‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 163 sur 175 · A MADAME LA MARQUISE DE COIGNY · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE DE COIGNY

AIR : C'est un propos , c'est un regard.

Il existe un objet charmant, J'en veux faire un portrait parlant; Ses attraits, dont l'éclat séduit ,

Ont une grâce

Que rien n'efface

Que son esprit.

Cet esprit, sans beauté , plairait; Sans lui , sa beauté séduirait; Mais , contre leur double pouvoir,

Pour se défendre,

Il faut n'entendre.

Ni même voir.

Ce que mille objets attirans Nous offrent d'appas différens , Elle sait les réunir tous :

Un infidèle ,

En n'aimant qu'elle ,

Suit tous ses goûts.

Jamais elle ne vieillira ;

Son printemps même sait déjà

Des fruits connaître les douceurs ;

11 nous en donne,

Et son automne

Aura des fleurs.

Mais elle a bien quelques défauts ; Je vais les dire en peu de mots :

Elle est , dans l'art de tout charmer,

Par trop savante,

Trop ignorante

Dans l'art d'aimer.

Je suis sûr qu'à ce portrait-là , Sans peine on vous reconnaîtra :

En effet , qui voit-on ici

De plus parfaite,

De plus coquette

Que vous, Coigny?

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