‹ Mélanges de littérature et de philosophie du 18e siècleChapitre 24 sur 24 · RÉPONSE SÉRIEUSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE SÉRIEUSE

JuA manière étrange dont M. L^'^ a répondu à une critique décente et modérée de son style et de ses opinions j ou plutôt à tfH extrait fidèle de ses ouvrages ^ pouvait dispenser Fauteur de la Théorie du paradoxe de répli<}ner à M. L***.

D'ailleurs y cette espèce de combat demandant beaucoup de sang-froid , devient y on ose le dire y trop inégal aujourd'hui y que la réponse de M. L^*^ décèle partout son trouble et son embarras y et que sa démarche chancelante et ses coups portés au hasard font conjecturer qu il est atteint mortellement.

M. L*** s était mieux montré dans des occasions plus importantes. En essuyant des reproches beaucoup plus graves y il était demeuré, à ce qu'il dit lui-même y fier , inébranlable dans so?i infortune ; un autre Marias sur les ruines de Carthage ( Voyez le libelle , pag. 5o) ; lai diable d'homme que rien n'intimide y que rien ne déconcerte (pag. 6i ) ; un démon à qui la nature a donné un sang-froid y un flegme y une ténacité dont rien n'approche. ( Pag. 63. )

On iie sait ce qui est arrivé à M. L***; maïs on ne retrouvé plus dans sa réponse le Marius, le diable d'homme 9 le démon ^ tout cela a disparu > pour laisser Toir un homme hors de lui ; se preliant à tout > parce qfu'il se noyé y et ne pouvant se tenir à t*ien ; s'em jportànt aux inju* res , au lieu de répondre , et les prodiguant^ non-seulemeht à un adversaire qui ne la atta^ <}ué qu'avec larme dé Ib plaisanterie y mais à tous ceux qu^il trouve sous sa niaiii : homme4( de lettres et* économiste^ , qui n'ont rieii à faire à là querelle littéraire qu'il a sur les bras ; censeurs de ses livres y qui ont exigé de lui quelque modération ; magistrats même et genâ en place. Il fatit ôTOUer que le sang-froid de M. L'*^**, s'il prétendait l'avoir conservé danâ -cette occatsion , ressemble beaucoup à l'empor*^ teinent des autres hommes.

Dè^ le titre , on aperçoit soiï embarras.

M. L*** , si fécond en ressources , d'une imaginatioh si rièhé , d'aune îiivaitiôn si prompte, ne sait que copier la plai^nterie de son anta-goniste. On fait la Théorie du paradoxe , d'après les ouvrages dé* M. L***, qui sont un tissu de paradoxes , et Mf. L**^ répona par la Théorie du libelle ; oh voit là stérilité.

Jl prétend que l'idée de la Théorie du paradoxe, est empruntée de Fart de rajmper ea,

poésie du célèbre Pope. Il est vrai que fart d'écrire du galimathias et des platitudes en vers, a beaucoup de préceptes communs avec celm d'extravaguer en mauvaise prose ; cependant , il est aisé de se convaincre que le plan de l'auteur de la Théorie du paradoxe est absolument différent de celui de Fauteur anglais , et que les deux ouvrages ne se rapprochent que par la ressemblance de M. L^^^ avec les mauvais écrivains dont Pope s'est moqué. ^

M. L^^^ se persuade aussi que l'auteur de la Théorie du paradoxe a concerté son important projet avec le bâtonnier des avocats^ et que cette plaisanterie e^ laglôse du texte de M. Lambân^ s'adressant au nom de son onlre, au premier tribunal du royaume ; imputatioà dont la fausseté saute aux yeux / pukque Tau* teur de la Théorie du paradoxe n'a fait qtfô rire de M. L*** , et que M*. Lambon ne rît point; puisque lè premier n'a voulu mettre sous les veux du publif^ , que les opinions bizarres ^ les paralogismes , les contradictions , le style de M. L**'^; tandis que M*, Lambon, homme t^espectable et respecté,' va droit au solide » et qu'en portant à la cour le vœu de son ordre , il a. vu dans M. L**'^ de tout autres torts que celui d'être un mauvais raisonneur et un mau» vais écrivain.

L'embaiTts et le désordre dé M. L*** se montrent surtout dans le besoin qu il ^ de se jeter sur des objets absolument étrangers à sa querelle^ avec l'auteur de la Théorie du paradoxe.

CeluiHîi , faisant profession d aimer et de chercher la vérité , et s'intéressant à la conser-» vation du bon goût , prend à partie M. L***, homme de lettres qui , dans dès ouvrages nombreux^ lui parait avoir établi des opinions, fausses , et donné des exemple^ dangereux de mauvais goût; et M. L*** répond, que l'A.

M*** est économiste , fils de de M. de Mirabeau f fils du docteur Quesnay.

On transcrit fidèlement de ses livres quel-' ques-ims de ses paradoxes ; et il répond qu'il n'a pas rançonné M. le D. d'A***, et qu'il n'a point iaàt l'éloge historique de M. le Ch. Signe , Linguet.

On • relève quelques-unes de ses contradictions , et il prouve que M. le comte de M*** n'avait pas reçu l'argent des Vérons.

* On rapporte des échantillons de son style , et il £atit déclama à son antagoniste des lambeaux de l'oraison funèbre du D. Q**'^, par M. de M*'^* ; jamais l'Intimé ne fut plus éloigné du fait de son chapon*

On voit combien tout cela est étranger à 1$.

question ; et , potii^ ne parler que du reproche ÙLita. TA. M*** d'être économiste, quand cette accusation si terrible demeurerait prouvée , quand TA. M'*'** serait Juif ou Turc , les opinions de M. L*** n'en seraient pas moins étranges , ses contradictions moins palpables , ni son style meilleur ; quand ^A . M*** serait (ils aîné ou fils unique du D. Q***, et seul héritier du tableau économique , on i^e serait pas mp^n^ tenté de rire ou de s'indignei;^ e^, eptendâ^^t soutenir à M. L***, que. la liberté civije e^ mieux assurée en Asie qu'en Angleterre ; que le blé est une production fi^aeste parce qu'il ^. conserve , et qjue le pai^. esi U9 f&imn^

Mais M. L^^^ est a^i mol ioatruit <fm imIt adroit , car lautçur de la Thqoj:ie 4a pa»doM| n'est pas économiste.

Certainement, si l'A. M*** eut été eng^ndmà l'économie politique p^ feu M» Q^^^ f ou par quelqu'un des disciples de. cet b>omme: ^tin^9^ ble , il ne désavouerait p^ cettp origû^q* L^ économistes sqqt desxitpyens honp.^s^ do^t les intentions fuf<ent toujours droites et le zèle aus$i pur qu'actif, et qui ont enseigné les premiers , oui rendu &milières et communes beaucoup de vérités utiles. On leur a reproché une ardeuç qui les a quelquefois emportés au-delà du but ,*

mais il vaut bien mieux ^ salis doute y s'abandonner à cette impulsi,on qui y après tout y ne peut avoir pour principe en eux que Tamôur du bien liublic^ que de demeurer dans cette lâche indifféreince , que tant de gens montrent pour le bonheur de leurs semblables, ou dé décrier ceux qui s'en occupent ; mais , quoiqu'il en soit des économistes, l'A. M*** est obligé de convenir qu'il n'a jamais reçu les leçons du D. Q***, ni celles de M. de M'^'^* ; qu'il s'oc^ cupait d'économie politique avant que le D. Q***, lui-même, eût encore engendré personne ; qu'il n'a jamais assisté à aucune assemblée des disciples; et enfin, puisqu'il faut le dire , qu'il n^a jamais entendu le tableau éconor mique, ni prétendu le -fiiire entendre à qui qufe ce soit ; profession de foi nette , et qui , met Fauteur de la Théorie du paradoxe à cou- ^rert de tous les cotips^ que M. L*** porte au'x économistes , et dont eux-mêmes ^auropt bien se défendre , s'ils les regardent comme dangereux.

Une défense si faible et si gauche*,' n'aurait donc mérité aucune réplique de la part de ^ auteur de la Théorie du paradoxe , si d autres motifs ne l'avaient déterminé, i^. Il a cru nécessaire de repousser l'accusation que M. L***

lui intente y d'avoir fait un libelle. ^^. 11 doit faire connaître la fisiussetë de plusieurs faits avances par M. L***, avec une hardiesse qui pourrait imposer au public , si on ne les dé*mentait pas. 3^. Il se croit oblige de détruire les imputations que M, L*** lui f;^t , d'avoir altéré quelques-uns des passages qu'on a cités de ses ouvrages , altérations par l^eUes U prétend qu'on a gâté sen style et dénaturé ses opinions.

Ces mêmes raisons le justifieront aussi auprès des personnes qui pourraient penser qu'il était inutile de répondre àla Théorie du libelle^ lorsque cet ouvrage a eu dans l'opinion publique le sort qu'il méritait , et lorsqu'il a été supprimé par arrêt du conseil ^ comme im^ frimé sans permission ^ et comme contenant des injures , des déclamations et des calomnies* Arrêt du conseil du 3 avril 1775. En effet , le peu de succès de l'ouvrage de M. L'^**: ne suflSt pas pour détromper entièrement les personnes qui se seraient laissées aller à des préventions , et pour lesquelles il est toujours bon décrire. L'arrêt du conseil ne justifierait ,pas l'auteur de la Théorie du paradoxe ^ d'avoir isàt uu libelle ^ si cette plaisanterie méritiiit un nom pareil; enfin,, l'autorité supprimant un ouvrage clandestin y ne dément pas en détail les

faits hnx avancés dans la Théorie du libelle, et ne pourrait laver l'auteur de la Théorie du paradoxe d'avoir altéré les passages de M. L*** 0n les citant , s'il s'était rendu coupable de cette infidélité. L'A.' M***** se croît donc obligé de se justifier sur ces différens ôhefs ; sa réplique ne sera , d'ailleurs , qu'une défense légitime , qu'il a regardée comme un devoir. Il sera triste, sans doute , pour M. L***, que les nouvelles impressions qui résulteront nécessairement de cette discussion , 'se joignent à celles que le public a déjà reçues ; mais si pour imprimer des faussetés et des calomnies , sans craindre une réfiitation , il ne tenait qu'à les faire eiâitrer dans un mauvais ouvrage , ou à se faire sup* primer par arrêt du conseil , M. L*** aurait de trop grands avantages , que l'auteur de la Théorie du paradoxe ne peut pas lui laisser.

