CLASSE DE PHILOSOPHIE. DISSERTATION LATINE
Second prix.
Publié dans les Annales des Concours généraux ou T\ecueil de toutes les compositions couronnées au Concours général ( 1810-1828 ), par Belin et Roche (Hachette, éditeur).
Page 1. — Voyez Biographie d’Alfred de Musset; tome Ier, pages VII-IX.
1 ’JUSGLAJS MAJ\GEUJ{ D'OPIUM
Publié en 1828 (voir Biographie, t. I,r, p. XIV) sous le titre : L'Anglais mangeur d'opium , traduit de l'anglais par A.-D.- M., Paris, Marne et Delaunay-Vallée, libraires, rue Guénégaud, n° 25; imprimerie de Cosson, 9, rue Saint-Germain-des* Prés.
L’original anglais, Confessions 0 J an English opium eater, paru dans le London Magasine de 1821, puis publié en volume, et à plusieurs reprises retouché et augmenté par l’auteur, eut sept éditions.
L’auteur était Thomas de Quincey, de Manchester (1785-1859) qui fut l’ami de Coleridge, de Woodsworth, chefs de l’école lakiste. Ruiné par le désastre d’une banque, il écrivit beaucoup
NOTES
dans lesreviews. Ses œuvres complètes furent publiées en 1850 et 1862. Rêveur, humoriste, on lui reconnaît beaucoup d’imagination et d’esprit; sa raison résista à l’usage et à l’abus qu’il fit de l’opium et aux étranges hallucinations que révèlent ses Confessions.
Le traducteur a pris des libertés avec l’original, par des digressions personnelles et des suppressions. Elles ont été contrôlées sur le texte anglais et constatées par M. Arthur Heulhard, auteur d’une notice précédant la seule réimpression qui, sur le seul exemplaire connu, communiqué obligeamment par son propriétaire, ait été faite de la traduction de Musset (. Moniteur du Bibliophile , 34, rue Taitbout, in-4°, 1878).
M. Heulhard signale, par exemple, comme étant une intercalation certaine de Musset, la citation d’un vers d’André Chénier (voir p. 19). — Ajoutons enfin qu’une lettre de Musset à Paul Foucher, du 23 septembre 1827, à laquelle fait allusion l’éditeur de 1878, semble attester les idées noires qui le hantent. Il y déplore avec amertume ses « dégoûts » et ses « ennuis ». Il n’a plus, dit-il, « le courage de rien penser », et, s'il était à Paris (la lettre est écrite duCogners, département de la Sarthe), le punch et la bière l’étourdiraient et le « soulageraient ». Et, continue-t-il, si l’on risque d’endormir par Yopium un malade jusqu’à la mort, il « agirait de même avec son âme ». Voilà écrit enfin le mot qui le conduit à l’ouvrage de l’Anglais Quincey.
Nous reproduisons intégralement le texte de l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale (Réserve, p y2 262).
Nous devions respecter et nous avons respecté l’orthographe de Musset (en 1828), par exemple la suppression du t au pluriel des substantifs terminés par la syllabe ment , des adjectifs terminés en ant, et des participes présents ; et encore le mot « alchool » (sic), aujourd’hui écrit « alcool ». Il nous est arrivé seulement de rectifier quelquefois la ponctuation, quand elle était évidemment fautive par erreur d’impression.
Page 13. — 1. C’est-à-dire ce qu'entendront les gens intel • ligents , ou, comme dit notre proverbe, à bon entendeur salut.
Page 14. — 1. Proprement, en improvisant.
Page 15. — 1. Mot forgé du grec, « le premier de nos maîtres ».
Page 21. — 1. Les sept dormeurs. La Légende ’ dorée raconte qu’en l’année 249, première du règne de Décius et de la 7° persécution contre les chrétiens, sept frères s’étant réfugiés dans
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une caverne, l’empereur en fit murer l’entrée pour qu’ils y mourussent de faim. Ils s’endormirent et se réveillèrent au bout de 77| ans.
