‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 2 sur 31 · IX · texte numérisé non relu

IX

les pa]r$ civilises , la première condition de l'existence de tout gouvernement/ Les fonctions seront différentes, les formes seront combinées de manière à maintenir Tordre ; mais des limites fixes seront tra-^ cées à tous les pouvoirs , parce que les pouvoirs ne sont que les moyens , et que la conservation et Texercice des droits sont le but. Par conséquent il j aura des variations possibles 9 des changemens progressifs dans les fonctions , les formes y Tétendue, la compétMLce, les dénominations des pouvoirs : mais le fond sera nécessairement, sous ces diverses dénominations ou ces diverses formes^ l'égalité de droits que nous venons d'indiquer ^ et tous ceux qui posséderont ces droits seront autorisés à concourir à leur défense , c'est-à-dire à participer par un mode quelconque à la confection des lois qui détermineront Tac<tion du gouvernement.

En fait d'économie politique, il y aura, quant à la propriété, respect et protection, parce que la propriété est une convention

légale , nécessaire à l'ëpoque : mais la disposition , la division , la subdivision , la circulation et la dissémination de la propriété, ne rencontreront aucune restriction , aucune entrave, parce que la liberté illimitée de conserver, d'aliéner, de morceler , de dénaturer la propriété, est, dans notre état social , le droit inhérent, le besoin essentiel de tous ceux qui possèdent. Tous les genres de propriété seront également sacrés aux yeux de la loi ; mais chacune prendra le rang et jouira de Tinfluence que lui assigne la nature des choses. La propriété industrielle se pla- I

cera , sans que la loi s'en mêle , chaque jour plus au-dessus de la propriété foncière, parce que, ainsi que nous lavons dit ailleurs, la propriété foncière est la valeur de la chose ; Finllustrielle , la valeur de Thomme. Il y aura de plus, relativement à l'industrie , liberté , concurrence , absence de toute intervention de lautorité , soit pour préserver les individus de leurs propres erreurs ( c'est à leur expérience à

]es éclairer) ^ soit pour assurer au public de meilleurs objets, de consommation (c'est à son expérience à guider ses choix ) ^ et tout monopole, tout privilège, toute corporation protégée au détriment de l'activité et des entreprises individuelles , disparaîtra sans retour.

En fait d'opinion, de croyances, de lumières, il y aura neutralité complète de la part du gouvernement , parce que le gouvernement, composé d'hommes delà même nature que ceux qu'il gouverne , n'a pas plus qu'eux des opinions incontestables , des croyances certaines , ou des lumières infaillibles. On lui accordera tout au plus la faculté de réunir et de conserver tous les matériaux de l'instruction , d'établir des dépôts, ouverts à tous , dans lesquels chacun la puise à son gré , pour en faire usage à sa guise , sans qu'aucune direction lui soit imprimée.

Tel est , je le pense , l'état social vers lequel l'espèce humaine commence a marcher. Atteindre cet état social est le be-

y et sera par conséquent la dé^tmëe* de 1 époque;. Veulbîr rester en-deçà serait peu sage y aller au-delà serait prematarë. ' Durant ce temps.^ beaucoup de chbseà qui deviendront superflues seront encore envisagées comme nécessaires;, beaucoup qui deviendront nécessaires seront considérées comme problématiques y paradoxales, peut-être criminelles.. Né nous en occupons point y à chaque siècle suffit son travail.

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