‹ Mélanges de littérature et de philosophie du 18e siècle (volume 3)Chapitre 1 sur 41 · AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR

Las succès qu'a eù en Angleterre le petit ouvrage qu'on donne ici, nous autorise à croire que la traduction en sera bien accueillie du public.

Nous avons cependant une. objection à IV. | I

crainde ; i esh en France d'un plus grand poids qu'aïfieurs. La morale en préceptes est si rebattue et si commune, qu 1l est difficile que celle-ci ait l'attyait de, la nouveanté., sans lequel un ouvrage n'obtient point l'attention du public.

Sans doute les principes généraux des mœurs étant les mêmes pariqu ,, Qu au moins dans tous les pays policés de l'Europe , il est impossible que l’auteur anglais ng soit pas rentré dans des routes déjà. connues et fréquentées ; on trauxera. cependant, qu'il. lui, reste-encore-heaucoup de vues fines et un grand nombre de pensées , qui, quoique.communes en apparence et au premier coup d'œil, parce qu'elles sont naturelles , présenteront des côtés neufs et piquans à, un Jectenr. sensible étattentif.

Mais, quand: le, mérite, de la. nouveauté: du fond manquerait à l'ouvrage de M, Grégery» ce serait assez , sans Üoute, pour qu'il füt intéressant, què la forme et le ton n'en fussent pas communs : Qt N nqussemhle que. c'est un:élgge qu'on peut justement donner à ces lettres. On n'y voit-nicle, chagrin .austèse, qui, conduit. la

‘pluie: de la plupart. des moralistes, np cette. véhémence-qui ; quoique excitée: par. des: motifs louables , mañque souvent son objet, la conviction. de l'espritet la persuasion du.cœur,

parce qu’elle y tené avec trop de force. On y sent au contraire un caractère partirükier de dénceur et de modération: jusque dans l'as de la vertu, ou du moins dans le‘chuix et duns la tournure des raisons qu'il emploie pou Fe spirer à ses lecteurs. .

Nous dirons egfin que ce petit écrit aura au moins le mérite de donner des idées justes , si non complètes, des mœurs des femmes anglaises , mœurs curieuses à connaître, et peut- ” être dignes d'être imitées par les femmes de tous les pays: En effet, quoique le moraliste dise ce qu’il faut faire, plus que ce que l'on fait, ses préceptes sont cependant , jusqu’à un certain point , le tableau des mœurs de sa nation. Par exemple, si sa morale est très-sévère, on en peut. conclure que les mœurs de son pays ne sont pas très-relächées ; s’il prêche aux femmes une grande réserve et une extrémè modestie, c'est une preuve qu'elles y sont déjà réservées et modestes. Enfin, nous croyons que nos lecteurs demeureront convaincus de la vérité de cette observation , s'ils prennent la peine de remarquer qu’en beaucoup d’éndroits l’auteur anglais donne à ses filles des préceptes dont un moraliste français ne se serait-jamais avisé.

Nous demandons , au reste , pardon à nos lecteurs d’avoir osé prévenir ainsi leur juge-

e. 4 | mernit. Les motifs qui nous ont portés à prendre cette liberté ; méritent quelque indulgence.

Nous avons dù payer un tribut mérité à l’au- teur que nous traduisons , et donner quelque idée anticipée du genre et du caractère de son ouvrage. |

Page 1