DE L'EDITEUR
Jlje Recueil que nous mettons au jour ne peut manquer d'intéresser les amis des lettres et de la, philosophie. Lié avec la plupart des hommes qui ont illustré la seconde moitié du dix-huitième siècle , Fauteur a contribué , par ses travaux , à ce grand mouvement des esprits, qui avait pour but la recherche de toutes les vérités utiles au perfectionnement de la société. Économie politique , commerce , législation , jurisprudence , morale appliquée aux intérêts des gouvernemens et des peuples ; ces importans objets ont constammentexercé l'activité de sa pensée ;
et , dans les courts instans de loisir que lui laissait la composition d'un grand ouvrage y dont le malheur des temps n'a pas permis lachèvement^ il se délassait en combattant les ennemis de U raison et du bon goût,^ tantôt avec. les solides armes d'une dialectique vigoureuse, tantôt avec les flèches légères d'une ironie ingénieuse qu'on a plus d'une fois comparée à celle de Swift.
Partisan fidèle et courageux de la saine philosophie, M. Morelletne l'a pas désavouée , comme ont. fait quelques autres , lorsqu'il l'a vue attaquée par les forces combinées d'un pouvoir qui la redoutait justement, et d'une fausse opinions pu** blique qui lui attribuait des malheurs et des crimes dont elle était innocente. Tandis que les détracteurs aveugles ou intéressés de la philosophie restaient specta-
teurs silencieux des fureurs de la démagogie^ ou courbaient docilement la tète sous le joug du despotisme^ M. Morellet élevait hardiment la voix en faveur des victimes d'une grande iniquité révolutionnaire 9 et professait en toute occasion les principes dune sage liberté. S'il n'avait pas craint autrefois de signaler les abus d'un antique gouvernement qui pouvait prévenir sa ruine en les réformant lui-même , il redoutait bien moins encore, quoique le danger personnel fût plus grande d'attaquer les excès tyranniques des gouvememens passagers dont il désirait et prévoyait le renversement. Le bonheur de la France, fondé sur des lois justes et égales pour tous , fut l'objet continuel de ses méditations et de ses vœux :
aussi a-t-il fait ^éclater la plus vive allégresse au retour de l'auguste monarque
ly
qui venait donner pour base à son pou- Toir nouveau la garantie de tous les droits politiqiies. et civils de ses sujets. Âmaitt passionne de la raison^ témoin aujourd'hui de son triomphe dont il na jamais désespéré > il peut, en reportant les yeuj^.
sur Içs instans de sa longue carrière , sq rendre à lui*-même ce témoignage , le plus honorable de tous , qu il n'a jamais formé une seule pensée , ni écrit une ligne qui ne fût consacrée à la défense de la vérité ou à celle des principes conservateurs de Tordre et de la prospérité publique.
La collection que nous publions se compose de différentes sortes d écrits , dont quelques-uns ont déjà paru séparément j
le plus grand nombre est inédit.
Le premier volume comprend ce qu'on peut appeler les œuvres académiques de Fauteur. On y distingue son Discours de
réception , son Éloge de Marmontel , et sa Réponse à l'écrit par lequel Chamfort demandait la destruction des académies ; ce dernier morceau a été considéré comme un modèle de réfutation.
Le second renferme des critiques littéraires et plilosophiques de plusieurs productions plus ou moins célèbres j entre autres, de quelques ouvrages de Linguet et de M. le vicomte de Châteaubriant. Sans manquer aux égards que méritent la personne et le talent de ce dernier écrivain , le critique soutient vivement les droits de la raison, de la langue et du goût, chaque fois que le goût, là langue et la raison lui paraissent offensés.
Le troisième volume contient divers écrits politiques qui peuvent servir à Thistoire de la révolution, ou à leclaircisSement de quelques questions importantes j
tels sont des Réflexions sur la liberté de la presse , un Exposé des droits politiques à Athènes et à Rome y un Tableau de la commune de Paris en 1793 et 1794, etc.
Le quatrième et dernier volume est for* ,mé de difîérenâ morceaux de morale ^ parmi lesquels se trouvent un Ejssai sur la conversation, ^t le Legs d'un père à ses fiUes, traduit de Fanglais du docteur Grégory, ouvrage remarcpiable par un caractère particulier de modération et de douceur dans le choix et dans l'expression des motifs que l'auteur emploie pour inspirer à ses enfans l'amour de la vertu.
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