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LES VOYAGES

AIR : Ainsi jadis un grand prophète, ou du petit Matelot.

JjLélas ! ici-bas tout voyage,

Et tout y change chaque jour ;

La fortune, sur un nuage ,

Quitte et prend chacun à son tour.

En volant d'orage en orage ,

La gloire entraîne au loin sa cour;

Son aigle est oiseau de passage ,

Comme l'hirondelle et l'amour. {his.)

Le temps emporte sur ses ailes Et nos plaisirs et nos tourmens, La fraîcheur des fleurs et des belles , Et la foule de nos sermens.

L'amitié , qu'on croit moins volage , Faisant chez nous peu de séjour, JN'estplus qu'un oiseau de passage, Comme l'hirondelle et l'amour. ( Ois. )

La raison doit être plus sage ;

Mais , grâce à nos doctes travaux ,

Trop souvent elle déménage

Et s'absente de nos cerveaux :

Je vois à peine son image,

Mille erreurs voltigent autour ;

Il faut la saisir au passage,

Comme l'hirondelle et l'amour. {/>is. )

On ne voit de constant en France

Que la folle légèreté.

Dans le malheur, dans la souffrance ,

Le Français garde sa gaîté :

Si parfois elle ùùt naufrage ,

On est certain de son retour ;

Elle est moins oiseau de passage

Que l'hirondelle et que l'amour. (bis.)

ET CHANSONS. /j^f)

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