Page 27. — 1. Mes saphiques ou alcaïques grecs , strophes de la métrique grecque, dont les noms sont tirés de ceux des poètes Aicée et Sapho.
Page 27. — 2. Shelley , poète anglais (1792-1822J, ami de lord Byron; poèmes divers et tragédies.
Page 32. — 1. Dr Johnson (Samuel), littérateur et polygraphe anglais, 1709-1784. Enterré à Westminster.
Page 34. — 1. Sine Cerere , sans pain. (Cérès était la déesse mythologique de l’agriculture.)
Page 34. — 2. More Socratico , à la manière de Socrate.
Page 44. — 1. Ibi omnis effusus labor (tous mes efforts étaient perdus), dit d’Orphée à qui échappe Eurydice (Virgile, Georg., IV, vers 491).
Page 44. — 2. Otway (Thomas), célèbre poète dramatique anglais, 1651-1685, à la fois auteur et acteur. Il vécut presque dans la misère.
Page 50. — 1. Mot à mot : remède sans souffrance, pour toute souffrance, panacée.
Page 50. — 2. Eæ cathedra , mot à mot : du haut de la chaire. Enseigner eæ cathedra, dogmatiquement.
Page 51. — 1. Meo periculo , à mes risques et périls.
Page 57. — 1. Marinus , philosophe platonicien du v0 siècle après J.-C. ; disciple et successeur de Proclus.
Page 59. — 1. Plus ordinairement « antre » de Trophonius. Architecte du temple d’Apollon, il reçut du Dieu le privilège de rendre des oracles dans une grotte voisine de Delphes, au fond de laquelle des épreuves effrayantes attendaient les incrédules et aussi les adeples.
Page 61. — Behménisme. De Behmen, génie persan dont le nom signifie doué d'une bonne âme. Sa fonction était d’apaiser la colère.
Page 67. — 1. Custos rotulorum , gardien des rôles, actes, titres, minutes, etc., c’est-à-dire greffier ou notaire.
Page 67. — 2. Rout, plus communément raout, assemblée
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nombreuse de personnes du grand monde, dit Littré (Dictionn.).
Page 79. — 1. Allusion à Or este, tragédie d'Euripide.
Page 81. — 1. Mot à mot : en partie avant, en partie après.
Page 83. — 1. Anastase. Moine italien, bibliothécaire du Vatican, écrivit une Histoire ecclésiastique. Mort en 886.
Page 83. — Adelung , Poméranien, mort à Dresde, 1732- 1806; linguiste, dont le Mithridate a pour sous-titre Tableau universel des langues , avec le Pater en 500 langues.
Page 87. — 1. In médias res, en plein sujet. Expression d’HoRACE ( Art poét ., vers 148.)
Page 88. — 1. Samson Agonistes, tragédie de Milton. Le grand poète aveugle s’y peint dans le personnage de l’Israélite qui gémit sur sa cécité.
Page 88. — 2. Wordsuaorth , 1770-1850, poète anglais, excella dans la littérature que ses compatriotes appellent la poésie du foyer.
Page 88. — 3. Ricardo (David), de Londres, 1772-1823, économiste. Son principal ouvrage (1817) est Principes de l'économie politique et de l'impôt.
Page 96. — 1. Piranesi (Jean-Baptiste), 1707-1778, de Rome; et son fils et continuateur Piranesi (François), 1748-1810, de Rome, dessinateurs et graveurs. Il s’agit ici du premier. — Coleridge , poète et philosophe anglais (1772-1834), célèbre par son étincelante conversation.
Page 97. — 1. Shadwell (Thomas), 1610-1692, poète anglais, particulièrement poète dramatique. Il mourut pour avoir pris par erreur une trop forte dose d’opium.
Page 102. 1. Cceteris paribus, mot à mot : toutes les
autres circonstances étant pareilles.
Page 102. — 2. Cf. Gilbert ( Adieux à la vie) :
Ciel, pavillon de l’homme, admirable nature,
Salut pour la dernière foisl
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