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un -poignard à la main près d’é égorger son fils, et chantant des vers sur un air accompagné d’un nombreux orchestre , je demande en quel. sens raisonnäble on peut prétendre que tout cet. appareil est rigoureusement dans la nature ; je. demande si l’on osera dire que cette Mérope est dans la nature, de la même manière que la femme sauvage qui, croyant se venger du sauvage qui a tué son mari , lève le casse-tête sur son fils qu’elle va reconnaître un instant après.
VI. Vous contestez cette maxime, que l’imitation des arts doit donner à l'âme plus de plai-, sir que la vérité. Je vous ferai d'abord observer . que c’est une autre espèce de plaisir ou plus gé-" néralement une autre espèce d'impression , Puisque vous n'éprouveriez qu'une grande horreur au spectacle de la Mérope sauvage, tandis que la Mérope théâtrale peut vous donner un très-grand plaisir. Votre objection me fait voir aussi que vous n'avez pas lu mon papier avec assez d'attention ; vous y auriez démélé cette vérité générale qui est commune à tous les arts d'imitation, que la nature toute seule ne présente, au moins le plus souvent, les objets qu'accompagnés de circonstances qui ne, sont pas toutes agréables, convénables , bonnes à représenter, et que par là même, l'art qui
| ra écarte ces circonstances donne plus de plaisir , un plaisir plus net, plus dépage de toute: im pression fâcheuse. L'art donne aussi plus dé: - plaisr que la nature, en cesens quels seule imttation d'un objet qui ne fait par lwi-mème aucun plaisir, em donne un trés-grand, par cla seul qu'il est bien unité. Certainement un capuein bien sale ne donne pas x ceux qui le:rencontrentun grand plaisir,.et un St.-François du Guide au dn Dominicain ravit le connanseur.
VII et VIHL Oni, monsieur, l'art est quelque . chose de plus que limitation exacte et rigoureuse de: la nature. Ï y ajoute, il entetranche, il l'embellit en assemblant les beautés éparses , en. écartani les défauts domi la natare individuelle n’est jamais tout-à-fait exempte : il se plait même, comme je l'ai expliqué danses réflexions que vous combattez, il se plait, dis-je, à se faire distinguer de la nature. Il n'est pas pour cela hors de la nature, epinion que vous semblez m'attribuer, ce qui décèle le paralogis- | me qui règne dans toute votre. critique ; j çar je n'ai point dit que l'art était hors. de la nature ». itést par-delä, il eët enté sur la nature réelle , telle que nous Îa voyons, et hous donne celle que rious imaginons. ù “Je ‘sis at reste, , monsieur testé que mia
h13 . petite brochure ait attiré votre attention ; mes . yeux, qui se fatiguent aisément, ne me permettent guère des discussions du genre de celle-ci. Je m'y suis laissé aller pour un amateur des arts, et pour vous donner une faible marque de la considération avec laquelle je suis, etc.