‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 159 sur 175 · LA PARODIE · texte numérisé non relu

LA PARODIE

AIR : Lui, craindre d'un petit maître.

U N censeur pédant m'atti iste ; Mais j'aime le joyeux parodiste, Dont la muse Qui s'amuse , En chansons Nous donne des leçons.

Au talent le plus fertile Son malin aiguillon est utile :

D'une verve Qui s'énerve , Par ses jeux Il ranime les feux.

Souvent sa grotesque allure En riant nous guérit de l'enflure :

La nature, Simple et pure , A sa voix , Sur nous reprend ses droits.

Ne craignez point son atteinte ; Jamais de fiel sa plume n'est teinte : Ceux que pique Sa critique L'ont tous mis Au rang de leurs amis.

Rassurez-vous, Melpomène.

Il sait respecter votre domaine :

A vos cliarmcs , A vos larmes , Par ses ris , 11 donne un nouveau prix.

De ses mains, lorsque Tlialie, Prenant le masque de la folie , Vous épie , Vous copie, Sans regrets Souriez à ses traits !

C'est la plus douce des guerres ; Les muses ne s'en alarment guères.

Le mérite Seul l'excite :

Othello Fit naître Cruello.

Des talens et du théâtre En tout temps le public idolâtre.

Juge austère , Au parterre , Rit d'Agnès , Et pleure avec Inès.

Une froide tragédie Jamais ne craignit la parodie ; Elle tombe Dans la tombe • Ce qui plaît Prête seul au couplet.

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