I. On commencera par prouver que la Théorie du paradoxe n'est pas un libelle , ce qu'on n'a besoin de prouver que contre M. L***.

On se croit en droit , à cette occasion , de faire connaître une circonstance ignorée du public , qui rend ce reproche souverainement ridicule dans la bouche de M. L***. Il faut donc dir^ que l'auteur de la Théorie du paradoxe a publié «on ouvr^e^ arvec l'approbation d'un- censeur ^t la permission d'un' magistrat ,

i|u'on Ki« pduvrât 9 , ce aeodile » nhaev ni roue ni Faiitre à une âxnple critique littéraire. Quant à M. V^^f comme il a coDJecturé fart sagement qu'aucun censeur n-ioitOTiserait de^ injures violentes ^ et que le magistrat ne les laisserait pas imprimer sans approbatioii ^ il a imprimé clandestinement et vendu de même.; voilft pourquoi on a arrêté la distribution de la Théorie du libelle après . quekfoes )our$ , au grand re^Eiet de. Vautour db la Théorie du paradoxe f qui n'a em en cela attcuiie ^veur, que celle qui résidltait de la nature de son ouvrage , et delà modération qu'il'y.a^t gardée. D après cette différente eonduiAedesdauXf^ivains, on

voit bien le<piel des deta dtfit ^tre présumé aYoir fait un libelle.

Mais il y. a des» gens k qui la pratique dun art est familière , sans qu'ils puissent se rendre raison de se» proc^tés ; M. L^^^ sait biai faire un libelle^ mais il ne s'en est j^ooiais donné à lui-même une bonne définition.

Le libelle et la satire atta^ent le personnage qui en est l'objet ^ par le côté moral ; ûnsi une critique littéraire , piouvàt^elle com«^ plétement^qu'un auteur a des* ofdmons &ussaa , et qu'il est mauvais éortraka , elo. ,■ ne- serait ni un libelle , ni une isuttre. :.ori il Wy a rien de plus dans la. Théorie 4itparailoio ; onjie.s'^

reqapilijiir aucune d:p§ impi}MÎQn& giraves répa«dues contre M. t.*^* ; on nk fi^t , en wn nu>t , ^ue critw|»«r ^n. littér^iew, $es owrwgE^ littéraires. . #

Majb , dit M. L***, fe TWorie du pai^adoape #rt un UbeUe ; {K^rce ^u'il 6/i résulte qufi M' L^"^"^ na ni hï$ , ni jmndf^ , mmœws^ ni déiiQaiessé; qw c'est me, àupe (0rmie qw $e pm de^ toui , m» k0mm0 p^f^fut^e*, wid^ , d0r^eireux dam la socwié^ Qe^pakh^ de tous Im excès p de toutes les ka$0^$$^ fm- p^u^^i^ p^^ dttire , dans un cœm défK^s^pM gi^ài el pm sjrstemBy une mUMireJlié^e y avec t oubli absolu de tiQ^tOes Im règlm. ( VQy«* le Ub^Ue , pag. 122 et laS.) • .

L'autour de là, HhéosAç^ d)i paiaâ<KM nWvsiit pas cru êtrq si tragique ; op lue trouve dans sçun petit ouvxage aucun de^ gnindç mots cpe M. Ïj*** accumule ici. Il a: seulement voulu prouver que M. L*'^*, dans ses écrits > ne cherche point là vérité , et qu'il court sans cesse après le paradoxe; qu'emporté par la fougue d*une imagination déréglée , et par les écarts d'un esprit sans justesse^ il se laisse aller à des opinions extravagante» 'y qu'il soutient pai^ des raisons extravagantes ; qu'il lui .échappe cont^u^lemenl des eontpadiotÎQn» choquante^;

que^on style é!i son goût sont trèsHtaauyms^ et qu'il se défend contre ses critiques ^ d'un ton que la décence et le respect dû au public ne peuvent que condamner. U n'y à dans tout cela ni parjure , wàfeœur dépravé par goût ei par système , ni âme eiffreusey ni naturejlétrie. Si cependant M. L'^*^ lui-^méme pense que tout cela résulte des simples citations qu'on a faites de ses livres , c'est une grande maladresse à lui d'en avertir ; mais c'est une conséquence qui ne, peut être attribuée à son critique y qui M l'a pas n>é»e indiquée. La Théorie du paradoxe n'est donc pas un libelle.

Ce qu'il y a de bien étrange , c'est que M. L*** entreprenne de faire passer pour un libelle , une simple critique littéraire , en même temps qu'il écrit lui-même un libelle trèfr-violent ; car le titre de sa rép'onse est modeste y et ne promet pas tout ce que l'ouvrage contient. M. L*** aurait pu llntituler Théo^ rie et Pratique du libelle.

On le demande en effet , n'est-ce pas écrire un libelle que de faire dire à l'auteur de la Théorie du paradoxe , qa égorger Vimwcence nest point un crime , mçùis une manœuvre adroite emplojéepca^ les sages de tous les temps ^

(pag. 25 et 26); et que quiconque a reçufU

Viirgentpmircftnre ce qu'on bddit , est oUigé de le croire? (Pag. 55).

N^est-ce pas fiûre tin libelle^ que de mettra dans sa bouche , coxnme leA tragiques mal* adroits qui , Êàisaiit parler les tyrans , laissent apercevoir le poëte : que la s^érité et la justice sont des mots qui ne signifient rien , ou qui si* gnifient tout ce qu'on veut ? (Pag. 78).

N'est-ce pas écrire un libelle , que de &ire dire par un personnage chimérique qu'on met en scène avec TA. M*** : J'ai feint de wus écouter , pour voir jusqu'où peut aller votre bas» sesse et votre audace : cherchez ailleurs des Cùopérateurs pour Vinfdme complot que vous me proposez ; /embrasse avec joie la misère , si elle me garantit de l'affront d'être confondu ijLvec des gens mmsimé^ums que wi^.(Pag. 1 49.)

Voilà .une petite paitie des injures que l'auteur de la Théorie du paradoxe a essuyées de )a part de M. L^^^, ^t qui suffisent assurément •pour caractériser un libelle ; mais il n'est pas seul l'objet de la. satire de M. L*** ; plusieurs personnes estimables ^ l'Académie , Tordre des avocats, des femmes ; etc. , sont aussi en butte à son déchaînement. Il suffit ici de citer quelques traits de la Théorie du libelle.

On y appelle les éf^onoxaïsXjd&Jrères usuriers (pag. 61 ) ; on y associe des citoyens irrépro*

bhabled k uâ hôtnme flëtrf , éàtus «elfe ^âtaiïtttïiration indécente qu'on trouve à h* flàgè Gbf /hère Dt^. ,JrèrtBamd. y frère duJànqiiaL

Oh y dékiMte* au gôHVefneittfeht dfes âsSéiii^ Wées qui > après téût , tfont pôtir Objet qiiè k disctt!6if)in des quêtons écdhomiqiiès , en grossisdâht fetas^eméht lë nt^mbré de ceik qui y assistent , et en disant qu'on est bien éloigné de voulôtt travestir en Cofwehticuliss séditieux, des assemblées dont ùii suppose que rôbfet ës% innocent , figuré de rhétorique , pai' li^UeHë on dit précisément ce que Ton pt-étënd ne* vouloir pas dire î ort y comparé léà édônomisted assemblés attx protestans , etc. (Pag. 6t et6i)«

M. L*** y assuré qu'il s-estpi^ué de se ccm* former aux mtutirHes de Corkù*e des ducats ^ qui i^eulent que la fermeté, te désifitérêàèeméhi et le zèhpùtit VifmocefiC& opprimée î séient les vertus d'un homme kàriùré dé te tktê , ^1 qu'aussi (N. B. aussi) il d drmé iéiéi son ordre contre hai. (Pag. Zg^ët'^o.) •

EnjSn , il y pbusâe le Mépris dééHfehJèéanced et Falrocîté jusqu a insulter dèi^ ferfttflièà > eiï imprimant que les belles paHiiitmes de la science économique ont payé plt£^ dim suffrage en faveur des Vérons, du prix que mit là chat^ mante duchesse de Monipensier à V assassinat de Jacques' Clément. ( Pag. 6 1 . )

B nous «maille que c'est là précisément Je t<m du libelle ; il nous semble quil n-y a que M. L^^* eu JttOAde qpai ^ eprès s être livre à ttne salîre si indécente y .puisse ajouter froidement: L'auteciI'( de la Théorie du libeHe)

A £U SOIN d'y ménager TOUT CE QUI EST RtSPEO* T^ABLB ^ ET NOUS Sa^ <»A]|«DâQte PAS DU DIRE |}Ufi

JUA vttRTo DOIT r A#PiiAfSDiR. (Pfé&cei, pUg. 5. ) M. L^^'^ riraifk bien du pid)lic si on croyait à-ce-ména^Bment ^ et ai la vertu lui accordait «es applaudtisseiiiena i sur lesquels luinoiéme 4ie compte pas f mais le public ne donnera pas celte satisfaction à M. \]^P^ ^ et tnoifa, au contraire que la Théorie- du libeHe est un libelle y et que la Théorie^du paradoxe n'en est pas un.

