A MADAME LA MARQUISE DE COIGNY
AIR : C'est un propos , c'est un regard.
Il existe un objet charmant, J'en veux faire un portrait parlant; Ses attraits, dont l'éclat séduit ,
Ont une grâce
Que rien n'efface
Que son esprit.
Cet esprit, sans beauté , plairait; Sans lui , sa beauté séduirait; Mais , contre leur double pouvoir,
Pour se défendre,
Il faut n'entendre.
Ni même voir.
Ce que mille objets attirans Nous offrent d'appas différens , Elle sait les réunir tous :
Un infidèle ,
En n'aimant qu'elle ,
Suit tous ses goûts.
Jamais elle ne vieillira ;
Son printemps même sait déjà
Des fruits connaître les douceurs ;
11 nous en donne,
Et son automne
Aura des fleurs.
Mais elle a bien quelques défauts ; Je vais les dire en peu de mots :
Elle est , dans l'art de tout charmer,
Par trop savante,
Trop ignorante
Dans l'art d'aimer.
Je suis sûr qu'à ce portrait-là , Sans peine on vous reconnaîtra :
En effet , qui voit-on ici
De plus parfaite,
De plus coquette
Que vous, Coigny?