HYMNE A LA MÉLANCOLIE
AIR : De mon berger volage.
1 ENDRE mélancolie, Volupté du malheur.
Loin (le ma douce amie , Que j'aime ta langueur I Malheureux , qui des larmes Ignore la douceur, Et méconnaît les charmes De ta tendre douleur!
O sœur de la tendresse I O fille de l'amour î De ta douce tristesse Nourris-moi chaque jour; D'une amante chérie Rappelle-moi les traits:
Je n'ai plus, dans la vie, De bien que mes regrets.
Au lever de l'aurore , Témoin de mes douleurs , Le soir, viens, sois encore Le témoin de mes phnirs !
Pour calmer ma souffrance , Viens, reçois mes soupirs!
Tls tiennent, dans l'absence.
Lieu de tous les plaisirs.
4l2 ROM.OCES
Quand la belle Sylvie Fut sensible à mon feu , Ce fut ta rêverie Qui lui servit d'aveu ; J'ignorais sa faiblesse , Et je l'appris un jour , En voyant sa tristesse , Doux prélude d'amour I
D'un ruisseau le murmure , Le silence des bois , Des gazons la verdure , Du rossignol la voix , Par toi tout renouvelle Mille doux souvenirs :
Plaisirs qu'on se rappelle.
Sont encor des plaisirs.
Sentiment doux et tendre .
Viens souvent me presser; Pleurs que tu fais répandre , Sont bien doux à verser.
Connaît-on, sans souffrance , Les plaisirs de l'amour?
Aurait-on, sans l'absence.
Le bonheur du retour?
Que ta langueur cbarinanlc Ajoute à mon boalieur!
Que ta voix consolante Convient à ma douleur 1
ET CHA^'so^'s. 4i5
De l'amant dans l'ivresse, De l'amant malheureux , Sois toujours la déesse I Qu'ils t'adorent tous deux !
O sœur de la tendresse !
O fille de l'amour !
De ta douce tristesse Nourris-moi chaque jour.
Je te soumets ma vie , Je te livre mon cœur, Tendre mélancolie I Volupté du malheur I
4ï4 BOMAjS'CES