IL Venons maintenant aux fiûts avancés par Bf . L*^^^ y notoirement bxoL etcoonus par kii« lenéme pour tels.

Quand l'auteur de k Théorie du paradoxe à adonné des conseils aur jeiMaes» gens y il n'a dit ea aucun endit>ii qu'il fallût défendre le para* ào!xe par le mensonge : ce n'est pas qu'en cer^ tains ea» cette pratique pe p&t être utile à ceux qui ont le courage de s'en servir; mais l'auteur attentif à «se ten» dans>le$ bornée d'un traité de rbétevique y et à écarter so^pieusement tout œ qni. jiottvuit> tenir ux, moral ^ n'avait point

donne ce- JMrëeepte à ses élèves ; d'aiUeitts > s^il eût eu ce projet ^ il aurait asairément prescrit d'éviter le mensonge sur des ââts trop connus et trop £Mules à constater ; mais on va voir Coad>i«i M. L^^^; dans sa dâfense^ s'est aparté de cette règle. ~

La première et la plus importante de ces fsiussetés, qui ùl% presipie tout le fond de la défense de M. L*** ^ est que Tauteur de la Théorie du tparadoxe est entré dasis un comr plat odieux I formé pour le 'perdre ; que les avocats f les économistes , lès académiciens , les usuriers^ et surtout TA. M^^^^ homme Soxt intrigant , ont soulevé le puUic contre hà^, lorsqu il s!est chargé dé la défense de M. le D* d'A*** ; , qu'ils ont persuadé que M. L*'^'^ était l'agent secret de la révolution de 1 770 ; qu'ils ont trouvé le moment fairorable^our le rens>erser dans TaJOTaire du C. de M*** , afin d'avoir les usuriers pour amis ; qu'ils ont même poussé la méchanceté jusqu'à empécherque les portes» de l'Académie ne s'ouvrissent à V honnêteté et OMAx talens de M. L'*'** , etc. > etc. .Voilà une partie des ridicules imputations contenues dans la Théorie du libelle.

* On observera > d'abord ^ que l'aideur de la Thëorie du paradoxe e^ un simple homme de lettres 3^ occupé die ses travaux^ i^ns intrigues ,

sans liaison d'afiaires at^ec qui que ce soit ; qui 'n'€fst poiat écoïiomiste ^ comme on l'a va plus haut; encore moins usurier; qui ne connaît que deux ou trois avocats ; qui n'a de liaison étroite qu'avec im seul , par des circonstances •absolument étrangères à M. L*** ; qui n'a jamais eu aucune sorte de commerce avec aucun des cliens y des amis^ ou des ennemis de M. L^^^ ; qui n'a jamais lu ^ il en demande pardon à la célébrité de M. h^^^ , deux de ses nombreux mémoires ; qui n'a jamais eu la manie de Perrin Dandin, aujourd'hui si répandue» de vouloir juger > au milieu de la légèreté de ta conversation , les affaires les plus compliquées » sans la connaissance des faits ni des lois ; qui n'a jamais cru que M. L*** ait pu influer sur une révolution aussi importante que celle de 1770 ; qui n'a jamais pu faire ou*- .Trir ou fermer les portes de l'Académie à personne ; qui ne pense pas qu'il ait jamais pu être sérieusement question de les ouvrir aiuc 4alens de M. LA^^ : en uq mot , qui » avant d'écrire la Théorie du paradoxe pour se délasser de travaux plus sérieux , ne s'était jamais occupé de M. L*.**. Voilà l'exacte vérité opposée à tout le tissu de faussetés extravagantes^ accumulées dans la Théorie du libelle.

M. L^^^ donne une singulière preuve de la 'II. 28

Kélité ^ ce prétendu complot : On n'en mwf rait douter 9 dit-il ^ quand on voit le même jour pamiire la Théorie duparadoûce, et le bâtonmer fies aifocats affirmer £04 parlem^it, que M' L*^^ s'ait fait un principe de nen recdmaitre aur eun , etc. ; fait bien importatU p dit-il ailleurs (pag. i5i)i qu'on ne peut trop redire f parue qu il peint le cœur de ses ennemis, qui ont pris g pour publier la Théorie du paradoxe, un temps où on lui cherchait des crimes de toutes parts»

Ce laisannaneoit e^ ridicule : d'abord , pour que l'effet de la Théorie du paradoxe coucourût avec celui du discours du bàtcmnier^ il aurait fallu publier le livre au mOius plusieurs jouis avant que le discours £(it prononcé *, car l'efiet du discours était du moment , et le livre avait besoin de temps pour se répandre et pour être lu.

£h second lieu , l'objet du livre et celui du discours étant totalement diffîrens^ le premier n'étant qu'une critique Uttéraire , quoi qu'en dise M. L^^'^^ et le second , une dénonciatiob £>ndée sur des molsâ beaucodp plus gravés , il importait aussi peu au succès de l'ouvrage , que le discours de M% Lambon f&t bien ou mal reçu de la cour^ qu'au discours de M% Lambôn^ que la Théorie du paradoxe fùX bien ou mal accueillie du public.

Si le bâtonnier des avocats a dit, dans son discour» , que M. L*** a attaque le droit nor tU0Tl , l^ droit public du royaume y le droit ecclésiastique et les lois civiles , et violé les^ règles de la modération , de la décence ^t de Vhonnêteté dans la défense des parties , la Théorie du paradoxe ne pouvait contribuer cùi succh de cette dénonciation , puisqu'il n'y est point question de tout cela ^ et qu'il n'y a aucun rapport entre cette critique littéraire et les inculpations présentées par M"" Lambon contre M. L***.

Enfin f nous sommes obligés de le dire ; M. L***, pour nous servir de ses termes {pag. 20) y se consacre ici par V onction de Pinr gratitude, puisqu'ainsi que nous l'avons remarr que plus haut., l'auteur de la Théorie du para** doxe, qui avait achevé son ouvrage dès le mois de décembre > en ft retardé l'impression et la publication jusqu'aprèi^ }a décision de l'ordriç «ntier, pour ne pas nuire, même indirectement ^^

Et sur cela il faut encore faire connaître une Êiusseté manifeste de M. L***,,qui assure/ en deux endroitS'dê son libelle, que la Théorie du paradoxe a paru le ^févriet, ç'e$t-irdire , avant son jugement , et qui donne ce feit prétendu Gommi» kim imp^rtmt ,• tandis qu'il e§t de no-

torieté publique qu'il n'a ete ni donne ni vendu un seul exemplaire de cette critique sTtrant le cinq. M. L***, comme on voit , n'est pas scrupuleux sur les dates ; il faudrait pourtant l'être quand on les donne comme importantes , et qu'on en fait le fondement d'une imputation injurieuse ; mais cette erreui* volontaire de M. L***, et le besoin qu'il a eu de s'y abandonner^ achèvent de prouver l'in^puissance où il est de donner la moindre vraisemblance au prétendu complot de l'auteur de la Théorie du paradoxe avec Fordi'e des avocats.

Quant au reproche d'intelligence entre les Vérons et l'A. M***, contre M. le comte de M***, et M. L***, ce serait insulter a nos lecteurs , que d'écrire une ligne p6ur« le repousser. On ne peuft que rire de l'extravagance de M. L*** qui , ne sachant comment arracher de ses flancs le trait du ridicule , s'amuse à chercher d'où il est parti , et suppose des milliers de mains occupées à le lancer ^ mais fauteur de la Théorie du paradoxe déclare hautement qtfil est^ seul , qu'il n'a' besoin d'être excité par personne pour défendi^e la raison et ^ le bon goût cônjtte les ennemis de lune, et de fautre, et quilles combfikttrav'f-. ^ —

Vàm mernor ipse sui\ diim ipirîtus hos reget artur.

• Au resté, il n'est-pas inutile de remarquet^

que cette sappositioii d'un parti puissant ^ dont l'auteur de la Théorie esU l'agent et le complice , est un artifice de la vanité de M. L**% qui veut se donner une importance qu'il n'a pas. Cette finesse se découvre , surtout dans ces grands mots de M. L***, que l'auteur de la Théorie du paradoxe a eu pour objet de le faire regarder comme un mjonstre furieux y commeun de ces génies maljaisans produits pour le malheur de ses pareils , convaincus de haïr Inhumanité ; désirant , comme Caligula , que le genre humain neût quune tête pour V abattre d^vn seul coup. Nous lui dirons avec Fauteur de la Vanité ,

L*** a tort 'y il n'est pas si coupable.

M. L*** sait-il que n'est pas monstre , n'est pas Caligula qui veut? Pour cela.^ il faut une taille y des dimensions , une force y une énergie qu'on ne trouve point dans M. L**'^. L'auteur de la Théorie du paradoxe déclare hautement qu'il ne le regarde y ni comme un génie y ni comme un génie malfaisant ; qu'il ne« le voit point comme un nouveau Caligula y mais simplement comme un mauvais auteur.

Un second fait faux avancé par M. L*** est qu'oTi s'est emparé d'un manuscrit présenté par lui à la police ; qu'oN Va intercepté dans les mains • du censeur ; qu on s' est rendu coupable en cela

d^un irai larcin f d'wie MéênOon hùMeuse m criminelle; que eetie infidélité est d'oMUmt plus odieuse ^ qu'elle Fa mis diws Fimpôssibiliié de corrige ses cuivrages , tandis qu'on bdfait des crimes de ce que contiennent se^ premières AUtions , et quen effet il avait supprimé de ee manuscrit , qui n'est qu'une réforme de la Réponse aux docteuis modernes , les mots dont Fauteur de la Théorie du paradoxe abuse , etc*

Comme M. L'^** ajoute k tout ce récit, que . cette anecdote n'est que trop vraie, , et quelle ne saurait être assez publique , on esrt bien tente d'employer ici la réponse du P. Valérien dans les Provinciales, mais il faut toujours étîje poli ; nous dirons donc seulement que Fanecdote de M. L*** et toutes ses circon^taiices , sans en excepter une seule , ne sont pas vraies , et que cette fiiusseté^ et la hardiesse avec lacpelle M. L*'^* l'a soutenue , ne peuvent pas être ftssez publiques.

