de Ik toises(l/ii!i mètres); par conséquent la hauteur moyenne de TAmérique septentrionale peut être évaluée à 117 toises (228 mètres). L'Amérique méridionale nous a déjà donné pour résultat 177 toises (â&4 mètres). Mais comme les deux parties du nouveau continent ne sont point d'égale étendue, que l'une a une surface de 571000 et l'autre de 607000 lieues marines carrées, il en résulte que le centre de gravité de leurs volumes réunis ne doit point être placé au-dessus de 1&6 toises ou 285 mètres.

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