XL. Prépositions suivies du nominatif
DE
Pronom personnel sujet des particules oui, non
et d'autres propositions sans verbe.
La particule ne sans verbe
Diez a étudié * la combinaison de la particule d^affirmation ou de négation avec un pronom personnel préposé, ou postposé, sujet de la proposition que représente cette particule. Il a montré que ce phénomène appartient au provençal ; mais les exemples qu'il cite à la suite pour Titalien [io si, io no, non già io)^ et pour l'espagnol [eao si, eso no)y ne sont pas tout à fait de même nature.
Dans les exemples italiens et espagnols, en effet, le pronom personnel a une force qu'il n'a point dans les locutions provençales, « oui » ou « non » n'ailirmant ou ne niant expressément que pour le sujet ou le complément représenté par le pronom personnel : io si signifie « moi, certainement, peut-être pas un autre » ; non già me, « non pas
I. Gr. III* 319 (292\ [Les chiffres entre parenthèses indiqueront, chaque fois qu*on cite la Grammaire dé Diez, les pages correspondantes de la traduction française.) (N. d. trad.)
Mélange* de Grammaire française. l
moi certainement, mais peut-être quelque autre ». Dans le provençal, au contraire, le pronom personnel ne sert nullement à opposer Taflirmation ou la négation à une négation ou à une affirmation qui serait applicable à un autre sujet ; il est là uniquement pour rappeler ce qui est nié ou affirmé par les particules en question ; il a un rôle analogue à celui du verbe employé avec ces particules dans les exemples que cite Diez^. D'autre part, les locutions provençales sont exactement semblables aux locutions de Tancien français que Diez en a rapprochées ^ : je nàn^ il noriy non il^ nen il^.
J'ai, de mon côté, exposé et comme étant mon opinion personnelle ^, qu'en ancien français, tout autant que la
i. Gr., loc, cit., 2 et p. 436 (403).