Nous prions d'abord nos lecteurs de considérer que, si cette production précieuse de M. L*** était un imprimé dont M. L'^** aurait mille ou douze cents copies , la détention honteuseiet criminelle , le larcin , Yinfidé^ lité , Y impossibilité de corriger^ tout cela disparaîtrait; de même que, si l'on prenait à M. L*** un exemplaire de sa Théorie des^ lois ou de ses

AëvoMons rdmames, oo^iie le mettrait paà dansj'iinpossîbilité de corriger les fiiutes grosr nkve& dont ces deux CNirragessontreinplis. Que âira-t"-on donc des plaintes touchantes de M. L***, lorsqu'on apprendra que son prë-»

tendu manuscrit est un imprimé ? Or^ c'est ce qu'a attesté k l'assemhlée générale de l'ordre des arocats^ M. Cadet de Saineville , ce morne censeur entre les mains de qui l'ouyrage a été intercepté selon M. L*** ; c'est ce qu'il a prouvé -eti produisant l'ordre du magistrat , par lequd il a été dtargé de l'examiner^ et qui désigne l'ouvrage par le nom â! imprimé et non de manuscrit (ouvrage imprimé sans permis^ siôn^ maigre ce que proteste M. L^^'^ dans la Théorie du libelle ^ imprimé» sans permissioi^ ^ {ptilnafamais rien imprimé sans perrmssi(m).

€onooit*on y après cela , qne M. L^^^ ose as3th rer tp'il n^en a pas de minute ^ et que pour. çeUe-'là , il ne la recevra jamais (pag. 74)* ^Nous laissons à nos lecteurs le soin de carac«« tériser une pareille hardiesse.

A la vérité , M. L*** croira pcMivoir se tire» de là, en disant qu'il y a quelques pages ma^ nuscrites dans ce que nous appdbns un im-»

primé 9 et qu'il est autorisé par cette raison à donn^ à son ouvrage le nom de mamtscrit. *

Mais ce ne serait là qu'un misérable sublep^

fuge;'car son censaor a emrore attesté , kf ordre des avocats , qu'il n'y a que 7 ou 8 pages de manuscrit jointes à environ 200 pages im-" primées ; et on laisse à juger si Ton peut dire avec vérité d'un pareil livre , que c'est un mon nuscrit dont on na pas la minute , dont la dé^ tention est honteuse et criminelle ^ et met un pauvre auteur dans V impossibilité de corriger ses productions. On demande si M. L^*^ peut être fort embarrassé pour réparer ^cette perte en recomposant 7 ou 8 pages , et les joignant à un autre exemplaire de ce volume imprimé > lui qui est une fabrique à mémoires , et qui a taie facilité dont rien n'approche. (Pag. .65*)

Mais il y a plus , en laissant dire à M. L^^^ que son imprimé est un manuscrit , il- sera encore convaincu de fisiusseté manifeste , en ce qu'il dit quW s'en -est emparé; qu'on Va inter^ cepté entre les mains du censeur^ etc. L'auteur ' de la Théorie du paradoxe peut énonçai: ici des £aiits publics : il apprendra donc à ceux de ses lecteurs qui pourraient l'ignorer, queJe censeur de M. L*** a attesté à l'assemblée des avocats, et prouvé pièces en main ;

I®. Qu'il a reçu le prétendu manuscrit dans les premiers jours de novembre, avec leoianda* du magistrat par lequel il était chargé de l'exa** miner ;

2\ Qne , le 22 du même mois , îLa renvoyé au magistrat et. Fouvrage et son avis ;

3<^. Que y le 24 y i^- magistrat lui a accusé la réception de lun et de Fautre par une lettre qui a é^é produite ;

: 4^.. Que, le 26,iM». L*t* lui a écrit pour savoir ce qu'était devenu son .prétendu manus^ crit ; à quoi ^ de Saineville a répondu sur-lechamp que l'ouvrage de M. L*^^ était depuis le 22 entre lesmsâns du magistrat , faits qu'il a.prC|jivés en produisant et la lettre de M. L*** et copie de sa r^onse ;

5^. Enfin , que quelques jours après M. L*** a appris de la bouche même du magistrat ■, que sdn manuscrit n'était plu» entre les mains de M; de Saineville , mais dans les siennes. Donc le manuscrit prétendu n'a point été intercepté entre les mains du censeur, et M. L'*'*'*^ en était parfaitement instruit ; donc , etc. ; donc , etc. V Quant aux corrections que M. L*** annonce dans ce prétendu manuscrit , l'auteiur de la Théorie du paradoice a de violens ^soupçons qu^il ne faut pas y compter plus que sur les autres assertions de M. 1/** ; il a entendu dire que tous les endroits de la Réponse aux docteurs modernes, cités dans «ta Théorie du pavadoxe , concerBant le commerce des grains,, se retrouvent mot pour mot dans ce prétendu

nanmcrit , et It deehmaAkm contre lé padn et celle contre les marchands de blé ^ et Fexbor* tation aux pères dn peuple à faire enfoncer les greniers , et Tapologie des violences de la populace ; si cela était y il serait faux que M. Lfi*^ eàt supprimé^ comme* il ledits de son nouvel ouvrage y les moU relatifs ^ la question du corn-merce des grains y demi VauUur de la Théorie du paradoxe s'est senU contre lui.

Cest aux personnes qui connaissent l'ouvrage de M. L^'^ sur le pain et le blé, ^ con« firmer ou à détruire les soupçons qu'on énonce ici. Quant à celles qui ne le connaissent pas , elles doivent , ce semble y supposer que cet écrivain a passé, en effet, les bornes dans lesquelles on a toujours eiiligé les auteurs de se contenir ; et ne pas conclure du r^is ou du délai qu'a essuyé jusqu'à présent M. L*^*, qu'on lui accorde moins de liberté cpi'à ses antagonistes ; puisqu'on n'a jamais permis à personne y d'encourager le vol et la sédition et la violation de Tordre public (^).

Ceci nous conduit tout naturdJemmit k

'^— »— *— ^»— w a^i^— <>iM— <— »y»— ^»^i— Il ■ I i n n > n I -' ■ ■ » I M I ■ ■■>

(*) Deux exemples rëcens nous persuadent encore que la brochure de M. L^^*^ manque en effet de la modération qu'on a droit d'exiger d'un écrivain qui traite des matières si délicates , et que c'est ce défaut de modération qui lui a fait refuser l'approbattott-du censeur et la permission d'itfiprimer.

lever tine quatrième fausseté de M, jL^**^ qui prétend quon lui a défendu d'employer, dans son Journal , les mots de blé , de philosophie , de liberté, d'économie , de science ^ de lois , de chetrrue, d'académie , etc. (page 77)* D nous suffira de dire que Thomme de lettres estimable , censeur du Journal de M, L***, (M. G*** de Facadémie française) y assure qu'il n'a jamais interdit ii personne Fusage de cestennes, mais seulement les déclamations Tiolentes qui portent sur ces objets re^etables.

Les lefcteurs sont priés de n'^i pas croire davantage M. L'^^^, lorsqu'il dit qu'on porte les feuilles de son Journal à l'A. M^'^^ pour las mutiler, et pour rendre cet ouvrage plat et sec. On défie M, L*** de citer une seule preuve , qu'on ait jamais consulté TA. M**'*' sur les retranchemens àlaire dans aucun de ses ouvrages, ni qu'on lui ait jamais communiqué une feuille de son Journal avant l'impression; et l'A. M^'^^ proteste au public qu'il n'y a point de sa faute si le Journal de M. L^"^^ est sec eiplat, et s'il le devient tous les jours davantage.

U parait deux ouvrages approuver par M, de SameviUe, le Cri de V^ Agriculture^ et la Législaiion et le Commerce des Grains^ dont ks auteurs attaquent comme M. L*** ]a liberté du commerce dçs graine , mais avec plus de mode*, ration que lui.

Finissons en démentant la fiction ridicule de M. L^'^ dans Tinvention dû personnage qui lui sert d'interlocuteur. Ce M. P*** rempli d'une si profonde estime pour M. L***, qui tient deux mille écus de pension de la protection puissante de l'A . M*** , qui revient de Russie , qui a fait un libelle contre son bienfaiteur; ce M. P***, dis-je, est un être imaginaire; il n'existe point de M. P^^^ ; on défie de produire ce M. P**'^, ni personne à qui puisse convenir aucun des caractères par lesquels il le désigne. On ne voit pas trop ceT que cette fiction a de plaisant , mais on peut voir aisément ce qu'elle a d'insultant pour le public y à qui M. L*** croit pouvoir persuader tout ce qu'il veut.

On sait bien qu\in écrivain peut mettre ses opinions ou celles de ses adversaires dans la bouche d'un personnage feint : tel est le jésuite des Provinciales. Mais alors il né Êiut pas prêter à ce personnage un nom , des actions réelles ^ une demeure connue : il ne &ut pas , en attribuant à cet interlocuteur imaginaire une satire contre son bienfaiteui^, assurer que YaneC" dote est vraie , et qu'on est en état den nommer les acteurs (page 1 5^), parce qu'alors la fiction devient un mensonge, et que, selon M. Wasp lui-même , dont l'autorité ne peut être ici ré-

cusée f si la fiction est belle ^ le mensonge est vilain. (Voyez rÉcasdaîse, acte II?. , scène IH^).

