‹ Mélanges de grammaire française, traduction française de la 2. édChapitre 60 sur 169 · L'édition do Reugnot porte quiere^ qui vaut mieux · texte numérisé non relu

L'édition do Reugnot porte quiere^ qui vaut mieux

ACCOKD DE l'adjectif JOINT A UN PARTICIPE 99

Joint à seme\ cler^ ainsi que dru, espès, semble être invariable; du moins je ne connais pas de passages qui prouvent le contraire. Cependant, si je n*en ai pas trouvé, c'est peut-être un effet du hasard; .puisqu'on dit erbes.., clercs nées Por les pierres espès semées (Rose, 10907), clercs semées ne paraîtrait pas moins naturel. Au lieu de le felenesse [gent) Qui dru semée est et espesse (Form.HV, 796), on serait tenté de lire drue est s. et esp. ou semée est drue et csp. ; mais rien ne force de rapporter espesse à semée,

coi. De ce mot fu Danemons abaubis Et quois taisans (Enf. Og., 4704); comp. Mais du sorplus me tairai cois (VdlMort,XLII, 12).

cor t. Dous plichuns ot desuz, qui furent curt lié (SThom., 5692); cours et estrois viestis (GMuis., II, 271) ; ai/x hommes cours vestus (Latour Landry, 89); tandis que le français moderne dit : avec ses jambes grêles courtvêtues (ADaudet, Evang., 35); une déesse souriante, furtive et courtvêtue (LDaudet, ADaudet, 87).

demi, dans sa composition avec des adjectifs, reste aujourd'hui invariable : demi-complet, demi-embrassé, demi-fermé, demi-fin, demi-submergé, etc. On le traite donc un peu autrement que tout, qui, du moins en partie, s'accorde toujours avec l'adjectif suivant. L'ancienne langue ne connaît guère demi que s'accordant avec l'adjectif ou le participe suivant : on Vi porte Si com famé demie morte (GCoins. 264, 130) ; Se fust demie morte (Berte, 2128) ; par sa grant biauté Èust demie morte same (Méon, II, 83, 2603); apparuit demeie brulleie (dimidia apparuit incensa) (Dial. Gr., 268, 15) ; Mais ele est demie perdue (Ferg., 113, 16) ; Et il Va bien demie traite (tespee) (Perc, 4313); comp. Et estoit ja demis de fors (RCharr., 572). Aussi suis-je surpris de

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trouver lor mènbres de mei (1. demei) nuz (SSBern. , 17, 6).

Dans Li bers qui estait ars demi (NDChartr., 66), il est employé adverbialement après le participe.

Devant le substantif^ ce mot reste invariable à une époque beaucoup plus reculée, ce qui en fait bien nettement le premier élément d'un composée

douz est-il adverbe ou adjectif dans Ne fu espineus ne sauvages [li arbres) y Mais douz oudorans et souez (Wsiir.j 90, 225 )? Il est difficile de répondre à cette question. A comparer à cet exemple fleurs si tresdous odorans (Jub. NRec, I, 256), on serait porté à en faire, avec Scheler, un adverbe ; mais, d autre part^ souez est indubitablement un adjectif, et s'il faut^ sans doute^ admettre sa coordination à douZj douz sera aussi un adjectif. Citons encore choses creableSy Douces entrans et vraisemblables (Clef d*Am., 798). La locution la douce née (Escan., 3843) se range à côté de bêle née, dont nous avons parlé plus haut.

droit. Et fu (le cheval) hardis et drois alans Et délivres et remuans (Parton., 9635);comp. vos nalés mie drois (Mitth., 27, 2).

dur. Or sui ge li plus durs férus (RCcy, 4469) ; et dans un autre sens : cliketis de couz d'espees Sor. ces armes dures temprees (Tr.Belg., 1, 179, 130) ; Plus dure engelee que groe (VdlMort, LXVII, 9) ; œufs durs cuis (Ménag.,

1. D*après Darmsteter, Form. des mots comp., p. 25 {2^ éd., p. 27, note 4), cet emploi ne remonterait pas plus haut qu*au xvi* siècle, mais on rencontre plusieurs fois demi louée dans Bauduin de Sebourc et Bastart; v. aussi Ammon fu demi frères (a Thamar) (GMuis., II, 103) ; et y séjournâmes demy journée (S. d'Angl., 3). — Deux exemples pour demi lieue sont cités par Knôsel, Das afz, Zahlworly Erlangen 1884 p. 45. — Dans Ch. Roi., 432, je n'oserais laisser Demi Espaigne, comme le fait encore Stcngel.

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II, 225). Serait-ce correct de dire : Las y jou sui li dur ëuréSy Qui trop m'i sui assëurés (BCond., 354, 2482)? A côté de durfëUy dont le premier élément reste invariable [durfëuesy Ille, 1257; durfëus, VdlMork, CCCXII, 4), durs feus semble être bien rare. On le trouve dans VdlMort, XCII, 6.

estroit. Comment voit on les gens cours et estrois viestis (GMuis., II, 271). Mais on trouve, par contre^ estreit vestuz (Désiré, 19) ; çainte siestroit (Barb. et M., III, 60, 136).

fer. Mais garde qu'il soit fers tenus (JBodel dans Th. frç. au m. â. 177).

fin. Sériés tote garie et fine Quite de cest mal et délivre (Guil. Pal., 1090) ; Ainsseroietous finsgaris (ibid., 2867) ; Car tant est fins sëurs k'en lui n'a coardie (BComm., 640) ; Que cil est fins honnis qui mauvaistié fera (ibid., 3630) ; cil fust tresfinz ëureuz (Escan., 111) * ; •/« ne verrez home fin sage De nul mestier . . . , Se il ni met son sens (Barb. et M., III, 217, 68) ; aucunes des pennes sont fines blanches (Ménag., II, 303) ; Lors le tesmoigne a fin hardi {Cleom.y 11206)^.

Dans un autre sens' on dit : Courte la belcy la tresfine aceree (Enf. Og., 4307), qu'il faut rapprocher de armes dures temprees.

fres. L'exemple perdris... fresches tùees (Ménag., 11,90) nous donne le droit de considérer fres comme adjectif dans les passages suivants : Sor et blanc harenc fres poudré (Barb. et M., II, 277, 19); se le lièvre est mengié

i. Voir aussi le Glossaire de la Chronique de Froissant, par Scheler, qui rappelle avec justesse le passage de La Fontaine toute fine seulelte, dont parlent Littré fin 5, Livet, Lexique de la langue de Molière, II, p. 380, et Clément, HEstienne, p. 406.

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