PLAINTE ET DEMANDE EN DIVORCE
AIR : Buvons à tire-larigot.
ItIa femme, quand je t'épousai , Nous étions du même âge :
Sur cette foi , je contractai Le nœud qui nous engage.
Mais tout est changé, Puisqu'à présent j'ai Cent marques de vieillesse.
Tandis que le temps Te laisse au printemps , Et t'embellit sans cesse.
Ce dieu, qui sans pitié m'atteint , T'épargne à son passage ; Il répand roses sur ton teint, Rides sur mon visage ;
Nos ans bien comptés
Font des deux côtés, Je crois , plus de cinquante.
Du compte tu ris,
Puisque tout Paris Ne t'en donne que trente.
A mes dépens tu dois trop voir
Combien ta fraîcheur brille ; Chacun me dit : Faites asseoir
Madame votre fdlo.
C'est manquer de foi Et d'égards pour moi ,
Il faut qu'on t'en punisse.
Lorsque je vieillis , Toi, tu rajeunis;
J'en demande justice.
Je vais donc chez le magistrat , Ta conduite m'y force ; Puisque tu romps notre contrat , J'ai recours au divorce.
Je t'accuserai, Je te convaincrai , Par tes ruses femelles , D'avoir tour à tour Du temps, de l'amour, Fixé , coupé les ailes.
♦^ s^ »•;* «gc^»» «fr« fr» »» «~* »»«<»*■»»» »«»»v^»*g^»^8-<» ce* -^ft»^»^ .■£»»»♦ o^*»o»