‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 25 sur 175 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

VOLUMNIE.

Vole donc où ton aveugle rage Va se rassasie!" de sang et de carnage ; N'écoute que l'orgueil et que la cruauté. Mais, vainqueur ou vaincu , tu seras détesté.

VÉTURIE.

J'avais cru que ton cœur , plus sensible à la gloire ,

Sur lui-même saurait remporter la victoire ;

Qu'il fallait seulement arracher de tes yeux

D'un sentiment jaloux le voile dangereux.

J'avais cru que, malgré ton offense et ma haine.

Je devais t'estimer , te parler en Romaine ,

Et je ne pensais pas, malgré tes torts connus.

Qu'un rival de mon fils pût être sans vertus.

Je me trompais , consul ; ta noire jalousie '

JN'est point un noble orgueil, c'est une basse envie.

La vertu t'importune et tu veux l'écarter ;

Tu perds Coriolan, ne pouvant l'imiter;

Et, pour ce grand dessein, ton dme saci-ifie

Ses pénates , ses dieux , son honneur , sa patrie.

Le courroux de mon fils , plus juste , aussi cruel,

Va plonger son pays dans un deuil éternel.

Fiome va voir la mort voler sur ses murailles,

Et ses propres enfans déchirer ses entrailles.

Eh bien ! cruels , eh bien ! courez donc aux combats ;

Mais, loin de vous quitter, nous marchons sur vos pas.

Peut-être vos soldats seront-ils moins barbares,

Du sang romain peut-être ils seront plus avares.

Je leur déclarerai que ce n'est que pour vous

Qu'aux plus affreux dangers vous les exposez tous.

Je leur rappellerai Marcius, sa vaillance;

Je peindrai les affronts qni sont sa récompense ;

Je les ferai rougir d'obéir au sénat,

De poursuivre un héros pour servir un ingrat ;

Et , si mon fils paraît , nos larmes , nos prières ,

Arracheront le glaive à ses mains meurtrières;

Ou, si nous ne pouvons apaiser vos fureurs,

Entre Rome et vos coups nous placerons nos cœurs.

LICIMUS.

Je pourrais , irrité d'un discours téméraire — ;

Mais je dois respecter la douleur d'une mère.

Eu vain vous prétendez , par des pleurs et îles cris ,

Désarmer le sénat ou votre injuste fils :

Non, non, le fer peut seul terminer nos querelles.

Paulin , suivez leurs pas ; vous me répondrez d'elles.

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