‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 150 sur 175 · HYMNE A LA MÉLANCOLIE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA MÉLANCOLIE

AIR : De mon berger volage.

1 ENDRE mélancolie, Volupté du malheur.

Loin (le ma douce amie , Que j'aime ta langueur I Malheureux , qui des larmes Ignore la douceur, Et méconnaît les charmes De ta tendre douleur!

O sœur de la tendresse I O fille de l'amour î De ta douce tristesse Nourris-moi chaque jour; D'une amante chérie Rappelle-moi les traits:

Je n'ai plus, dans la vie, De bien que mes regrets.

Au lever de l'aurore , Témoin de mes douleurs , Le soir, viens, sois encore Le témoin de mes phnirs !

Pour calmer ma souffrance , Viens, reçois mes soupirs!

Tls tiennent, dans l'absence.

Lieu de tous les plaisirs.

4l2 ROM.OCES

Quand la belle Sylvie Fut sensible à mon feu , Ce fut ta rêverie Qui lui servit d'aveu ; J'ignorais sa faiblesse , Et je l'appris un jour , En voyant sa tristesse , Doux prélude d'amour I

D'un ruisseau le murmure , Le silence des bois , Des gazons la verdure , Du rossignol la voix , Par toi tout renouvelle Mille doux souvenirs :

Plaisirs qu'on se rappelle.

Sont encor des plaisirs.

Sentiment doux et tendre .

Viens souvent me presser; Pleurs que tu fais répandre , Sont bien doux à verser.

Connaît-on, sans souffrance , Les plaisirs de l'amour?

Aurait-on, sans l'absence.

Le bonheur du retour?

Que ta langueur cbarinanlc Ajoute à mon boalieur!

Que ta voix consolante Convient à ma douleur 1

ET CHA^'so^'s. 4i5

De l'amant dans l'ivresse, De l'amant malheureux , Sois toujours la déesse I Qu'ils t'adorent tous deux !

O sœur de la tendresse !

O fille de l'amour !

De ta douce tristesse Nourris-moi chaque jour.

Je te soumets ma vie , Je te livre mon cœur, Tendre mélancolie I Volupté du malheur I

4ï4 BOMAjS'CES

Page 1