Voilà une petile^paitîefdes faits notoirement faux et connus pcniv tels par M'. L**'^, qu'il n'a pas craint dayano^ dans la Théorie du libelle. Nous nous garderons >lâ;en de qualifier : cette manière de se* défendre et de traiter arec le public. C'est au* public litif^même à la juger> cac* c'est lui qu'on insulte : quant: à l'auteur dfi Ja '[théorie du paradroxd^ il';|>eui]diite.bien véri-« tàblemént^ Peste ^noni>do^..\.y / ,

III. Nous voici arrivés à limpufation fai^te à l'auteaifxle la Théorie,dù'paradoxe par M. L***, d'avoir présenté faussement les i- opinions, de M. : L*'^*, et tourne ^ «m style em ridicule , en le dénaturant. .'

En repoussant la première' de ces acclimations ^ nous omettrons, comme de raison , les reproches d'infidélité réfléchie > dfi mauvaise Jbi éclairée , de diffamation , d'imposture , d'art àriminêl, de violation ouverte de la décencf:, de rhonnêteté, de la justice, etc, parce que, quoique ces grands mots soient les ornemens ordinairesdeTéloquence de/M. X***, ils ne prouvent rien> et qu'il s^git ici de preuves et non dê> déclamations.

Les reprochés de M. L'^** portent sur des omissions , des mutilations ^ dies additions ou

interpolaiîoiiB ^ ^t enûtx d« iom^ses citatioos employées à couvrir toutes ces wMéli^s.

i^. La prenitère oôiasion ^ûaappitajcft^ de l'auteur de la Théoiie: du ..paradoxe , $elon M. L^^^; ODneîste à ÉkWfoir pas cité un passage de Chardm>wr les pArfwnfsâkti\$ orientaux, ail ce voyageur dit que lesaveoturfs cruelles et sang}a(ites qui arnveht swveot en Per^e partili les grândsyarriyeBt petiù souvent parmi le commun du pbupfei ^ et qu^ la condiiion du peuple y est beaucoup plusimsuréé et plus douce fu'en di^^erséuus chrétiens. \

Mais d'abopd Cfaardîift nedit pas q«« ce$ aventures o'amvetit jamais pianni le. peuple. Chardin ne dît pais. ^ oomma M. L^'^^, qpe le . gouvernement de l'Asie n'est pas: arHtr^U^ et despotique, puisqu'il dit pt^éciôément le contraire. Chardin ne dit pas que les Oriçn(^u:i^ sont les setds peuples de la ierm che^ qui la liberté trouve encore un asile. Cliiardi^ ftc dit pasqne la Uberié civile est mieux, .asswée m Jsie qu'en Angleterre. ChardJA rie dit pas que V administration de la justice. en Perse est un prodige de raison. Chardin ne s'exta^e pas' $«r la bordromieéè^toh de Perse , et- fiur k.ohiyi^iie de leurs petits soupers. Chardin ne' s'écrie pas, avec i'enthousiasfne risible de M. L*,** : f^ive le Sophi , et wVe lefortunécUrmvt oA U déploie v

lOfU dt ikrtus. M* l^^*^ s€ ti;ompe grossière* ment ^ s'il croît pouvoir juâtijfiar^ par ud pa$«» S9ge de Cbai^din, d«$choM$ $i^odigieusemeDt ridicules.

En second lieu ^ r^atorité d'uu voyageur éclairé , tel que Chardin , êst^respectable saas doute sur les Puisqu'il rapporte , surtout lorsque ces faits soat simples et faciles à constater. Mais le résultat qu il en tire lui-même n'est pas une loi pour ses lecteurs.

D'après cette règle que le bon sens dicte ^ un homme raisonnable soumettra à l'examen l'as* sertion générale de Chardin ^ que /^ condition du peuple est plus assurée en Jlsiç que dans quelques pays de V Europe. Il comparera cette proposition avec les faits rapportés par Chardin lui-même; et^ s'il trouve que, selon cç voyageur, les hommes sur qui tombent ces barbaries des rois de Perse sont des eunuques , des barbiers y des porte-flambeaux y des joueurs de luth , des femmes, à qui ces gracieux souverains font couper les pieds et les mains , ou qu'ils font brûler et écorcher vife , etc. : s'il lit dans ce même Chardin , que les intendans et gouverneurs dcg provinces y exercent des s^exations insupportables ; que , même sous les yeux du prince et dans la capitale y la justice criminelle s'adminjdtre à grands çoi^s de bdlon^, mnf

connaissance de cause ^ etc. ; il dira hardiment qiie Chardin ^est trompé dans le résultat général qu'il a tiré des faits^^ et il se rira de Féeti- . vain sans jugement ou sans bonne foi , qui , pour appuyer une c^inion extraordinaire ^ s'attache à une assertion yague, perdue dans un grand ouvrage ^ et néglige les Êiits multi-' plies qui conduisent à une conséquence toute epposée.

M. L*** cherchant à se justifier sur les reproches qu'on lui â faits de son foible pour Tibère ^ et de son aversion pour Titus , transcrit douze ou treize pages de ses Révolutions romaines^ où il dit du mal de Tibère et du bien de Titus : passages que so]n critique auf ait dû , selon lui , rapporter. ' • ^

L'auteur de la Théorie du paradoxe avait prévenu ses lecteurs sur l^usage que M. L*** pourrait faire de ce moyep , et en avait montré l'insuffisance. Il avait remarqué que c'était un des avantages de la . contradiction de fournir une justification au^ écrivains à paradoxes ^ parce que , dit-il , comme onne croit pas faci^ lement qu'un homme raisonwsbble . puUse sourtenir deux opinions diamétral^m^hi \oposees ^ en rapportant ce que VOus am^z dit de cofaitraire à fopinion quW;V<)uscrëprobhe , ^fçus

jeièz vos lecteurs dans une grande perplexité y et ifos critiques dans un grand embarras, . Nous tireroa$ pourtant nos lecteurs de cette pwplexité f en leur &isant remarbuer sérieu^* seoaent que le mal que M. L^^^ à dit en un' çndroit d^i Tibère j ek\e bie^ qu^il a dit de Titus 9 ne le justifient point du fout des blasphèmes qu'il a profécés ailleurs y en disant que Trajan et Henri IV nont riemfait de plus que Tibère pour le bonheur des peuples , et en taxant Titus d^ ignorance , ^imbécillité^ , d'/jroprudence , de crtuuUé , â! incapacité résnyltanie et àe fourberie infusmaine ^ pour avoir dit jW perdu un four f etJlnefcoit pas que personne sorte rnécoMent de ^audience du souv&uin.

M. L*** lui-même ^ devrait sentir la faibles^ de ^ cette apologie^ par le peu, d'effet qu'elle a déjà produit ; car c'est Ici la troisième ou la quatrième fois qu'il s'en sert. C'est la troisième ou quatrième fois qu'il transcrit ces mêmes passages. Il les a imprimes dahs sa Lettre sur la Théorie des lois^ et dans ses diverses défenses contre ses confrères et contre ses cri^ tiques > et les Yoici.dans sa Théorie du libelle.

Mais il les réimprimerait cent fois* encore V qu'il n'en sera pas moins vrai et moins constaté qu'il à fait l'apologie de Tibère et la satire de Titus. ,'. V . .

lï. 39

Four repousser h reproche qu'on lai a &it sur ce cpi'il a dit de l'esclavage , il emploie toul aussi inutilemeiit le même moyen ; c'est-àdire , qu'il, traoscrit de longs passives de ses Imes où il a parlé de la servitude avec hoireur. Les oitations qu il £ût à oe sujet remplissent eiH Gore vingt pages de sa réponse à ÏA . M^^^.

^is pour arracha à M, I>^^ cet^ misent»

ble défense , il suffit de lui répéter vingt Ibis qu'il a soutenu en d'autres endroit^Nqu'ii ny a point et quil ne peut y awit dea» lé meindê ih Uberté^mle ; que la suppression do Peseta* vage personnel est une/imeste et détesùMe ma^ nœuvrOf qui a tout pm%ki dans^ l'ordre so^ cialy etc. 11 safiit de renvoyer à la Théom du paxadoxe, pag. ai etsuîv.

. En général ^ si nu À^vaia pouvait se }«sli^ fier d'une sottise en citant oe qu'il a dit de r$g^ sonnable sur un autre sujet ou sur le même sujet > il n'y aurait pd»it de mauvais airttar qui ne p4t faire soa apologie ; mais ii lion ert pas ainsi. M. L^^^ doit se bien peusuader que ki sottises imprimées demeurent éteiviellemeat ^ à moins qu'on n'en ftsse une buadile confes* «ion y qu'on ne lesk rétracte an lieu de les dés»vouer, et qu'on ne soit modeste et de bonnp £ui y même avec ses critkpAea, ^piand on ImXK u donné de si grands avantages sur soi^

Vraimeht , on conçoit bien cpe M. L*** peut regretter que ses critiqua ne remplissent pas leurs livres du petit nombre de choses raisonnables qail a écrites ; aussi chercheH-il k réparer cette omission en se recopiant longuement dans la Théorie du libelle* Sut loo et tant de pages que sa brochure contient , il e/a remplit courageusement 76 de ses propres di* tations , toujours avec des éloges touchans.

C'est ainsi qu après avoir copié quatrei pagas de sa lettre ^ur la Théorie des lok , il fidt dire à un de ses interlocuteurs ^ cela esi nwrns^ifer menijùrif mais exact (png. 91); et qu'à la page 1 39 y après avoir transcrit mot à nfiot 1 x pages de la Théorie des lois , il £siit dire à TA. M!^^^ ( qui proteste n'avoir jamais rien dit lii pense de pareil ) : Fous ertgrez bien que si les pbts.fwiêiix de nos partisans ^enaimé à fwoir réuélairni-dun seul morçeoM tel que çeb4'4à'p c-en aeraii assez pasêp omcilier leur 6141^ miUanuiàM.L^^^.

