PARIS
Chez RAYMOND, Libraire, rue de la Blblîothèq^aet
DE
ET
ou-
tSlUyneétla Dalmatien ou Mœuts, Coûtâmes et Usages de leurs Habitante
CluAND le dernier gdavernemeot françôîs eut étendu sa puissance jusqu'aux fimites de Pan« cienne Grèce, et <]u'il constitua en gouvernement provisoire, ^us le nom d'IUyrie, les provinces d'Istrie, de Carniole, dé Carintfaie, de Croatie et de Daimatie, ehy joignant ila république de Raguse, il y avoit trés^peo de voyageurs en France et méoié en Europe qui éusifent poussé leurs recherches sur cette vieille terre où l'on supposoit à peine quelque restis tle civ^satioii; Lies événemêns^de k gu^re et ceut de la poli^ tique ne târdèirenti pa6 à y èondtr^re une quan-^ tité considérable de François ^ tantôt sous les drapeaux de Bariuée, tantôt à> la su^te âes admi^ IL 1
cistrations ; et les loisirs d'ane assez longue pabi donnèrent à ceux qut étoient doues de quelque talent d'observation, tout le temps nécessaire pour le mettre en usage, et pour rassembler 6ur Thistoire morale de l'IUjrie -moderne une foule de documens que leurs prédécesseurs n'avoient pu recueillir qu'en courant. Ce pays, confié tour à tour à trois gouverneurs éclairés, et administré en géuéral par des hommes qui réunissoient des connoissances variées dans ]a littérature et dans les sciences à celles qu'exigeoient leurs fonctions spéciales , n'offroit pas une p^rticutarite^r^ marquable qui pût se dérober à l'investigation des savans répandus sur sa surface; et jamais circonstance n'avoit été plus &vorabl0 k la eempo* sition d'une^bonne statistique, lléiait enfin â^^vl* tant plus fiicile d'en recueillir lès élàneins^ ique l'IUyrie étoit eUè»mâmetine pépinière d'érudits> déjà riches par leurs ttadîtidns du par leurs |iropres diécouvértes:, dès matériants; lés iflusidbb ^rtans^ des pièeesi les plus rures^ des^fenseigne-^ ^en^ les.j^us ôntvieuK^ et toujours > pk^fes à les qoiliiùuniquer {(vec cette^ af&biHté -prévenante ^ et , iprâr jûieuz direi, affectueuse^ ^l est un des tjiaîî^ di^tincti&S'dii'rearractèrBlimtsoôal de ces exodtlens «peuples^* f H isr'y «voiftiriéd Aè phis aisé /(Idnsl'^iit deaicjbûseaquè dTétafifiri^hr; (toute là /lliBia^e 4es jprofl[aatcfis uni système tdb /relatioDS
fnâ rapporteroit de toutes parts oes élémens di** ▼ers à un centre oomraun , et je soumis cette idée à M. le comte Bertrand , <pÀ s'empressa de l'accueillir. L'évacuation de llllyrie arriva trop vite pour que l'Académie libre, qui ocmcouroit à l'exécution de ce plan , ait pu lé pousser bien loin; mais on sent quelle supériorité auroit eu un pa^^ retl ouvrage sur les itinéraires improvisés de deux ou trois écrivains estimables, mais mal diri* gés , qui avèrent pris tout au plus quelques notés fugitives sur des usages dont ils méconnoissôietit lé plus souvent le véritat^lè dbj^ty àil milieu â^iM peuple Aôttt ils îgnordii^t )u^u% la langue.
J^i n'éi pas de^sîetn de lii^î< dé Ms coiisldélt*
tîoiis préliminaires tihë iiddcictioif dé&totable à
l'ouitrtige que fanàoàcej fl -est trés-bioii fpO^if
la coHecition dont il fSsrit partie, et qui ne se eeim^
pose nécessaiTemcfnt que ^ MéttloireS; tih peu
superficiels. C'est, ccmiine on sait, tbiit^^ti'il
&utsur la statistique,^ t%islruc(ton é( au plài-
sir des geiis du monde; tnafii'fai dû rëmài^qtér
seulement qû'ôtl suiVroit idésorèfislis d^autres
guides , pour la rédatftioh'd^ûrie hiàtoîrt dè'i'iHy-
rie moderne , que M. Hacquet et M. l'abbé For^
lis. Le pr e m ie r n' a guère visité , au m o ins en tlé-
iail, que l'attcienfie Uly^rk vindiquQy^t.piirticu-
fièrement la Carniole^qui estla jdus.cdn'aûe de
ces provinces^ le second n'a vu que la Dalmatié^
et Yet vue éxtrênieiiieQt. vite , si ce n'eiit en ce ^» eonceme la géoIogiQ ^ dans laquelle il étoit très-* versé.* Ses récita, v^i^iés^ curieux , mais! pleins d'i^ nexactitudes el de choses hasardées y ont été démentis presque de ploipt en |>oint dans Fexcellejite r^ût^tioD de Lovrich (i) ,- q^i est un des modèles de ce genre de polémique. M. Cassas^ enfin, a parcouru l'Istrie etla Dalmaiie en ar* liste et en amateur, plutôt qu'en historien et en philosophe^ et compae* la Croatie est un pays qui n'a d'autres antiquité que les sublimes an-^ liquités d'une :natijurei encore vierge, il l'a traver-" sée S9D8 y arrêter se^ rie^rdsr, quoiqu'il n'y ait aucun lieu du mon^^ :plâs digoe.de eeus del'pb* i^eryàiteur , et sous le rapport de sa constitution f>hysique , et sous celui de sa constitution poli^ iiqi^e et morale^ M. Breton a essayé d'y pourvoir .danSilQ pqtit ouvrage 4^njt je rends compte (pag. :5p à 7^ du tofue U),, par uq Mémoire très-bon ettrès-exàctsur la Croatie militaire; msâs il u't ^ft pourvu que jusqu'à un certain point ^ quoique ^e n'aie rîen ta de plus satisfaisant en françois^ Xa Croatie mérite l'honneur d'une histoire spé*' .civile.'.
"< (^t) 'Osierrazipni di Gio^nni Lovrich ^oprA,di9ersi pêzzùwiel viag'gio in Dmlmojsià* In F'eheùay 1776»
^^n n^éciiroîtplusl'faistaire delà Dalmatiesàns consulter le précieux monumeut que M. le comte Krig]idnovich Albiooni a consacré à* cette pro* fince (i) y et qui est à la vérité si peu connu en France , que M. Brunet ne l'a pas même cité dans sa Table méthodique , qui est cependant la plus complète des bibliographies par ordre de matière. Une belle histoire de Baguse , par M. Appendini (â) , a également édiappé à sesrocherches. Je ne parle ni des Agapit , ni des Cra* itey , ni des Guaraguin , ni des Lucichius , ni des Sorgo^.nî: des Yodnick, ni des Gunt?, ni des Zoïs, qui, dans ces decniors temps, ont enrichi -de tant dé: notions importantes' et nouvelles , l'histoire, la langue, et la littérature de ces béliers contrées, quoiqu'il me soit difficile ii'ea citer un seul sans nommer un ami dont le souyehir me «sera toujours cher. Je me borne \ indiquer ceux d'entre eux qui ont irédigé ce^ notions en corpfi d'ouvragé, et dont la cc^noissance me parok tout-à-fait indispensable ^ui^ cpinpilateurs &an^