‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 155 sur 175 · LE PLAISIR ET L'ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

LE PLAISIR ET L'ESPÉRANCE

ATR : Femmes, voulez-vous éprouver?

V EUT-ON connaître de l'amour La faveur la plus enivrante?

C'est l'aveu d'un tendre retour Que prononce une jeune amante :

Il s'échappe avec un soupir De la bouche de l'innocence, Et donne plus que le plaisir, Car il en donne l'espérance.

Dans ce moment l'amour vainqueur Modestement verse des larmes ; Et , loin de bannir la pudeur, Il en augmente eucor les charmes.

A l'aveu qu'on vient d'obtenir Succède un tendre et doux silence ; On craint de parler du plaisir Dont on sent naître l'espérance.

Mais rarement après l'aveu On peut écouter la sagesse ; L'amour, dont il accroît le feu , Va l'exhaler dans son ivresse.

0 vous qu'amour sut attendrir, Belles, craignez son inconstance !

Il fuit sur l'aile du plaisir Qui suit de trop près l'espérance.

Il est fils du Dieu des combats ; Il vit tant qu'on lui fait la guerre; Mais la volupté , dans ses bras , Éteint le flambeau qui l'éclairé.

On voit le tombeau du désir Sous les fleurs de la jouissance ; Et souvent , au sein du plaisir, On en regrette l'espérance.

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