LES QUAND
Quand on a l'hooneur d'être reçu dans une compagnie respectable d'hommes de lettres, il ne faut pas que la harangue de réception soit
une satire contre les gens de lettres; c^esi insulter la cQj;npagaie et le public,
Qy^NP PAT Ims^d ou est leiche , \l ne faut pas avoir la tousse çirviauté 4^ reprocher aux gens dç l^^tirea leuf; pi^iAvrçté à^s un Discours acadç^^q^e n ^t dire avec orgueil qu'ils déclament contre \çs iç'ichessest^ et qu^ils portent envie en secret au:H; rict^ ; prepûèr^qïçnt , parce que le récipiçnd^rç ne peut sa^voir ce que ses (Kmfrè^es X Rioina ppulens quç lui , pensant en se^ çre^ ; :^°. parce qv'awun d'eux dç pprte envie au récipiendaire,
QuAr<B çuni 1^6 £9it p^s honnemr à son siècle par ses o^vi^es ^ c'est une étrange témérité de décrier son siççle.
QuANp. op est à peine homme de lettres , et i^uUement philosopha , il ne sied pas de dire q^e notrç nation p.'a qu'une fiaui^e littérature et vue xajine philos^hi^.
Q^AW W a traduit et wtré imV9» h prière du déiste composée p^ir Pop<^ ^ quftEKl on a été privé si:2ç nuus entiers d^ sa charge en province pour avoir tr^d^it et ^nvemmé cette formule 4u déisme ; qua^d CAfîn oju a été re^vable à d^ philosophes 4e la. ^uis^ce de cette charge; c'çsX naa,i;iquer a la fois à la reconnaissance , à la vérité > k ^ }wUce , que d'accusw les philor sophes 4'iTnpiété^ et c'est insulter à toutesî les
bienséances de se donner les airs de parler de religion dans un discours public y devant une académie qui a pour maxime et pour loi de n'en jamais parler dans ses assemblées.
<^UAND on prononce devant une académie un de ces discours y dont on parle un jour ou deux y et que même quelquefois on porte aux pieds du trône , c'est être coupable envers ses concitoyens d'oser dire dans ce discours que la philosophie de nos jours sappe les fondement du trône et de VauteL C'est jouer le rôle d'un délateur , d'oser avancer que la haine de Vau* torité est le caractère dominant de nos produc^ tiens ; et c'est être délateur avec une imposture bien odieuse y puisque non-seulement les gens de lettres sont les sujets les plus soumis y mais qu'ils n'ont même aucun privilège y aucune prérogative qui puisse jamais leur donner le moindre prétexte de n'être pas soumis. Rien n'est plus criminel que de vouloir donner aux princes et aux ministres des idées si injustes sur des sujets fidèles y dont les études font honneur à la nation ; mais heureusement les princes et les ministres ne lisent point ces discours y et ceux qui les ont lus une fois y ne les lisent plus.
Quand on succède à un hqmme bizarre , qui a eu le malheur de nier dans un mauvais livi*ei les preuves évidentes de Texistence d'un Dieu^
tirées des desseins , des rapports et des fins de tous les ouvrages de la création , seules preuves admises par les philosophes ., et seules preuves consacrées par les pères de Téglisë ; quand cet homme bizarre a fait tout ce qu'il a pu pour infirmer #fs témoignages éclatans de la nature entière^ quant a ces preuves frappantes qui éclairent tous les yeux , il a substitué ridiculement une équation d'algèbre ; il ne &ut pas dire à la vérité que ce raisonneur était un athée , parce qu'il ne faut accuser personne d'athéisme , et encore moins lliomrae à qui l'on succède : mais aussi ne faut-il pas le proposer comme le modèle des écrivains religieux ; il faut se taire , ou du moins parler avec plus d'art et de retenue. Quand on harangue en France une académie , il ne faut pas s'emporter contre les philosophes qu a produits l'Angleterre ; il faudrait plutôt les étudier.
Quand on est admis dans un corps respectable f il faut dans sa harangue cacher sous le voile de la modestie l'insolent orgueil , qui est le partage des têtes chaudes et des talents médiocres.