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SCÈNE III

VÉTURIE, VOLUMNIE, PAULIN.

Demandez-leur plutôt qu'un éternel silence

Enveloppe à jamais sa vie et sa naissance,

Et puisse dérober à la postérité

Et l'excès de son crime et de sa lâcheté.

Mais comment lui cacher qu'aux yeux de Rome entière,

Qu'aux yeux de son épouse et qu'aux yeux de sa mère

Fuyant timidement un superbe vainqueur,

Pour conserver ses jours il renonce à l'honneur?

VOLUMNIE.

Il est vaincu?

VÉTURIE.

J'ai vu commencer sa retraite , Et mes yeux plus long- temps n'ont pu voir sa défaite.

VOLUMiME.

Ah ! madame, du moins il voit encor le jour?

VÉTURIE.

11 vit, mais il est mort pour l'honneur et l'amour.

VOLUMNIE.

Non , j'ose contre vous embrasser sa défense , Et j'aurai pour témoins sa gloire et sa vaillance. Il avait contre lui ces chefs et ces soldats Qu'il avait su former au grand art des conibats. Il n'était défondu que par des bras perfides , 'Irop de fois désarmés pour n'être pas timides.

Lâchement secouru, vaillamment assailli, Ses soldats sont vaincus, madame, et non pas lui. S'il a rendu long-temps la victoire incertaine, Il a fait ce que peut une valeur humaine. Pouvait-il empêcher les siens de le trahir?

VÉTURIE.

On a toujours le choix de vaincre ou de mourir.

PAULIN

C'eût été sans remède accomplir sa défaite.

Tant qu'il vivra, madame, elle n'est pas complète.

Son nom peut ranimer ses timides soldats ,

Et ramener bientôt la foudre sur ses pas.

VÉTURIE.

La honte des revers aggrave encore un crime. Lorsqu'on défend , Paulin, un parti légitime, La vertu seule peut illustrer un malheur; Mais quand on est rebelle, il faut être vainqueur.

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