Mais ce que la vanité aveugle de M. L^^^ l'a pwté à faire dana sa défense ^ l'auteur de la Théorie do pamdoxe n'a pas d^ le iaire dan« 9a cxitkpfe pour deux grandes raisons , dont la première éat, qtt4l se serait rendu ennuyeux tn citant longtiement M^ JU^^*; et la seconde^ que son projet ta'était pas 4'étre agiréable k

M. L***. M. L*** est comme le Bourgeois gentilhomme; il veut qu'on l'attaque à sa manière , et qu'on ne lui pousse pas en tierce avant depousser'en quarte ; mais Nicole pousse conime elle veut.

2^. La seconde espèce d'infidélité reprochée à l'auteur de la Théorie du paradoxe^ par M. L*** , et qui serait plus considérable , est la mutilation du texte de M. l.*** , qu'on aurait dû ^ selon lui, citer en entier.

On répondra que cette prétendue nAitilation ne consiste qu'à omettre des parties du discours étrangères ou inutiles à l'exposition de l'opinion de M. L**'*' ; qu'il a fallu feiire ces retranchemens , sous peine d'être eniiuyeux ; que la fidélité nécessaire dans les citations , n'exige pas qu'on transcrive en entier le texte d'un auteur ; qu'il suffit que la partie du texte consérrvée , rende fidèlement son sens dans les termes que lui-même a employés ^ et que l'auteur, de la Théorie du paradoxe a soigneusement observé cette règle. * ....

D'ailleurs^ des citations étendue seraient nécessaires^pent-^tre , s'il était question d'éta^ blir un sentiment contesté ' sur les opinions d'un auteur : mais quand ses opintom sont connues ; quand il les avoue lui-même ; quand il les soutient encore aujourd'hui , même eu

se défendant , il suffît d'indiquer les prepoçitions de'tachées tirées de ses écrits , où ces opinions sont exprimées avec quelque brièveté.

Or , c'est là l'état des choses entre M. L*** et son antagoniste. L'apologie du despotisme oriental^ et celle de l'esclavage personnel ; Taversion de M. L*** pour le pain , et son goût pour Tibère ; ces opinions bizarres sont publiquement connues comme étant ceUes de M. L***. Il les défend encore aujourd'hui , il n'était donc pas nécessaire de prouver qu'elles sont ses opinions*

Quoique nous fussions en droit de nous en tenir à ces généralités ^ nous ne pouvons nous empêcher de répondre en particulier à un seul exemple que M. L*^* cite de ces prétendues mutilations : exemple d'autant plus singulier, que ce n'est pas d'avoir omis ses paroles que Mî L*** fait un crime à son critique , mais d'avoir supprimé d'un passage , où M. L*** cite M, d'Alembert , les absurdités du d^A-lembert , pour nous servir des expressions honnêtes de M. L*** ; il lui reproche de n'avoir pas rapporté tout au long , ce que M. L*** trouve absurde dans le d'jitembert , et d'avoir seulemeot dit que , selon M. L^^^ , ce philo^ sophe admirable annonce au public ^ as^ec un jargon mathématique , des chosi!^ pour les--

qu^Hes tes mfêmÈ rieftt au nm ék ck^ave dooèenr. Q prétend que cette interpolation du mot DES GROSESi est UEi artifice par lequel Y'absurdUé du (TAlembeHs'epanouity et que cela fait croire bien injustement qu'en attaquant un cohsse de géométrie f M* L^^ n'a pour toute armé qu'une pareille boule de neige ^ et qu'iZ est un enragé qui ne v^ut que mordre , sans seulement feindre de raisonner.

Ici, comme ailleurs/ M. L**'*' manque absolument de justesse dans l'esprit^ ou de bonne foi, La citation de la prétendue absurdité de M. d'Alembert n^était point hécessaire à la bonté du raisonnement de fauteur de la Thé<>- Ae du paradoice ; parce que celui-ci n'avait pas à prouver que M. d'Alembert n'était pad absurde , mais seulement que M. L^^^ awmt dit que M. d'Alembert était absurde ; quV/ faisait en gééméirie des fautes énormes , des milliers d'hérésies dont un enfant rirait éoi nez de ce grave docteur. Voilà tout ; car il serait bien ridicule d'entreprend*-e la défense de M. d'Alembert, attaqué Sur la géomélrie par 3Ï. L***. B ne s'agissait que de riq^p^r au {)uWk> , ^e M. L*** avait dit ceé cttôsiK sur les QUoSi^ ^e M. d'Alembert avait tHffSs.

QuaM à là iHyule de neige , ^t au €ùhsse de géifmétHê , "e* à Veîungé qui mord , sans seule--

nmmfdindre de rmswner^ TA. M^^^ protestd qn'ii n a p^a fait uiie seule de ceg piipiantes épigraoïme^ , et <)u'il louerait plutôt M. L^^^ ^ !qu6 de le criti^er de ce gtyle et de ce toorlà. . Cependant M. L*** , qui depuis la Th^o* rie du paradoxe seo^le avoir p^du un peu de cette inti:!é(Hdité avec kijueUe il a défeftdii ses assertions les plus étranges » a senti quelque honte de ce qu'il avait dit des connaisBafices géomëtfKpies de M. d'Alembert, et il veut bien Tabatti>e un peu de la séverii» de son jugement. Il accuse même son critiqtte d'infidélité à ce sujet ; il prétend qu'il n'a pas dit affiimativenent qp» SI. d'Aiembert ne savait , m le fraa* ÇM6, nileUtia, ni 1. g^oméhdb j mai, SB«kaent , que si quelqu'un he disait ^ en vriemit au f0»aâ93e0 , et qne BL l'A. M^'^^ lui a mis sé^ ïieusemeM dtms la bouche ^ comme des €i3ser^ tkms 4piil présente à ses JecteUrs , des ohfee^ , iùms qu^il se fait à lui-même. (Pag. 1 16 )«

Nous ne douions pas que M. l^^^ ne se soit félieité beaueoi^ d'avoir imaginé crtie heurense eqplicâtioki ; mais s^ \eie msta ponHe, car naiia allons prouiwr déàionstntîvemefit qu'il tt'ert pa^ vrai que M. L^*^ présente ee qu'il ih de M. d'AlMttbert emmne uneebfeç-^ tien (pê'il se fait , et que s'il le donne comme un paradoxe ^ c'est en regardant ce paradc^e

comme une vérité incontestable. On prie Jes lecteurs d'en juger par re:xU'ait fidèle de M. i.*** , dans lequel nous nous, permettrons pourtant d'omettre ce qui ne tient pas à notice sujet.

M. L**'*', tourmenté du reproche bien naturel qu'mi lui a toujours fûtde courir après le paradoxe^ et voulant le repousser une fms pour toutes y traite ex professa ce sujet y dans sa Réponse aux docteurs modernes (Part. i'^. , pag. 1 83) y et voici la suite de son raisonnement et de son texte. v *

Sij par le mat paradoxe^ on entend des choses difficiles à croire , pense^^n <piHl en résidte la proscripUon des idées de ce genre que fai pu déifelopper ( pag. 140) ? // n'y a riende si aisé que de dire des choses très'^èxtr&oir^ dihaires y très^mcroyaUes y et eependatU irès-^ vraies y et y qui plus esi y très^faeiies à. prouver (pàg^. 14^). Par exemple^ yous verrez dcms le monde des rhillieri de pen^rmes ' permadées (JUB Vabbé de Cas^eyra^^ ajait t apologie, de la Saint^Barthélemy ; cependant .preniez kt peine de chercher le livre de cet auteur si infusiement avili i voi^ serez tout étonné de ny trouver quun hcmme^rai^mnable y htmainy .phihsaphcj un comr^compatissimietutxespritçidmh'éjÇpa^. i^jy •149.) - i ..,.-.. .

yàulez^vous un exemple précisément dans le genre contraire , et une vérité palpable , prb* duite sous Vtipparence la plus résultante ? ^us connaissez M. ctJlembert..., Si Von vertaivà dire que ce célèbre M. dAlembert écrit sans goût en français , rend très-mal le latin et à fait des fautes énormes quand il a wulu parler des élémens de géométrie , ce serait le plus ré^ iH)ltant paradoxe queVoH ait jamais hasardé ^ mais ayez la patience de parcourir un certain cinquième volume de ses mélanges , vous verrez cette lumière des sciences abstraites annoncer sérieusement au public , avec un jargon ma* thématique, que y etc. que, etc. Ilrij-japasd^ertfont qui ne se mît à rire au nez du grave dœ*^ teur qui viendimt bU dire.... ce que M4 d^A.

annonce.. . .- , et point d^ écolier du plus ignorant arpent&ur , etc. En avez-vous assez , Messieurs? Etes^'Vous convàineus qu'il y a en effet des choses quune face un peU' étrange n'empêché pas d'être ti^s^vraies^? B>id%

Ainsi cette' sksatàité du d'Alembert est en mêhfiè temps^ , • selon M. L*^^^ un paradoxe ^ et pourtant une chose irès^raie et très^ facile à prousfer, wu vérité palpaMe. On prie après cek le» lecteurs les plus prëyeniis en'&veur de M. L***, de donner un nom àFintrépiâité avec laquelle il soutient ^'il .n'a pas dit iiffirmaJûr

ifWMBtf f quB h dAhmbeH écrit $am g^ en français ^ qu'il rend très^mal le latin y et qu'il a fait des fcuUes grossières en géÊmétrie ; que c'eA une oljécUon qu'il se fait a lui-même , et que ce n'est qaepar la numière dtmton le copie qfjian peut faire croire que c'est là ce qùil a awwoé {i^eg. 1 16). M. L*^^ est «n biealiabUe honuae ; nmis davtons pourtaot que toute son bdul^te puisse le tirer ici d'efBbmnBS.

