LA PARODIE
AIR : Lui, craindre d'un petit maître.
U N censeur pédant m'atti iste ; Mais j'aime le joyeux parodiste, Dont la muse Qui s'amuse , En chansons Nous donne des leçons.
Au talent le plus fertile Son malin aiguillon est utile :
D'une verve Qui s'énerve , Par ses jeux Il ranime les feux.
Souvent sa grotesque allure En riant nous guérit de l'enflure :
La nature, Simple et pure , A sa voix , Sur nous reprend ses droits.
Ne craignez point son atteinte ; Jamais de fiel sa plume n'est teinte : Ceux que pique Sa critique L'ont tous mis Au rang de leurs amis.
Rassurez-vous, Melpomène.
Il sait respecter votre domaine :
A vos cliarmcs , A vos larmes , Par ses ris , 11 donne un nouveau prix.
De ses mains, lorsque Tlialie, Prenant le masque de la folie , Vous épie , Vous copie, Sans regrets Souriez à ses traits !
C'est la plus douce des guerres ; Les muses ne s'en alarment guères.
Le mérite Seul l'excite :
Othello Fit naître Cruello.
Des talens et du théâtre En tout temps le public idolâtre.
Juge austère , Au parterre , Rit d'Agnès , Et pleure avec Inès.
Une froide tragédie Jamais ne craignit la parodie ; Elle tombe Dans la tombe • Ce qui plaît Prête seul au couplet.