‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 149 sur 175 · LA GAZE · texte numérisé non relu

LA GAZE

AIR : La comédie est un miroir.

1-i 'homme, dans son premier séjoui , Eut pour voile son innocence ; Mais , pour augmenter son amour, Sa femme inventa la décence.

Craignant qu'il ne conservât pas Pour ses charmes sa tendre extase , Elle couvrit ses doux appas D'une feuille, au défaut de gaze.

Souvent la beauté m'éblouit ,

Mais c'est la pudeur qui m'attaclu- :

Je fuis la belle qui me suit,

Je poursuis celle qui se cache.

Le voile est un joli secret;

Moins on voit et plus on s'embrase ;

De Vénus le plus doux attrait

Etait sa ceinture de gaze.

Qu'ils étaient gènans , ces habits Que jadis portaient nos grand'mères !

Grands paniers! robes à grands plis!

Contre l'amoiu' (jue de barrières I La mode aujourd'hui , par bonheur.

Prenant la liberté pour base , Entre le plaisir et l'honneur Ne laisse plus rien qu'une gaze.

4l^ ROMA>CES

Lorsque nous peignons le plaisir, Voilons avec goût son image :

Un léger obstacle au désir Fait qu'on désire davantage.

Sans vêtemens la volupté Bientôt nous dégoûte et nous blase Pour faire aimer notre jjaîté, Amis, n'oublions point la gaze.

ET CHANSONS. /^i i

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