S^ M* li^^^ se pkint. aussi amèrement de ce que Fauteur de là Thëgrie du {Mtfadoaice aftit quidqnefoiii $ à son texte > des additions qui le d^aturent entièrement.

n cite trcus ou quatre easamiriM de ces pré^ lenduea aUératîmis.

La première consiste à avoir a)mrte au teUe de M. I>>^^ dans fendroit où U dît qu'im homme peut canmietk^ f en jÊngkterrey ving^ cinq injustices f a avoir i^outé^ di&*}e j cette explication^ c'esl^-àrdire ^ selon M. L^^^, se donner çingt-cinq plaisirs ( vegr* la Tk. du paxadoxe ^ pag. 35 et 34); mt q«M M» IM^ remarque agréablement que ce n'est*pas làmne pasUakfHode de Pascal.

Mais la [Mainte de M. L^'^ est ii^u^» U dit

^e^ ^^fès ia servitude fui flétrit les corps et

les esprits des Anglais^ un hommequi eist assez

riche pour sAcairuBR Qii4rïPji£-vii«ûT^£i8B mille

en Angleterre > parce qu Upômrajr comméCCtt au moins mngi-duq injustices , ^n faxsfti^t etl^* prisonner Tingt-cinq citoyens. N^est-il ]^as thit . que , selon M^ L^^^^ cet hoiiime se se^ donné vingtKiinq piaisiirs , fmsqûL^n dëpeûsànt ^insli son argent , selon M. L***, H ïe sacrifié à ses jflaisirs ? Le c<^rB|M ^'lest-â pas j^ste \ et îen^ plicatioii iticoiMestablè ?

A la -i^ité l'A. M*^'***- on fii^^meur otit &it une ei^reut* grodsiènre dam le tàleâl d^ plaisirftd'un angkis pltts l4ebe<}M le (É'éfiëdent » qui aidait niOant dé cèni mUk jgfismées ^*U f a tentés dém^ m mêkm y et qui tes ettiploiêrait > i^lon M. L^"^"^, àfàire mmtewu màitàéd^ sà nation en jmsm pat tiiuim. On lit Akm Ik pttmihve ëdition de la Théorie d^ pal^ddisé , q«iè . ee sybarite délicat aurait k^ ïùlUiàiés ie pld^ sirs. Ceflt une faute Idwde qu*oA a MsMi^ét dans la secon^^ ëdition. Car on ne pe>nil se

donner aveC'Cettè soikime , quelqtte ordf e qu'bh mette dans ses âSkires , qu'uti nriHiai^ àk eent quarante liiii&^Ms de plai^k^.

Si l'on peut garder ^soii «érlent en lisant de pareilles eiétràtagàiiices / «tous dimA^ que Ytm-teur de la Thëérie dû pâradotce A^a pas touIù faire entendre que M. lA**, de sâng-froid , et hors de la <:haleur dé sa compositten ^ regardât

comncM un plaisir bien doux de dépenser 4000 guinées à faire emprisonner un homme. U a ^ulement voulu flaire sentir le ridicule et Fabaiirdité de M. L^^^> qui , entraîné par sa mauvaise logique , entreprend de prouver qu'il n y a point de liberté civile en Angleterre , parce qu'il n'en a coûté que ^,000 livres à un ministre pour avoir &it emprisonner un citoyen pendant deux jours ; et qui pousâe la déraisçn jusqu'à argumenter, de la ' chimérique supposition d'un homme qui aurait de quoi payer à ce |»*ix l'emprisonnement de la moitié de ses çoncitoyens , pour déterminer le degré de liberté dont jouit une nation. On ne prétend pas mettre la plaisant€trie que fait à ce sujet l'auteur de la Théorie du paradoxe , k cQté de celles de Pascal; mais les calsuistes qui ont décidé qu'on pouvait in&c un homme pqur unQ pomme > ne sontcertainenient pas aussi ridicules que M.L^^^ supposant <{u'on peut trouver un grand plaisii' à en faire emprisonner 4 millions.

Une autre altération bien importante selon M. L***, est l'explication ajoutée' à son texte dans le compte qu'on a rendu de son opinion sur la liberté civile; il faut qu'on nous partdonne encore quelques citations.

L'auteur de }a Théorie du paradoxe ayant k rapporter ces paroles de M, L*** , Vîmiocencf^

et la liberté se cachent dans la solitude de tétai saus>age.' mais il est impossible à Vhom^ijie pO'^ iicé d'aller les jr chercher ^ parce que Vas>arice et la çjdlénee ont usurpé la terre ^ explique ainsi ce texte : V innocence et la liberté (sans doute celle d'un taureau sauvage) ; Vas^arice et la sfiolénce (c est*-à-dire , la propriété et les lois).

Ces explications sont en parenthèse etedb caractères différens , d'où il suit qu'on ne peut pas les prendre pour le texte de l'auteur. Il n'y a donc point d'iu^délité dans la citation. II. ne s'agit plus que de savoir si l'explication' est juste et fondée sur la doctrine même de M. L^^^ j or cela est évident* •

En effets selon M. L^^^, définissant la Itr berté , oh en distingue deux- sortes , Tune naturelle y et Vautre cis^ile. La première est celle d'un taureau saus>age , le genre fmmain n'en a Jamais joui ; ta deuxième est unexfUmère , U n'jr a point et il ne peut y avoir dans le monde de liberté civile. (Lettre sur la Théoriedes lois^ pag. 104.)

• Or. on demande si de cette division et des

définitions qui raccompagnent , il ne s'ensuit pas clairement que la liberté que l'hoaune doit aller chercher dans la solitude dp tétat iaur vage y est celle d'ei/i taureau sauvage , puisque

tMie wln^ Hhprté est une eliuiière

Tëtat policé ne diflk^ de l'état sauvage que par U pfOfNriélé el lea loisi préteadre que Vhomme me petit trenver la liberté daas Fétat policé , parée qwe IWiUtce ei la ^ioèence eue usurpé la Wrep^kée , n'e8t*«€e paa dire que cette ayxirice et celte fioleiiee sofk% la jmfriété et lee Ims ?

Voilà comme on peut démêler les sophis{kiie$ éalu. h'^'^^^f qw a am être bien adroit e« fei^ Mut à son adversaire des reproches de mau« noôse foi » dont oa «e peivl ae défevidra sans entrer dans des explications qui eauMÛent imàbment les lecteurs. Noms les pricma de nous pardonner ees dÂscttssÎQna néeeasaûres ^ et no«a espérons qu'en nous y livrant » Wkv» n'aurOM ennuyé psosonae que M. L^^^.

4^. Mais voici rinfidélîté capitale de Tautewr de la Théorie cbi paradoxe ; oeUe qui lui a seni « couvrir tantes les aatre». U a cité à fexm tes pages^des ounregesdeM. L^'^^, o'esi^à^dire j^ indiqué une page pour laiitre. ( Car M« L^^ ne dkpaa ^ù% \è% endroits cités né ae trooirent pas dans ses livres 9 mais seulement j^ qutls Bf ee trowent pas aax pages ^mn îofediqÉè, ) Adresse t^è^01^>able, piisqu'bn f>v0!Dlâi> par là y empêcher la confrontatiop , en leslecteunsqm auraient eÀvtedw oonsultèr ginal.

Maia^ d'abord , de plus de cent cinquante ci* tations faîtes dans la Théorie du paradoxe , M. L^^^ ne s'inscrit en £»ux que contre quatre, celleft des pages ao, 4^, 4^ et 6i. Or^ qtie pouvait gagner le criticpie de M. L^^ en éé* voûtant les lecteurs sur quatre citations , landîi qu'il en restait cent cinquante autres sur le»^ quelles i) n'eût pas pu ^xipécher la confrôntation.

£b second Ueu , il nous reste k râablir les citations altérées, ou par l'inattention del'au^ teur , ou par la £aiute de Timprinieur , ce qui est aussi feeile que peu in^>ortant«

Le passage cité k k page 20 au sujet de la Uberté, se trouye. en autant de termes aux pages 175, 175 et 176, delà Théorie des lob, tom. 1 , et non pas aux pages i85 , 187 et 1S8, comme on l'a dit par une erreur bien cbimi«»

Le passage cité à la page 4^ , ne se. trouipe que dan9 ks pages 52 et 53 de la Lettre sur la ThéMie des lois, et il n'y en a rien dans k page 4? 9 qu'on ayait eu la. ieschan€etI& dt| joindre aux pages Sa et 55. .

Les passages cités à k page 46, ne sont poiiit ^ k yéiité dans k tome IV.de k Théone des lois, quin'exisfcs pas, comme on a. eu L aumM'de k supposer; mais ils se trouvent mot

pour mot dans le tome II, page aig, :i20 et 2:21. <

• Enfin f le passage cité à la page 61 / donné AVEC UNE INSIGNE BiAUYAtSE FOI , comme appartenant à la page 168 de la Lettre sur la Théorie y n'est qu'à la page 92 ^ où il a l'air aussi burlesque que s'il eût été à la page 168.

Voilà, je crois, les lecteurs tranquilles sur la fidélité des citations de la Théorie du para^ doxe f au nM)ins quant à ce cpii regarde l'accusation importante d'avoir indiqué une page pour l'autre*

Mais, dit M, L'*'**, si ces altération;», ces additions ne dénaturent point les opinions , elles diangent au moins prodigieusement Je s^le , et les passages ainsi défigurés ne peuvent plus ayoir le charme, que l'écrivain leur avait donné : c'est ainsi qu'en transcrivant un long passage de la Théorie des lois, page 54, sur le gouvernement asiatique, on a. inséré dans la phrase des commentaires interpolés qui rendait le -discours tnatnant , et font (fm le géant apparent de\>ient sous la plume de VA.

M^^^ wî pjgmée imperceptible , et ^ qui fi»it dire aux lecteurs : pardieu , milà un pitoyable éawain ! (Théorie du libelle , page gSet 94.) ; Un Géant apparent qui desnent sùus^uue pbême un pfgmée impercepOUe / Cette manière

de se défendre du reproche d'écrire mal, montra déjà combien Fartifîce était peu nécessaire à Fauteur de la Théorie du paradoxe , pour prouver que M. L*'^'*' n'écrit pas bien.

Mais voici pis que mal écrire : c est la mauvaise foi avec laquelle M. L'*''*'* donne ce passage avec les explications qu'y ajoute soa critique comme altéré à dessein , pour prouver que M. L'*'*'^ écrit mal.

. D'abord , en cet endroit , il ix'est point du tout question du style , mais du fond de$ choses, et de &ire connaître* les opinions dç M. L'*''^* , l'auteur de la Théorie du paradoxe n'ayant prétendu donner une idée de la mar jiière d'écrire de M. L*** que dans la troisième partie de son traité, où il enseigne, tQu-r jours d'après cet habile homme , l'art de pré^. tenter et de défendre le paradoxe.

En second lieu t M. ^^^^ ^ à qui ces explicar tions interpolées causent un si grand déplaisir, ii'aveii:it pas les lecteurs que les mots ajoutés $ont expressément donnés comme n'étant pas de lui , puisqu Us sont en caractères romains , au milieu des caractères*italiques qui présentant le texte de M. L'^**.

Enfin , loin que l'auteur de la Théorie du paradoxe dut s'attendre à des reproches, il fivait quelque droit à des remercimeps en S€ II. 5o

donnant la peine d'expliquer au lecteur les obscurités de la phrase de M. L***.

Les gens de lettres , dit M. L'*"'^* , dévoués à un ordre qui fixe et nourrit l'illustration du leur, VLùnt été frappés que de son avilissement sous une administration qui V opprime ; ils ont donc proscrit le gouvernement asiatique , etc.

Outre le ridicule de cette idée , qui ne voit que c est là un galimatias qu'il falloit expliquer 5 qu'on n'entend pas ce que c'est quun ordre qui fixe et qui nourrit l'illustration de Tordre des gens de lettres , à moins qu'on n'ajoute,, c'est^ànlire tordre des graruls; et que son avilissement pouvant , par le tissu de la phrase, se rapporter à l'ordre des gens de lettres ou à Tordre des grands > il fallait bien dire encore qu'il signifiait là Tordre des grands. M. L'*'** écrit du galimatias, on l'explique , et il se plaint qu'on gâte son style ! il est vraiment difficile à servir.

Enfin , dans toutes les citations faites pour mettre sous les yeux des lecteurs Tincorrectjon, le mauvais goût , les fautes grossières de M. L**'*', Tauteur de la Théorie du paradoxe n'a employé d'autre artifice, si c'en est un , que celui de rapprocher des fautes éparses qui n'en sont pas moins réelles , pour n être pas toutes dans la même page ou dans le même ouvrage.

Quand M. L*** a critiqué les économistes à tort ou a bon droit , il a , comme l'auteur de la Théorie du paradoxe , recueilli en un petit espace , des fautes répandues dans plusieurs voulûmes. M. L*'^* manque donc ici de bonne foî, en se plaignant de ce qu'on a e^iployé aVec lui une pratique dont il s'est lui-même constam^ ment servi , et qui n'est pas blâmable , quoiqu'employée par M . L*'^* . .

Mais y a-t-il un homme au monde , sans en excepter M. L*** lui-même, qui puisse penser sérieusement, que Fauteur de la Théorie du paradoxe a eu besoin de cette misérable ressource , pour persuader que M. L'*'^* est un mauvais écrivain. Les citations nombreuses dont la Théorie du paradoxe est pleine , soit en discours suivis , soit en phrases détachées , qui n'en sont pas moins des sottises pour être isolées ; cet abus de figures, ces métaphores incohérentes et en si grand nombre ; ces injures grossières que M. L^*'*' prodigue à tous ses critiques ; ce défaut absolu du sentiment de la décence, qui est inséparable de celui du goût; enfin, tous les écrits de M. L'*''*"* ne fournissent-ils pas des preuves sans réplique de son mauvais style et de son mauvais goût?

Et quand M. L*'^* n'aurait fait que sa réponse à la Théorie du paradoxe , cette brochure, toute

coorte qu'elle est, tie lui dônneraît-elle pas des droits incontestables k la réputation d'homme sans goût et de mauvais écrivain ?

La Théorie du libelle laisse ces deux impressions; d abord, par le ton dont M. L*^^ y parle de lui-même , et qui est aussi contraire au bon goût qu'à la modestie , et ensuite par -beaucoup de traits du même genre , que tous ceux qu'on a cités en traitant du style dans la Théorie du paradoxe.

Avec des défenses si faibles et dans l'impuissance de repousser les reproches qu'on lui a faits sur ses opinions extravagantes , ses contradictions continuelles sa mauvaise logique , son ton injurieux , avec ses critiques, son mauvais style et son mauvais goût , etc.; on a peine à concevoir comment M. L*'^^ a tenté de répondre à la ITiéorie du paradoxe , ou plutôt à lui-même^ puisqu'enfin cet ouvrage étant presqu'unîquement formé de ses citations , c'est luimême qui s'est porté tous les coups qu'il a reçus ; tout autre à sa place se serait tenu pour battu , et même pour mort en sa qualité d'écrivain et de philosophe ; mais M. L*** est le Sarrasin du Berni, qui, ne s'apercevant pas , dans la chaleur du combat , qu'il est coupé eu deux , va combattant encore tout mort qu'il est.

Andava combattendo ed era mono.

H y a là quelque chose de siQguliier^ jet ces restes de vie tiennent à un principe caché qu'il est intéressant de fairexonnaitre. Ilfautle dire, il faut qu'on sache que cette vertu èecrète , cette force inconnue qui soutient encore M. L'*''*"* , est , j'en demande pardon au public , un mépris profond pour le public.

Tous ses ouvrages paraissent dictés par cet esprit, et on conçoit en çffet que, pour choquer toutes les idées reçues, et pour insulter tous ceu^ qui les soutiennent , il faut avoir un mépris profond pour la portion du public la plus sage et la plus. éclairée.

IN/Cais , il faut l'avouer , jamais dans aucun ouvrage de M. U^^^ , ni dans aucun ouvrage connu , ce grand mépris pour le public. n'a été prononcé d'une manière aussi forte que dans la Théorie du libelle.

Quelle idée en effet doit avoir du public l'é*crivain qi^i , en prétendant faire prendre pour un libelle une simple critique littéraire, fait lui-même un libelle très»- violent , où il insulte des citoyens de tous les ordres , sans motif ni prétexte ;

Où il avance des faits notoirement fai|X , et dont il ejstbien assuré que la fausseté sera démontrée tout*-à-rheure ;

Où il accuse spn * critique de falsifications ,

d'altérations > lorsqu'il est évident, par les citations Élites par M. L**'^ lui-même , que cecri- . tique a rendu fidèlement ses opinions , lorsqu'il est facile aux lecteurs de constater cette fidélité, lorsque ces opinions sont si connues que personne n'en doute ;

Où il se loue sans mesure et par tous les côtés , lorsqu'il devrait être occupé de repousser les reproches les plus graves et les ridicules les plus grands ;

Où il affiche une assurance que n'aurait cer* tainement aucun écrivain ayant à se reprocher la dixième partie des erreurs monstrueuses, et des fautes grossières dont il est convaincu ;

Et enfin où il espère imposer au public par cette audace même : espérance qui est pour le public une insulte de plus ?

Or, c'est là ce qu'a fait M. L**^. Nous croyons qu'il a mal connu le public j en se flattant de le maîtriser par l'audace , et de le dompter en llnsultànt. C'est au public à détrom^ per M. L*'*"'*' , à qui nous croyons être en droit d'appliquer la maxime de Pline le jeune :

Qui neminem s^eretur , se ipsum contemniL

Il est temps de terminer pour toujours une discussion qui ne peut plus rien avoir d'intéressant. M. L*'*'* peut , sll le juge à propos , se donner désormais le plaisir d'écrire avec tout

son feu , toute sa Jacilité et toute sa vigueur contre Fauteur de la Théorie du paradoxe : ceui-ci ne rentrera plus dans une carrière où les intérêts de la vérité et ceux du bon goût ont pu seuls l'engager. Il pouvait êtrp utile de prouver que M. L*** est un mauvais raisonneur et un mauvais écrivain; mais, lorsque cela est une fois prouvé , on ne doit plus ni écrire , ni raisonner contre M. L*'*"*.

C'est par erreur qu'on a place la critique des ouvrages de M. Linguet ayant celle qui est dirigée contre M. de Châteaubriant , le premier de ces écrivains ayant paru sur la scène plus de trente ans avant le second. Mais tous deux appartenant au dix-huitième siècle, l'ordre selon lequel ils sont placés dans le recueil n'importe guère aux lecteurs.

Nous n'avons pas besoin de dire que , pour avoir compris ces deux sujets dans le même volume, nous n'avons pas pré-* tendu assimiler les deux auteurs ; l'un faisant justement admirer dans ses ouvrages , sauf les fautes que nous j avons relevées pour l'instruction des jeunes écrivains , le goût , la décence , la richesse de l'imagination , l'harmonie du style , et en beaucoup de parties tous les charmes de l'éloquence ; l'autre entassant dans ses libelles tous les vices de la composition , de la pensée et de la diction. Malgré tant de défauts énormes et choquaus , il faut avouer, à la honte du siècle , que M. Linguet a obtenu , pendant quelques années, une scandaleus célébrité , et qu'il a même transmis plusieurs de ses étranges

THË UNIVERSITY OF MKMOAN ORADUATE UMARY

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